Migrants dans la Manche: Au moins quatre morts dans un naufrage

Des migrants arrivent au port de Douvres à bord d'un navire de la Border Force, après avoir été secourus alors qu'ils tentaient de traverser la Manche, à Douvres, en Grande-Bretagne, le 24 août 2022. (Reuters)
Des migrants arrivent au port de Douvres à bord d'un navire de la Border Force, après avoir été secourus alors qu'ils tentaient de traverser la Manche, à Douvres, en Grande-Bretagne, le 24 août 2022. (Reuters)
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Publié le Jeudi 15 décembre 2022

Migrants dans la Manche: Au moins quatre morts dans un naufrage

  • Plusieurs équipes de sauvetage du sud-est de l'Angleterre ont été mobilisées ainsi que deux hélicoptères britanniques et un de la marine française
  • Le Premier ministre Rishi Sunak a exprimé son «chagrin» après cette «perte tragique de vies humaines»

LONDRES: Au moins quatre migrants sont morts mercredi dans le naufrage de leur bateau de fortune dans la Manche alors qu'ils tentaient de rejoindre l'Angleterre depuis la France, une nouvelle tragédie illustrant les dangers de ces traversées toujours plus nombreuses.

Au moment où l'Angleterre et le nord de la France connaissent des températures glaciales, la vaste opération coordonnée par les gardes-côtes britanniques a permis de secourir plus de 40 personnes, ont précisé les médias britanniques citant une source gouvernementale.

Un peu plus d'un an après un naufrage dans lequel 27 migrants avaient péri, le drame pose de nouveau la question de la coordination et des responsabilités du Royaume-Uni et de la France sur ce dossier, au coeur de fréquentes tensions entre les deux pays.

"Quatre décès ont été confirmés", a déclaré un porte-parole du gouvernement britannique. Le Premier ministre Rishi Sunak a exprimé son "chagrin" après cette "perte tragique de vies humaines".

Des images diffusées sur la chaîne de télévision Sky News montrent des migrants dans un canot pneumatique noir, visiblement trop petit pour transporter des dizaines de passagers, en train d'être secourus en pleine nuit.

"Il y avait des gens partout dans l'eau, qui hurlaient", a raconté sur Sky le capitaine d'un bateau de pêche présent sur les lieux, affirmant que son équipe a passé deux heures à secourir les migrants, sauvant 31 d'entre eux.

Depuis le début de l'année, près de 45 000 migrants ont effectué la dangereuse traversée dans ces eaux très fréquentées, du jamais vu.

Risque d'hypothermie

Plusieurs équipes de sauvetage du sud-est de l'Angleterre ont été mobilisées ainsi que deux hélicoptères britanniques et un de la marine française, selon les gardes-côtes.

L'alerte a été donnée à 03H05 (locale et GMT), selon le gouvernement britannique.

Mais l'association française d'aide aux migrants Utopia 56 a dit avoir été contactée dès 01H53 GMT au sujet d'un bateau en détresse par un message vocal avec une localisation dans les eaux françaises.

"Nous sommes dans un bateau et nous avons un problème, s’il vous plaît aidez-nous. Euh, nous avons des enfants et la famille dans un bateau. (...) Nous n’avons rien pour le sauvetage pour … la sécurité", dit une personne, selon la transcription publiée par l'ONG Alarmphone, partenaire d'Utopia 56.

"A 03h40 (02H40 GMT), les gardes-côtes français nous ont dit que c'était les Anglais qui s'en chargeaient", a raconté Nikolaï Posner, un responsable d'Utopia 56, précisant qu'on ne "pourra jamais être réellement sûr" qu'il s'agit du bateau ayant fait naufrage malgré les éléments concordants.

Système d'asile débordé

Déjà en novembre 2021, 27 migrants âgés de sept à 46 ans avaient péri dans le naufrage de leur bateau en tentant de rejoindre l'Angleterre.

Des documents récemment dévoilés par le quotidien français Le Monde et consultés par l'AFP mettent en cause les secours français et britanniques, qui se sont renvoyé la balle sans porter assistance à l'embarcation.

Le nouveau naufrage mercredi intervient au lendemain de l'annonce par le Premier ministre britannique d'un vaste paquet de mesures destinées à lutter contre l'immigration illégale et après la signature mi-novembre d'un accord entre Paris et Londres sur le sujet.

Le dossier est hautement sensible pour les conservateurs, qui promettent depuis le Brexit de "reprendre le contrôle" des frontières alors que le nombre de traversées n'a jamais été aussi élevé, débordant complètement le système d'asile.

"Il est littéralement vital que nous mettions fin aux traversées illégales dans la Manche", a réagi mercredi Suella Braverman, la ministre britannique de l'Intérieur, qui a récemment créé la polémique en qualifiant d'"invasion" les arrivées de migrants.

Les mesures de Londres "auront un effet dissuasif et permettront de sauver des vies", a-t-elle argué.

Dans un communiqué commun, la ministre et son homologue français Gérald Darmanin ont réaffirmé le "besoin urgent de détruire le modèle économique des passeurs", rappelant que les autorités ont empêché 30 000 traversées depuis le début de l'année et réalisé plus de 500 arrestations depuis 2020.

"Tant que nous n'aurons pas plus d'itinéraires sûrs et accessibles pour les personnes demandant l'asile, nous risquons de voir davantage d'incidents de ce type", a affirmé Alex Fraser, un responsable de la Croix Rouge britannique.

Au moins 205 migrants sont morts ou portés disparus en traversant la Manche depuis 2014, selon le Missing Migrants Project de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).


Le ministre américain de la Défense estime à 37,5 milliards de dollars le coût de la guerre en Iran

Une Iranienne passe devant une immense fresque antiaméricaine et anti-israélienne représentant le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à Téhéran, le 19 juillet 2026. (AFP)
Une Iranienne passe devant une immense fresque antiaméricaine et anti-israélienne représentant le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à Téhéran, le 19 juillet 2026. (AFP)
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  • Le Pentagone estime à 37,5 milliards de dollars le coût de la guerre en Iran et demande 67 milliards supplémentaires
  • Des sénateurs contestent cette demande et réclament plus de transparence sur la stratégie américaine

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense a estimé mardi que la guerre en Iran a coûté jusqu'à présent 37,5 milliards de dollars aux Etats-Unis, une hausse de près de 30% par rapport au dernier chiffre de 29 milliards.

"L'estimation que nous avons à ce jour est de 37,5 milliards de dollars", a déclaré Pete Hegseth devant une commission du Sénat américain, en précisant que ce montant incluait certains coûts anticipés jusqu'à fin septembre.

Le ministre a également défendu la demande du gouvernement Trump d'une rallonge budgétaire de 67 milliards de dollars pour le Pentagone.

M. Hegseth, ainsi que le chef d'état-major de l'armée américaine, le général Dan Caine, ont affirmé que cette rallonge était "urgente" et "nécessaire".

Mais la sénatrice démocrate Jeanne Shaheen a contesté cette évaluation, affirmant que le ministre disposait encore de 75 milliards de dollars non dépensés.

"Pourquoi demandez-vous au peuple américain d'assumer le coût d'une guerre qu'il ne soutient pas, au lieu de solliciter une autorisation de transfert de fonds déjà votés mais non dépensés?", a-t-elle demandé.

Selon le ministre, cet argent a été "affecté" à d'autres projets du président Donald Trump comme le "Dôme d'or américain" ou encore d'autres investissements dans l'armement.

Les fonds demandés ne prennent par ailleurs pas en compte le coût de la reconstruction des bases militaires américaines au Moyen-Orient.

D'autres sénateurs ont exprimé leur frustration, réclamant plus de détails sur la stratégie de Donald Trump afin de remporter la guerre au Moyen-Orient.

"Nous avons besoin de réponses claires et d'un discours franc", a estimé le sénateur John Kennedy, un républicain, tout en interrogeant les responsables sur ce qui se passerait si les Etats-Unis quittaient le détroit d'Ormuz.

Pete Hegseth et Dan Caine n'ont pas précisé si l'Iran imposerait des droits de passage aux navires souhaitant emprunter le détroit.


Après deux semaines d'hostilités, Trump n'en a «pas fini du tout» avec l'Iran

Les Etats-Unis n'en ont "pas fini du tout" avec l'Iran, a averti mardi Donald Trump, deux semaines après la reprise des hostilités qui menacent de s'étendre à la mer Rouge et d'affecter encore davantage l'économie mondiale. (AFP)
Les Etats-Unis n'en ont "pas fini du tout" avec l'Iran, a averti mardi Donald Trump, deux semaines après la reprise des hostilités qui menacent de s'étendre à la mer Rouge et d'affecter encore davantage l'économie mondiale. (AFP)
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  • Les Américains "s'occuperont" des Houthis s'ils mettent en oeuvre ce blocus maritime, a mis en garde le président Donald Trump
  • Les Etats-Unis s'étaient déjà mobilisés contre ces rebelles quand ils avaient perturbé le trafic maritime pendant la guerre à Gaza, menant des attaques de drones et de missiles contre des navires

TEHERAN: Les Etats-Unis n'en ont "pas fini du tout" avec l'Iran, a averti mardi Donald Trump, deux semaines après la reprise des hostilités qui menacent de s'étendre à la mer Rouge et d'affecter encore davantage l'économie mondiale.

Alors que la République islamique resserre son étau sur le stratégique détroit d'Ormuz, ses alliés yéménites, les rebelles houthis, menacent d'entraver le trafic de l'autre côté de la péninsule arabique.

Si elle était maintenue, la menace houthie couperait l'accès aux ports d'Arabie saoudite situés sur la mer Rouge, cruciaux pour contourner le détroit d'Ormuz. Le royaume est le premier exportateur de pétrole brut au monde.

Conséquence: le prix du baril de Brent, référence internationale, a terminé la séance au-dessus de 90 dollars pour la première fois depuis début juin.

Les Américains "s'occuperont" des Houthis s'ils mettent en oeuvre ce blocus maritime, a mis en garde le président Donald Trump.

Les Etats-Unis s'étaient déjà mobilisés contre ces rebelles quand ils avaient perturbé le trafic maritime pendant la guerre à Gaza, menant des attaques de drones et de missiles contre des navires. Les Houthis tirent parti du détroit de Bab el-Mandeb, un goulet d'étranglement situé à son extrémité sud, que les navires doivent emprunter pour rallier le canal de Suez.

Le cabinet de sécurité maritime Vanguard Tech a identifié pour la première fois mardi deux navires ayant fait demi-tour en mer Rouge après avoir chargé du brut saoudien dans le port de Yanbu, à la suite de l'annonce houthie.

L'Iran, de son côté, verrouille toujours Ormuz, où il a ciblé ces derniers jours plusieurs navires. Téhéran riposte aussi aux frappes américaines en visant les alliés régionaux des Etats-Unis.

"Si nous partions maintenant, cela prendrait à l'Iran 20, 25 ans pour reconstruire. Mais nous n'en avons pas fini du tout", a affirmé Donald Trump depuis la Maison Blanche.

"Inquiétudes" 

L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a exprimé des "inquiétudes concernant la sécurité d'approvisionnement" en pétrole, notant toutefois que des "facteurs d'amortissement" existent.

Les tensions autour d'Ormuz avaient relancé les hostilités irano-américaines le 7 juillet, faisant voler en éclats le protocole d'accord signé mi-juin en vue d'un règlement durable du conflit.

Celui-ci a commencé avec l'offensive israélo-américaine sur l'Iran le 28 février, avant un cessez-le-feu en avril.

L'Iran, qui estime faire face à une "guerre totale" de la part de Washington, a été frappé à nouveau dans la nuit de lundi à mardi, notamment à Chiraz, à près de 200 km du Golfe, et dans la province du Fars (centre), selon l'agence locale Mehr.

Donald Trump a promis de lui faire "payer le prix plusieurs fois" pour la mort de chaque soldat américain, après la mort de trois militaires en Jordanie et en Irak ces derniers jours.

Côté iranien, le dernier bilan officiel publié vendredi recense au moins 50 morts et plus de 500 blessés depuis de premières escarmouches fin juin.

Economiser l'énergie 

Ces dernières 24 heures, la Jordanie, Bahreïn, ainsi que le Koweït ont annoncé avoir essuyé des attaques de drones et de missiles iraniens.

"L'ennemi devrait se préparer à des vagues de drones et à des attaques de missiles encore plus décisives et puissantes", ont averti les Gardiens de la Révolution iraniens, une des plus puissantes armées du Moyen-Orient.

Le Koweït accuse l'Iran d'avoir attaqué des centrales électriques et sites de dessalement d'eau, des installations cruciales pour rafraîchir et alimenter en eau potable ses millions d'habitants, dans une région parmi les plus arides du monde.

Pour réduire la pression sur le réseau, un habitant, Khaled al-Badri, a expliqué à l'AFP éteindre l'air conditionné avant de quitter son domicile et couper son éclairage extérieur. "Chacun peut contribuer à nous sortir de cette période", pense-t-il.


Trump dit vouloir «beaucoup aider» le Liban en recevant le président Aoun

Le président libanais Joseph Aoun a été reçu mardi à la Maison Blanche par Donald Trump, qui a dit vouloir "beaucoup aider" le Liban, au moment où un accord avec Israël parrainé par Washington entre dans sa première phase. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a été reçu mardi à la Maison Blanche par Donald Trump, qui a dit vouloir "beaucoup aider" le Liban, au moment où un accord avec Israël parrainé par Washington entre dans sa première phase. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a été reçu mardi à la Maison Blanche par Donald Trump, qui a dit vouloir "beaucoup aider" le Liban, au moment où un accord avec Israël parrainé par Washington entre dans sa première phase. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a été reçu mardi à la Maison Blanche par Donald Trump, qui a dit vouloir "beaucoup aider" le Liban, au moment où un accord avec Israël parrainé par Washington entre dans sa première phase. (AFP)
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  • M. Aoun a exprimé sa "profonde gratitude pour l'amitié du président Trump et le soutien que les Etats-Unis apportent au Liban", à l'issue de la rencontre dans le livre d'or de la Maison Blanche
  • "Nous allons l'aider. Nous allons beaucoup l'aider", avait auparavant affirmé Donald Trump aux côtés de son homologue libanais devant la presse réunie dans le Bureau ovale

WASHINGTON: Le président libanais Joseph Aoun a été reçu mardi à la Maison Blanche par Donald Trump, qui a dit vouloir "beaucoup aider" le Liban, au moment où un accord avec Israël parrainé par Washington entre dans sa première phase.

M. Aoun a exprimé sa "profonde gratitude pour l'amitié du président Trump et le soutien que les Etats-Unis apportent au Liban", à l'issue de la rencontre dans le livre d'or de la Maison Blanche.

"Nous allons l'aider. Nous allons beaucoup l'aider", avait auparavant affirmé Donald Trump aux côtés de son homologue libanais devant la presse réunie dans le Bureau ovale.

Peu après la rencontre, le président républicain a annoncé sur son réseau Truth Social la reprise des vols commerciaux directs entre les Etats-Unis et le Liban, suspendus depuis plus de quarante ans, invitant les Américains à "visiter ce magnifique pays".

L'interdiction avait été prononcée en 1985, en réaction au détournement d'un avion et de la prise en otage de 39 passagers américains par des Libanais chiites réclamant la libération de centaines de prisonniers en Israël.

Cette première rencontre entre les deux chefs d'Etat intervient au moment où Washington fait pression sur Beyrouth pour désarmer le Hezbollah pro-iranien, condition d'Israël pour se retirer du sud du Liban.

Mardi, l'armée libanaise s'est déployée dans le village de Zawtar al-Gharbiya, en vertu d'un accord-cadre qui prévoit l'établissement de "zones pilotes" évacuées par Israël.

Mais signe de l'instabilité de la situation, elle a accusé plus tard les forces israéliennes d'avoir tiré "près de ses troupes" dans le secteur.