En Chine, zéro nouveau mort du Covid après un changement de méthodologie

Des personnes font la queue pour acheter des kits de test antigénique dans une pharmacie dans le cadre de la pandémie de Covid-19 à Xian, dans la province chinoise du Shaanxi (nord), le 20 décembre 2022. (AFP).
Des personnes font la queue pour acheter des kits de test antigénique dans une pharmacie dans le cadre de la pandémie de Covid-19 à Xian, dans la province chinoise du Shaanxi (nord), le 20 décembre 2022. (AFP).
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Publié le Mercredi 21 décembre 2022

En Chine, zéro nouveau mort du Covid après un changement de méthodologie

  • Les autorités ont précisé mardi que seules les personnes décédées directement d'une insuffisance respiratoire liée au Covid-19 étaient comptabilisées dans les statistiques
  • Cette méthodologie «scientifique» selon les autorités dresse cependant un tableau bien plus étroit de la situation

PÉKIN : La Chine n'a rapporté mercredi aucun nouveau décès lié au Covid-19, après un changement de méthodologie controversé pour la comptabilité des cas et malgré une vague de contamination inédite dans le pays par son ampleur.

Depuis 2020, la Chine imposait de strictes restrictions sanitaires, au nom d'une politique dite "zéro Covid" qui a permis de protéger les personnes les plus à risque et celles peu vaccinées.

Mais le gouvernement a mis fin sans préavis à la plupart de ces mesures début décembre sur fond d'exaspération grandissante de la population et d'impact considérable sur l'économie.

Le nombre de cas explose depuis, faisant craindre une forte mortalité chez les plus âgés, particulièrement vulnérables.

Les autorités ont précisé mardi que seules les personnes décédées directement d'une insuffisance respiratoire liée au Covid-19 étaient désormais comptabilisées dans les statistiques.

Cette méthodologie, "scientifique" selon les autorités, dresse cependant un tableau bien plus réduit de la situation.

"Après une infection par le variant Omicron, la principale cause de décès (des patients) sont des maladies sous-jacentes", s'est défendu mardi Wang Guiqiang, un responsable de la Santé de la ville de Pékin.

"Seul un petit nombre meurent directement d'une insuffisance respiratoire causée par le Covid", a-t-il insisté.

Chiffres et politique

Ce changement de méthodologie signifie que de "très nombreux décès ne seront pas répertoriés" comme étant dus au Covid, indique à l'AFP Leong Hoe Nam, un expert en maladies infectieuses basé à Singapour.

Le variant Omicron ne s'attaque pas autant aux poumons que d'autres souches du Covid-19, note pour sa part l'expert de santé Yanzhong Huang, du Conseil sur les relations internationales, un groupe de réflexion américain.

"Cette nouvelle définition est un renversement de la norme internationale qui prévalait [...] et comptabilisait comme mort du Covid toute personne décédée avec le Covid", relève M. Huang.

Selon lui, "difficile de dire que cela n'est pas motivé par des considérations politiques."

Pendant ce temps, des crématoriums sont à la peine, selon des témoignages recueillis mardi par l'AFP, sans qu'un lien formel avec le Covid ne puisse être établi.

Plusieurs établissements contactés de nouveau mercredi ont décliné les demandes d'interview. Un crématorium situé à Xi'an (nord) a néanmoins indiqué être "très occupé".

A Changsha (centre), deux entreprises spécialisées dans les vêtements funéraires ont évoqué une hausse de clientèle ces derniers jours.

L'épidémie de Covid a "un léger effet" sur l'activité avec davantage de commandes pour des "personnes âgées" décédées, a expliqué sous couvert de l'anonymat le propriétaire de l'un des établissements.

Dans la grande ville de Canton (sud), un employé d'une entreprise de services funéraires évoque quant à lui des clients "toujours un peu plus nombreux l'hiver", sans toutefois s'avancer sur l'origine des décès.

«Sous contrôle»

En Chine, certains hôpitaux sont débordés, tandis que les médicaments anti-grippaux sont plus difficiles à trouver dans les pharmacies face à la demande, au moment où le pays apprend à vivre avec le virus.

A rebours de la doctrine jusque-là en vigueur, plusieurs villes autorisent désormais leurs habitants à se rendre au travail normalement même s'ils présentent des symptômes du Covid-19.

Quelques semaines plus tôt, ils auraient été envoyés en centre de quarantaine au nom du "zéro Covid".

Le gouvernement a mis fin à la majorité de ces mesures face à la frustration grandissante de la population, trois ans après l'apparition des premiers cas de coronavirus à Wuhan (centre).

Selon les chiffres officiels, seuls sept patients sont morts du Covid depuis la levée des restrictions début décembre.

Un chiffre finalement ramené à six mercredi par les autorités, qui n'ont fourni aucune explication.

Les Etats-Unis ont indiqué mardi être prêts à fournir des vaccins contre le Covid-19 à la Chine.

"Il est de l'intérêt de la communauté internationale que nous puissions, collectivement, aider la Chine à garder (l'épidémie) sous contrôle", a affirmé devant la presse le porte-parole du département d'Etat, Ned Price.


Witkoff voit des «signaux forts» en faveur d'un accord avec l'Iran

Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff. (AFP)
Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff. (AFP)
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  • "Nous avons des signaux forts nous disant que cela est possible", a-t-il dit pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche
  • Steve Witkoff a par ailleurs confirmé que Washington avait soumis à Téhéran "une liste de 15 points" via le gouvernement pakistanais, qui agit comme médiateur

WASHINGTON: Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff.

"Nous avons des signaux forts nous disant que cela est possible", a-t-il dit pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Steve Witkoff a par ailleurs confirmé que Washington avait soumis à Téhéran "une liste de 15 points" via le gouvernement pakistanais, qui agit comme médiateur.

 

 


Les alliés de Washington du G7 poussent à la désescalade

Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie.  "La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine. (AFP)
Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie. "La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine. (AFP)
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  • L'Allemagne, le Canada, la Grande-Bretagne, la France, l'Italie et le Japon ont clairement signalé jeudi leur souhait de trouver une issue diplomatique à l'offensive militaire américano-israélienne en Iran
  • A son arrivée, la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a suggéré aux Etats-Unis de mettre davantage de pression sur la Russie, estimant que les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient étaient "étroitement liées"

ABBAYE-DES-VAUX-DE-CERNAY: Les ministres des Affaires étrangères du Groupe G7 ont entamé jeudi, sans l'Américain Marco Rubio, une réunion près de Paris avec la volonté affichée de pousser Washington à une désescalade au Moyen-Orient sans pour autant oublier l'Ukraine.

Le secrétaire d'Etat américain rejoindra vendredi matin ses homologues à l'Abbaye des Vaux-de-Cernay, près de Rambouillet, à une cinquantaine de kilomètres de Paris.

L'Allemagne, le Canada, la Grande-Bretagne, la France, l'Italie et le Japon ont clairement signalé jeudi leur souhait de trouver une issue diplomatique à l'offensive militaire américano-israélienne en Iran, qui a des répercussions économiques mondiales en raison du quasi blocage du détroit d'Ormuz par Téhéran depuis près d'un mois.

A son arrivée, la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a suggéré aux Etats-Unis de mettre davantage de pression sur la Russie, estimant que les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient étaient "étroitement liées".

"Nous constatons que la Russie aide l'Iran sur le plan du renseignement pour cibler des Américains, pour tuer des Américains (au Moyen-Orient), et la Russie fournit également désormais des drones à l'Iran afin que (ce pays) puisse attaquer les pays voisins ainsi que les bases militaires américaines", a-t-elle déclaré à des journalistes.

"Si l'Amérique veut que la guerre au Moyen-Orient cesse, (...) elle doit aussi exercer une pression sur la Russie afin qu'elle ne puisse pas aider (l'Iran) dans ce sens", a-t-elle souligné.

"On a des raisons de penser qu'aujourd'hui la Russie soutient les efforts militaires de l'Iran qui semblent être dirigés notamment sur des cibles américaines", a de son côté déclaré jeudi soir le ministre français Jean-Noël Barrot, lors d'une conférence de presse clôturant la première journée des discussions.

De son côté, la ministre canadienne Anita Anand a appelé le G7 à soutenir "collectivement" une désescalade au Moyen-Orient, dans un entretien à l'AFP.

"Pour le gouvernement allemand, il est très important de savoir précisément ce que nos partenaires américains comptent faire", a pour sa part souligné le ministre allemand Johann Wadephul, alors que la confusion règne sur de potentielles négociations directes entre Washington et Téhéran pour mettre fin à la guerre.

L'Iran aurait répondu à la proposition annoncée par le président américain Donald Trump, et reçue via le médiateur pakistanais, a affirmé jeudi une source citée par l'agence de presse iranienne Tasnim.

Jeudi, l'émissaire américain Steve Witkoff a quant à lui assuré qu'il existait des "signaux forts" montrant que Téhéran veut passer un accord avec les Etats-Unis.

Mercredi, la télévision d'Etat avait pourtant affirmé que l'Iran avait rejeté ce plan tandis que la Maison Blanche menaçait de déchaîner "l'enfer" sur le pays en cas d'échec des négociations.

La France, qui exerce la présidence du G7 cette année, prône elle aussi la voie diplomatique, redoutant d'être entraînée dans le conflit.

Bien que disposant de bases militaires dans les pétromonarchies du Golfe avec lesquels elle est liée par des accords de coopération de sécurité, elle a constamment souligné que sa posture était "purement défensive".

Difficile convergence de vues 

Mais cette position semble de plus en plus difficile à tenir alors que ces Etats sont visés par les frappes iraniennes, en représailles aux tirs provenant de bases américaines implantées au Moyen-Orient.

Au G7, la principale session de travail consacrée à la guerre au Moyen-Orient se tiendra vendredi.

Les chefs de la diplomatie des grands pays émergents (Inde et Brésil) ont été invités, de même que les ministres ukrainien, saoudien et sud-coréen.

L'Italie compte "promouvoir une désescalade" et assurer de "la disponibilité du gouvernement italien à contribuer aux efforts visant à garantir un passage sûr à travers le détroit d'Ormuz", selon une source diplomatique italienne.

Le Royaume-Uni et la France vont réunir cette semaine une trentaine de pays prêts à former une coalition visant à participer à la sécurisation du détroit d'Ormuz.

Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie.

"La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine.

Signe de la difficulté à faire converger les vues, cette réunion s'achèvera vendredi avec la publication d'un communiqué de la présidence française, plutôt qu'un communiqué conjoint, a indiqué une source diplomatique.

La ministérielle Affaires étrangères précèdera un G7 Finances et Energie avec les Banques centrales programmée lundi en visio-conférence.

 


Iran: Trump repousse son ultimatum au 6 avril

Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien." (AFP)
Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien." (AFP)
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  • "A la demande du gouvernement iranien", le président américain a fait savoir sur son réseau Truth Social, "je suspends pour dix jours la destruction de centrales électriques jusqu'au lundi 6 avril à 20H00, heure de Washington."
  • "Les discussions se poursuivent et, contrairement à ce que disent les médias menteurs (...), elles se passent très bien", a-t-il ajouté.

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien."

"A la demande du gouvernement iranien", le président américain a fait savoir sur son réseau Truth Social, "je suspends pour dix jours la destruction de centrales électriques jusqu'au lundi 6 avril à 20H00, heure de Washington."

"Les discussions se poursuivent et, contrairement à ce que disent les médias menteurs (...), elles se passent très bien", a-t-il ajouté.