Odessa et le sud de l'Ukraine sans électricité après des frappes russes au drone iranien

Des ouvriers réparent des lignes électriques à haute tension coupées par les récentes frappes de missiles près d'Odessa le 7 décembre 2022 (Photo, AFP).
Des ouvriers réparent des lignes électriques à haute tension coupées par les récentes frappes de missiles près d'Odessa le 7 décembre 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 11 décembre 2022

Odessa et le sud de l'Ukraine sans électricité après des frappes russes au drone iranien

  • «La situation dans la région d'Odessa est très difficile»
  • Le ministère ukrainien de La Défense avait auparavant accusé la Russie d'avoir mené des frappes avec les drones iraniens

KIEV: Environ 1,5 million d'habitants d'Odessa et de sa région, dans le sud de l'Ukraine, étaient privés d'électricité samedi soir à la suite de frappes russes menées à l'aide de drones kamikazes iraniens, a indiqué le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Les services de l'administration régionale ont indiqué que la réparation des réseaux énergétiques à la suite des frappes menées la nuit précédente prendraient "des semaines" et ont invité les habitants de cette grande ville portuaire qui le peuvent à quitter la région.

"La situation dans la région d'Odessa est très difficile. Après les frappes de la nuit par des drones iraniens, Odessa et d'autres villes et villages de la région sont plongés dans l'obscurité", a déclaré Volodymyr Zelensky dans sa vidéo quotidienne sur les réseaux sociaux.

"À cette heure, plus d'un million et demi de personnes de la région d'Odessa sont sans électricité. Seules les infrastructures essentielles sont connectées - quand il est possible d'avoir de l'électricité", a-t-il ajouté.

Le ministère ukrainien de la Défense, dans son briefing quotidien, avait auparavant accusé la Russie d'avoir mené des frappes avec les drones iraniens, dont Téhéran a longtemps nié la livraison à Moscou.

"Cette nuit, l'ennemi a frappé, apparemment avec des drones iraniens Shahed-136, sur des infrastructures énergétiques des régions de Mykolaïv et Odessa. Dix des 15 drones ont été interceptés", a affirmé le ministère.

Les autorités ukrainiennes n'ont pas détaillé les infrastructures touchées, mais le département de l'Énergie de l'administration régionale d'Odessa a indiqué dans un communiqué que les dégâts, qui n'affectent toutefois pas le chauffage urbain et l'eau potable, seraient longs à réparer.

«Des semaines» pour réparer 

"Selon une première analyse, cela prendra plus de temps pour réparer les infrastructures énergétiques qu'après les frappes précédentes. Nous ne parlons pas seulement de jours, mais de semaines", a déclaré ce service dans un communiqué samedi soir, évoquant même la possibilité d'un délai de "deux ou trois mois".

"C'est pourquoi nous vous demandons (...) si vous avez la possibilité de quitter temporairement Odessa et sa région, de le faire", a ajouté l'administration.

Un conseiller de la présidence ukrainienne, Kyrylo Timochenko, avait précisé précédemment que les infrastructures essentielles, notamment les hôpitaux et les maternités, avaient pu être maintenues connectées au réseau.

Vendredi, Kiev avait souligné que les régions du sud du pays déchiré par la guerre, y compris Odessa, souffraient des pires coupures d'électricité, quelques jours après la dernière série d'attaques russes contre le réseau énergétique ukrainien.

La Russie avait tiré lundi des dizaines de missiles de croisière sur des infrastructures clés, faisant pression sur le réseau déjà en difficulté du pays après des attaques répétées.

Jeudi, le président russe Vladimir Poutine a promis de continuer à frapper le réseau énergétique ukrainien malgré de vives critiques occidentales contre les attaques systématiques qui ont plongé depuis des semaines des millions de personnes dans le froid et l'obscurité.

Les États-Unis ont de leur côté alerté vendredi sur la mise en place d'un "partenariat militaire à grande échelle" entre Moscou et Téhéran, dont les drones sont déjà utilisés contre l'Ukraine dans la guerre lancée le 24 février par Vladimir Poutine.

Selon le renseignement américain, Moscou et Téhéran envisagent en particulier de lancer une production commune de drones "tueurs" en Russie, a indiqué John Kirby, le porte-parole du Conseil de sécurité nationale de l'exécutif américain.

Le porte-parole a aussi rappelé que l'Iran envisageait de vendre à la Russie des "centaines" de missiles balistiques, qui permettraient de continuer à frapper les infrastructures civiles de l'Ukraine malgré l'amoindrissement des réserves de l'armée russe.


Iran : l'UE désigne les Gardiens de la Révolution comme organisation terroriste

Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
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  • Les 27 ministres des Affaires étrangères de l’UE ont classé les Gardiens de la Révolution iraniens comme organisation terroriste suite à la répression sanglante des manifestations en Iran
  • L’UE a également sanctionné 21 responsables iraniens, avec interdiction d’entrée sur le territoire et gel de leurs avoirs

BRUXELLES: Les ministres des Affaires étrangères des 27 pays de l'Union européenne sont tombés d'accord jeudi pour désigner les Gardiens de la révolution comme une "organisation terroriste", après la répression sanglante des manifestations en Iran, a annoncé la cheffe de la diplomatie de l'UE Kaja Kallas.

"+Terroriste+, c'est bien ainsi que l'on qualifie un régime qui réprime les manifestations de son propre peuple dans le sang", a aussitôt réagi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

"Tout régime qui tue des milliers de ses propres citoyens travaille à sa propre perte", a assuré de son côté Mme Kallas, en marge d'une réunion ministérielle à Bruxelles.

Ces derniers ont donné leur feu vert à l'inscription des Gardiens iraniens dans la liste de l'UE recensant les organisations terroristes. Les Européens rejoignent ainsi d'autres pays comme les Etats-Unis, le Canada ou l'Australie.

La France avait annoncé dès mercredi être prête à soutenir cette décision, en réponse à la répression "la plus violente" de l'histoire récente iranienne.

Les Européens ont aussi décidé jeudi de sanctionner plusieurs responsables iraniens, dont le ministre de l'Intérieur, le chef de la police et plusieurs dirigeants des Gardiens de la révolution. La liste de ces responsables iraniens a été publiée jeudi au Journal officiel de l'UE.

Au total, quelque 21 entités et individus sont ciblés par ces sanctions, qui prévoient une interdiction d'entrer dans l'UE et le gel de leurs avoirs sur le territoire des Vingt-Sept.


Trump dit qu'il "semble" que le Hamas va se désarmer

Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
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  • Donald Trump affirme que le Hamas « semble » prêt à se désarmer, une étape clé de son plan pour mettre fin à la guerre à Gaza
  • La deuxième phase de la trêve prévoit le désarmement du Hamas, un retrait progressif israélien et le déploiement d’une force internationale

WASHINGTON : Donald Trump a dit jeudi qu'il "semblait" que le mouvement palestinien Hamas allait "se désarmer", ce qui est l'une des étapes cruciales prévues dans son plan de règlement du conflit à Gaza.

"Beaucoup de gens disent qu'ils ne se désarmeront jamais. Il semble qu'ils vont se désarmer", a déclaré le président américain pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Il a également relevé que le Hamas "nous a aidé avec les corps, leur rapatriement et sa famille est très reconnaissante", faisant référence au rapatriement des restes du dernier otage israélien du 7-Octobre, Ran Gvili, à qui Israël a rendu hommage mercredi lors de funérailles nationales.

Pour sa part, l'émissaire spécial Steve Witkoff s'est félicité que "nous ayons chassé les terroristes de là-bas et ils vont se démilitariser".

"Ils le feront parce qu'ils n'ont pas le choix. Ils vont abandonner. Ils vont abandonner les AK-47", a-t-il ajouté.

La veille, le Hamas s'était dit prêt à un "transfert complet de la gouvernance" de la bande de Gaza aussi vite que possible.

Aux termes du plan du président américain pour mettre fin à la guerre de Gaza, un Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG) doit administrer provisoirement le territoire palestinien sous la houlette du "Conseil de paix" présidé par M. Trump lui-même.

La deuxième phase de la trêve entrée en vigueur le 10 octobre dernier prévoit entre autres le désarmement du Hamas, le retrait progressif de l'armée israélienne, qui contrôle encore plus de la moitié du territoire, et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.


Ethiopie: combats entre armée fédérale et forces tigréennes, vols supendus vers le Tigré

Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
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  • De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar
  • Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés

ADDIS ABEBA: Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie.

De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar. Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés.

Ces tensions font planer le risque d'une reprise d'un conflit après la sanglante guerre qui a opposé entre novembre 2020 et novembre 2022 l'armée éthiopienne aux forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

Au moins 600.000 personnes étaient mortes, selon l'Union africaine, des estimations que plusieurs experts pensent sous-estimées.

Ces derniers jours, des combats se sont tenus à Tsemlet (ouest du Tigré), une zone revendiquée par des forces de la région voisine de l'Amhara, ont déclaré à l'AFP, sous couvert d'anonymat, des sources diplomatique et sécuritaire en poste en Ethiopie.

"Raisons opérationnelles" 

A Tsemlet, face aux forces tigréennes, "ce sont les ENDF (armée éthiopienne, NDLR) avec des milices amharas", a déclaré la source diplomatique, sous couvert d'anonymat. Des affrontements se sont tenus "ces derniers jours", mais "aujourd'hui on ne sait pas encore" s'il se poursuivent, a-t-elle ajouté, sans plus de détails.

Les combats ont été confirmés par une source locale au Tigré, qui a également requis l'anonymat.

"La situation semble dégénérer", a corroboré la source sécuritaire, se montrant "dubitative sur la capacité des TDF (l'armée tigréenne, NDLR), à récupérer par la force Tselemt".

Le porte-parole de l'armée fédérale et des membres du TPLF n'ont pour l'heure pas donné suite aux sollicitations de l'AFP.

Les liaisons aériennes vers le Tigré d'Ethiopian Airlines, compagnie publique et seule à desservir cette région, ont été suspendues, ont également affirmé les sources diplomatique et sécuritaire.

Les vols, tout comme les services de télécommunications et bancaires, avaient été complètement suspendus durant la guerre, avant de reprendre à la suite de l'accord de paix conclu à Pretoria fin 2022. Leur suspension est une première depuis l'accord de paix.

Selon deux responsables d'Ethiopian Airlines, qui ont requis l'anonymat, les vols ont été interrompus pour "raisons opérationnelles", sans donner plus de détails.

L'un d'eux a toutefois déclaré "suspecter" que l'arrêt pour l'instant temporaire du trafic soit lié "aux tensions politiques" entre les autorités fédérales et l'administration au Tigré.

"Escalade militaire" 

Selon un journaliste à Mekele, joint au téléphone par l'AFP et qui a lui aussi requis l'anonymat, une "anxiété croissante" se ressent dans cette ville, capitale du Tigré.

Depuis plusieurs mois, la situation est tendue dans le nord de l'Ethiopie. Des forces amhara et érythréennes sont toujours présentes dans la région, en violation de l'accord de paix de Pretoria - auquel elles n'ont pas participé - qui prévoyait leur retrait.

Début 2025, le chef de l'administration intérimaire au Tigré, institution mise en place par Addis Abeba, avait été contraint de fuir Mekele, la capitale régionale, en raison de divisions croissantes au sein du TPLF.

Ce parti qui a dominé l'Ethiopie pendant presque trois décennies avant de se retrouver marginalisé après l'arrivée au pouvoir en 2018 du Premier ministre Abiy Ahmed et d'être aujourd'hui radié, est accusé par les autorités fédérales de s'être rapproché de l'Erythrée voisine.

Les relations entre les deux voisins de la Corne de l'Afrique, qui s'étaient réchauffées durant la guerre du Tigré, lorsque les troupes érythréennes avaient appuyé les forces fédérales éthiopiennes, sont de nouveau acrimonieuses, nourries de discours belliqueux, faisant planer le risque d'un nouveau conflit.

Pour Kjetil Tronvoll, professeur à Oslo New University College et spécialiste de la zone, cette confrontation entre forces fédérales et tigréennes "n'est pas surprenante". "Le risque d'une escalade militaire est grave, et il est possible que des forces non éthiopiennes viennent appuyer les forces tigréennes", a-t-il confié à l'AFP.