Crise énergétique: L'UE se donne une semaine pour s'accorder sur le plafond du prix du gaz

La ministre française de la transition énergétique Agnès Pannier-Runacher arrive pour une réunion extraordinaire des ministres de l'énergie de l'Union européenne au siège de l'UE à Bruxelles, le 24 novembre 2022 (Photo, AFP).
La ministre française de la transition énergétique Agnès Pannier-Runacher arrive pour une réunion extraordinaire des ministres de l'énergie de l'Union européenne au siège de l'UE à Bruxelles, le 24 novembre 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 14 décembre 2022

Crise énergétique: L'UE se donne une semaine pour s'accorder sur le plafond du prix du gaz

  • Les discussions ont été renvoyées à une nouvelle réunion ministérielle le 19 décembre
  • Entretemps, les chefs d'Etat et de gouvernement pourraient s'emparer du sujet lors de leur sommet jeudi

BRUXELLES: Les ministres européens de l'Energie ont échoué mardi à s'entendre sur un plafonnement des prix du gaz et se sont donnés une semaine pour arracher un accord et permettre ainsi l'adoption d'autres mesures d'urgence pour amortir la crise énergétique.

"J'espérais déboucher le champagne aujourd'hui. Les bouteilles resteront au frigo (...) Mais je pense qu'on y est presque", a assuré à l'issue de la rencontre le ministre tchèque de l'Industrie Jozef Sikela, dont le pays exerce la présidence tournante de l'UE.

Les discussions ont été renvoyées à une nouvelle réunion ministérielle le 19 décembre. Entretemps, les chefs d'Etat et de gouvernement pourraient s'emparer du sujet lors de leur sommet jeudi.

Les Vingt-Sept se déchirent depuis trois semaines autour d'une proposition de la Commission européenne visant à plafonner temporairement les prix de certains contrats à terme sur le marché gazier de référence TTF afin d'empêcher toute nouvelle flambée des cours.

Cette division persistante paralyse deux autres textes agréés, mais dont l'adoption formelle est suspendue à une décision sur le plafonnement des prix gaziers.

Le premier prévoit des achats groupés de gaz, auxquels participeraient des consortiums d'entreprises, afin d'obtenir ensemble de meilleurs prix, et un mécanisme de solidarité assurant automatiquement l'approvisionnement énergétique des pays menacés de pénuries.

Le second simplifie les procédures d'autorisations pour les infrastructures d'énergies renouvelables.

"Ces solutions ne sont pas parfaites, mais elle sont prêtes et elles permettraient de faire baisser les prix", a rappelé la ministre autrichienne Leonore Gewessler.

"L'objectif reste d'adopter ces trois textes ensemble, un seul paquet, lundi prochain", a affirmé Jozef Sikela.

Garde-fous

La Commission avait initialement proposé de plafonner les prix des contrats mensuels sur le TTF dès lors qu'ils dépassent 275 euros/MWh pendant deux semaines consécutives, à condition qu'ils soient supérieurs d'au moins 58 euros à un "prix mondial moyen de référence" du gaz naturel liquéfié (GNL).

Des conditions draconiennes jamais réunies, même lors de la flambée des cours en août dernier, rendant extrêmement improbable tout déclenchement: une partie des Etats (France, Espagne, Pologne, Grèce...) avaient fustigé une "mauvaise blague" et réclamé d'assouplir fortement les conditions requises.

Au contraire, rétifs à toute intervention, plusieurs Etats (Allemagne, Pays-Bas, Autriche...) exigent des "garde-fous" drastiques pour éviter qu'un plafonnement menace les approvisionnements gaziers de l'Europe.

Certains fournisseurs-clés comme la Norvège s'alarment d'un plafonnement décidé unilatéralement, qui pourrait également encourager certains fournisseurs de GNL à délaisser l'Europe au profit de clients asiatiques payant des prix plus attractifs.

La présidence tchèque s'est efforcée de "donner des gages aux deux camps".

Selon Jozef Sikela, un "accord de principe" a été trouvé mardi pour étendre le plafonnement à d'autres marchés que le TTF, mais il exclura les contrats passés de gré-à-gré ("OTC") hors de tout marché régulé.

Autres points d'entente: une évaluation du dispositif sera menée "fin février", et les possibilités de désactivation automatique en cas de perturbations imprévues "seront renforcées".

Équilibre

"Nous avons fait de gros progrès: 90% du texte est +stabilisé+, avec un nombre restreint de points à conclure le 19 décembre, notamment la question du prix auquel le mécanisme se déclencherait", confirme la ministre française de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher.

Un point crucial: plusieurs pays – Grèce, Italie, Belgique – avaient proposé de descendre le seuil à 160 euros/MWh, une ligne rouge pour d'autres. Prague a tenté de fixer la barre à 220 euros/MWh.

"L'affaire est extrêmement délicate: il est judicieux de prendre encore du recul, de vérifier si nous ne faisons pas d'erreurs", a insisté le ministre allemand de l'Economie Robert Habeck.

La Banque centrale européenne elle-même estime qu'un plafonnement mal conçu pourrait exacerber la volatilité et compromettre la "stabilité financière en zone euro".

"Nous avons trois objectifs, dont aucun ne prend le pas sur l'autre: protéger nos industriels en cas de prix du gaz irrationnels, préserver la stabilité des marchés financiers, et garantir la sécurité d'approvisionnement en gaz en vue de l'hiver 2023-2024", abonde Mme Pannier-Runacher.

Le temps presse: alors qu'avec l'hiver citoyens et entreprises pâtissent de l'explosion des prix, "nous devons prendre nos responsabilités et agir sans délai", a jugé le ministre grec Konstantinos Skrekas.


Airbus pénalisé par ses faibles livraisons d'avions

Des écrans affichant le logo de la société française Airbus, cotée au CAC 40, principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse, le 31 mars 2026. (AFP)
Des écrans affichant le logo de la société française Airbus, cotée au CAC 40, principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse, le 31 mars 2026. (AFP)
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  • Airbus voit ses résultats baisser au T1 2026 (bénéfice -26%, CA -7%) à cause de livraisons d’avions retardées et de problèmes de moteurs
  • Le groupe maintient ses objectifs annuels et s’appuie sur la défense, tandis que Boeing prend l’avantage sur les livraisons

PARIS: L'avionneur européen Airbus est pénalisé au premier trimestre par de faibles livraisons d'avions commerciaux, qui pèsent sur ses comptes, tandis que son concurrent américain Boeing, en phase de redressement, signe des livraisons record.

En dépit de cette déconvenue due principalement à la pénurie des moteurs de l'américain Pratt & Whitney et la situation volatile au Moyen-Orient qui n'a pour l'instant "pas d'impact" sur ses activités, Airbus maintient ses objectifs pour l'année.

Il compte toujours livrer un nombre record de 870 avions commerciaux en 2026, soit plus que la meilleure année, en 2019, avant la pandémie du Covid (863 appareils).

Les livraisons d'avions commerciaux qui patinent ont fait chuter le bénéfice net de l'avionneur européen de 26% à 586 millions d'euros au premier trimestres.

Le chiffre d'affaires s'est établi à 12,65 milliards d'euros, en recul de 7% par rapport à la même période de l'année dernière.

Ces résultats "reflètent un niveau plus faible de livraisons d'avions commerciaux et une solide performance de notre division Defense and Space", a déclaré le patron d'Airbus Guillaume Faury.

- "Impact" de Pratt jusqu'en 2028  -

Depuis le début de l'année, Airbus n'a livré que 114 avions commerciaux contre 143 pour Boeing. L'an dernier l'écart s'est resserré au sein du duopole sur le terrain des livraisons, mais l'américain a pris l'avantage sur les commandes.

Pratt & Whitney "reste le principal facteur limitant de notre trajectoire de montée en cadence sur l’A320", la famille la mieux vendue d'Airbus, "avec un impact sur 2026 et 2027", a déclaré Guillaume Faury au cours d'une conférence téléphonique.

En conséquence, l’entreprise maintient sa prévision d'un rythme de production de cette famille d'avions compris entre 70 et 75 avions par mois d’ici la fin 2027, objectif revu à la baisse en février contre 75 auparavant.

Le carnet de commandes d'Airbus affiche 9.037 appareils, soit plus de dix ans de production au rythme actuel.

Airbus a également été confronté en début de l'année "à un retard administratif qui a affecté la livraison de près de 20 avions à des clients chinois", mais ce problème a été résolu.

Le problème de qualité des panneaux de l'A320 découvert en décembre aura "un impact résiduel" sur les livraisons sur le premier semestre, selon Guillaume Faury.

Le bilan des livraisons des avionneurs est toujours scruté, car il préfigure les résultats financiers, les compagnies aériennes acquittant la majorité du prix d'achat lorsqu'elles reçoivent leurs appareils.

Le "cash flow" d'Airbus qui emploie près de 170.000 personnes dans le monde s'est également nettement dégradé.

La trésorerie disponible consolidée avant financement des clients s’est ainsi établie à -2,485 milliards d’euros contre -310 millions d’euros il y a un an.

- Désaccords non résolus sur le Scaf -

Les mauvaises performances côté avions commerciaux sont toutefois contrebalancées par le succès de la branche défense.

Le chiffre d'affaires dans ce domaine a progressé de 7% à 2,8 milliards d'euros.

Interrogé sur le programme européen d'avion de combat Scaf mené par Airbus qui représente l'Allemagne et l'Espagne et Dassault Aviation pour la France, Guillaume Faury a indiqué que les discussions étaient "en cours" dans le cadre d'une mission demandée par le président français Emmanuel Macron pour réconcilier les industriels.

"Je ne dis pas que les désaccords sont résolus, mais qu’un travail est en cours entre les différents acteurs pour tenter d’identifier la meilleure voie à suivre", a-t-il poursuivi.

"La France, l'Allemagne et l'Espagne ont chacune leurs attentes et travaillent actuellement à résoudre ces divergences", a-t-il conclu. 


Vision Golfe 2026 : France-CCG, de la coopération à la transformation

L’édition 2026, placée sous le thème « De la coopération à la transformation » entend aller plus loin en mettant l’accent sur des partenariats orientés résultats. (Photo: fournie)
L’édition 2026, placée sous le thème « De la coopération à la transformation » entend aller plus loin en mettant l’accent sur des partenariats orientés résultats. (Photo: fournie)
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  • La France et les pays du Golfe intensifient leur partenariat économique avec un forum stratégique axé sur des projets concrets et des investissements mesurables
  • Les secteurs clés incluent l’IA, les énergies propres et les infrastructures, dans un contexte où la géopolitique redéfinit les échanges mondiaux

DUBAÏ: Dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques croissantes, des mutations profondes des flux commerciaux et des impératifs liés à la transition énergétique, la France et les États du Conseil de coopération du Golfe (CCG) s’apprêtent à franchir une nouvelle étape dans leur relation stratégique. Les 18 et 19 juin 2026, Paris accueillera la quatrième édition de Vision Golfe, un forum de haut niveau destiné à accélérer les échanges économiques, les investissements et les coopérations industrielles entre les deux régions.

Organisé par Business France sous le haut patronage du président Emmanuel Macron, cet événement réunira ministres, décideurs publics et dirigeants d’entreprises au ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique. Il s’inscrit dans une dynamique de renforcement institutionnel des relations franco-golfiques, fondée sur la recherche de résilience économique et d’autonomie stratégique.

Au fil des éditions, Vision Golfe s’est imposé comme une plateforme incontournable pour transformer le dialogue en projets concrets. La dernière édition a rassemblé plus de 1 250 participants et généré plus de 2 000 rencontres B2B, témoignant d’une forte demande pour des échanges ciblés et opérationnels. L’édition 2026, placée sous le thème « De la coopération à la transformation » (“From Cooperation to Transformation”), entend aller plus loin en mettant l’accent sur des partenariats orientés résultats, notamment à travers le co-investissement, l’innovation conjointe et la collaboration industrielle.

Les relations économiques entre la France et les pays du Golfe connaissent une croissance soutenue. En 2025, les échanges commerciaux entre la France et les Émirats arabes unis ont atteint 10,8 milliards d’euros, en hausse de 27 % sur un an. À l’échelle régionale, le commerce entre la France et le CCG s’est élevé à 24,9 milliards d’euros, porté notamment par l’Arabie saoudite, le Koweït et le Qatar. Ces chiffres illustrent la solidité du corridor économique en construction, tout en laissant entrevoir un potentiel encore largement inexploité.

Dans un environnement où la géopolitique influence directement les décisions économiques — qu’il s’agisse de contrôle des exportations, de politiques industrielles ou de sécurité des chaînes d’approvisionnement — le partenariat entre la France et le Golfe apparaît de plus en plus complémentaire. Les pays du Golfe apportent leur capacité d’investissement, leur rapidité d’exécution et leur ambition technologique, tandis que la France contribue par son expertise industrielle, ses standards réglementaires et son accès aux marchés européens.

Comme le souligne Axel Baroux, directeur de Business France pour le Proche et Moyen-Orient : « Dans un monde où l’inaction est l’ennemi de la croissance, Vision Golfe 2026 vise à générer des avancées concrètes et mesurables. Le forum réunit les bons acteurs pour catalyser des initiatives, mobiliser des investissements et transformer les échanges en projets à fort impact. »

Le programme de Vision Golfe 2026 mettra en avant des secteurs stratégiques tels que l’intelligence artificielle, les énergies propres, l’industrie avancée, la mobilité intelligente, les systèmes de santé et le développement urbain durable. La notion de sécurité, au sens large, sera également centrale, englobant les infrastructures critiques, la sécurité alimentaire, la gestion de l’eau ou encore les corridors logistiques et maritimes.

Au-delà des panels et des discussions, l’événement privilégiera des formats orientés action : rencontres B2B et B2G, sessions de networking et événements exclusifs comme la « French Gulf Night » au Palais Galliera. L’objectif est clair : accélérer la prise de décision et transformer les convergences stratégiques en projets concrets, investissements et créations d’emplois.

Vision Golfe 2026 s’affirme ainsi comme un catalyseur de la prochaine phase du partenariat entre la France et le CCG, où l’enjeu n’est plus seulement de coopérer, mais bien de transformer durablement les économies des deux régions.


Les Emirats annoncent leur retrait de l'Opep à partir de mai 

Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie. (AP)
Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie. (AP)
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  • Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep)
  • "Cette décision reflète la vision stratégique et économique à long terme des Emirats arabes unis ainsi que l'évolution de leur profil énergétique, notamment l'accélération des investissements dans la production d'énergie nationale"

DUBAI: Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie.

"Cette décision reflète la vision stratégique et économique à long terme des Emirats arabes unis ainsi que l'évolution de leur profil énergétique, notamment l'accélération des investissements dans la production d'énergie nationale", explique l'agence Wam.