Le Brésil et le monde du foot pleurent le «Roi» Pelé

Seul footballeur ayant remporté à trois reprises la Coupe du Monde (1958, 1962 et 1970), Pelé, de son vrai nom Edson Arantes do Nascimento, avait été élu athlète du siècle par le Comité international olympique en 1999. (Photo, AP)
Seul footballeur ayant remporté à trois reprises la Coupe du Monde (1958, 1962 et 1970), Pelé, de son vrai nom Edson Arantes do Nascimento, avait été élu athlète du siècle par le Comité international olympique en 1999. (Photo, AP)
Short Url
Publié le Vendredi 30 décembre 2022

Le Brésil et le monde du foot pleurent le «Roi» Pelé

  • Pelé, de son vrai nom Edson Arantes do Nascimento, est mort à 82 ans des suites «de défaillances multiples d'organes»
  • L'annonce de sa mort a provoqué une véritable onde de choc dans le monde entier, avec une pluie d'hommages sur les réseaux sociaux

RIO DE JANEIRO: Du président américain Joe Biden aux étoiles du football comme Neymar, Mbappé ou Messi, le monde entier a rendu hommage jeudi au "Roi" Pelé, première star planétaire du ballon rond, qui a succombé à un cancer du côlon et sera inhumé mardi.

Pelé, de son vrai nom Edson Arantes do Nascimento, est mort à 82 ans des suites "de défaillances multiples d'organes", a annoncé l'hôpital Albert Einstein de Sao Paulo, où il avait été admis il y a exactement un mois.

Une veillée funèbre, ouverte au public, aura lieu lundi et durera 24 heures, au stade du Santos FC, club où l'éternel numéro 10 a brillé de 1956 à 1974.

Un deuil officiel de trois jours a été décrété au Brésil, où Pelé était un véritable monument national.

L'enterrement, mardi, se déroulera en revanche dans l'intimité familiale, après un cortège suivant le cercueil dans les rues de Santos, ville portuaire à 80 km de Sao Paulo qui a décrété un deuil de sept jours.

"Nous t'aimons à l'infini, repose en paix", avait écrit peu avant sur Instagram Kely Nascimento, l'une des filles de Pelé, dont la santé était chancelante ces dernières années.

À l'extérieur de l'hôpital où le triple champion du monde est décédé, des fans ont brandi une banderole où l'on pouvait lire: "Roi Pelé éternel", tandis qu'à la télévision tournaient en boucle des images de ses exploits sportifs.

L'annonce de sa mort a provoqué une véritable onde de choc dans le monde entier, avec une pluie d'hommages sur les réseaux sociaux.

"Il a fait du football un art", a écrit sur Instagram Neymar, son héritier au sein de la sélection brésilienne.

Ses compères du trio d'attaquants vedettes du Paris SG, Kylian Mbappé et Lionel Messi, ont tous deux souhaité au "Roi" de "reposer en paix".

Zagallo, qui fut son coéquipier lors des titres mondiaux du Brésil en 1958 et 1962 puis son sélectionneur lors du sacre de 1970, a salué jeudi sur Instagram la mémoire du "plus grand de tous".

"Jamais il n'y a eu un numéro 10 comme lui", a réagi pour sa part le président élu du Brésil, Luiz Inacio Lula da Silva, qui sera intronisé dimanche. Le président sortant Jair Bolsonaro a pour sa part salué la mémoire de celui qui a "porté le nom du Brésil dans le monde entier".

"Pour un sport qui rapproche les peuples comme aucun autre, le parcours de Pelé, de ses débuts modestes à son statut de légende du football, montre que tout est possible", a tweeté pour sa part Joe Biden depuis la Maison Blanche.

La Fifa, la Confédération brésilienne de football (CBF) et le Santos FC, son club de toujours, lui ont également rendu hommage.

À Rio de Janeiro, le Christ Rédempteur du Corcovado, monument emblématique qui domine la baie, a été illuminé en hommage à Pelé, tout comme le mythique stade Maracana.

"Nous n'aurons plus jamais d'idole comme Pelé. Les joueurs d'aujourd'hui, comme Neymar, n'ont pas la même maturité", a dit à l'AFP Osnir Nogueira de Moraes, 46 ans, habitant de Sao Paulo, où le visage du "Roi" a été projeté sur un immeuble de la célèbre avenue Paulista.

 

Pelé en bref

Nom: Arantes do Nascimento

Prénom: Edson

Surnom: Pelé

Date de naissance: 23 octobre 1940 (82 ans)

Lieu de naissance: Tres Coraçoes (Brésil)

Taille: 1,72 m

Sport/poste: football/meneur de jeu

Clubs successifs: Santos (BRA/1956-1974), New York Cosmos (USA/1975-1977)

Sélections: 92 (77 buts)

1re sélection: 07/07/1957, Brésil-Argentine (1-2)

Dernière sélection: 18/07/1971, Brésil-Yougoslavie (2-2)

Palmarès en sélection

Trois Coupes du monde (1958, 1962, 1970)

Vice-champion de la Copa America (1959)

Palmarès en club

Deux Coupes Intercontinentales (1962, 1963)

Deux Copa Libertadores (1962, 1963)

Dix Championnats de Sao Paulo (1958, 1960, 1961, 1962, 1964, 1965, 1967, 1968, 1969, 1973)

Onze fois meilleur buteur du Championnat de Sao Paulo: 1957 (17 buts), 1958 (58), 1959 (46), 1960 (32), 1961 (47), 1962 (37), 1963 (22), 1964 (34), 1965 (49), 1969 (26), 1973 (11)

Cinq Coupes du Brésil (1961, 1962, 1963, 1964, 1965)

Un Championnat des Etats-Unis (1977)

Records:

. Unique joueur triple champion du monde

. Plus jeune champion du monde et plus jeune buteur en finale de Coupe du monde (17 ans en 1958)

. 1.281 buts en 1.363 matches, record mondial incluant des matches amicaux et homologué par la Fifa

. Meilleur buteur de l'histoire de l'équipe du Brésil à égalité avec Neymar (77 buts)

. 58 buts dans le Championnat de l'Etat de Sao Paulo pour la saison 1958

. Auteur de 6 quintuplés, 30 quadruplés et 92 triplés dans sa carrière

. 1.000e but marqué le 19/11/1969 au Maracana (Santos - Vasco de Gama). A la 78e minute, penalty, but de Pelé. Le match est interrompu, Pelé fait un tour d'honneur et revient sur la pelouse avec un maillot frappé du n°1000.

Distinctions:

Elu athlète du siècle par le Comité international olympique (1999)

Elu footballeur du siècle par la Fifa (2000)

Ballon d'Or d'honneur (remis en janvier 2014)

Athlète du siècle

Seul footballeur ayant remporté à trois reprises la Coupe du monde (1958, 1962 et 1970), Pelé avait été élu athlète du siècle par le Comité international olympique en 1999.

Aucun joueur n'a fait autant trembler les filets: 1.281 buts en 1.363 matches sous les maillots de Santos - son club au Brésil (1956-74) -, de la Seleçao et du Cosmos de New York (1975-77).

Mais au-delà des chiffres, Pelé restera dans les mémoires comme le "Roi" qui a révolutionné son sport.

Ce dribbleur de génie a été le précurseur du football moderne, avec une qualité technique exceptionnelle conjuguée à des capacités athlétiques hors norme en dépit de sa taille modeste (1,72 m).

Pelé était aussi un grand émotif, comme l'attestent les images en noir et blanc du gamin de 17 ans éclatant en sanglots après avoir décroché le premier de ses trois titres mondiaux, en 1958, en Suède.

En 1970, lors du premier Mondial retransmis en couleurs par les chaînes de télévision, c'est avec un sourire radieux que le Roi, au sommet de son art, avait fêté le triplé historique, au sein d'une équipe que beaucoup considèrent comme la plus talentueuse de tous les temps.

Pelé a également empilé les titres avec le Santos FC - avec qui il a signé son premier contrat professionnel à 15 ans seulement -, soulevant notamment deux coupes intercontinentales consécutives, contre Benfica (1962) et le Milan AC (1963).

«Un seul rein, trois coeurs»

Né le 23 octobre 1940 dans une famille pauvre à Tres Coraçoes, petite ville du Minas Gerais (sud-est) entourée de plantations de café, le petit Edson doit vendre des cacahuètes dans la rue pour aider ses parents.

Son prénom a été choisi en hommage à Thomas Edison, inventeur de l'ampoule électrique.

Que de chemin parcouru pour celui qui était reçu comme un chef d'État lors de tournées de matches amicaux à l'étranger avec Santos ou avec la Seleçao.

Son règne s'est aussi prolongé en dehors des terrains, avec des rôles au cinéma, des chansons enregistrées et même un poste de ministre des Sports (1995-1998).

Contrairement à l'éternel rebelle Maradona, il a souvent été perçu au Brésil comme un homme proche du pouvoir établi, y compris pendant la dictature militaire (1964-1985).

Parfois jugé hautain et vaniteux, Pelé n'était pas toujours prophète en son pays, contrairement à des héros au destin tragique comme le footballeur Garrincha ou le pilote automobile Ayrton Senna.

«Il a fait du football un art»: Les réactions du monde du football et de personnalités à la mort de Pelé

RÉACTIONS DU MONDE SPORTIF

. Zagallo (coéquipier de Pelé lors des titres mondiaux du Brésil en 1958 et 1962 et sélectionneur du Brésil lors du sacre de 1970, sur Instagram): "Il est le plus grand de tous (...) Mon ami, avec qui j'ai partagé tant d'histoires, de victoires et de titres, laisse un héritage éternel et inoubliable."

. Franz Beckenbauer (ancien international allemand et coéquipier de Pelé au Cosmos de New York, dans un communiqué diffusé par le Bayern Munich, dont il est le président honoraire): "Le football a perdu aujourd'hui le plus grand de son histoire, et moi un ami unique. Je suis parti aux Etats-Unis en 1977, car je voulais vraiment jouer aux côtés de Pelé au Cosmos de New York. Cette période à ses côtés fut l'une des plus belles expériences de ma carrière (...) Le football t'appartiendra à jamais. Repose en paix."

. Neymar (international brésilien et joueur du Paris SG, sur Instagram): "Avant Pelé, le football était juste un sport. Pelé a tout changé, il a fait du football un art (...), il a donné une voix aux pauvres, aux Noirs, et surtout: il a donné de la visibilité au Brésil (...) Il n'est plus là, mais sa magie va perdurer."

. Cristiano Ronaldo (international portugais, sur Instagram): "Un simple +au revoir+ à l'éternel roi Pelé ne suffira jamais à exprimer la douleur que le monde du football entier ressent actuellement. Une inspiration pour tant, une référence hier, aujourd'hui et pour toujours. L'affection dont il a toujours fait preuve à mon égard a été réciproque dans tous les moments, même à distance."

. Kylian Mbappé (international français, champion du monde 2018 et joueur du Paris SG, sur Twitter): "Le roi du football nous a quittés, mais son héritage ne sera jamais oublié, repose en paix, Roi."

. Lionel Messi (champion du monde argentin et joueur du Paris SG, sur Instagram): "Repose en paix, Pelé", en légende de trois photos, deux côte à côte et une autre de Pelé lors de la Coupe du monde de 1970.

. Ronaldo (ancien international brésilien et champion du monde 2002, sur Instagram): "Unique. Génial. Technicien. Créatif. Parfait. Inégalé (...) Le meilleur de tous les temps. Le monde est en deuil. C'est un mélange de tristesse et de fierté immense pour l'histoire qu'il a écrite. Quel privilège d'être venu après toi, mon ami. Son héritage transcende les générations."

. Thomas Bach (président du Comité international olympique, sur Twitter): "Avec la mort de Pelé, le monde a perdu une grande icône du sport. Comme j'ai pu en faire moi-même l'expérience, il était un véritable adepte des valeurs de l'olympisme et avait fièrement porté la flamme olympique (lors des Jeux de Rio en 2016, NDLR). Ce fut un privilège de lui décerner l'Ordre olympique."

. La Fédération internationale de football (Fifa, sur son site internet): "L'immortel, à jamais avec nous. Le football et le monde pleurent le roi Pelé. On le surnomme le Roi et son visage est sans doute l'un des plus célèbres de la planète football. Nommé en son temps plus grand joueur du 20e siècle par la FIFA, Pelé s’est taillé une place à la mesure de son immense talent dans la légende du football mondial."

. Gianni Infantino (président de la Fédération internationale de football): "Pelé avait une présence magnétique (...) Aujourd'hui nous pleurons la perte de sa présence physique, mais Pelé avait atteint depuis longtemps l'immortalité et donc il restera parmi nous pour l'éternité".

. Didier Deschamps (sélectionneur de l'équipe de France): "Avec la disparition de Pelé, le football perd l'une de ses plus belles légendes, si ce n'est la plus belle. Comme toutes les légendes, le Roi semblait immortel. Il a fait rêver et continuait à faire rêver des générations et des générations d'amateurs de notre sport. Qui n'a pas rêvé, enfant, d'être Pelé? Avec son numéro 10, il a mis sa virtuosité technique, son audace, sa créativité au service de ses équipes."

. Robert Lewandowski (international polonais et joueur du FC Barcelone, sur Facebook): "Repose en paix, Champion. Le paradis a une nouvelle étoile alors que le monde du football a perdu un héros."

. Geoff Hurst (ancien international anglais, sur Twitter): "J'ai tant de souvenirs de Pelé, sans aucun doute le meilleur joueur de football contre qui j'ai joué (Bobby Moore étant le meilleur joueur aux côtés de qui j'ai joué). Pour moi, Pelé reste le plus grand de tous les temps, je suis fier d'avoir joué sur le même terrain que lui."

. New York Cosmos (club où Pelé a joué de 1975 à 1977): "Pendant trois saisons avec le Cosmos, Pelé a aidé à transformer le paysage national du sport qu'est le football. Son impact durable sur le sport du football est inestimable. Le Cosmos et son Roi (Pelé) n'ont pas seulement débuté une révolution sportive en Amérique, ils ont aussi parcouru le monde pour diffuser la parole du 'beau jeu'."

. Sepp Blatter (ancien président de la Fédération internationale de football): "C'est une très triste nouvelle, Pelé nous a quittés. Le monde pleure le plus grand footballeur de l'histoire et une merveilleuse personne. Il a célébré le football comme aucun autre joueur."

. Zinédine Zidane (ancien international français, sur Instagram): "Eternel Roi Pelé."

. FC Barcelone (sur Twitter): "Le Barça regrette profondément la mort du "Roi" Pelé, l'un des meilleurs joueurs de tous les temps. Avec lui, le football est devenu plus grand. Repose en paix."

. Real Madrid (sur Twitter): "La légende de Pelé restera pour toujours dans la mémoire de tous ceux qui aiment ce sport et son héritage fait de lui l'un des grands mythes du football mondial."

RÉACTIONS DE PERSONNALITÉS

. Luiz Inacio Lula da Silva (président-élu du Brésil, qui prendra ses fonctions dimanche, sur Twitter): "Jamais il n'y a eu un numéro 10 comme lui. Peu de Brésiliens ont porté le nom de notre pays aussi loin que lui."

. Jair Bolsonaro (président sortant du Brésil, sur Twitter): "Pelé a porté le nom du Brésil dans le monde entier. Il a transformé le football en art et en joie."

. Emmanuel Macron (président de la République française, sur Twitter): "Le Jeu. Le Roi. L'Eternité."

. Amélie Oudéa-Castéra (ministre française des Sports et des Jeux olympiques, sur Twitter): "Le Roi Pelé nous a quittés. Sa légende, elle, ne s'éteindra jamais. Il était l’âme du Football. Un champion, un magicien, un génie. Dont le sourire disait tout."

. Joe Biden (président des Etats-Unis, sur Twitter): "Pour un sport qui rapproche les peuples comme aucun autre, le parcours de Pelé, de ses débuts modestes à son statut de légende du football, est une histoire de qui est possible."

. Barack Obama (ancien président des Etats-Unis, sur Twitter): "Pelé était l'un des plus grands joueurs ayant pratiqué ce beau sport. C'était aussi l'un des sportifs les plus connus au monde, il a compris le pouvoir du sport pour rassembler les peuples."

. Bill Clinton (ancien président des Etats-Unis, sur Twitter): "Pelé n'était pas seulement une légende du football, mais il était aussi quelqu'un d'engager dans l'action humanitaire, une icône globale. Il a utilisé son renom pour donner du pouvoir aux enfants issus des milieux défavorisés et inspirer des générations à travers le monde."

. Macky Sall (président du Sénégal, sur Twitter): "Le monde du football vient de perdre son emblème et sa plus grande référence. Par sa virtuosité, son génie et son humanisme, le Roi Pelé a marqué à jamais l’histoire du football."


Washington offre une récompense de 10 millions de dollars pour des informations sur les dirigeants iraniens

Le programme « Rewards for Justice » du département d’État américain offre 10 millions de dollars pour toute information concernant des dirigeants iraniens clés. (Rewards for Justice)
Le programme « Rewards for Justice » du département d’État américain offre 10 millions de dollars pour toute information concernant des dirigeants iraniens clés. (Rewards for Justice)
Short Url
  • Les États-Unis offrent une récompense de 10 millions de dollars pour toute information sur plusieurs dirigeants iraniens, dont Mojtaba Khamenei et Ali Larijani
  • Washington affirme que ces responsables dirigent des éléments du Corps des Gardiens de la Révolution islamique, accusé de planifier et de mener des actes terroristes à travers le monde

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont annoncé vendredi offrir une récompense de 10 millions de dollars en vue d'informations sur le sort des dirigeants iraniens, y compris le nouveau guide suprême, mais visant en particulier les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique d'Iran.

L'appel vise aussi bien Mojtaba Khamenei, le nouveau guide suprême, que le chef de la sécurité Ali Larijani, selon un avis diffusé par le département d'Etat américain.

Le ministre iranien de l'Intérieur, Eskandar Momeni, et le ministre du Renseignement et de la Sécurité, Esmaïl Khatib, figurent également parmi les dix personnes inscrites sur la liste du département d'Etat.

"Ces personnes commandent et dirigent divers éléments du Corps des gardiens de la révolution islamique iranien, qui planifie, organise et mène des actes terroristes à travers le monde", a déclaré le département d'Etat.

Il exhorte les informateurs éventuels à envoyer des informations via Signal notamment: "Vos informations pourraient vous permettre de bénéficier d'une réinstallation et d'une récompense".

Le dirigeant iranien Ali Khamenei, qui dirigeait l'Iran depuis 1989, a été tué dans une frappe le 28 février au début de la guerre.

Il a été remplacé par son fils Mojtaba mais les spéculations sur son état de santé perdurent, après les annonces par la télévision d'Etat et certains responsables qu'il avait été blessé dans les frappes.

Il a fait diffuser un message jeudi sans contenu vidéo ni audio.

Les Etats-Unis et Israël ont indiqué avoir tué nombre de responsables des Gardiens de la Révolution depuis le début des opérations militaires le 28 février.


Mojtaba Khamenei appelle à maintenir Ormuz fermé, le pétrole flambe

Short Url
  • Le nouveau dirigeant, lui-même blessé dans une frappe et dont l'état de santé reste un mystère, n'est toujours pas apparu en public, et son premier message depuis sa désignation a été lu par une présentatrice à la télévision nationale
  • Son discours intervient alors que la guerre au Moyen-Orient entraîne "la plus importante perturbation" de l'approvisionnement mondial du pétrole de l'histoire, a averti jeudi l'Agence internationale de l'énergie (AIE)

TEHERAN: Le nouveau guide suprême iranien Mojtaba Khamenei a appelé jeudi à maintenir fermé le détroit d'Ormuz, passage hautement stratégique du commerce de pétrole mondial, accélérant la flambée des cours.

Désigné dimanche à la place de son père Ali Khamenei, tué au début des attaques israélo-américaines sur l'Iran, il a également promis de "venger" le "sang versé par les victimes de ces bombardements.

Le nouveau dirigeant, lui-même blessé dans une frappe et dont l'état de santé reste un mystère, n'est toujours pas apparu en public, et son premier message depuis sa désignation a été lu par une présentatrice à la télévision nationale. Il y a également appelé les pays de la région à fermer les bases américaines qu'ils abritent sur leurs sols.

Son discours intervient alors que la guerre au Moyen-Orient entraîne "la plus importante perturbation" de l'approvisionnement mondial du pétrole de l'histoire, a averti jeudi l'Agence internationale de l'énergie (AIE).

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, se disent prêts à une longue campagne pour forcer Washington à la retraite en bombardant les intérêts occidentaux dans le Golfe et ailleurs, quitte à "détruire" l'économie mondiale.

L'armée américaine a annoncé jeudi avoir frappé environ 6.000 cibles depuis le début de la guerre, déclenchée le 28 février par des bombardements américains et israéliens contre la République islamique.

Le conflit pénalise l'approvisionnement en or noir de l'économie mondiale, affaiblit les sites de production de la région et menace ses services financiers.

Le géant français TotalEnergies a ainsi annoncé suspendre ou être sur le point de suspendre l'équivalent de 15% de sa production mondiale de pétrole et de gaz dans plusieurs Etats du Golfe.

La navigation est pratiquement bloquée dans le détroit d'Ormuz, de facto contrôlé par l'Iran et par où transite environ 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux.

"En réponse à l'ordre" de leur "commandant en chef" Khamenei, les Gardiens de la Révolution iraniens ont promis de garder le détroit fermé et de porter "les coups les plus sévères à l'agresseur", a indiqué le commandant des forces navales Alireza Tangsiri.

Pétroliers attaqués 

Mais le gouvernement iranien a laissé entendre dans le même temps qu'il pourrait autoriser certains navires, de pays jugés non hostiles, à emprunter le détroit.

Interrogé par l'AFP, le vice-ministre des Affaires étrangères, Majid Takht-Ravanchi, a assuré que Téhéran a "coopéré" avec plusieurs "pays" qui ont demandé à l'emprunter. Il n'a pas nommé ces pays mais souligné que ceux qui se sont joints aux Etats-Unis et Israël "ne devraient pas bénéficier d'un passage sûr dans le détroit d'Ormuz".

Le ministre a démenti jeudi auprès de l'AFP que l'Iran posait des mines dans le détroit d'Ormuz, comme Washington l'en accuse.

Plusieurs explosions ont secoué le Golfe jeudi. Sur un réservoir d'hydrocarbures à Bahreïn, un immense champ pétrolier en Arabie saoudite, un aéroport au Koweit, un port à Oman.

Au moins trois navires ont été attaqués, soit un total de six depuis mercredi et 16 depuis le début du conflit, selon l'agence maritime britannique (UKMTO).

Une vidéo diffusée par le média d'Etat iranien IRIB montre une de ces attaques iraniennes, menée mercredi soir contre un pétrolier à environ 50 km des côtes irakiennes.

On y voit, dans la nuit noire, l'avant d'un pétrolier exploser, puis s'envelopper d'une énorme boule de feu, frappé de plein fouet par un projectile tiré depuis ce qui semble être un hors-bord de la marine iranienne. "Dieu est grand. Contre l'impérialisme américain dans le nord du golfe Persique, au nom de l'imam Khamenei, au nom de la République islamique d'Iran, ces eaux appartiennent aux défenseurs de l'islam", se réjouit l'un des Iraniens à bord.

L'attaque, visant deux pétroliers, a fait un mort, selon les autorités irakiennes, qui précisent avoir secouru plus de 50 membres d'équipage.

Côté américain, entre la poursuite de la guerre et les cours du pétrole, le président Donald Trump dit avoir fait son choix: la nécessité de "stopper" l'Iran passe avant les prix du pétrole car il faut "empêcher un empire du mal, l'Iran, de se doter d'armes nucléaires et de détruire le Moyen-Orient, voire le monde entier".

En Iran, au 13e jour de la guerre, la vie quotidienne des habitants de la région s'organise entre privations, angoisses et espoir d'un lendemain meilleur.

"On peut toujours faire ses courses. L'exception, c'était le jour où ils ont frappé les dépôts de pétrole: avec la pluie noire, ça faisait apocalyptique", explique à l'AFP une habitante de 39 ans, contactée depuis Paris.

Les frappes, certes, sont difficiles à vivre. Mais "je ne comprends pas les gens qui disent +non à la guerre+", explique-t-elle. Après la violente répression des manifestations de janvier en Iran, "il n'y a aucune autre solution que l'intervention étrangère" pour changer le pouvoir politique.

Quelque 3,2 millions d'Iraniens ont été déplacés à l'intérieur de l'Iran depuis le début de la guerre, selon le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

Téhéran "n'a plus rien à perdre" 

Entre blocage d'Ormuz et discours guerriers, les cours du pétrole, qui ont pour certains grimpé de plus de 40% depuis le début de la guerre, continuent de flamber, malgré la décision la veille des pays de l'AIE d'utiliser leurs réserves stratégiques pour soutenir l'offre.

Jamais l'approvisionnement mondial en pétrole n'a été aussi perturbé, estime l'AIE. Selon elle, le blocage d'Ormuz a contraint les pays du Golfe à réduire drastiquement leur production pétrolière, grevant l'offre mondiale de 7,5%.

Donald Trump a ces derniers jours promis qu'une "grande sécurité" régnerait bientôt dans le détroit d'Ormuz. Son ministre de l'Energie a toutefois précisé que l'armée n'était "pas prête" pour le moment à escorter des pétroliers dans le détroit.

"Le régime iranien, qui n'a plus rien à perdre, entretiendra une guerre d'usure contre les Etats-Unis et Israël pour les punir de leur agression", a estimé auprès de l'AFP Pierre Razoux, directeur académique de la Fondation méditerranéenne d'études stratégiques.

Economiquement, l'opération est un gouffre pour les Etats-Unis. La première semaine de guerre leur a coûté plus de 11 milliards de dollars, rapporte le New York Times, en s'appuyant sur des sources parlementaires.

 

 


Le Conseil de sécurité de l'ONU adopte une résolution pour l'arrêt des frappes iraniennes sur les États du Golfe et la Jordanie

Jamal Alrowaiei, ambassadeur de Bahreïn à l'ONU, s'adresse aux médias au siège de l'ONU à New York, mercredi. (Reuters)
Jamal Alrowaiei, ambassadeur de Bahreïn à l'ONU, s'adresse aux médias au siège de l'ONU à New York, mercredi. (Reuters)
Short Url
  • La résolution déclare que les attaques violent le droit international et constituent une "grave menace pour la paix et la sécurité internationales"
  • Les actions iraniennes visant à fermer la navigation internationale à travers le détroit d'Ormuz sont également condamnées

NEW YORK : Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté mercredi une résolution condamnant les attaques de missiles et de drones iraniens contre les États du Golfe et la Jordanie. Treize membres du Conseil ont voté en faveur de cette résolution, tandis que la Russie et la Chine se sont abstenues.

La résolution 2817, présentée par Bahreïn au nom du Conseil de coopération du Golfe, a été coparrainée par 135 pays, ce qui représente l'une des plus importantes manifestations de soutien à une résolution du Conseil de sécurité de ces dernières années.

Elle "condamne sans équivoque, dans les termes les plus forts", les frappes de missiles et de drones iraniens visant les territoires des pays du Golfe et de la Jordanie, décrivant ces attaques comme une violation du droit international et une grave menace pour la paix et la sécurité internationales.

Elle exige que Téhéran mette fin "immédiatement et sans condition" à ses attaques et provocations contre les États voisins, y compris par l'intermédiaire de forces mandataires, et demande l'arrêt immédiat de toutes les frappes. Elle exprime son soutien résolu à la souveraineté et à l'intégrité territoriale des États du Golfe et de la Jordanie, et réaffirme leur droit à l'autodéfense en vertu de l'article 51 de la Charte des Nations unies.

La résolution déplore ce qu'elle décrit comme le ciblage délibéré par l'Iran de civils et d'infrastructures civiles, notamment des aéroports, des installations énergétiques, des installations de production et de distribution de denrées alimentaires et d'autres infrastructures essentielles.

Elle fait également référence à la résolution 552 du Conseil de sécurité (adoptée en 1984 et condamnant les attaques iraniennes contre la navigation dans le Golfe), réaffirmant ainsi l'importance de la liberté de navigation dans les eaux internationales et les voies maritimes, alors que les menaces pesant sur le trafic maritime dans la région suscitent des inquiétudes.

Elle met en garde contre toute menace pesant sur la navigation maritime, en particulier sur les voies navigables d'importance stratégique que sont le détroit d'Ormuz et le détroit de Bab Al-Mandab, et souligne l'importance de la région pour l'approvisionnement énergétique mondial et les flux commerciaux internationaux.

S'exprimant après le vote, l'ambassadeur du Bahreïn auprès des Nations unies, Jamal Alrowaiei, a déclaré que le large soutien apporté à la résolution reflétait l'inquiétude mondiale face aux récentes attaques contre des États de la région.

"Le fait que 135 pays aient coparrainé cette résolution témoigne d'une prise de conscience collective de la dangerosité des attaques iraniennes contre le CCG et la Jordanie", a-t-il déclaré.

Les frappes iraniennes ont visé des infrastructures civiles, des zones résidentielles et des installations essentielles dans toute la région, faisant des victimes parmi les civils, a-t-il ajouté.

"Notre région est un pilier essentiel de la stabilité régionale et mondiale, de la sécurité énergétique et de la sécurité des échanges commerciaux", a-t-il poursuivi.

"La protection de notre région n'est pas seulement une question régionale, c'est une responsabilité internationale commune étroitement liée à la stabilité de l'économie mondiale et des chaînes d'approvisionnement internationales.

Jérôme Bonnafont, représentant permanent de la France auprès des Nations unies, a déclaré que la résolution envoyait un signal clair en condamnant les "frappes aveugles menées par l'Iran contre ses voisins régionaux".

Il a ajouté : "Depuis une douzaine de jours, le Moyen-Orient est à nouveau plongé dans la guerre. Cette guerre fait peser de graves risques sur la sécurité régionale et doit cesser maintenant."

L'Iran porte une responsabilité majeure dans cette escalade, a déclaré M. Bonnafont, citant le programme de missiles du pays, son soutien aux milices régionales et les menaces liées à ses activités nucléaires.

James Kariuki, chargé d'affaires à la mission du Royaume-Uni auprès des Nations unies, a déclaré que le Conseil avait raison de condamner des attaques qui "constituent une menace sérieuse pour nos partenaires du Golfe et pour la Jordanie, et risquent de provoquer une nouvelle conflagration régionale et mondiale".

Le Royaume-Uni participe à des opérations défensives régionales coordonnées et continuera à soutenir les États du Golfe et la Jordanie, a-t-il ajouté.

L'ambassadeur d'Israël auprès des Nations unies, Danny Danon, a déclaré que Téhéran attaquait les États de la région par désespoir, car la patience de la communauté internationale à l'égard de ses actions s'épuisait.

"Le régime de Téhéran tente d'exporter la terreur et la destruction, mais même le Conseil de sécurité est à bout de patience face à l'agression iranienne", a-t-il ajouté.

L'ambassadeur des États-Unis, Mike Waltz, a déclaré : "La stratégie de l'Iran consistant à semer le chaos, à prendre ses voisins en otage et à ébranler la détermination de la région s'est clairement retournée contre lui, comme l'a montré le vote d'aujourd'hui.

L'ambassadeur de Chine aux Nations unies, Fu Cong, a déclaré que Pékin condamnait les attaques contre les civils et les cibles non militaires et soutenait les préoccupations des États du Golfe en matière de sécurité, mais qu'il s'était abstenu lors du vote parce qu'il estimait que la résolution ne reflétait pas correctement les causes plus larges du conflit.

"Le principal moyen d'empêcher une nouvelle détérioration de la situation est que les États-Unis et Israël cessent leurs opérations militaires", a-t-il déclaré.

Bien que la Chine ne soutienne pas les attaques iraniennes contre les États arabes du Golfe, elle estime que la résolution manque d'équilibre et ne tient pas suffisamment compte du contexte général du conflit, a-t-il ajouté.

M. Fu a appelé toutes les parties à mettre fin à leurs opérations militaires et à reprendre le dialogue et les négociations.

L'ambassadeur russe auprès des Nations unies, Vassily Nebenzia, a déclaré que Moscou s'était abstenu lors du vote parce qu'il considérait lui aussi que la résolution était "extrêmement déséquilibrée".

Il a déclaré au Conseil : "Il est impossible et injuste de parler d'attaques contre des pays de la région sans tenir compte des causes profondes de l'escalade actuelle, à savoir l'agression des États-Unis et d'Israël contre la République islamique d'Iran.

La résolution "confond la cause et l'effet" et ne mentionne pas les attaques contre l'Iran lui-même, a déclaré M. Nebenzia, estimant que le texte pourrait donner l'impression que Téhéran a mené des frappes non provoquées contre des États arabes.

Mais il a ajouté : "Les frappes contre les civils et les infrastructures civiles ne sont acceptables en aucune circonstance - ni en Iran, ni à Bahreïn, ni en Jordanie, ni au Qatar, ni au Koweït, ni à Oman, ni en Arabie saoudite, ni aux Émirats arabes unis, ni en Israël".

De nombreux diplomates ont déclaré que l'importance du soutien international à la résolution soulignait un sentiment croissant d'inquiétude face aux effets des attentats sur la stabilité régionale, les marchés mondiaux de l'énergie et les routes commerciales internationales.

L'ambassadeur du Pakistan auprès des Nations unies, Asim Iftikhar Ahmad, a déclaré qu'Islamabad avait voté en faveur de la résolution pour montrer sa solidarité avec les États du Golfe et la Jordanie, tout en appelant à une solution diplomatique plus large au conflit.

Il a condamné les attaques visant les civils et les infrastructures civiles et a réaffirmé le soutien de son pays à la souveraineté et à l'intégrité territoriale des États touchés.

Il a appelé à une cessation immédiate des hostilités et à un retour à la table des négociations, avertissant que le conflit avait déjà eu de graves conséquences régionales, notamment des pertes civiles et des perturbations économiques.

Le Pakistan est également préoccupé par l'instabilité en Iran, a déclaré M. Ahmad, et il a réitéré le soutien d'Islamabad à la souveraineté et à l'intégrité territoriale de l'Iran.

Des millions de ressortissants pakistanais vivant dans les pays du Golfe ont été exposés aux retombées du conflit, a-t-il ajouté, tandis que les perturbations de l'approvisionnement en énergie et des transports aériens affectaient déjà l'économie pakistanaise.

M. Ahmad a appelé toutes les parties à faire preuve d'une "retenue maximale" et à reprendre rapidement la voie de la diplomatie afin de parvenir à une résolution négociée et durable de la crise.