Le Brésil et le monde du foot pleurent le «Roi» Pelé

Seul footballeur ayant remporté à trois reprises la Coupe du Monde (1958, 1962 et 1970), Pelé, de son vrai nom Edson Arantes do Nascimento, avait été élu athlète du siècle par le Comité international olympique en 1999. (Photo, AP)
Seul footballeur ayant remporté à trois reprises la Coupe du Monde (1958, 1962 et 1970), Pelé, de son vrai nom Edson Arantes do Nascimento, avait été élu athlète du siècle par le Comité international olympique en 1999. (Photo, AP)
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Publié le Vendredi 30 décembre 2022

Le Brésil et le monde du foot pleurent le «Roi» Pelé

  • Pelé, de son vrai nom Edson Arantes do Nascimento, est mort à 82 ans des suites «de défaillances multiples d'organes»
  • L'annonce de sa mort a provoqué une véritable onde de choc dans le monde entier, avec une pluie d'hommages sur les réseaux sociaux

RIO DE JANEIRO: Du président américain Joe Biden aux étoiles du football comme Neymar, Mbappé ou Messi, le monde entier a rendu hommage jeudi au "Roi" Pelé, première star planétaire du ballon rond, qui a succombé à un cancer du côlon et sera inhumé mardi.

Pelé, de son vrai nom Edson Arantes do Nascimento, est mort à 82 ans des suites "de défaillances multiples d'organes", a annoncé l'hôpital Albert Einstein de Sao Paulo, où il avait été admis il y a exactement un mois.

Une veillée funèbre, ouverte au public, aura lieu lundi et durera 24 heures, au stade du Santos FC, club où l'éternel numéro 10 a brillé de 1956 à 1974.

Un deuil officiel de trois jours a été décrété au Brésil, où Pelé était un véritable monument national.

L'enterrement, mardi, se déroulera en revanche dans l'intimité familiale, après un cortège suivant le cercueil dans les rues de Santos, ville portuaire à 80 km de Sao Paulo qui a décrété un deuil de sept jours.

"Nous t'aimons à l'infini, repose en paix", avait écrit peu avant sur Instagram Kely Nascimento, l'une des filles de Pelé, dont la santé était chancelante ces dernières années.

À l'extérieur de l'hôpital où le triple champion du monde est décédé, des fans ont brandi une banderole où l'on pouvait lire: "Roi Pelé éternel", tandis qu'à la télévision tournaient en boucle des images de ses exploits sportifs.

L'annonce de sa mort a provoqué une véritable onde de choc dans le monde entier, avec une pluie d'hommages sur les réseaux sociaux.

"Il a fait du football un art", a écrit sur Instagram Neymar, son héritier au sein de la sélection brésilienne.

Ses compères du trio d'attaquants vedettes du Paris SG, Kylian Mbappé et Lionel Messi, ont tous deux souhaité au "Roi" de "reposer en paix".

Zagallo, qui fut son coéquipier lors des titres mondiaux du Brésil en 1958 et 1962 puis son sélectionneur lors du sacre de 1970, a salué jeudi sur Instagram la mémoire du "plus grand de tous".

"Jamais il n'y a eu un numéro 10 comme lui", a réagi pour sa part le président élu du Brésil, Luiz Inacio Lula da Silva, qui sera intronisé dimanche. Le président sortant Jair Bolsonaro a pour sa part salué la mémoire de celui qui a "porté le nom du Brésil dans le monde entier".

"Pour un sport qui rapproche les peuples comme aucun autre, le parcours de Pelé, de ses débuts modestes à son statut de légende du football, montre que tout est possible", a tweeté pour sa part Joe Biden depuis la Maison Blanche.

La Fifa, la Confédération brésilienne de football (CBF) et le Santos FC, son club de toujours, lui ont également rendu hommage.

À Rio de Janeiro, le Christ Rédempteur du Corcovado, monument emblématique qui domine la baie, a été illuminé en hommage à Pelé, tout comme le mythique stade Maracana.

"Nous n'aurons plus jamais d'idole comme Pelé. Les joueurs d'aujourd'hui, comme Neymar, n'ont pas la même maturité", a dit à l'AFP Osnir Nogueira de Moraes, 46 ans, habitant de Sao Paulo, où le visage du "Roi" a été projeté sur un immeuble de la célèbre avenue Paulista.

 

Pelé en bref

Nom: Arantes do Nascimento

Prénom: Edson

Surnom: Pelé

Date de naissance: 23 octobre 1940 (82 ans)

Lieu de naissance: Tres Coraçoes (Brésil)

Taille: 1,72 m

Sport/poste: football/meneur de jeu

Clubs successifs: Santos (BRA/1956-1974), New York Cosmos (USA/1975-1977)

Sélections: 92 (77 buts)

1re sélection: 07/07/1957, Brésil-Argentine (1-2)

Dernière sélection: 18/07/1971, Brésil-Yougoslavie (2-2)

Palmarès en sélection

Trois Coupes du monde (1958, 1962, 1970)

Vice-champion de la Copa America (1959)

Palmarès en club

Deux Coupes Intercontinentales (1962, 1963)

Deux Copa Libertadores (1962, 1963)

Dix Championnats de Sao Paulo (1958, 1960, 1961, 1962, 1964, 1965, 1967, 1968, 1969, 1973)

Onze fois meilleur buteur du Championnat de Sao Paulo: 1957 (17 buts), 1958 (58), 1959 (46), 1960 (32), 1961 (47), 1962 (37), 1963 (22), 1964 (34), 1965 (49), 1969 (26), 1973 (11)

Cinq Coupes du Brésil (1961, 1962, 1963, 1964, 1965)

Un Championnat des Etats-Unis (1977)

Records:

. Unique joueur triple champion du monde

. Plus jeune champion du monde et plus jeune buteur en finale de Coupe du monde (17 ans en 1958)

. 1.281 buts en 1.363 matches, record mondial incluant des matches amicaux et homologué par la Fifa

. Meilleur buteur de l'histoire de l'équipe du Brésil à égalité avec Neymar (77 buts)

. 58 buts dans le Championnat de l'Etat de Sao Paulo pour la saison 1958

. Auteur de 6 quintuplés, 30 quadruplés et 92 triplés dans sa carrière

. 1.000e but marqué le 19/11/1969 au Maracana (Santos - Vasco de Gama). A la 78e minute, penalty, but de Pelé. Le match est interrompu, Pelé fait un tour d'honneur et revient sur la pelouse avec un maillot frappé du n°1000.

Distinctions:

Elu athlète du siècle par le Comité international olympique (1999)

Elu footballeur du siècle par la Fifa (2000)

Ballon d'Or d'honneur (remis en janvier 2014)

Athlète du siècle

Seul footballeur ayant remporté à trois reprises la Coupe du monde (1958, 1962 et 1970), Pelé avait été élu athlète du siècle par le Comité international olympique en 1999.

Aucun joueur n'a fait autant trembler les filets: 1.281 buts en 1.363 matches sous les maillots de Santos - son club au Brésil (1956-74) -, de la Seleçao et du Cosmos de New York (1975-77).

Mais au-delà des chiffres, Pelé restera dans les mémoires comme le "Roi" qui a révolutionné son sport.

Ce dribbleur de génie a été le précurseur du football moderne, avec une qualité technique exceptionnelle conjuguée à des capacités athlétiques hors norme en dépit de sa taille modeste (1,72 m).

Pelé était aussi un grand émotif, comme l'attestent les images en noir et blanc du gamin de 17 ans éclatant en sanglots après avoir décroché le premier de ses trois titres mondiaux, en 1958, en Suède.

En 1970, lors du premier Mondial retransmis en couleurs par les chaînes de télévision, c'est avec un sourire radieux que le Roi, au sommet de son art, avait fêté le triplé historique, au sein d'une équipe que beaucoup considèrent comme la plus talentueuse de tous les temps.

Pelé a également empilé les titres avec le Santos FC - avec qui il a signé son premier contrat professionnel à 15 ans seulement -, soulevant notamment deux coupes intercontinentales consécutives, contre Benfica (1962) et le Milan AC (1963).

«Un seul rein, trois coeurs»

Né le 23 octobre 1940 dans une famille pauvre à Tres Coraçoes, petite ville du Minas Gerais (sud-est) entourée de plantations de café, le petit Edson doit vendre des cacahuètes dans la rue pour aider ses parents.

Son prénom a été choisi en hommage à Thomas Edison, inventeur de l'ampoule électrique.

Que de chemin parcouru pour celui qui était reçu comme un chef d'État lors de tournées de matches amicaux à l'étranger avec Santos ou avec la Seleçao.

Son règne s'est aussi prolongé en dehors des terrains, avec des rôles au cinéma, des chansons enregistrées et même un poste de ministre des Sports (1995-1998).

Contrairement à l'éternel rebelle Maradona, il a souvent été perçu au Brésil comme un homme proche du pouvoir établi, y compris pendant la dictature militaire (1964-1985).

Parfois jugé hautain et vaniteux, Pelé n'était pas toujours prophète en son pays, contrairement à des héros au destin tragique comme le footballeur Garrincha ou le pilote automobile Ayrton Senna.

«Il a fait du football un art»: Les réactions du monde du football et de personnalités à la mort de Pelé

RÉACTIONS DU MONDE SPORTIF

. Zagallo (coéquipier de Pelé lors des titres mondiaux du Brésil en 1958 et 1962 et sélectionneur du Brésil lors du sacre de 1970, sur Instagram): "Il est le plus grand de tous (...) Mon ami, avec qui j'ai partagé tant d'histoires, de victoires et de titres, laisse un héritage éternel et inoubliable."

. Franz Beckenbauer (ancien international allemand et coéquipier de Pelé au Cosmos de New York, dans un communiqué diffusé par le Bayern Munich, dont il est le président honoraire): "Le football a perdu aujourd'hui le plus grand de son histoire, et moi un ami unique. Je suis parti aux Etats-Unis en 1977, car je voulais vraiment jouer aux côtés de Pelé au Cosmos de New York. Cette période à ses côtés fut l'une des plus belles expériences de ma carrière (...) Le football t'appartiendra à jamais. Repose en paix."

. Neymar (international brésilien et joueur du Paris SG, sur Instagram): "Avant Pelé, le football était juste un sport. Pelé a tout changé, il a fait du football un art (...), il a donné une voix aux pauvres, aux Noirs, et surtout: il a donné de la visibilité au Brésil (...) Il n'est plus là, mais sa magie va perdurer."

. Cristiano Ronaldo (international portugais, sur Instagram): "Un simple +au revoir+ à l'éternel roi Pelé ne suffira jamais à exprimer la douleur que le monde du football entier ressent actuellement. Une inspiration pour tant, une référence hier, aujourd'hui et pour toujours. L'affection dont il a toujours fait preuve à mon égard a été réciproque dans tous les moments, même à distance."

. Kylian Mbappé (international français, champion du monde 2018 et joueur du Paris SG, sur Twitter): "Le roi du football nous a quittés, mais son héritage ne sera jamais oublié, repose en paix, Roi."

. Lionel Messi (champion du monde argentin et joueur du Paris SG, sur Instagram): "Repose en paix, Pelé", en légende de trois photos, deux côte à côte et une autre de Pelé lors de la Coupe du monde de 1970.

. Ronaldo (ancien international brésilien et champion du monde 2002, sur Instagram): "Unique. Génial. Technicien. Créatif. Parfait. Inégalé (...) Le meilleur de tous les temps. Le monde est en deuil. C'est un mélange de tristesse et de fierté immense pour l'histoire qu'il a écrite. Quel privilège d'être venu après toi, mon ami. Son héritage transcende les générations."

. Thomas Bach (président du Comité international olympique, sur Twitter): "Avec la mort de Pelé, le monde a perdu une grande icône du sport. Comme j'ai pu en faire moi-même l'expérience, il était un véritable adepte des valeurs de l'olympisme et avait fièrement porté la flamme olympique (lors des Jeux de Rio en 2016, NDLR). Ce fut un privilège de lui décerner l'Ordre olympique."

. La Fédération internationale de football (Fifa, sur son site internet): "L'immortel, à jamais avec nous. Le football et le monde pleurent le roi Pelé. On le surnomme le Roi et son visage est sans doute l'un des plus célèbres de la planète football. Nommé en son temps plus grand joueur du 20e siècle par la FIFA, Pelé s’est taillé une place à la mesure de son immense talent dans la légende du football mondial."

. Gianni Infantino (président de la Fédération internationale de football): "Pelé avait une présence magnétique (...) Aujourd'hui nous pleurons la perte de sa présence physique, mais Pelé avait atteint depuis longtemps l'immortalité et donc il restera parmi nous pour l'éternité".

. Didier Deschamps (sélectionneur de l'équipe de France): "Avec la disparition de Pelé, le football perd l'une de ses plus belles légendes, si ce n'est la plus belle. Comme toutes les légendes, le Roi semblait immortel. Il a fait rêver et continuait à faire rêver des générations et des générations d'amateurs de notre sport. Qui n'a pas rêvé, enfant, d'être Pelé? Avec son numéro 10, il a mis sa virtuosité technique, son audace, sa créativité au service de ses équipes."

. Robert Lewandowski (international polonais et joueur du FC Barcelone, sur Facebook): "Repose en paix, Champion. Le paradis a une nouvelle étoile alors que le monde du football a perdu un héros."

. Geoff Hurst (ancien international anglais, sur Twitter): "J'ai tant de souvenirs de Pelé, sans aucun doute le meilleur joueur de football contre qui j'ai joué (Bobby Moore étant le meilleur joueur aux côtés de qui j'ai joué). Pour moi, Pelé reste le plus grand de tous les temps, je suis fier d'avoir joué sur le même terrain que lui."

. New York Cosmos (club où Pelé a joué de 1975 à 1977): "Pendant trois saisons avec le Cosmos, Pelé a aidé à transformer le paysage national du sport qu'est le football. Son impact durable sur le sport du football est inestimable. Le Cosmos et son Roi (Pelé) n'ont pas seulement débuté une révolution sportive en Amérique, ils ont aussi parcouru le monde pour diffuser la parole du 'beau jeu'."

. Sepp Blatter (ancien président de la Fédération internationale de football): "C'est une très triste nouvelle, Pelé nous a quittés. Le monde pleure le plus grand footballeur de l'histoire et une merveilleuse personne. Il a célébré le football comme aucun autre joueur."

. Zinédine Zidane (ancien international français, sur Instagram): "Eternel Roi Pelé."

. FC Barcelone (sur Twitter): "Le Barça regrette profondément la mort du "Roi" Pelé, l'un des meilleurs joueurs de tous les temps. Avec lui, le football est devenu plus grand. Repose en paix."

. Real Madrid (sur Twitter): "La légende de Pelé restera pour toujours dans la mémoire de tous ceux qui aiment ce sport et son héritage fait de lui l'un des grands mythes du football mondial."

RÉACTIONS DE PERSONNALITÉS

. Luiz Inacio Lula da Silva (président-élu du Brésil, qui prendra ses fonctions dimanche, sur Twitter): "Jamais il n'y a eu un numéro 10 comme lui. Peu de Brésiliens ont porté le nom de notre pays aussi loin que lui."

. Jair Bolsonaro (président sortant du Brésil, sur Twitter): "Pelé a porté le nom du Brésil dans le monde entier. Il a transformé le football en art et en joie."

. Emmanuel Macron (président de la République française, sur Twitter): "Le Jeu. Le Roi. L'Eternité."

. Amélie Oudéa-Castéra (ministre française des Sports et des Jeux olympiques, sur Twitter): "Le Roi Pelé nous a quittés. Sa légende, elle, ne s'éteindra jamais. Il était l’âme du Football. Un champion, un magicien, un génie. Dont le sourire disait tout."

. Joe Biden (président des Etats-Unis, sur Twitter): "Pour un sport qui rapproche les peuples comme aucun autre, le parcours de Pelé, de ses débuts modestes à son statut de légende du football, est une histoire de qui est possible."

. Barack Obama (ancien président des Etats-Unis, sur Twitter): "Pelé était l'un des plus grands joueurs ayant pratiqué ce beau sport. C'était aussi l'un des sportifs les plus connus au monde, il a compris le pouvoir du sport pour rassembler les peuples."

. Bill Clinton (ancien président des Etats-Unis, sur Twitter): "Pelé n'était pas seulement une légende du football, mais il était aussi quelqu'un d'engager dans l'action humanitaire, une icône globale. Il a utilisé son renom pour donner du pouvoir aux enfants issus des milieux défavorisés et inspirer des générations à travers le monde."

. Macky Sall (président du Sénégal, sur Twitter): "Le monde du football vient de perdre son emblème et sa plus grande référence. Par sa virtuosité, son génie et son humanisme, le Roi Pelé a marqué à jamais l’histoire du football."


L'Iran et les Etats-Unis jugent un accord proche

Une femme passe devant une fresque antiaméricaine peinte sur le mur de l'ancienne ambassade des États-Unis, aujourd'hui transformée en musée, à Téhéran, le 12 juin 2026. (Photo AP/Vahid Salemi).
Une femme passe devant une fresque antiaméricaine peinte sur le mur de l'ancienne ambassade des États-Unis, aujourd'hui transformée en musée, à Téhéran, le 12 juin 2026. (Photo AP/Vahid Salemi).
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  • L’Iran et les États-Unis se disent proches d’un accord pour mettre fin à plusieurs mois de tensions au Moyen-Orient
  • Des désaccords persistent sur le nucléaire iranien, les sanctions économiques et le dossier libanais

TEHERAN: L'Iran et le médiateur pakistanais ont affirmé vendredi qu'un accord avec les Etats-Unis était proche pour mettre fin à trois mois et demi de conflit au Moyen-Orient, un haut responsable américain affichant également un ton optimiste.

Après des semaines de négociations laborieuses et d'espoirs déçus à plusieurs reprises, est-on dans la dernière ligne droite? Les principaux protagonistes se disent confiants même si la version du texte donnée par les médias iraniens diffère significativement de celle avancée par Washington.

"Dès que les dernières étapes de nos négociations seront achevées, cet accord sera signé et annoncé", a indiqué le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi à la télévision d'Etat.

"Cela pourrait arriver dans les prochains jours. J'ai bon espoir", a-t-il déclaré.

Le ministre a affirmé que le projet d'accord prévoyait la levée du blocus américain des ports iraniens et une nouvelle gestion du détroit d'Ormuz.

Il a cependant accusé Israël de chercher des "prétextes" pour faire "dérailler" un éventuel accord avec Washington.

Même tonalité positive du côté du Premier ministre du Pakistan, principal négociateur dans le conflit. "La paix n'a jamais été aussi proche qu'aujourd'hui", selon Shehbaz Sharif.

- Signature "à distance" -

Et à Washington, un haut responsable a estimé à "80 à 85%" la probabilité d'un accord-cadre ouvrant une période de 60 jours de discussions techniques, mais "pas 100%". "La ligne d'arrivée n'est pas encore franchie", a-t-il averti, sous le couvert de l'anonymat.

La Suisse a déjà proposé d'accueillir une éventuelle signature, alors qu'un sommet du G7 en présence de Donald Trump doit commencer lundi dans la ville française d'Evian, près de Genève. Mais Téhéran a affirmé qu'une fois finalisé, le protocole d'accord serait signé "à distance".

Les marchés parient de leur côté sur une telle issue, avec un pétrole passé sous la barre des 90 dollars le baril.

Le président américain, qui a déjà annoncé 39 fois un accord imminent selon un décompte de CNN, peine à trouver une issue à cette guerre impopulaire, à l'approche des élections de mi-mandat de novembre et en plein Mondial de football co-organisé par les Etats-Unis.

Il s'est fendu vendredi d'un message furieux sur son réseau Truth Social: "Les termes (d'accord) que l'Iran a fait fuiter aux médias menteurs n'ont RIEN à voir avec les termes dont nous sommes convenus par écrit".

"Ce sont des gens qui n'ont pas d'honneur. Avec eux, il est impossible de négocier de bonne foi", a-t-il écrit aussi.

- Dilution de l'uranium -

L'agence de presse iranienne Mehr avait publié plus tôt ce qu'elle a présenté comme une ébauche de protocole en 14 points, avec des conditions telles que le maintien du contrôle sur le détroit d'Ormuz, le droit à l'enrichissement d'uranium, le déblocage rapide de 24 milliards de dollars de fonds iraniens gelés à l'étranger.

Washington a livré de son côté une toute autre version du texte.

Le compromis doit, selon le responsable américain, mener à la réouverture d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Il doit aussi aboutir au "démantèlement" du programme nucléaire iranien et permettre aux Etats-Unis de récupérer l'uranium hautement enrichi, qui serait "détruit sur place" puis "sorti" du pays.

Mais Abbas Araghchi a préconisé vendredi une dilution sur le sol iranien de ses stocks d'uranium enrichi à 60%.

Diluer l'uranium à un taux inférieur à 5%, loin des 90% requis pour fabriquer la bombe nucléaire, permettrait d'éloigner considérablement la menace d'un enrichissement à des fins militaires.

Téhéran dément vouloir se doter de l'arme atomique, comme l'en accusent les Etats-Unis et Israël.

- Liban -

Enfin, sur la question des avoirs, "les Iraniens ne recevront pas d'argent et les fonds ne seront pas libérés simplement par une signature d'accord ou la participation à une réunion", a insisté sur X le vice-président américain JD Vance.

Ce point est central pour l'Iran, après des décennies de sanctions qui asphyxient son économie.

Le conflit, déclenché par des frappes américano-israéliennes le 28 février avant l'entrée en vigueur d'une trêve le 8 avril, a embrasé le Moyen-Orient, fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale.

Autre point d'achoppement majeur, le front libanais.

Selon Washington, l'accord en discussion avec l'Iran inclut bien le Liban, comme réclamé par Téhéran, alors que les Etats-Unis avaient toujours dit vouloir traiter ce dossier séparément.

Le Liban a été entraîné dans la guerre le 2 mars, quand le Hezbollah a visé le territoire israélien en soutien à l'Iran. Depuis, Israël pilonne le pays voisin, disant vouloir "éliminer" le mouvement chiite. Des frappes qui ont fait plus de 3.700 morts.


Erdogan et Netanyahu s'écharpent sur le Proche-Orient

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé Benjamin Netanyahu de « suivre la voie d’Hitler » jeudi, après que le dirigeant israélien a affirmé qu’il était un « dictateur antisémite » ayant commis un « génocide » contre les Kurdes. (AFP/archives)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé Benjamin Netanyahu de « suivre la voie d’Hitler » jeudi, après que le dirigeant israélien a affirmé qu’il était un « dictateur antisémite » ayant commis un « génocide » contre les Kurdes. (AFP/archives)
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  • Recep Tayyip Erdogan a vivement accusé Benjamin Netanyahu de “marcher sur les pas d’Hitler”, dénonçant la politique israélienne à Gaza comme une “usine à souffrance” et un “réseau génocidaire”
  • Les échanges verbaux se sont durcis : Israël a répliqué en qualifiant Erdogan de “dictateur antisémite”, tandis que les tensions s’intensifient autour de Gaza, du Liban et de la sécurité régionale

ISTANBUL: Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé jeudi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de "marcher sur les pas d'Hitler", les deux dirigeants se renvoyant le qualificatif de "génocidaire" par discours et communiqués interposés.

Affirmant qu'Israël s'est mué en une "usine à créer de la souffrance" se nourrissant "de sang et de larmes", le chef de l'Etat turc a à nouveau comparé M. Netanyahu à Adolf Hitler, lui prédisant "le même sort que celui des autres tyrans de l'histoire".

Mercredi, le président Erdogan, à couteaux tirés avec Benjamin Netanyahu depuis le déclenchement de la guerre à Gaza fin 2023, avait déjà déclaré que "la sécurité de la Turquie commence (...) à Alep, Damas et Beyrouth", estimant que le Premier ministre israélien et "sa clique criminelle" menacent également la Turquie.

"Nous ne tolérerons aucun fait accompli dans les pays frères et ne resterons pas les bras croisés face aux attaques", a-t-il ajouté face aux députés de son parti. En soulignant que l'armée israélienne "refuse de se retirer du Liban", où ses frappes ont fait quelque 3.700 morts depuis le déclenchement le 2 mars de sa nouvelle guerre contre le Hezbollah, selon les autorités locales.

Le bureau de Benjamin Netanyahu a rétorqué mercredi soir dans un communiqué en accusant "le dictateur antisémite Erdogan, auteur d'un génocide contre les Kurdes", de soutenir le Hamas et d'emprisonner ses opposants, jugeant qu'"il est bien le dernier à pouvoir donner des leçons de morale à Israël".

Revenant à la charge, Recep Tayyip Erdogan a dénoncé jeudi les méfaits à Gaza du "réseau génocidaire sioniste dirigé par Netanyahu".

"Ceux qui s'attaquent à notre région comme des requins assoiffés de sang devront un jour répondre de leurs actes", a-t-il conclu.


Médiation Etats-Unis/Iran : le Premier ministre du Pakistan affirme qu'un accord sur un texte de paix a été "atteint"

Le président américain Donald Trump a déclaré vendredi que les commentaires divulgués de l’Iran sur un accord avec les États-Unis ne correspondent pas à ce qui a été convenu par écrit. (Photo d’archive Reuters)
Le président américain Donald Trump a déclaré vendredi que les commentaires divulgués de l’Iran sur un accord avec les États-Unis ne correspondent pas à ce qui a été convenu par écrit. (Photo d’archive Reuters)
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  • Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif affirme qu’un accord sur le texte final d’un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran aurait été atteint, le Pakistan jouant un rôle de médiation entre les deux parties
  • Malgré des tensions et des accusations de désinformation, l’Iran estime que la conclusion d’un accord avec les États-Unis n’a jamais été aussi proche, tandis que Donald Trump conteste des fuites et nie qu’un texte corresponde à ce qui a été convenu

ISLAMABAD: Le Premier ministre du Pakistan Shehbaz Sharif a déclaré vendredi qu'un accord avait été "atteint" sur le texte d'un accord de paix entre les Etats-Unis et l'Iran.

"Nous pouvons confirmer qu'un accord sur le texte final de l'accord de paix a été atteint et que le Pakistan maintenant travaille avec les deux parties pour finaliser les étapes suivantes", a écrit M. Sharif sur X.

"La paix n'a jamais été aussi proche qu'aujourd'hui", a-t-il dit.

L'Iran a lui-même affirmé vendredi qu'un accord avec les Etats-Unis n'avait "jamais été aussi proche", semblant vouloir calmer le jeu après un message furieux de Donald Trump accusant Téhéran de faire circuler un faux texte.

"Alors que le Pakistan déploie d'intenses efforts de médiation, nous avons pleinement conscience du fait qu'une campagne de désinformation incessante est menée par ceux qui veulent saboter l'accord de paix", a encore déclaré le ministre pakistanais.