Manche: plus de 160 migrants secourus au large des côtes françaises

Des migrants récupérés en mer alors qu'ils tentaient de traverser la Manche sont escortés par un bateau des forces frontalières britanniques à leur arrivée à la marina de Douvres, dans le sud-est de l'Angleterre, le 14 décembre 2022 (Photo, AFP)
Des migrants récupérés en mer alors qu'ils tentaient de traverser la Manche sont escortés par un bateau des forces frontalières britanniques à leur arrivée à la marina de Douvres, dans le sud-est de l'Angleterre, le 14 décembre 2022 (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 17 décembre 2022

Manche: plus de 160 migrants secourus au large des côtes françaises

  • Un autre navire affrété par la Marine nationale a de son côté secouru 31 autres naufragés dans la même zone, déposés au port de Boulogne-sur-mer
  • La route maritime entre la France et l'Angleterre est l'une des plus empruntées au monde

LILLE: Cent soixante six migrants, qui tentaient de rejoindre l'Angleterre à bord d'embarcations de fortune, ont été secourus en mer entre vendredi soir et samedi, par des températures glaciales, quelques jours après un naufrage meurtrier, selon la préfecture maritime.

Quelque 50 personnes, qui voyageaient à bord de la même embarcation "en difficulté" au large du Pas-de-Calais, ont été secourues par un navire de la Marine nationale et ramenés au port de Calais, selon un communiqué de la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord (Premar).

Un autre navire affrété par la Marine nationale a de son côté secouru 31 autres naufragés dans la même zone, déposés au port de Boulogne-sur-mer.

Egalement engagée au large de Calais, une vedette des garde-côtes des douanes a aussi récupéré et ramené à quai 45 autres migrants qui appelaient à l'aide.

Enfin, un canot de la société nationale de sauvetage en mer (SNSM) a porté assistance a 40 personnes, en difficulté au large de Oye-Plage et repérées par le Cross Gris nez (Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage).

Tous ont été pris en charge par les pompiers et la police aux frontières, par des températures glaciales, restées négatives une partie de la journée samedi dans le département.

La route maritime entre la France et l'Angleterre est l'une des plus empruntées au monde, "avec plus de 400 navires de commerce qui y transitent par jour et les conditions météorologiques y sont souvent difficiles", selon la Premar.

Pourtant, toujours plus d'exilés tentent la traversée. Plus de 40.000 migrants sont arrivés au Royaume-Uni après avoir traversé la Manche à bord de petites embarcations en 2022, un record.

Mercredi, un naufrage au large de Douvres a couté la vie à au moins quatre personnes, un peu plus d'un an après celui, tragique, du 24 novembre 2021, dans lequel 27 personnes avaient péri.


Européennes de juin : l'extrême droite française, en tête des sondages, lance sa campagne

Le président du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Jordan Bardella, tient une conférence de presse sur les élections européennes de 2024, à Paris, le 29 février 2024. (Photo Stephane De Sakutin AFP)
Le président du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Jordan Bardella, tient une conférence de presse sur les élections européennes de 2024, à Paris, le 29 février 2024. (Photo Stephane De Sakutin AFP)
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  • En moins de cinq ans, Jordan Bardella, président du RN depuis 2021 alors que Marine Le Pen se tient en réserve pour une candidature à la prochaine élection présidentielle, s'est imposé dans un paysage politique en plein renouvellement
  • Arrivé en tête (23,34%), il a ensuite méthodiquement investi le paysage politique et médiatique, porté par un talent de débatteur et une télégénie certaine

PARIS : A cent jour des élections européennes, le parti d'extrême droite Rassemblement national (RN) est donné largement favori en France, emmené par sa jeune tête de liste, Jordan Bardella.

A 28 ans, il va donner dimanche le coup d'envoi de sa campagne, par un premier meeting géant à Marseille (sud), pour tenter d'asseoir une dynamique que rien ne semble pour l'instant pouvoir enrayer.

Jusqu'ici, le RN s'impose inlassablement en tête de tous les sondages sur les intentions de vote - 30% selon une étude BVA Xsight pour la radio RTL paru mercredi.

En moins de cinq ans, Jordan Bardella, président du RN depuis 2021 alors que Marine Le Pen se tient en réserve pour une candidature à la prochaine élection présidentielle, s'est imposé dans un paysage politique en plein renouvellement.

Dimanche à Marseille, dans une salle où plus de six mille personnes sont attendues, il aura droit à un honneur inédit: une prise de parole en dernier, après Marine Le Pen.

Tout un symbole, cinq ans après une première candidature en tant que tête de liste du RN pour les Européennes, où il était apparu davantage comme un prête-nom, voire une caution jeune pour la patronne de l'extrême droite française.

Arrivé en tête (23,34%), il a ensuite méthodiquement investi le paysage politique et médiatique, porté par un talent de débatteur et une télégénie certaine. En 2022, lors de la troisième candidature à l'Elysée de Marine Le Pen, il était l'un de ses porte-parole les plus dévoués.

Le scrutin européen du 9 juin doit parachever cette ascension fulgurante, avec une double condition: «arriver en tête et avec un score supérieur à celui de 2019» (23,34%), résume l'un de ses proches.

Une ambition que les sondeurs et les experts jugent tous raisonnable.

Mais les stratèges du parti de Marine Le Pen s'autorisent en privé à viser la barre des 30% et espèrent surclasser d'au moins dix points le parti du président Macron, avec lequel ils avaient fait jeu quasi-égal en 2019.

En assumant de «nationaliser» le scrutin pour en faire des «élections de mi-mandat» contre l'exécutif et la majorité, ces européennes doivent être le marche-pied à une quatrième candidature de Marine Le Pen à l'élection présidentielle dans trois ans.

Selon l'institut de sondages BVA, un tiers des Français entend utiliser son bulletin de vote aux Européennes pour «exprimer (son) opposition à la politique actuelle».

Mais certains s'inquiètent d'un statut de favori qui pourrait démobiliser l'électorat - un talon d'Achille historique du RN, qui l'avait notamment empêché de remporter la moindre région aux élections régionales de 2021, au mépris des pronostics.


Corse: heurts entre indépendantistes et forces de l'ordre, deux ans après l'agression d'Yvan Colonna

Des manifestations pour les droits du peuple corse et marquant le deuxième anniversaire de la mort d'Yvan Colonna à Bastia le 2 mars 2024 sur l'île méditerranéenne française de Corse (Photo, AFP).
Des manifestations pour les droits du peuple corse et marquant le deuxième anniversaire de la mort d'Yvan Colonna à Bastia le 2 mars 2024 sur l'île méditerranéenne française de Corse (Photo, AFP).
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  • La manifestation a réuni 650 personnes, selon la préfecture de Haute-Corse
  • Ce rassemblement est intervenu au deuxième anniversaire de l'agression d'Yvan Colonna au sein du centre de détention d'Arles

BASTIA: Des affrontements ont éclaté en Corse samedi après-midi entre une dizaine de personnes encagoulées et les forces de l'ordre, en marge d'une manifestation à Bastia à l'appel de mouvements indépendantistes, deux ans après l'agression mortelle du militant indépendantiste Yvan Colonna dans sa cellule.

La manifestation a réuni 650 personnes, selon la préfecture de Haute-Corse.

Des jeunes hommes, vêtus de tenue de peintre en bâtiment ou encagoulés, ont lancé plusieurs cocktails Molotov sur les forces de l'ordre, positionnées en nombre à proximité de la préfecture de Haute-Corse, dans le centre-ville de Bastia.

Les forces de l'ordre ont répliqué avec des grenades lacrymogènes, au cours d'incidents qui ont duré environ deux heures dans deux rues adjacentes à la préfecture.

L'un des manifestants a été pris en charge par les pompiers et transporté au centre hospitalier de Bastia, pour des brûlures au second degré, selon le service d'incendie et de secours de la Haute-Corse.

La manifestation, partie du palais de justice, a été organisée à l'appel du collectif Patriotti et de l'Associu Sulidarità, qui milite pour les "prisonniers politiques corses", ou encore du parti indépendantiste Nazione, qui compte une élue à l'assemblée de Corse.

"Basta à a ripressione" (NDLR: stop à la répression) et "Per i diritti di u populu corsu" (NDLR:  pour les droits du peuple Corse) étaient les deux mots d'ordre de la manifestation.

Ce rassemblement est intervenu au deuxième anniversaire de l'agression d'Yvan Colonna au sein du centre de détention d'Arles (Bouches-du-Rhône), où il purgeait une peine pour son rôle dans l'assassinat du préfet Claude Erignac en 1998 à Ajaccio. Le militant indépendantiste était décédé 20 jours plus tard, un événement qui avait provoqué des violences en Corse.

Lors d'une prise de parole, devant la préfecture, Jean-Philippe Antolini, porte-parole du mouvement Nazione, a demandé "la fin des arrestations arbitraires stigmatisant les militants indépendantistes", mais aussi "la reconnaissance du peuple corse sur sa terre": "Sur cette terre, il n'y a qu'un seul peuple, c'est le peuple corse."

Le discours a également dénoncé "l'Etat français assassin, responsable de la mort d'Yvan Colonna."

Une banderole brandie par plusieurs jeunes manifestants a également visé les élus corses qui participent au processus de Beauvau, le ministère de l'Intérieur, sur une éventuelle autonomie pour l'île: "Nous avons mangé des lacrymos, pour vous voir vous gaver à Beauvau."

Lors d'un dîner lundi, une délégation d'élus corse et Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur, s'étaient mis d'accord sur cinq propositions pour avancer vers une autonomie de la Corse, dans le cadre de discussions entamées depuis deux ans. Le prochain point d'étape aura lieu mi-mars, dans un format similaire.


Guerre à Gaza: Darmanin demande aux préfets de renforcer la protection de la communauté juive

Darmanin appelle les préfets à mobiliser «les services de renseignement sur l'évaluation des menaces pour l'ordre public» (Photo, AFP).
Darmanin appelle les préfets à mobiliser «les services de renseignement sur l'évaluation des menaces pour l'ordre public» (Photo, AFP).
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  • Le ministre demande aux préfets qu'une «vigilance renforcée» soit assurée par les forces de l'ordre, en coordination avec les miliaires de l'opération Sentinelle
  • Il réclame aussi une «présence systématique des forces de sécurité intérieure aux abords des écoles lors des entrées et sorties des élèves»

PARIS: Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a demandé aux préfets de renforcer les mesures de protection de la communauté juive, notamment autour des écoles et lieux de cultes, après les événements des derniers jours à Gaza, selon une note consultée par l'AFP samedi.

"Compte tenu du niveau élevé de la menace terroriste qui continue de peser sur notre pays et des tensions au Proche-Orient qui ont connu une brutale augmentation ces derniers jours (...) je vous demande de bien vouloir procéder à un renforcement immédiat des mesures de sécurité concernant les sites de la communauté juive", "en particulier en ce qui concerne les écoles" est-il écrit dans ce télégramme, daté de vendredi.

Le ministre demande aux préfets qu'une "vigilance renforcée" soit assurée par les forces de l'ordre", en coordination avec les miliaires de l'opération Sentinelle, par une présence statique, visible et systématique aux heures d'arrivée et de départ des fidèles, lors des rassemblements et offices".

Il réclame aussi une "présence systématique des forces de sécurité intérieure aux abords des écoles lors des entrées et sorties des élèves".

M. Darmanin appelle enfin les préfets à mobiliser "les services de renseignement sur l'évaluation des menaces pour l'ordre public" et de porter une "attention particulière aux éventuelles manifestations à venir".

Jeudi, une distribution d'aide humanitaire à Gaza a tourné au drame après des tirs israéliens et une bousculade qui ont fait 115 morts, selon le mouvement islamiste palestinien Hamas.

La communauté internationale a réclamé une enquête et un cessez-le-feu immédiat dans la guerre déclenchée par l'attaque sanglante menée le 7 octobre dans le sud d'Israël par des commandos du Hamas infiltrés depuis Gaza.

Samedi, l'armée israélienne a poursuivi ses frappes contre la bande de Gaza, qui ont fait au moins 92 morts ces dernières vingt-quatre heures, selon le ministère de la Santé du Hamas.