La Bourse de New York en 2022, un «terrible» millésime

Des traders travaillent sur le parquet de la bourse de New York pendant les échanges de l'après-midi, le 21 décembre 2022 à New York. (Photo de Michael M. Santiago / Getty Images North America / Getty Images via AFP)
Des traders travaillent sur le parquet de la bourse de New York pendant les échanges de l'après-midi, le 21 décembre 2022 à New York. (Photo de Michael M. Santiago / Getty Images North America / Getty Images via AFP)
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Publié le Vendredi 30 décembre 2022

La Bourse de New York en 2022, un «terrible» millésime

  • C'est l'inflation tenace, au plus haut depuis quarante ans et, en réponse, le changement drastique d'attitude de la Banque centrale américaine (Fed) qui ont sifflé la fin de la fête pour les investisseurs
  • Car avec un renchérissement du coût de l'argent, ce sont les investissements des entreprises qui souffrent, particulièrement celles du secteur de la tech, et donc leurs futurs profits

WASHINGTON : L'année 2022 à Wall Street, qui se clôt vendredi, va rester dans les mémoires comme un «terrible» millésime boursier que les investisseurs ont hâte d'oublier sans pour autant être certains d'en voir tout à fait la fin en 2023.

Globalement, les actions à la Bourse de New York ont perdu «20% de leur valeur, ce qui est la quatrième perte boursière la plus importante de l'histoire depuis la Deuxième Guerre mondiale», a résumé pour l'AFP Sam Stovall, stratège en chef chez CFRA.

«C'est une année terrible», a ajouté ce spécialiste des statistiques historiques boursières.

La déroute de 2022 à Wall Street se range derrière la crise immobilière et financière de 2008 quand le marché boursier avait perdu 38,5%, puis le krach de 1974 où la chute avait été de 29,7%, et enfin l'implosion de la bulle internet de 2002, lorsque le marché avait fondu de 23,4%.

Vendredi, les indices ont démarré dans le rouge, le Dow Jones perdant 0,76%, le Nasdaq 0,82% et le S&P 500 0,90% à 16H05 GMT.

C'est l'inflation tenace, au plus haut depuis quarante ans et, en réponse, le changement drastique d'attitude de la Banque centrale américaine (Fed) qui ont sifflé la fin de la fête pour les investisseurs. La hausse des prix américains a atteint un pic en juin à 9,1%, selon l'indice CPI.

Pour la combattre, la Fed a commencé en mars à relever agressivement les taux d'intérêt au jour le jour, passés en quelques mois de zéro à 4,50%, ce qui a immédiatement refroidi les placements en Bourse.

- Argent plus cher -

Car avec un renchérissement du coût de l'argent, ce sont les investissements des entreprises qui souffrent, particulièrement celles du secteur de la tech, et donc leurs futurs profits.

A la clôture de jeudi, l'indice Nasdaq, où se concentrent les populaires valeurs technologiques, a ainsi dégringolé cette année de 33%. Le repli du Dow Jones était de 8,5% et l'indice élargi S&P 500, le plus représentatif du marché américain, a lui chuté de 19,2%.

Les actions emblématiques du secteur ont bu la tasse, comme Tesla, en chute de 65% sur un an, mais aussi Apple (-24% au 29 décembre) ou Meta (-63%).

Sur le papier, les fortunes de leurs fondateurs milliardaires ont fondu, de moitié pour Mark Zuckerberg de Facebook, ou presque pour Jeff Bezos d'Amazon.

Parallèlement, le dollar s'est raffermi pour retrouver un niveau de parité avec l'euro plus vu depuis 20 ans.

Quant aux dernières nées des investissements en vogue, les cryptomonnaies, elles ont connu une sévère débâcle. De 46.000 dollars en mars, le bitcoin est passé sous les 20.000 dollars trois mois plus tard et s'échange désormais autour de 16.000 dollars.

- Bientôt terminé? -

«La bonne nouvelle est que cette année est bientôt terminée», ironise Art Hogan, de B. Riley Wealth Management.

«La mauvaise, c'est que 2023 pourrait être cahoteuse, au moins pendant les premiers mois», avec la perspective d'une récession de l'économie américaine.

Les précédents historiques font aussi dire à Sam Stovall (CFRA) que l'on «risque de descendre encore plus bas car on n'a pas encore vu la traditionnelle capitulation de Wall Street» où les ventes s'accélèrent.

Dans les cas habituels de fin d'un sévère «bear market», ou marché baissier, l'indice VIX de volatilité grimpe autour de 40. Or il est à 21 ces jours-ci, souligne aussi l'expert.

En outre, à chaque fois que s'installe une inflation de plus de 6%, «cela s'accompagne d'une récession avec un marché baissier», prédit-il. Il croit donc que les indices boursiers «vont encore tester des plus bas au cours du premier semestre 2023».

Maris Ogg, gestionnaire de portefeuille chez Tower Bridge Advisors, est plus optimiste. «Je pense que l'inflation va être sous contrôle, que la Fed va réussir et que 2023 va ressembler davantage à une année normale», affirme la spécialiste.

Une fois la récession passée, le cas échéant, la reprise du marché pourrait être rapide, prévient Sam Stovall, soulignant que la vitesse à laquelle les investisseurs peuvent prendre avantage des prix bas des actions «est étonnante».

Il conseille donc aux investisseurs et boursicoteurs de ne pas être «bloqués en cash quand le marché va s'inverser».


« Marché stratégique » : PepsiCo souligne le rôle de l’Arabie saoudite dans sa croissance mondiale

Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Djeddah. (Fourni)
Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Djeddah. (Fourni)
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  • PepsiCo considère l’Arabie saoudite comme un marché stratégique majeur, avec des investissements continus et un fort alignement sur la Vision 2030
  • L’entreprise accélère l’innovation (IA, R&D, produits sans sucre) pour répondre à l’évolution des consommateurs et renforcer sa croissance régionale

RIYAD : PepsiCo considère l’Arabie saoudite comme un marché « stratégique » offrant des opportunités croissantes d’investissement et d’innovation, alors que le Royaume demeure une cible clé pour l’entreprise.

La société affirme s’être étroitement alignée sur les objectifs à long terme du Royaume, en s’appuyant sur une présence qui s’étend sur près de sept décennies.

« Nous opérons dans le Royaume depuis presque 70 ans », a déclaré Eugene Willemsen, PDG des boissons internationales chez PepsiCo, à Arab News. « Nous avons immédiatement adopté la Vision 2030 dès son lancement et avons clairement indiqué que nous voulions en faire partie, mais aussi y contribuer activement. »

Il a souligné plusieurs domaines dans lesquels PepsiCo a élargi son rôle, notamment en renforçant l’intégration des talents saoudiens et féminins, en faisant évoluer son portefeuille de produits et en soutenant des initiatives favorisant des modes de vie plus actifs.

« Nous nous voyons comme un contributeur à la Vision 2030… et nous nous réjouissons de continuer à le faire avec l’ensemble de nos activités en Arabie saoudite », a-t-il ajouté. 

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Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Riyad. (Fourni)

L’Arabie saoudite est l’un des marchés les plus importants de PepsiCo à l’échelle mondiale, soutenu par de solides capacités locales et des partenariats de longue date.

« C’est un marché très important pour PepsiCo. C’est un marché stratégique pour nous », a déclaré Willemsen. « Nous disposons de capacités très solides et avancées en marketing, dans les domaines commerciaux et dans la chaîne d’approvisionnement, que nous pouvons exploiter à l’échelle de notre réseau international. »

Il a également mis en avant le rôle des partenaires d’embouteillage locaux, évoquant des relations « qui remontent à plusieurs décennies » et offrant des « capacités exceptionnelles » au bénéfice de l’ensemble du système PepsiCo.

L’entreprise emploie environ 9 000 personnes dans ses opérations en Arabie saoudite et a continué d’étendre sa présence locale. Parmi les investissements récents figure un nouveau centre de recherche et développement dans le quartier financier King Abdullah à Riyad, développé en collaboration avec son activité snacks.

« Il s’agit d’un investissement d’environ 30 millions de riyals saoudiens (8 millions de dollars) », a précisé Willemsen, ajoutant que ce centre vise à développer des produits adaptés aux besoins locaux et potentiellement intégrant des cultures locales, avec des applications pouvant s’étendre à l’ensemble du Moyen-Orient.

L’évolution des préférences des consommateurs influence également la stratégie de PepsiCo dans le Royaume, notamment avec une demande croissante pour des options plus saines.

« Nous avons fortement mis l’accent sur les offres sans sucre ici en Arabie saoudite, et nous avons observé un changement significatif vers le zéro sucre », a-t-il expliqué. « Les consommateurs, tous âges et profils confondus, recherchent des options permettant de réduire leur consommation de sucre. »

Parallèlement, l’hydratation est une priorité majeure, notamment en raison du climat du Royaume. Willemsen a évoqué des opportunités d’élargir les produits contenant des électrolytes, destinés aussi bien aux consommateurs actifs qu’à un usage quotidien.

PepsiCo intensifie également l’utilisation de l’intelligence artificielle dans ses opérations, de l’agriculture au développement de produits.

« Nous voulons être parmi les leaders dans l’adoption de l’IA dans le secteur des biens de consommation », a déclaré Willemsen. « L’IA permet de tester et valider des concepts beaucoup plus rapidement, de développer des produits plus vite et de les lancer plus rapidement sur le marché. »

Il a précisé que l’IA est utilisée dans les opérations agricoles mondiales de l’entreprise pour aider les agriculteurs à optimiser l’utilisation de l’eau, l’application d’engrais et les rendements.

Concernant les chaînes d’approvisionnement, Willemsen a indiqué que l’entreprise se concentre sur le renforcement de la résilience locale face à la volatilité mondiale.

« Notre objectif à travers le monde est de créer des chaînes d’approvisionnement aussi locales que possible », a-t-il déclaré. « Nous avons développé une grande résilience et agilité pour faire face à différents scénarios. »

Malgré l’incertitude mondiale, il s’est dit confiant quant aux perspectives à long terme du marché saoudien.

« Le marché saoudien est en lui-même très résilient », a-t-il affirmé. « Parce qu’il évolue rapidement, il continue d’offrir des opportunités d’innovation et de réponse aux besoins changeants des consommateurs. »

Il a ajouté : « Il existe une forte résilience intrinsèque en Arabie saoudite, ce qui nous donne confiance dans le fait que ce pays continuera à croître et à prospérer. » 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L’euro numérique, un enjeu stratégique de souveraineté européenne

Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ? (AFP)
Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ? (AFP)
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  • À la suite de l’émission d’un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou par la Cour pénale internationale, plusieurs juges de l’institution ont été visés par des sanctions américaines
  • Résultat : certains se sont retrouvés dans l’incapacité d’utiliser leurs cartes bancaires, y compris sur le territoire européen, révélant la portée extraterritoriale du système financier dominé par les États-Unis

PARIS: Derrière l’écrasante majorité des paiements par carte en Europe se cachent deux acteurs américains incontournables : Visa et Mastercard. Cette dépendance structurelle du système de paiement européen a récemment été mise en lumière par un épisode aux répercussions politiques et juridiques sensibles.

À la suite de l’émission d’un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou par la Cour pénale internationale, plusieurs juges de l’institution ont été visés par des sanctions américaines. Résultat : certains se sont retrouvés dans l’incapacité d’utiliser leurs cartes bancaires, y compris sur le territoire européen, révélant la portée extraterritoriale du système financier dominé par les États-Unis.

Cet incident illustre les vulnérabilités de l’Europe en matière de souveraineté financière. Pour y remédier, l’Union européenne accélère ses travaux sur un projet d’euro numérique. Cette monnaie digitale, émise directement par la Banque centrale européenne, ambitionne de garantir une autonomie accrue face aux infrastructures de paiement étrangères et de se prémunir contre d’éventuelles sanctions extérieures.

Mais le projet suscite des inquiétudes au sein du secteur bancaire. Les établissements privés redoutent une migration des dépôts vers cette monnaie publique, qui pourrait réduire leurs ressources et, par conséquent, leurs revenus liés aux services bancaires.

Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ?


Dispositif pour les carburants: la France «n'a pas les moyens d'amortir les crises», estime Larcher

Le ministre français de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, s'adresse à la presse à l'issue d'un conseil des ministres consacré à l'énergie, à l'Hôtel de Matignon à Paris, le 21 avril 2026. (Photo : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
Le ministre français de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, s'adresse à la presse à l'issue d'un conseil des ministres consacré à l'énergie, à l'Hôtel de Matignon à Paris, le 21 avril 2026. (Photo : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
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  • "Nous n'avons pas les moyens d'amortir les crises et de faire face dans un pays qui est déjà surendetté et surfiscalisé", a affirmé sur BFMTV Gérard Larcher
  • "Cette réalité-là, elle ne donne pas au gouvernement d'autres marges de manœuvre que de faire ce qu'il est possible de faire en direction de certaines catégories", a expliqué le président du Sénat, écartant une baisse de la TVA comme le demande le RN

PARIS: Le président LR du Sénat Gérard Larcher a estimé mercredi que la France "n'a pas les moyens d'amortir les crises" au lendemain de la présentation par le Premier ministre Sébastien Lecornu d'un "dispositif d'accompagnement" pour les "grands rouleurs" touchés par la hausse du prix du carburant.

"Nous n'avons pas les moyens d'amortir les crises et de faire face dans un pays qui est déjà surendetté et surfiscalisé", a affirmé sur BFMTV Gérard Larcher.

"Cette réalité-là, elle ne donne pas au gouvernement d'autres marges de manœuvre que de faire ce qu'il est possible de faire en direction de certaines catégories", a expliqué le président du Sénat, écartant une baisse de la TVA comme le demande le RN.

Il a tenu Emmanuel Macron pour responsable de cette situation: "On paye le quoi qu'il en coûte, on paye un ensemble d'engagements où on n'a pas réduit la dépense publique, on n'a pas réformé l'État", a-t-il expliqué. "C'est quelque part le bilan de deux quinquennats d'Emmanuel Macron", a-t-il souligné, estimant que le chef de l'Etat a laissé la France en situation "d'hypoxie".

Sur la situation financière du pays, Gérard Larcher a précisé que le Sénat, contrôlé par une majorité de droite et du centre, présentera pour le budget 2027 "une proposition au gouvernement (...) à la fin du mois de juin".

L'exécutif a annoncé mardi une aide à trois millions de "travailleurs modestes grands rouleurs", et le renforcement du soutien aux pêcheurs et agriculteurs.