Mondial: Les Marocains retrouvent le sourire malgré la morosité économique

Des supporters marocains célèbrent après la victoire de leur pays lors du match de football de la Coupe du monde entre le Maroc et le Portugal, dans la capitale Rabat, le 10 décembre 2022 (Photo, AFP).
Des supporters marocains célèbrent après la victoire de leur pays lors du match de football de la Coupe du monde entre le Maroc et le Portugal, dans la capitale Rabat, le 10 décembre 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 16 décembre 2022

Mondial: Les Marocains retrouvent le sourire malgré la morosité économique

  • «Cette équipe nous a tout fait oublier, les hausses des prix et tout le reste. Mon humeur a changé», confie El Haj Mohamed, un conducteur de triporteur de Salé
  • La performance du onze marocain vient aussi effacer une longue période d’échecs sportifs

SALÉ: El Haj Mohamed, un conducteur de triporteur de Salé, cité portuaire à côté de Rabat, a le moral au beau fixe depuis le début du Mondial au Qatar, où la sélection marocaine brille.

"Cette équipe nous a tout fait oublier, les hausses des prix et tout le reste. Mon humeur a changé", confie le quinquagénaire rencontré sur un marché populaire de cette ville jumelle de Rabat.

Comme lui, depuis le début de l’incroyable épopée des Lions de l’Atlas au Mondial, les Marocains, toutes classes confondues, ont retrouvé confiance, et même l'optimisme, malgré la morosité économique qui affecte les plus pauvres d’entre eux dans un pays toujours marqué par de fortes disparités sociales et territoriales.

Fait rare, le roi Mohammed VI lui même a pris un bain de foule en plein centre de Rabat après le triomphe inattendu contre l'Espagne en huitièmes.

Pourtant les temps sont durs depuis la crise sanitaire de 2020-2021 et la guerre en Ukraine. Inflation galopante (+8,1% sur un an), prix records à la pompe, panier de la ménagère qui s'envole.

S'y ajoutent les effets dévastateurs d'une sécheresse inédite dans ce pays agricole, même si la pluie tombe en abondance depuis les exploits des hommes de Walid Regragui, renforçant le sentiment de baraka qui les accompagne.

Le Maroc est revenu "au niveau de pauvreté et de vulnérabilité de 2014", à cause de la pandémie de Covid-19 et de l'inflation, avertissait récemment une note du Haut-commissariat au Plan (HCP).

Que du bonheur

Mais "grâce à Dieu et à l'équipe, les choses vont s'arranger", assure Thami Halhouli, 57 ans, un autre livreur en triporteur de Salé.

Si l'activité commerciale est plutôt calme sur le marché à la mi-journée, des passants n'hésitent pas à demander aux journalistes -- candidement -- de transmettre leurs encouragements aux héros au Qatar avant la demi-finale mercredi contre la France.

Longtemps déshérité, le Souk Assalihine a été récemment rénové, avec des terrains de proximité pour les jeunes des quartiers populaires avoisinants.

Ayoub, un marchand ambulant revêtu de la tunique rouge vif des Lions de l'Atlas, se sent "fier de ce qu'ils ont réalisé", malgré les difficultés quotidiennes. "Quelle joie de les voir apporter du bonheur aux Arabes et aux Africains !", s'exclame-t-il.

Le jeune homme regrette de ne pas pouvoir se payer le voyage à Doha.

Les plus fortunés ont pu s'arracher des billets d’avion au tarif unique de 5 000 dirhams (450 euros) – pas à la portée de tout le monde – proposés par Royal Air Maroc (RAM) pour se rendre au Qatar.

La performance du onze marocain vient aussi effacer une longue période d’échecs sportifs "que ces joueurs nous ont fait oublier", rappelle Rachid Samouki, 30 ans, qui pratique l'athlétisme dans le club des Forces armées royales (FAR) de Rabat.

"Le public marocain sait apprécier le foot. Il aime cette équipe parce qu’elle a des résultats mais aussi parce qu’on a vu l’esprit de combativité que leur a insufflé Regragui", dit-il.

Frustrations

Pour le journaliste et chercheur en sociologie du sport Hicham Ramram, "le sentiment d’appartenir au camp des vainqueurs procure de la fierté".

"Tous les Marocains s’identifient à Regragui, (au gardien) Bounou ou (au milieu) Ounahi et espèrent avoir la même réussite dans tous les domaines", souligne-t-il.

Ce sentiment d'orgueil s’expliquerait par le fait que "le sport, et le football en particulier, est le seul domaine dans lequel vous pouvez battre des pays plus puissants économiquement ou militairement".

"Pour les pays en voie de développement, cela peut aussi être une compensation de frustrations dans d'autres domaines. Nous avons vu comment les gens partageaient notre joie en Somalie, en Syrie ou en Palestine", ajoute le sociologue.

Au Maroc même, des militants anti-normalisation avec Israël, certains fort peu mobilisés par le ballon rond, se sont passionnés pour l'odyssée des joueurs marocains qui ont affiché sans barguigner leur solidarité avec la cause palestinienne.

Pour autant, tout le monde ne veut pas mélanger sport et politique.

"On suit l’équipe nationale simplement parce qu’elle est agréable à voir jouer", tempère Mounir, 31 ans, vendeur de tissus dans le même quartier populaire de Salé.

"Nous allons faire la fête même si on ne gagne pas la demi-finale".


Liban: huit personnes, dont trois secouristes, tués dans des frappes israéliennes

Huit personnes, dont trois secouristes de la Défense civile, ont été tuées mardi par des frappes israéliennes sur le sud du Liban, où Israël a par ailleurs annoncé avoir détruit un tunnel du Hezbollah menaçant le nord de son territoire. (AFP)
Huit personnes, dont trois secouristes de la Défense civile, ont été tuées mardi par des frappes israéliennes sur le sud du Liban, où Israël a par ailleurs annoncé avoir détruit un tunnel du Hezbollah menaçant le nord de son territoire. (AFP)
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  • Cinq des personnes tuées l'ont été lors de frappes israéliennes sur un immeuble dans la localité de Majdal Zoun, puis pendant l'opération de secours menée conjointement sur le site par des soldats et des secouristes, selon les autorités
  • La Défense civile a indiqué que ses trois membres étaient morts à Majdal Zoun "sous les décombres" après la frappe israélienne sur un immeuble. L'armée a, elle, fait état de deux soldats blessés

BEYROUTH: Huit personnes, dont trois secouristes de la Défense civile, ont été tuées mardi par des frappes israéliennes sur le sud du Liban, où Israël a par ailleurs annoncé avoir détruit un tunnel du Hezbollah menaçant le nord de son territoire.

Cinq des personnes tuées l'ont été lors de frappes israéliennes sur un immeuble dans la localité de Majdal Zoun, puis pendant l'opération de secours menée conjointement sur le site par des soldats et des secouristes, selon les autorités.

La Défense civile a indiqué que ses trois membres étaient morts à Majdal Zoun "sous les décombres" après la frappe israélienne sur un immeuble. L'armée a, elle, fait état de deux soldats blessés.

"Israël continue de violer les lois et conventions internationales qui protègent les civils" a dénoncé le président libanais, Joseph Aoun.

Les secouristes tués "participaient à une mission de secours et d'intervention d'urgence auprès des blessés d'une frappe aérienne israélienne visant un bâtiment (...) qui a également causé la mort de résidents civils", a-t-il détaillé.

Ailleurs, le ministère de la Santé a fait état d'une personne tuée et de 15 blessées, dont cinq enfants, dans une frappe israélienne sur Jwaya (sud).

Deux autres personnes ont été tuées et 13 blessées dans un bombardement israélien à Jibchit, toujours dans le sud, selon un premier bilan du ministère.

"Pas encore terminé" 

L'armée israélienne a de son côté annoncé avoir découvert et détruit deux tunnels du Hezbollah, d'une longueur totale de deux kilomètres, à la frontière des deux pays, utilisés selon elles par des unités d'élite du mouvement pro-iranien.

Celui-ci a rouvert un front contre Israël le 2 mars pour venger la mort du guide suprême Ali Khamenei, tué dans l'offensive israélo-américaine contre l'Iran.

Israël a riposté par des frappes meurtrières et déployé des troupes dans le sud du pays voisin.

Un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 17 avril mais les deux belligérants ont poursuivi les combats en s'accusant mutuellement de violer la trêve.

Selon une source militaire israélienne, l'installation souterraine détruite près de la frontière avait été "conçue, soutenue et financée par l'Iran" pour "lancer des raids contre les communautés israéliennes".

"Nous détruisons leur infrastructure terroriste, nous tuons plusieurs dizaines de leurs terroristes — et n'avons pas encore terminé", a commenté le Premier ministre, Benjamin Netanyahu.

L'explosion liée à la destruction du tunnel a creusé un "grand cratère" dans la ville de Qantara, selon les médias d'Etat libanais.

Au-delà de la "ligne jaune" 

L'armée israélienne avait ordonné plus tôt dans la journée l'évacuation "immédiate" de nouveaux villages dans le sud du Liban.

Peu après, l'agence de presse libanaise Ani a fait état de frappes aériennes sur ces zones.

Les villages concernés se trouvent au-delà de la zone de dix kilomètres de profondeur, délimitée par une "ligne jaune", que l'armée israélienne a établie il y a dix jours.

"Israël n'a aucune visée territoriale sur le Liban. Notre présence dans les zones situées le long de notre frontière nord n'a qu'un seul objectif: protéger nos citoyens", a affirmé le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar.

Au terme de l'accord de cessez-le-feu, Israël "se réserve le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques".

A trois reprises mardi, l'armée a déclaré avoir tenté d'intercepter "une cible aérienne suspecte" dans la zone où opéraient ses troupes, sans donner de précisions.

Elle a aussi affirmé que le Hezbollah avait lancé des drones "qui ont explosé à proximité de soldats", sans faire de blessés.

Un soldat israélien a été tué dimanche et un autre a été grièvement blessé lundi par des drones, selon l'armée.

Depuis le début de la guerre le 2 mars, plus de 2.500 personnes ont été tuées et quelque 7.800 blessées au Liban dans la campagne militaire israélienne, selon le ministère libanais de la Santé.

Côté israélien, 16 soldats ont été tués sur la période, d'après les autorités.


Reprise de la vie nocturne au Caire avec la fin des économies d'électricité

L'Egypte, fortement dépendante des importations de carburant, a été durement touchée par la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Egypte, fortement dépendante des importations de carburant, a été durement touchée par la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Les gens étaient déprimés", témoigne Ahmed Megahed, un retraité de 82 ans
  • "Avec la hausse des prix et les pressions au quotidien, rester à la maison chaque soir empirait les choses. Maintenant on peut sortir, respirer et se sentir à nouveau normal".

LE CAIRE: La célèbre vie nocturne du Caire a repris des couleurs mardi soir, avec la fin des mesures d'économie d'énergie qui avaient mis en pause l'habituelle frénésie de la mégalopole et forcé magasins, cafés et restaurants à fermer bien plus tôt, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

La guerre, accompagnée d'une flambée des prix de l'énergie, avait contraint la capitale égyptienne à réduire durant un mois sa consommation d'électricité.

Les fermetures fixées à 21h00 locales, puis repoussées à 23h00, avaient vidé les rues et créé un immense sentiment de frustration chez les commerçants et leurs clients.

Mais le gouvernement a levé les restrictions et les établissements peuvent de nouveau fermer leurs portes à 01h00 du matin. Quant aux magasins et centres commerciaux, ils sont désormais autorisés à rester ouverts jusqu'à 23h00 et minuit le week-end.

A Heliopolis, quartier chic de l'est, les familles ont envahi les rues avec leurs enfants, tandis que des groupes d'amis fumaient le narguilé.

"Les gens étaient déprimés", témoigne Ahmed Megahed, un retraité de 82 ans. "Avec la hausse des prix et les pressions au quotidien, rester à la maison chaque soir empirait les choses. Maintenant on peut sortir, respirer et se sentir à nouveau normal".

Pour s'assurer du respect des mesures d'économie d'énergie, des patrouilles de police menaçaient les noctambules récalcitrants d'amendes de 50.000 livres égyptiennes (environ 800 euros), voire de peines d'emprisonnement en cas de récidive.

Pour Wafaa Ahmed, 58 ans, propriétaire d'une boutique qui a vu son chiffre d'affaires chuter de 80%, l'assouplissement arrive à point nommé, "surtout à l'approche de la saison estivale".

"Personne ne fait ses courses le matin en été. Maintenant, les clients ont le temps", explique-t-elle, contente de la fin d'un "véritable désastre" pour les commerçants.

La ville de plus de 20 millions d'habitants est réputée pour son niveau sonore nocturne, alimenté par la circulation automobile, des marchés bondés ou encore des bateaux de fêtards illuminant le Nil.

L'Egypte, fortement dépendante des importations de carburant, a été durement touchée par la guerre au Moyen-Orient.

Selon le Premier ministre Moustafa Madbouly, la facture mensuelle d'importation d'énergie a plus que doublé entre janvier et mars, pour atteindre 2,5 milliards de dollars (2,1 millions d'euros). La livre égyptienne a perdu autour de 15% de sa valeur et l'inflation a atteint 13,6% en mars.

M. Madbouly a appelé à la mise en place de mesures incitatives pour accélérer la transition vers l'énergie solaire, tandis que le gouvernement a diffusé des campagnes télévisées appelant les consommateurs à réduire leur consommation d'électricité.

 


L'armée israélienne ordonne l'évacuation de nouveaux villages dans le sud du Liban

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  • Les habitants sont appelés à "évacuer immédiatement" leurs maisons et à se diriger vers le "district de Saïda", a-t-il ajouté
  • Les villages désignés se trouvent tous au-delà de la "ligne jaune" de démarcation que l'armée israélienne a établie il y a dix jours dans le sud du Liban pour, selon le gouvernement, assurer la sécurité des Israéliens

JERUSALEM: L'armée israélienne a ordonné mardi l'évacuation de nouveaux villages dans le sud du Liban, une annonce précédant généralement des frappes dans ce secteur.

Ce nouvel ordre d'évacuation survient alors qu'un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 17 avril entre le mouvement libanais pro-iranien Hezbollah et Israël, après un mois et demi de guerre. Les deux belligérants s'accusent de le violer.

"Avertissement urgent aux résidents du Liban se trouvant dans les villages et localités suivants", a indiqué sur X le porte-parole en arabe de l'armée israélienne, Avichay Adraee, énumérant une liste de 17 villages.

Les habitants sont appelés à "évacuer immédiatement" leurs maisons et à se diriger vers le "district de Saïda", a-t-il ajouté.

Les villages désignés se trouvent tous au-delà de la "ligne jaune" de démarcation que l'armée israélienne a établie il y a dix jours dans le sud du Liban pour, selon le gouvernement, assurer la sécurité des Israéliens.

Dans la bande de territoire située entre la frontière et cette ligne jaune, Israël affirme s'autoriser à effectuer des frappes contre le Hezbollah.

Depuis une semaine, l'armée israélienne affirme que le Hezbollah effectue régulièrement des tirs de drones explosifs vers ses positions.

Un soldat israélien a été tué dimanche et un autre grièvement blessé mardi par ces engins volants meurtriers, selon des communiqués publiés par l'armée.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a déclaré lundi que les roquettes et les drones du Hezbollah demeuraient un défi majeur, ajoutant qu'Israël poursuivrait ses frappes.

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre au Moyen-Orient le 2 mars en tirant des roquettes en direction d'Israël pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué dans l'attaque israélo-américaine contre l'Iran.