De Vintimille à Menton, les migrants sont bloqués, mais leurs œuvres passent

Un enfant montre son dessin dans le jardin de Françoise Cotta, une citoyenne française qui héberge des migrants arrivés illégalement d'Italie, le 25 octobre 2016 à Breil-sur-Roya, un vieux village franco-italien près de Menton. (Photo de Marco Bertorello / AFP)
Un enfant montre son dessin dans le jardin de Françoise Cotta, une citoyenne française qui héberge des migrants arrivés illégalement d'Italie, le 25 octobre 2016 à Breil-sur-Roya, un vieux village franco-italien près de Menton. (Photo de Marco Bertorello / AFP)
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Publié le Dimanche 18 décembre 2022

De Vintimille à Menton, les migrants sont bloqués, mais leurs œuvres passent

  • «L'idée, c'est de faire passer les œuvres ou, en tout cas, les créations de ces migrants, à défaut que ces derniers puissent passer eux-mêmes», a expliqué, en souhaitant rester anonyme, l'une des responsables du collectif, les Don Quichotte de la Riviera
  • Après une exposition éphémère ce dimanche à la gare de Menton-Garavan, côté français, où des membres du collectif d'artistes les avaient apportées, les œuvres seront ensuite accrochées dans une galerie à Nice

MARSEILLE : Faute de pouvoir les aider à passer physiquement d'Italie en France, un collectif d'artistes a organisé dimanche une action symbolique lors de laquelle des œuvres créées par des migrants à Vintimille ont finalement été exposées à Menton, après avoir passé la frontière en train.

«L'idée, c'est de faire passer les œuvres ou, en tout cas, les créations de ces migrants, à défaut que ces derniers puissent passer eux-mêmes», a expliqué, en souhaitant rester anonyme, l'une des responsables du collectif, les Don Quichotte de la Riviera.

L'action, organisée dans le cadre de la journée internationale des migrants, s'est déroulée en présence d'une cinquantaine de militants d'associations locales qui viennent en soutien aux migrants bloqués à la frontière franco-italienne.

Le collectif d'artistes de la région niçoise avait organisé depuis deux mois des ateliers artistiques dans le local d'une association italienne à Vintimille, mettant à disposition des migrants et plus largement des personnes marginalisées des toiles et du matériel de peinture.

Après une exposition éphémère ce dimanche à la gare de Menton-Garavan, côté français, où des membres du collectif d'artistes les avaient apportées, les œuvres seront ensuite accrochées dans une galerie à Nice.

Depuis le début de l'année, plus de 30.000 personnes se sont vues notifier un refus d'entrée en France et ont été reconduites en Italie, selon les chiffres de la Police aux frontières (PAF), et ce dans des conditions condamnées par ces associations locales.

«Ce qu'on dénonce depuis très longtemps, c'est que les règles nationales ou internationales ne sont pas respectées, il est impossible de faire reconnaître une demande d’asile à la frontière, à l'exception, je dois le reconnaître, de deux cas très récents», a ainsi relevé Mireille Damiano, avocate au barreau de Nice et représentante locale du Syndicat des avocats de France (SAF).

«On dénonce aussi le fait que les mineurs sont la plupart du temps refoulés, avec parfois de fausses dates de naissance portées sur des documents de refus d'entrée, j'en ai eu encore la preuve récemment avec une personne +vieillie+ de deux ans alors que nous avions envoyé tous les justificatifs d'identité nécessaires», a protesté Me Damiano.

Refoulé en Italie, ce mineur a finalement été pris en charge en France par un foyer pour l'enfance après un recours effectué par ses soins.

A Marseille, quelques centaines de personnes se sont aussi rassemblées, porte d'Aix, toujours en cette journée internationale des migrants, pour demander la régularisation des sans papiers, la fermeture des centres de rétention administrative et pour protester contre la loi immigration du gouvernement, qui doit être déposée début 2023.

«On attendait un apaisement mais le projet parle plus d'éloignement», s'est indigné Hamid Hadji, membre fondateur du collectif Ensemble: «On demande des titres de séjour solides et pérennes», a-t-il ajouté.

Parmi les manifestants, Zana Salif Dao, Ivoirien de 16 ans, aimerait aussi que «ça bouge»: «On ne comprend même pas les démarches, c'est trop compliqué... Depuis que je suis arrivé en France, ce n'est que de la souffrance», a confié le jeune homme.


Refus d'obtempérer à Marseille: un policier blessé, quatre interpellations

Un policier a été gravement blessé dans la nuit de lundi à mardi à Marseille après avoir été percuté lors d'un refus d'obtempérer par un véhicule dont les quatre occupants ont été interpellés, a-t-on appris de sources policières. (AFP)
Un policier a été gravement blessé dans la nuit de lundi à mardi à Marseille après avoir été percuté lors d'un refus d'obtempérer par un véhicule dont les quatre occupants ont été interpellés, a-t-on appris de sources policières. (AFP)
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  • Le policier a été "violemment percuté" alors qu’il "tentait d’intercepter, à l’aide du système Diva (barrage au sol) un véhicule en fuite", a confirmé sur X le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez
  • Les quatre occupants du véhicule, - le chauffeur et trois passagers - ont été interpellés et placés en garde à vue, a-t-il précisé

MARSEILLE: Un policier a été gravement blessé dans la nuit de lundi à mardi à Marseille après avoir été percuté lors d'un refus d'obtempérer par un véhicule dont les quatre occupants ont été interpellés, a-t-on appris de sources policières.

Le policier a été "violemment percuté" alors qu’il "tentait d’intercepter, à l’aide du système Diva (barrage au sol) un véhicule en fuite", a confirmé sur X le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez. "Projeté sur une vingtaine de mètres", il est "sérieusement blessé" mais "ses jours ne sont plus en danger", a ajouté le ministre, qui dénonce "un acte criminel très grave".

Les quatre occupants du véhicule, - le chauffeur et trois passagers - ont été interpellés et placés en garde à vue, a-t-il précisé.

Selon deux sources policières, le véhicule était volé, et le conducteur n'avait pas de permis de conduire.

Selon un rapport du service statistique du ministère de l'Intérieur (SSMSI), les refus de contrôle routier ont nettement augmenté en 2025, une hausse de 9% par rapport à l'année précédente alimentée notamment par les refus d'obtempérer qui constituent la majeure partie des délits (28.100 refus d'obtempérer pour 2025).


La France décerne à l’ambassadeur saoudien Fahad Al-Ruwaily la Légion d’honneur

La République française a décerné à Son Excellence Fahad Al-Ruwaily, ambassadeur du Royaume d’Arabie saoudite en France et en Principauté de Monaco, les insignes de Commandeur de la Légion d’honneur, l’une des plus hautes distinctions françaises. (Photo X @Arabiesaoudite en France)
La République française a décerné à Son Excellence Fahad Al-Ruwaily, ambassadeur du Royaume d’Arabie saoudite en France et en Principauté de Monaco, les insignes de Commandeur de la Légion d’honneur, l’une des plus hautes distinctions françaises. (Photo X @Arabiesaoudite en France)
La République française a décerné à Son Excellence Fahad Al-Ruwaily, ambassadeur du Royaume d’Arabie saoudite en France et en Principauté de Monaco, les insignes de Commandeur de la Légion d’honneur, l’une des plus hautes distinctions françaises. (Photo X @Arabiesaoudite en France)
La République française a décerné à Son Excellence Fahad Al-Ruwaily, ambassadeur du Royaume d’Arabie saoudite en France et en Principauté de Monaco, les insignes de Commandeur de la Légion d’honneur, l’une des plus hautes distinctions françaises. (Photo X @Arabiesaoudite en France)
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  • Cette reconnaissance intervient alors que les deux pays poursuivent le développement de leur partenariat stratégique, marqué par un dialogue politique soutenu et une coopération croissante
  • Cette distinction récompense les efforts déployés par l’ambassadeur Al-Ruwaily pour renforcer les relations d’amitié et approfondir la coopération entre la France et l’Arabie saoudite dans divers domaines d’intérêt commun

PARIS:  La République française a décerné à Son Excellence Fahad Al-Ruwaily, ambassadeur du Royaume d’Arabie saoudite en France et en Principauté de Monaco, les insignes de Commandeur de la Légion d’honneur, l’une des plus hautes distinctions françaises.

Cette distinction récompense les efforts déployés par l’ambassadeur Al-Ruwaily pour renforcer les relations d’amitié et approfondir la coopération entre la France et l’Arabie saoudite dans divers domaines d’intérêt commun.

Cette reconnaissance intervient alors que les deux pays poursuivent le développement de leur partenariat stratégique, marqué par un dialogue politique soutenu et une coopération croissante dans les secteurs économique, culturel et diplomatique.


La France proche d'interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, première en Europe

Vue générale de l’hémicycle lors d’une séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)
Vue générale de l’hémicycle lors d’une séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)
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  • Le Parlement français devrait adopter définitivement une loi interdisant l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans, avec une entrée en vigueur dès le 1er septembre pour les nouveaux comptes
  • Les plateformes devront vérifier l’âge des utilisateurs, malgré des critiques sur les modalités d’application

PARIS: Le Parlement français devrait définitivement adopter mardi un texte interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, une première en Europe, que le président Emmanuel Macron veut voir mise en oeuvre dès la rentrée en septembre afin de protéger la santé des plus jeunes.

La proposition de loi sera soumise au vote du Sénat - la chambre haute - dans l'après-midi, puis à l'Assemblée nationale - la chambre basse - en fin de journée, étapes qu'elle devrait sauf surprise passer sans encombre.

L'entrée en vigueur est ensuite prévue rapidement: dès le 1er septembre pour les nouveaux comptes. Pour les comptes existants, l'interdiction s'appliquerait "à l'expiration d'un délai de quatre mois", soit le 1er janvier 2027.

Durant ce délai, "on ira fermer les comptes des moins de 15 ans qui existaient déjà", avait expliqué le mois dernier le président de la République, qui s'est personnellement engagé sur cette réforme, une mesure phare de la fin de son mandat.

Le texte prévoit aussi l'interdiction du téléphone portable au lycée, comme c'est déjà le cas dans les écoles et les collèges. Des exceptions pourront être prévues par le règlement intérieur de l'établissement.

Récemment, les alertes se sont multipliées quant aux effets néfastes des réseaux sociaux sur les enfants et adolescents, qui captent leur attention et peuvent les exposer à des contenus problématiques.

La France est très regardée par d'autres pays européens réfléchissant à des législations similaires.

Le texte ne prévoit aucune sanction pour les enfants ou parents. Concrètement, il reviendra aux plateformes de mettre en place un dispositif de vérification d'âge, voire plusieurs simultanément pour laisser le choix aux utilisateurs.

"Les grandes plateformes sont à mon sens largement prêtes", a déclaré à l'AFP la députée rapporteure du texte, Laure Miller, du camp gouvernemental.

La Commission européenne a également présenté en avril une application paneuropéenne de vérification d'âge, et des solutions privées sont aussi développées.

Mais le député socialiste Arthur Delaporte a fustigé auprès de l'AFP un "grand flou sur les mécanismes de vérification d'âge", pour un texte qui entrera en vigueur "à la hâte, avec des risques d'effets de bord, de contournement".

Son groupe saisira "probablement" le Conseil constitutionnel, a-t-il ajouté, regrettant que les réseaux concernés ne soient pas davantage distingués.

- Fin de l'anonymat -

La France insoumise (gauche radicale) votera contre le texte, a annoncé le député Louis Boyard critiquant "une loi de fin d'anonymat sur internet".

Les sénateurs, qui avaient initialement privilégié un système de "liste noire" ciblant certains réseaux sociaux - finalement abandonné face aux craintes de non-conformité avec le droit européen - redoutent également une censure du Conseil constitutionnel.

"C'est un risque", estime la sénatrice centriste Catherine Morin-Desailly, rapporteure à la chambre haute, rappelant que le Conseil d'Etat a mis en garde sur la préservation de la "liberté d'expression" des jeunes.

Mais, depuis, un avis de l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a clairement alerté sur le danger des réseaux sociaux pour la santé mentale des adolescents, pointe Laure Miller, ce qui permettra d'argumenter sur "la proportionnalité de la mesure".

La proposition de loi prévoit quelques exceptions à l'interdiction pour les "encyclopédies en ligne" ou les "projets numériques à vocation éducative".

Concernant YouTube et WhatsApp, très utilisés, Mme Miller précise que ces plateformes devront mettre en place une vérification d'âge pour la partie assimilée à un réseau social (chaînes de partage, commentaires...). La visualisation simple de vidéos, ou la messagerie interpersonnelle, ne seraient pas concernées par l'interdiction selon elle.

Tout au long de l'examen au Parlement, les débats ont notamment porté sur la formulation précise à adopter, avec un impératif: que le texte soit conforme au droit européen, sous peine de ne pas pouvoir être appliqué.

Dans un avis rendu il y a deux semaines, la Commission européenne a aiguillé les parlementaires français, qui se sont finalement accordés sur un texte suivant ses recommandations.

Elle a par ailleurs elle-même annoncé la semaine dernière son intention d'instaurer un accès "progressif et gradué" des mineurs aux réseaux sociaux.

Un comité d'experts a recommandé une interdiction aux moins de 13 ans, mais les pays de l'UE seraient libres d'instaurer une interdiction plus tardive.

Pour Mme Miller, la loi française serait ainsi "en concordance" avec une future législation européenne.