Grèce: incidents pendant la commémoration du soulèvement étudiant de 1973

Une marche, longue traditionnellement de 3 km, traverse habituellement le centre d'Athènes pour se terminer devant l'ambassade des États-Unis, le pays qui avait soutenu la dictature grecque en pleine guerre froide.    Mais Katerina Sakellaropoulou, la présidente de la République hellénique, avait souligné que "la commémoration cette année du soulèvement de l'Ecole Polytechnique se tiendrait dans des conditions sans précédent en raison de la pandémie". (AFP).
Une marche, longue traditionnellement de 3 km, traverse habituellement le centre d'Athènes pour se terminer devant l'ambassade des États-Unis, le pays qui avait soutenu la dictature grecque en pleine guerre froide.   Mais Katerina Sakellaropoulou, la présidente de la République hellénique, avait souligné que "la commémoration cette année du soulèvement de l'Ecole Polytechnique se tiendrait dans des conditions sans précédent en raison de la pandémie". (AFP).
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Publié le Mardi 17 novembre 2020

Grèce: incidents pendant la commémoration du soulèvement étudiant de 1973

  • L'anniversaire du 17 novembre 1973, qui symbolise pour les Grecs la chute de la dictature militaire (1967-1974) et le retour à la démocratie, est marqué chaque année par d'importantes manifestations des partis et mouvements de gauche
  • Le gouvernement de droite de Kyriakos Mitsotakis a décidé samedi d'interdire toute manifestation, du 15 au 18 novembre, pour protéger "la santé publique" en plein confinement en Grèce

ATHENES : Des incidents ont émaillé mardi en Grèce la commémoration annuelle du soulèvement étudiant de 1973 contre la junte qui était au pouvoir, lors de manifestations de gauche tenues en dépit de l'interdiction de rassemblement dans le cadre du confinement anti-coronavirus.

Défiant l'interdiction décrétée par le gouvernement de droite, des centaines de sympathisants du parti communiste grec KKE et du petit parti de gauche Antarsya ont manifesté dans le centre d'Athènes.

La police a fait brièvement usage de gaz lacrymogènes et de grenades assourdissantes pour les disperser, selon une photographe de l'AFP.

Le leader du KKE, Dimitris Koutsoubas, était présent à cette manifestation tenue en début d'après-midi, au cours de laquelle une dizaine d'interpellations ont eu lieu tandis qu'un député communiste a été blessé, selon la télévision publique Ert.

L'anniversaire du 17 novembre 1973, qui symbolise pour les Grecs la chute de la dictature militaire (1967-1974) et le retour à la démocratie, est marqué chaque année par d'importantes manifestations des partis et mouvements de gauche qui avaient joué un rôle majeur dans la fin du régime des colonels.

Une marche, longue traditionnellement de 3 km, traverse habituellement le centre d'Athènes pour se terminer devant l'ambassade des États-Unis, le pays qui avait soutenu la dictature grecque en pleine guerre froide.  

Mais Katerina Sakellaropoulou, la présidente de la République hellénique, avait souligné que "la commémoration cette année du soulèvement de l'Ecole Polytechnique se tiendrait dans des conditions sans précédent en raison de la pandémie".

Le gouvernement de droite de Kyriakos Mitsotakis a décidé samedi d'interdire toute manifestation, du 15 au 18 novembre, pour protéger "la santé publique" en plein confinement en Grèce. 

Cette annonce a provoqué la colère de nombreux partis d'opposition de gauche, en particulier des communistes du KKE mais aussi de la gauche radicale d'Alexis Tsipras et du MeRa25 de Yannis Varoufakis.

Ces trois partis ont rejeté l'appel lundi du gouvernement à se recueillir simplement devant le monument de l'Ecole Polytechnique où le soulèvement étudiant avait été réprimé dans le sang par la police et l'armée, faisant des dizaines de morts et de blessés.

Mardi matin, quelque 200 personnes, selon une source policière, ont tenu "un rassemblement symbolique" près de l'ambassade des Etats-Unis, à l'appel du Front de la lutte des travailleurs (PAME), syndicat communiste.

Les policiers ont prévenu les manifestants de l'interdiction de se rassembler et "ces derniers se sont aussitôt dispersés", a indiqué à l'AFP une source policière.

Des fourgonnettes de la police ont bloqué les rues près de l'ambassade et de nombreuses forces policières se sont déployées devant les bâtiments publics, les banques ou les universités dans le centre d'Athènes, selon une photographe de l'AFP.

Dans une tentative d'apaiser les protestations, la présidente de la République a souligné mardi le caractère "universel" de cette commémoration. 

"La démocratie n'est pas seulement un régime de liberté mais de responsabilité. Surmonter notre individualité pour le bien commun, la santé publique et la solidarité est la lutte de nous tous", a-t-elle dit après avoir déposé une gerbe devant le monument de l'Ecole Polytechnique.

Le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis a pour sa part déclaré, devant le monument, que "chaque commémoration importante prend une nouvelle signification selon la conjoncture: aujourd'hui la priorité est la protection de la santé publique et la solidarité avec nos concitoyens, surtout les jeunes éprouvés par la crise économique".


L'armée américaine tire sur un pétrolier au large d'Oman, trois Indiens portés disparus

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  • "Sur 24 membres d'équipage indiens à bord, 21 ont été secourus jusqu'à présent et trois sont portés disparus", a précisé le ministère indien des Affaires étrangères dans un communiqué
  • L'Inde a convoqué le chargé d'affaires américain à New Delhi et exprimé une "vive protestation" concernant l'attaque, a indiqué à l'AFP un haut responsable du gouvernement indien

DUBAI: Trois membres d'équipage indiens sont portés disparus mercredi, après une attaque revendiquée par l'armée américaine contre un pétrolier au large d'Oman qui tentait, selon Washington, d'exporter du pétrole d'Iran malgré le blocus imposé par les Etats-Unis.

Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, a précisé sur X que l'un de ses avions de combat avait tiré sur "la salle des machines" du Settebello, qui bat pavillon des Palaos, "après que l'équipage a refusé d'obtempérer aux ordres des forces américaines"

"Sur 24 membres d'équipage indiens à bord, 21 ont été secourus jusqu'à présent et trois sont portés disparus", a précisé le ministère indien des Affaires étrangères dans un communiqué.

L'Inde a convoqué le chargé d'affaires américain à New Delhi et exprimé une "vive protestation" concernant l'attaque, a indiqué à l'AFP un haut responsable du gouvernement indien.

Il s'agit du huitième navire neutralisé depuis le début du blocus imposé par les Etats-Unis contre les ports iraniens, d'après le décompte de l'armée américaine.

Le sultanat d'Oman est situé à l'entrée du détroit d'Ormuz, où le trafic maritime est quasiment paralysé depuis le début fin février du conflit opposant les Etats-Unis et Israël à l'Iran. Près d'un cinquième des livraisons mondiales de pétrole et de gaz transitent par cette voie.

La compagnie de sécurité maritime britannique Vanguard a indiqué avoir été informée que le Settebello avait "transmis un appel de détresse indiquant que sa salle des machines avait été touchée par un missile" au large de Sohar, dans le golfe d'Oman et qu'un incendie s'était déclaré à bord.

L'agence de sécurité maritime britannique UKMTO a spécifié que les faits s'étaient produits à 20 miles nautiques au nord-est de la ville omanaise de Sohar.

"Les autorités locales ont indiqué qu'un pétrolier avait signalé un feu dans sa salle des machines, et qu'elles se trouvaient sur place pour aider à l'évacuation de l'équipage", selon le communiqué de l'UKMTO.

"Le navire a fait état d'une victime et de deux membres d'équipage portés disparus. Aucun impact sur l'environnement n'a été signalé", a-t-elle ajouté.

Lundi, les secours omanais avaient évacué par hélicoptère 24 marins indiens d'un pétrolier en feu au large des côtes du sultanat d'Oman, selon les autorités indiennes, qui n'avaient pas précisé les causes de l'incendie. Le sinistre était survenu sur le MT Marivex, un navire battant également pavillon des îles Palaos

Le tir américain contre le Settebello est intervenu alors que l'Iran a revendiqué mercredi matin des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par la destruction d'un hélicoptère américain lundi.


Trump affirme que les Etats-Unis vont «attaquer très durement» l'Iran

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  • "On était vraiment sur le point de conclure un accord, mais ils n'arrêtent pas de nous mener en bateau, ils se foutent de nous"
  • L'Iran a revendiqué des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par l'attaque de l'hélicoptère

WASHINGTON: Donald Trump a affirmé mercredi qu'il allait "attaquer très durement" l'Iran, y compris potentiellement en visant des centrales électriques ou des ponts, et dénoncé les "tergiversations" de Téhéran concernant un accord.

Il a aussi annoncé que les forces américaines avaient mené une "mission secrète" qui avait permis de faire transiter 100 millions de barils de pétrole par le détroit d'Ormuz.

"On va les attaquer, les attaquer très durement", a déclaré le président américain à la presse dans le Bureau ovale, ajoutant que ce serait dès "aujourd'hui" (mercredi).

"On verra bien ce qui va se passer, mais on les a frappés durement hier, et on va les frapper durement aujourd'hui, (...) au cas où vous n'allumeriez pas votre télé", a-t-il dit.

Il a précisé être en droit de le faire après la destruction lundi d'un hélicoptère américain attribuée à Téhéran.

L'Iran a revendiqué des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par l'attaque de l'hélicoptère.

Ces frappes américaines en représailles à l'attaque de l'hélicoptère - qui survolait le détroit d'Ormuz, toujours verrouillé par l'Iran - ont notamment ciblé dans la nuit de mardi à mercredi les villes de Jask et Sirik et l'île de Qeshm, sur la côte sud de l'Iran.

"On était vraiment sur le point de conclure un accord, mais ils n'arrêtent pas de nous mener en bateau, ils se foutent de nous", a poursuivi Donald Trump.

"Tout a été négocié. Nous avons un accord entièrement négocié, mais ils tergiversent sans cesse", a ajouté le dirigeant républicain.

Plus tôt, il avait estimé que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux", ajoutant qu'ils allaient "devoir en payer le prix".

"MORT!!!" 

"L'armée iranienne est un chaos complet et total. Une bonne partie, comme leur marine et leur armée de l'air, n'existe même plus – elles ont été totalement vaincues", avait écrit le président américain sur son réseau Truth Social. "L'Iran, c'est beaucoup de paroles et aucune action. Le tyran du Moyen-Orient est MORT!!!"

Donald Trump a aussi affirmé à Fox News qu'il envisageait de plus en plus de mener des frappes contre des centrales électriques et des ponts iraniens.

Interrogé à ce sujet à la Maison Blanche par un journaliste de l'AFP, il a répondu: "Je ne vais pas vous le dire mais je peux le faire".

Sur son réseau Truth Social, il a par ailleurs écrit que l'armée américaine avait mené "une mission secrète en soutien des pétroliers et autres navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz".

"Ces efforts ont permis de faire passer 100 MILLIONS de barils de pétrole par le détroit", a-t-il ajouté, en précisant que "plus de 200 navires" avaient pu franchir le passage.

Cette "mission secrète" évoque le "Project Freedom", un projet d'escorte de navires annoncé début mai puis très rapidement suspendu par Donald Trump en raison, à l'époque, de "grands progrès" dans les discussions avec Téhéran.

Depuis l'entrée en vigueur de la trêve début avril, le dirigeant républicain multiplie les déclarations contradictoires, entre espoir d'un compromis tout proche et menace de reprise des hostilités.

Donald Trump affirmait encore mardi que la diplomatie américaine menait les "derniers efforts" en vue d'un accord avec Téhéran, évoquant un délai de "deux à trois jours" pour sa conclusion.

Il a par ailleurs affirmé, dans un autre message mercredi, que le blocus américain des ports iraniens était "le plus réussi" de l'histoire, allant selon lui jusqu'à empêcher Téhéran de payer la solde de ses militaires.

Peu après les propos de M. Trump à la Maison Blanche, l'armée américaine a annoncé qu'un de ses avions de combat avait mis hors service un pétrolier dans le Golfe d'Oman qui tentait d'apporter du pétrole en Iran malgré le blocus imposé par les Etats-Unis.


Trump juge que l'Iran a «pris trop de temps pour négocier» et va «en payer le prix»

Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux". (AFP)
Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux". (AFP)
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  • Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux"
  • Ils vont "devoir en payer le prix"

WASHINGTON: Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux", ajoutant qu'ils allaient "devoir en payer le prix", dans un message sur son réseau Truth social.

"L'armée iranienne est un chaos complet et total. Une bonne partie, comme leur marine et leur armée de l'air, n'existe même plus – elles ont été totalement vaincues", a-t-il ajouté. "L'Iran, c'est beaucoup de paroles et aucune action. Le tyran du Moyen-Orient est MORT!!!"