Mondial: Messi le plus grand de l'histoire ?

L'attaquant argentin # 10 Lionel Messi célèbre après avoir battu la Croatie 3-0 lors de la demi-finale de la Coupe du monde de football Qatar 2022 entre l'Argentine et la Croatie au stade Lusail de Lusail, au nord de Doha, le 13 décembre 2022. (AFP)
L'attaquant argentin # 10 Lionel Messi célèbre après avoir battu la Croatie 3-0 lors de la demi-finale de la Coupe du monde de football Qatar 2022 entre l'Argentine et la Croatie au stade Lusail de Lusail, au nord de Doha, le 13 décembre 2022. (AFP)
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Publié le Samedi 17 décembre 2022

Mondial: Messi le plus grand de l'histoire ?

  • Longtemps, l'Argentin a pâti de ses résultats décevants en sélection, jusqu'à son sacre en finale de la Copa América 2021
  • Sur le plan du palmarès, un titre Mondial, quatre Ligues des champions et une multitudes de titres nationaux pourraient donner l'ascendant à Messi

DOHA: S'il est champion du monde, Lionel Messi sera-t-il le plus grand footballeur de tous les temps ? Le débat est ouvert au vu du palmarès sans égal du septuple Ballon d'Or, qui peut compléter son incroyable collection de trophées dimanche en finale du Mondial-2022.

Le jeu des comparaisons est forcément biaisé par l'accroissement du nombre de matches joués au fil des décennies, l'augmentation du nombre de titres à glaner et l'élargissement à l'ensemble des joueurs de la planète du Ballon d'Or, d'abord réservé aux Européens.

Mais en devenant champion du monde dimanche contre la France (coup d'envoi 16h00), l'Argentin de 35 ans égalerait certains des plus grands noms de son sport, à commencer par son compatriote Diego Maradona, sacré en 1986 et devenu une icône en Argentine.

Mondial: «génie», «extraterrestre», Messi vu par les stars du foot

"Le meilleur de tous les temps", "un génie", "un extraterrestre": Lionel Messi, capitaine de l'Argentine qui dispute dimanche la finale du Mondial-2022 contre la France, suscite les éloges des plus grandes stars du football et autres célébrités.

Pep Guardiola

Ancien entraîneur de Messi au Barça (2008-2012), dans un entretien à la chaîne sud-américaine Telemundo Deportes, le 12 avril dernier: "Ce que représente +Leo+ dans ma carrière ? Tout. Tout, tout. J'ai ressenti ce que Phil Jackson a dû ressentir avec Michael Jordan, parce que j'avais +Leo+ Messi. Il y a très peu de personnes qui dominent leur sport avec cette aisance. Sans lui, nous aurions gagné aussi. Mais autant ? Impossible."

"Je suis désolé pour ceux qui essaient d'occuper son trône, mais on est devant le meilleur joueur, dans tous les sens. Il peut tout faire, tous les jours." (2012)

Diego Maradona

Légende de l'Argentine et ex-sélectionneur (2008-2010), mort en 2020:

"Messi, parfois, il joue pour Messi. Il oublie ses coéquipiers. Ça devient le Deportivo Messi." (2010).

"En ce moment, c'est le meilleur du monde, il est à un tout autre niveau. Il est en train de jouer au foot avec Jésus." (2010)

"C'est plus facile de parler avec Obama qu'avec Messi." (2009)

"Maintenant, je sais quel joueur occupera ma place dans le football, et son nom est Lionel Messi. Il a quelque chose de différent des autres joueurs. C'est un leader qui montre l'exemple." (2010)

Cristiano Ronaldo

Grand rival de Messi, dans un entretien à l'animateur de télévision britannique Piers Morgan, diffusé le 17 novembre dernier: "C'est un joueur incroyable, magique, top. On a partagé la scène pendant seize ans. Imaginez, seize ans! Donc, forcément, j'ai une excellente relation avec lui. C'est un gars que je respecte vraiment, la façon dont il parle toujours de moi (...) Un gars formidable qui fait de grandes choses pour le football."

Gerard Piqué

Ex-équipier de Messi au FC Barcelone (2008-2021), en mars 2018 dans un entretien à The Player's Tribune: "C'est un extraterrestre. Il n'est pas de cette planète. C'est le seul joueur pour lequel, quand je l'ai vu jouer pour la première fois à 13 ans, je me suis dit : +Oh, ce garçon n'est pas humain+. C'est un assassin. C'est le meilleur que j'ai vu de toute ma vie (...) Sa grandeur tient dans son obsession à gagner le ballon. Peut-être que ce n'est pas visible à la télé, mais sur le terrain, il faut voir son visage quand il court pour le reprendre à un défenseur. La magie de Messi, ce n'est pas quelque chose que tu peux trouver sur YouTube. C'est une expression sensible dans ses yeux. Pour expliquer sa grandeur, il me faut 5.000 mots."

Les stars du football

Samuel Eto'o, ex-équipier de Messi à Barcelone (2004-2009), en 2010: "Il n'y a qu'un Dieu dans le football, c'est Messi."

Neymar, en septembre 2022: "Messi est un joueur spectaculaire, un génie. Et en dehors des terrains, il est aussi comme ça. C'est un honneur pour moi de jouer à ses côtés."

Le Brésilien Ronaldo, en 2012: "Messi est brillant. C'est un excellent joueur, mais il ne sera une légende que quand il aura montré son vrai visage avec l'Argentine, et qu'il gagnera une Coupe du monde."

Zlatan Ibrahimovic, en 2010: "Messi, c'est un joueur de PlayStation. Comment fait-il ce qu'il fait ? Je ne sais pas. Mais c'est unique, et merveilleux."

Xavi, ex-coéquipier de Messi au FC Barcelone (2004-2015), en 2010: "C'est le numéro un. C'est le genre de joueur qui n'apparaît qu'une fois tous les trente ans."

Sir Alex Ferguson, ex-entraîneur de Manchester United, en 2012: "Messi est au même niveau que Diego Maradona et Pelé, au panthéon, avec les meilleurs de tous les temps."

Vicente del Bosque, ex-sélectionneur de l'Espagne, en 2017: "Je crois que même Maradona ne dribblait pas comme cela, avec cette vitesse. Il chaloupe pour s'échapper."

Giorgio Chiellini, ex-défenseur international italien, le 1er juillet 2021: "Messi et moi, nous sommes deux gauchers, mais à la technique un peu différente malheureusement."

Luis Figo, en 2010: "Voir jouer Messi, ça me procure un plaisir, c'est comme avoir un orgasme. C'est un plaisir incroyable."

Les célébrités hors-football

Fidel Castro, en 2010: "Il apparaît comme un éclair et, avec ses pieds ou avec sa tête, il frappe le ballon à une vitesse insolente."

Rafael Nadal, en 2011: "Messi est le meilleur joueur que j'ai vu dans l'histoire."

Kobe Bryant, en 2016: "Ronaldinho (...) je discutais avec lui et il me dit: +Kobe, écoute, je vais te présenter le gars qui sera le plus grand joueur de tous les temps+. J'ai dit : +Mais c'est toi, le meilleur !+ Il me dit: +Non, non. Ce gamin ici sera le meilleur+. Ce gamin, c'était Lionel Messi, qui n'avait que 17 ans."

Barack Obama, en 2016: "Mes filles connaissent le pape François, et maintenant elles veulent connaître Messi. Mais je n'ai pas encore réussi à arranger le coup."

Le Brésilien Pelé, seul joueur à avoir remporté trois Coupes du monde (1958, 1962, 1970), n'a lui jamais joué dans un club européen et s'il revendique 1.283 buts marqués, beaucoup l'ont été lors de tournées internationales, hors de compétitions officielles. Quant à Alfredo Di Stéfano, Ferenc Puskas, Johan Cruyff, Franz Beckenbauer ou Zinédine Zidane, qui ont tous marqué leurs époques respectives, ils souffrent peut-être du passage du temps.

De plus, mis à part son éternel rival Cristiano Ronaldo, peu de joueurs avant Messi ont affiché une telle constance dans les performances, empilant les buts (791 en 1.002 matches professionnels), les trophées collectifs (40 au total, sans compter les catégories de jeunes) et les récompenses individuelles, jusqu'à collectionner sept Ballons d'Or de meilleur joueur du monde, un record, devant "CR7" (cinq trophées).

"Pour moi c'est le plus grand joueur de l'histoire", tranche pour l'AFP l'ancien attaquant sénégalais El-Hadji Diouf.

"Il y a des joueurs qui ont gagné la Coupe du monde mais qui ne seront jamais Ballon d'Or. Je crois que le trophée le plus dur à gagner, c'est le Ballon d'Or. Parmi les meilleurs, il faut être le meilleur. Et je crois que le débat est clos depuis très longtemps", fait-il valoir.

Le Français Christian Karembeu, champion du monde 1998, est plus circonspect: "Il y a Diego, il y a Pelé... C'est le football quoi!", nuance-t-il pour l'AFP. Mais "si (Messi) termine par la grande porte, il faut le saluer et l'applaudir", dit-il.

Mondial: pour Argentine-France, toute la planète avec Messi... ou presque

Voir "La Pulga" enfin soulever la Coupe... L'Argentine gagnera dimanche le match des supporters contre la France et pas uniquement dans le stade de Lusail, à Doha: l'aura de Lionel Messi attire à l'Albiceleste les faveurs des passionnés de football avant la finale du Mondial-2022.

C'est même le cas parmi les Uruguayens et les Brésiliens, qui ont en partage une animosité tenace pour la sélection voisine. Selon un sondage de l'Institut brésilien de recherche et d'analyse de données, un tiers des compatriotes de Neymar plaçaient l'Argentine comme deuxième choix pour gagner le tournoi.

Mateus da Silva, 25 ans, rencontré sur la plage de Flamengo à Rio, soutiendra les rivaux argentins, "mais pas pour eux, pour Messi, pour tout ce qu'il a fait pour le football". "C'est un phénomène", dit ce livreur.

"Auparavant, il n'y avait quasi personne pour souhaiter" une victoire des Argentins, "considérés comme arrogants", dit à l'AFP le journaliste sportif uruguayen Luis Prats. "Mais cette équipe paraît plus humble, plus combative. Et il y a Messi, une idole, qui n'est pas une vedette comme les autres."

"Messi réussit un consensus comme aucun autre joueur", renchérit son confrère Diego Muñoz, de la chaîne sportive ESPN, qui relève que de jeunes Uruguayens portent le maillot argentin, chose impensable pour leurs aînés.

Selon une enquête pour le média en ligne Montevideo portal, quasiment la moitié des 6.000 participants (47,5%) souhaitent une victoire argentine quand moins d'un tiers soutiendront la France (31%).

De Rabat à Dacca, Messimania 

Même biais en Allemagne où, selon un sondage réalisé en collaboration avec FanQ par l'agence sportive SID, filiale de l'AFP, 63,1% des personnes interrogées ont déjà désigné Messi comme meilleur joueur du tournoi, contre seulement 13,6% pour le Français Kylian Mbappé

L'entraîneur du Maroc, Walid Regragui, qui a grandi en banlieue parisienne, avait lui apporté son soutien à la France après la défaite de son équipe en demi-finale. Pas certain que ce soit l'opinion dominante au Maroc... Ouassim, 37 ans, qui ne donne pas son nom, est comme de nombreux compatriotes un fan du FC Barcelone, le club où Messi a écrit sa légende. Il veut voir en finale "un Messi +maradonien+ qui aura couronné sa magnifique carrière avec une troisième étoile sur le maillot de son équipe nationale."

Meryem, 26 ans, "respecte Kylian" Mbappé. "Mais il a encore tout l'avenir devant lui pour devenir une star planétaire". "Aujourd'hui, c'est Messi qui mérite de gagner une Coupe du monde" -sans doute sa dernière-, dit cette professeure de mathématiques de Casablanca.

Même choix puissance 10 au Bangladesh, où le Mondial a donné lieu à d'impressionnants rassemblements de supporters du Brésil et d'Argentine, les deux sélections les plus populaires dans ce pays d'Asie du sud, terre de cricket qui se prend tous les quatre ans de passion pour le football.

Maisons parées de bleu clair et de blanc, prières pour l'Albiceleste, soutien passionné sur les réseaux sociaux, à Dacca, c'est Messi que l'on veut voir triompher.

Le soutien est moins unanime au Japon, mais là encore, beaucoup rêvent de voir l'enfant de Rosario enfin couronné. Employé de bureau tokyoïte de 48 ans, Hideyuki Kamai pense que la France est plus forte, mais il veut que "Messi soulève la Coupe du monde".

"S'il gagnait, il donnerait au peuple argentin le même trophée que Maradona, peut-être le seul joueur meilleur que lui dans l'histoire", renchérit Leonardo Pini, étudiant romain de 25 ans, qui rappelle en outre les liens historiques entre populations italienne et argentine.

Les Pays-Bas avec les Bleus 

Certes, cet unanimisme agace Beatrice Mauriello, étudiante napolitaine de 23 ans, qui soutient "la France parce qu'(elle) déteste Messi: il est devenu un personnage qui, quoi qu'il fasse ou dise, a raison et est intouchable".

La planète entière, exception faite de Beatrice et des Français, serait donc derrière l'Argentine? Non... Les Bleus peuvent compter sur le soutien des deux-tiers des Néerlandais, selon un sondage. Par pure détestation des Argentins après leur quart de finale perdu, conclu par une attitude agressive et très peu sportive des partenaires de Messi...

Président d'une association des supporters des Oranje, Henk van Beek, 52 ans, est intarissable sur le "favoritisme" dont bénéficieraient les Argentins "depuis le début de la compétition", et leur "comportement arrogant".

Aussi, assure-t-il, les Néerlandais espèrent que la bande de Didier Deschamps "infligera une défaite traumatisante (sur le plan du football bien sûr) à l'Argentine".

Longtemps, l'Argentin a pâti de ses résultats décevants en sélection, jusqu'à son sacre en finale de la Copa América 2021.

Surtout, sa personnalité discrète et sa timidité naturelle lui ont valu des comparaisons défavorables avec le charismatique Maradona, verbe haut et roublardise assumée.

Pour Oscar Ruggieri, coéquipier du "Pibe de Oro" lors du Mondial-1986, "Maradona était supérieur en tout": "Messi joue dans une période où les arbitres le protègent beaucoup. On lui touche le maillot et ils sortent le jaune. Maradona était marqué par des tueurs en série."

Maradona «bien meilleur» que Messi, selon Pelé 

En 2019, Pelé lui-même avait établi une hiérarchie: "Si vous me demandez si Maradona a été meilleur que Messi, oui, il l'a été. Bien meilleur."

Mais sur le plan du palmarès, un titre Mondial, quatre Ligues des champions et une multitudes de titres nationaux pourraient donner l'ascendant à Messi.

"C'est un gagneur, un compétiteur comme tous les génies", relève l'ancien international argentin Pablo Zabaleta. "Il a cette mentalité de ceux qui veulent toujours gagner et il sait que c'est sa dernière chance, son dernier Mondial."

Au l'heure du crépuscule de l'idole, beaucoup de figures du ballon rond voient déjà plus loin et assurent que la relève est déjà là, citant l'attaquant français Kylian Mbappé, qui vise dimanche un deuxième titre mondial après 2018, alors qu'il fêtera mardi ses 24 ans.

"Je ne m'intéresse pas à la course du plus grand, du plus ci, du plus ça... Ce que fait +Leo+ est extraordinaire, il porte l'espoir de plein de gens. Et nous aussi (Français), on aime le voir jouer", commente pour l'AFP Youri Djorkaeff, champion du monde 1998.

"Ce serait sûrement bien pour son pays s'il gagnait mais je pense aussi à Mbappé. Si à 23 ans il est une deuxième fois champion du monde, ce sera peut-être lui le prochain plus grand joueur de l'histoire !", prévient l'ancien attaquant français.

Mondial: pour les «lointains» Français d'Argentine, des racines mais pas d'état d'âme

Il y a cinq, six générations, ils ont été une des immigrations fortes en Argentine, contribuant à une influence et un "lien spécial" avec la France. Mais les descendants de Français n'auront aucun état d'âme pour la finale: ce sera "la Seleccion" et pas les Bleus.

Ils ne furent pas aussi nombreux, loin de là, que les Espagnols ou les Italiens immigrés "en masse". Ni aussi investisseurs ou négociants que les Britanniques --qui ont apporté le football. Mais les quelque 230.000 Français arrivés en Argentine entre la moitié du XIXe siècle et 1914 --flux qui baissa par la suite-- ont marqué le pays, assure à l'AFP l'historien Hernan Otero, du Conicet (Centre national de recherche).

Dans les arts, l'architecture palpable à Buenos Aires, dans le "modèle culturel français" -d'éducation publique par exemple-, la vitiviniculture, la gastronomie, ils ont laissé leur empreinte. Et contribué à "un lien spécial", entretenu par la suite par des "exilés mutuels célèbres", artistes, écrivains. Sans oublier l'asile de nombreux Argentins pendant la dictature (1976-83).

Gaetano Parrello, professeur à l'Alliance française, avait 34 ans quand la France décrocha son premier titre mondial en 1998, et se souvient d'être "aller à l'Obélisque fêter la victoire" des Bleus -il faut préciser que c'était contre le Brésil, rival historique de l'Argentine. Mais là, franchement...

"Là, vraiment, non" 

"J'aime beaucoup Giroud, Mbappé, et si l'Argentine ne jouait pas, je serais à 100% pour la France", assure aussi à l'AFP Julieta Riveros, commerciale de 44 ans qui apprend le français depuis qu'elle s'est découverte une arrière grand-mère française, et prévoit d'aller bientôt renouer avec ses racines.

"Mais, là, vraiment, non. C'est pas très compliqué. Je vais soutenir l'Argentine, bien sûr!"

Plus ouverte, un peu moins communautariste, plus à l'aise aussi linguistiquement (langue latine), l'immigration française -Pyrénéens, Corréziens, Savoyards, Alsaciens notamment- s'est plus vite intégrée, "argentinisée" que d'autres. Ou diluée, comme on veut. Et un lointain souvenir, même une saveur, ne change rien à l'allégeance footballistique. Ce n'est pas un sujet.

Ainsi dans la pampa à Pigüé (550 km de Buenos Aires), on fait toujours une fois l'an l'omelette géante, et on peut manger de l'aligot. Et oui, dans ce village de 17.000 âmes fondé en 1884 par 40 familles aveyronnaises, "quand la France a gagné en 2018, il n'y a pas eu de scènes de liesse de rues, non, mais beaucoup ont sorti un drapeau bleu-blanc-rouge", raconte à l'AFP Yamil Sevenants, 54 ans, dirigeant pendant des années de l'Amicale d'échanges Pigüé/Aveyron.

"On le dit toujours: on a des racines françaises, on est fier de ce qu'ont fait nos aïeux, partis sans savoir où ils allaient, fonder un village comme ça", poursuit cet arrière-petit-fils d'un couple de Decazeville et Bozouls. "Mais on sent qu'on est Argentins. Et on a super-confiance, on a une excellente équipe, et on va gagner la Coupe. C'est notre tour".

Toujours francophiles après dimanche? 

Mais outre ces lointains cousins, la France parle aussi "à un public jeune d'une génération qui n'a pas forcément de lien avec la France", atteste Pascal Casanova, directeur de l'Alliance française, qui sent "les Argentins francophiles dans l'ensemble. On espère que ça va durer après dimanche..."

Diagnostic qu'appuie Hernan Otero. "Un sentiment populaire plutôt francophile, en tout cas des liens culturels forts". Liens parfois insoupçonnés: une hypothèse sérieuse veut que les braies ciel et blanc portées par Obélix viennent des couleurs du club de football Racing Avellaneda (Buenos Aires), dont était fan un certain René Goscinny, qui vécut en Argentine de 1928 à 1945.

Une relation France-Argentine, quoi qu'il en soit, dénuée "d'histoire conflictuelle comme il y a pu avoir avec l'Angleterre (tentatives d'invasion au XIXe siècle, guerre des Malouines au XXe, NDLR). Il suffit d'entendre les chants des hinchas dans les stades argentins pour comprendre que l'anglophilie n'est pas de mise".

Mais l'Angleterre a été éliminée, et la France se dresse. Et pour les Français d'Argentine de la première génération, c'est là que ça coince.

Comme Yannis Buchot, Porteño depuis 20 ans, gérant d'un bistrot bohème ou l'on montre les matches du Mondial, et qui insiste qu'en France "on est a des années-lumière de comprendre ce qui se passe ici: c'est le foot, le foot, le foot...".

Yannis, marié à une Argentine, père d'une fille de 15 ans qui se sent très argentine, et d'un garçon de 18 ans, supporter de l'OM, qu'il sent peut-être "à 51%, ou 50,01%" pro-France et le reste argentin. "Ou peut-être qu'il me ment un peu. Mais je suppose qu'il sera content dimanche, quoi qu'il arrive".


Une vingtaine de blessés après qu'un homme a pulvérisé une substance dans un centre commercial de Tokyo

Une vingtaine de personnes ont été blessées dans un centre commercial de luxe du centre de Tokyo après qu'un homme y a pulvérisé une substance, ont indiqué lundi des responsables de la police et des pompiers. (AFP)
Une vingtaine de personnes ont été blessées dans un centre commercial de luxe du centre de Tokyo après qu'un homme y a pulvérisé une substance, ont indiqué lundi des responsables de la police et des pompiers. (AFP)
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  • A la mi-journée, quelques rues autour du bâtiment, situé dans le quartier commerçant de Ginza qui abrite de nombreuses marques de luxe, ont été bloquées après l'incident et des camions de pompiers et des ambulances se sont alignés le long de la rue
  • En revanche les passants, essentiellement des touristes, continuaient à déambuler, filmant et photographiant sur les trottoirs de l'autre côté de la rue, et certains sortaient même tranquillement par les autres accès du bâtiment

TOKYO: Une vingtaine de personnes ont été blessées dans un centre commercial de luxe du centre de Tokyo après qu'un homme y a pulvérisé une substance, ont indiqué lundi des responsables de la police et des pompiers.

Le porte-parole de la police de Tokyo, Yusuke Koide, a expliqué à l'AFP qu'un homme avait pulvérisé une substance près d'un distributeur automatique au rez-de-chaussée du bâtiment, tandis qu'un responsable local des pompiers a précisé qu'une "vingtaine de personnes ont été blessées" après un signalement faisant état d'une "odeur" dans ce quartier très touristique.

A la mi-journée, quelques rues autour du bâtiment, situé dans le quartier commerçant de Ginza qui abrite de nombreuses marques de luxe, ont été bloquées après l'incident et des camions de pompiers et des ambulances se sont alignés le long de la rue.

En revanche les passants, essentiellement des touristes, continuaient à déambuler, filmant et photographiant sur les trottoirs de l'autre côté de la rue, et certains sortaient même tranquillement par les autres accès du bâtiment.

"Pour le moment, 19 personnes ont été transportées à l'hôpital", a dit aux journalistes le responsable des pompiers, Ryosuke Kobayashi.

Un journaliste de l'AFP sur place a vu deux personnes sur des brancards être installées dans une ambulance, tandis que des pompiers et des responsables vêtus de combinaisons de protection chimique faisaient sortir des personnes du centre commercial pour les examiner dans des véhicules spécialisés.

"Ma gorge me grattait" 

"Quand je suis arrivée, l'agitation avait déjà commencé, et j'ai pensé qu'il y avait peut-être eu un petit incendie ou quelque chose comme ça. Une fois entrée dans le coin des distributeurs, ma gorge me grattait, presque engourdie", a témoigné auprès de la chaine de télévision NHK une femme de 70 ans qui se trouvait dans le centre commercial.

NHK a indiqué que les blessures semblaient légères.

Selon une source proche de l'enquête citée par NHK, la substance pulvérisée contiendrait de la capsaïcine, un composant actif du piment qui provoque une sensation de brûlure.

L'enquête de police a rapidement débuté, a déclaré un officier des pompiers présent sur les lieux, sans donner plus de détails.

La capitale japonaise reste marquée par l'attaque au gaz sarin dans le métro de Tokyo, perpétrée en mars 1995 par la secte Aum et qui avait fait 14 morts et plus de 5.800 blessés.

Le 20 mars 1995, vers 08H00 du matin, cinq disciples de la secte Aum ont quasi simultanément déposé des sacs en plastique remplis de ce gaz liquéfié, un virulent agent neurotoxique, dans des rames de métro de différentes lignes avant de les percer avec la pointe d'un parapluie et de s'enfuir.

La criminalité violente est relativement rare au Japon, qui affiche un faible taux d'homicides, et ses lois sur les armes à feu sont parmi les plus strictes au monde.

Cependant, des attaques au couteau et même des fusillades se produisent occasionnellement, comme lors de l'assassinat de l'ancien Premier ministre Shinzo Abe en juillet 2022.

En décembre dernier, quatorze personnes ont été blessées lors d'une attaque au couteau dans une usine du centre du Japon, au cours de laquelle un liquide non spécifié avait également été pulvérisé.


Le chef de l'armée pakistanaise Munir est en Chine avec le Premier ministre Sharif 

Le chef de l'armée pakistanaise Asim Munir, médiateur principal dans le conflit entre les Etats-Unis et l'Iran, est en Chine aux côtés du Premier ministre Shehbaz Sharif pour des rencontres avec des dirigeants chinois, a rapporté la télévision pakistanaise lundi. (AFP)
Le chef de l'armée pakistanaise Asim Munir, médiateur principal dans le conflit entre les Etats-Unis et l'Iran, est en Chine aux côtés du Premier ministre Shehbaz Sharif pour des rencontres avec des dirigeants chinois, a rapporté la télévision pakistanaise lundi. (AFP)
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  • Le chef de l'armée pakistanaise Asim Munir, médiateur principal dans le conflit entre les Etats-Unis et l'Iran, est en Chine aux côtés du Premier ministre Shehbaz Sharif pour des rencontres avec des dirigeants chinois
  • M. Munir était à Téhéran vendredi et samedi avec le ministre pakistanais de l’Intérieur, Mohsin Naqvi, dans le cadre des efforts de médiation en cours visant à mettre fin durablement à la guerre en Iran

ISLAMABAD: Le chef de l'armée pakistanaise Asim Munir, médiateur principal dans le conflit entre les Etats-Unis et l'Iran, est en Chine aux côtés du Premier ministre Shehbaz Sharif pour des rencontres avec des dirigeants chinois, a rapporté la télévision pakistanaise lundi.

M. Munir était à Téhéran vendredi et samedi avec le ministre pakistanais de l’Intérieur, Mohsin Naqvi, dans le cadre des efforts de médiation en cours visant à mettre fin durablement à la guerre en Iran.

La Chine a déclaré vouloir travailler avec le Pakistan afin de "contribuer de manière positive au rétablissement rapide de la paix et de la stabilité au Moyen-Orient".

Shehbaz Sharif a commencé samedi sa visite officielle en Chine dans la ville de Hangzhou, dans la province du Zhejiang (est).

Le Pakistan multiplie ses efforts de médiation dans le conflit entre les États-Unis et l’Iran. Le pays avait accueilli en avril des pourparlers historiques en face-à-face qui n’ont pas abouti à un accord durable.

La Chine joue un rôle plus discret, facilitant des appels téléphoniques et des réunions avec des responsables des pays du Golfe concernés.

S’adressant aux dirigeants chinois à Pékin aux côtés de M. Munir, M. Sharif a déclaré que "le monde traverse un moment critique", selon les images de la télévision pakistanaise PTV.

"Le Pakistan a joué un rôle sincère de médiation entre les États-Unis et l’Iran. Le maréchal (Munir) était à Téhéran et ne voulait pas manquer cette grande visite", a-t-il ajouté.

"Les choses vont dans la bonne direction. Je voudrais remercier la Chine pour son soutien à la promotion de la paix", a-t-il encore déclaré.


Pakistan: un accident de bus fait 17 morts et 10 blessés

Au moins 17 personnes ont été tuées et 10 ont été blessées dans un accident de la route lundi au Pakistan, selon les autorités. (AFP)
Au moins 17 personnes ont été tuées et 10 ont été blessées dans un accident de la route lundi au Pakistan, selon les autorités. (AFP)
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  • Les passagers sont descendus du véhicule et attendaient à proximité lorsqu'une camionnette a perdu le contrôle et a percuté la foule ainsi que le bus en stationnement
  • "Au moins 17 personnes ont été tuées et plus de 10 blessées", a déclaré à l'AFP Bilal Ahmad Faizi, un responsable des secours, ajoutant que trois des blessés étaient dans un état critique

PESHAWAR: Au moins 17 personnes ont été tuées et 10 ont été blessées dans un accident de la route lundi au Pakistan, selon les autorités.

L'accident s'est produit lorsqu'un bus de passagers reliant le district de Swat à Peshawar, dans le nord du pays, a subi une panne mécanique et s'est arrêté sur le bord de la route.

Les passagers sont descendus du véhicule et attendaient à proximité lorsqu'une camionnette a perdu le contrôle et a percuté la foule ainsi que le bus en stationnement.

"Au moins 17 personnes ont été tuées et plus de 10 blessées", a déclaré à l'AFP Bilal Ahmad Faizi, un responsable des secours, ajoutant que trois des blessés étaient dans un état critique.

Muhammad Ali, un médecin d'un hôpital local accueillant les victimes, a également confirmé le bilan.

De nombreux passagers rentraient chez eux à l'approche de l'Aïd, l'une des fêtes religieuses les plus importantes du calendrier musulman.