Des flots de fidèles à Saint-Pierre de Rome pour rendre hommage à Benoît XVI

Des dizaines de milliers de fidèles ont défilé lundi sous les ors de la basilique Saint-Pierre de Rome pour se recueillir devant la dépouille de Benoît XVI, mort samedi à 95 ans et dont les funérailles seront célébrées jeudi par le pape François (Photo, AFP)
Des dizaines de milliers de fidèles ont défilé lundi sous les ors de la basilique Saint-Pierre de Rome pour se recueillir devant la dépouille de Benoît XVI, mort samedi à 95 ans et dont les funérailles seront célébrées jeudi par le pape François (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 02 janvier 2023

Des flots de fidèles à Saint-Pierre de Rome pour rendre hommage à Benoît XVI

  • A 19H00, date de la fermeture des portes de l'immense basilique, le Vatican avait dénombré la participation de 65 000 personnes
  • C'est le pape François qui présidera les funérailles de son prédécesseur jeudi, un événement inédit dans l'histoire deux fois millénaire de l'Eglise catholique qui mettra un point final à la cohabitation insolite des deux hommes en blanc

CITÉ DU VATICAN: Des dizaines de milliers de fidèles ont défilé lundi sous les ors de la basilique Saint-Pierre de Rome pour se recueillir devant la dépouille de Benoît XVI, mort samedi à 95 ans et dont les funérailles seront célébrées jeudi par le pape François.

Une longue file d'attente a serpenté toute la journée sur la place Saint-Pierre entourée par la colonnade du Bernin, en présence de nombreux médias et d'un millier de membres des forces de l'ordre.

A 19H00, date de la fermeture des portes de l'immense basilique, le Vatican avait dénombré la participation de 65 000 personnes. Les fidèles pourront se recueillir à nouveau mardi et mercredi de 06H00 à 18H00 GMT.

"Il me semblait normal de venir lui rendre hommage après tout ce qu'il a fait pour l'Eglise", a confié à l'AFP soeur Anna-Maria, une religieuse italienne.

"C'était un grand pape, profond et unique", estime pour sa part Francesca Gabrielli, venue spécialement de Toscane, qui apprécie "l'atmosphère de recueillement" régnant dans la basilique.

La dépouille de Joseph Ratzinger repose sur un catafalque tendu de tissu, encadrée de deux gardes suisses en tenue d'apparat, devant l'autel principal de la basilique dominé par un baldaquin de bronze aux colonnades torsadées.

Le défunt pape est vêtu de rouge - la couleur du deuil papal - et coiffé d'une mitre blanche ornée d'une ganse dorée, un chapelet et un crucifix dans les mains.

Fidèles et touristes ont pu se recueillir quelques instants - sans s'arrêter - devant la dépouille, la plupart photographiant avec leur smartphone, certains priant ou faisant le signe de croix.

Meloni présente 

La Première ministre italienne d'extrême droite Giorgia Meloni figurait parmi les premiers visiteurs.

La basilique Saint-Pierre, chef-d'œuvre d'architecture mêlant les styles Renaissance et Baroque achevé en 1626, est l'un des lieux les plus importants du catholicisme, puisqu'elle abrite la sépulture de l'apôtre saint Pierre, disciple du Christ et premier évêque de Rome, dont les papes sont les successeurs.

Brillant théologien et fervent gardien du dogme, Benoît XVI, qui avait renoncé en 2013 à sa charge à cause de ses forces déclinantes, s'est éteint paisiblement samedi matin au monastère où il vivait depuis lors, dans les jardins du Vatican.

Tôt lundi, son corps a été transféré vers la basilique où s'est tenu un rituel de bénédiction, en présence de son entourage proche dont son secrétaire particulier, Mgr Georg Gänswein.

Gardien du dogme 

C'est le pape François qui présidera les funérailles de son prédécesseur jeudi, un événement inédit dans l'histoire deux fois millénaire de l'Eglise catholique qui mettra un point final à la cohabitation insolite des deux hommes en blanc.

La cérémonie, "solennelle mais sobre" selon le Vatican, débutera à 09H30 (08H30 GMT) place Saint-Pierre, là-même où les funérailles de Jean Paul II avaient attiré un million de personnes en 2005.

La maison royale espagnole a annoncé la présence de la reine Sophie de Grèce, épouse de l'ancien souverain en exil Juan Carlos. Le président polonais Andrzej Duda sera également présent.

Le premier pape allemand de l'histoire moderne sera ensuite inhumé dans la crypte de la basilique où reposait Jean Paul II jusqu'en 2011, a indiqué lundi le porte-parole du Saint-Siège, Matteo Bruni.

Les derniers mots de Benoît XVI, prononcés en italien quelques heures avant sa mort samedi en présence d'une infirmière à son chevet, ont été: "Seigneur, je t'aime", a rapporté Mgr Gänswein.

Après ses huit ans d'un pontificat marqué par de multiples crises, Benoît XVI avait été rattrapé début 2022 par le drame de la pédocriminalité dans l'Eglise. Mis en cause par un rapport en Allemagne sur sa gestion des violences sexuelles lorsqu'il était archevêque de Munich, il était sorti de son silence pour demander "pardon" mais avait assuré n'avoir jamais couvert de pédocriminel.

Un sujet évoqué par Valerie Michalak, une Allemande venue avec son mari et leurs quatre enfants, originaires de Dortmund, en sortant de la basilique: "nous savons qu'il avait connaissance de certains détails et il n'a pas aidé à ouvrir la boîte de Pandore", regrette-t-elle.

Né en 1927, Joseph Ratzinger a enseigné la théologie durant 25 ans en Allemagne avant d'être nommé archevêque de Munich.

Il est ensuite devenu le strict gardien du dogme de l'Eglise durant un autre quart de siècle à Rome à la tête de la congrégation pour la doctrine de la foi.

Dernier pape à avoir participé au Concile Vatican II, il a toutefois défendu une ligne conservatrice à la tête de l'Eglise.

 


Iran : l'UE désigne les Gardiens de la Révolution comme organisation terroriste

Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
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  • Les 27 ministres des Affaires étrangères de l’UE ont classé les Gardiens de la Révolution iraniens comme organisation terroriste suite à la répression sanglante des manifestations en Iran
  • L’UE a également sanctionné 21 responsables iraniens, avec interdiction d’entrée sur le territoire et gel de leurs avoirs

BRUXELLES: Les ministres des Affaires étrangères des 27 pays de l'Union européenne sont tombés d'accord jeudi pour désigner les Gardiens de la révolution comme une "organisation terroriste", après la répression sanglante des manifestations en Iran, a annoncé la cheffe de la diplomatie de l'UE Kaja Kallas.

"+Terroriste+, c'est bien ainsi que l'on qualifie un régime qui réprime les manifestations de son propre peuple dans le sang", a aussitôt réagi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

"Tout régime qui tue des milliers de ses propres citoyens travaille à sa propre perte", a assuré de son côté Mme Kallas, en marge d'une réunion ministérielle à Bruxelles.

Ces derniers ont donné leur feu vert à l'inscription des Gardiens iraniens dans la liste de l'UE recensant les organisations terroristes. Les Européens rejoignent ainsi d'autres pays comme les Etats-Unis, le Canada ou l'Australie.

La France avait annoncé dès mercredi être prête à soutenir cette décision, en réponse à la répression "la plus violente" de l'histoire récente iranienne.

Les Européens ont aussi décidé jeudi de sanctionner plusieurs responsables iraniens, dont le ministre de l'Intérieur, le chef de la police et plusieurs dirigeants des Gardiens de la révolution. La liste de ces responsables iraniens a été publiée jeudi au Journal officiel de l'UE.

Au total, quelque 21 entités et individus sont ciblés par ces sanctions, qui prévoient une interdiction d'entrer dans l'UE et le gel de leurs avoirs sur le territoire des Vingt-Sept.


Trump dit qu'il "semble" que le Hamas va se désarmer

Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
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  • Donald Trump affirme que le Hamas « semble » prêt à se désarmer, une étape clé de son plan pour mettre fin à la guerre à Gaza
  • La deuxième phase de la trêve prévoit le désarmement du Hamas, un retrait progressif israélien et le déploiement d’une force internationale

WASHINGTON : Donald Trump a dit jeudi qu'il "semblait" que le mouvement palestinien Hamas allait "se désarmer", ce qui est l'une des étapes cruciales prévues dans son plan de règlement du conflit à Gaza.

"Beaucoup de gens disent qu'ils ne se désarmeront jamais. Il semble qu'ils vont se désarmer", a déclaré le président américain pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Il a également relevé que le Hamas "nous a aidé avec les corps, leur rapatriement et sa famille est très reconnaissante", faisant référence au rapatriement des restes du dernier otage israélien du 7-Octobre, Ran Gvili, à qui Israël a rendu hommage mercredi lors de funérailles nationales.

Pour sa part, l'émissaire spécial Steve Witkoff s'est félicité que "nous ayons chassé les terroristes de là-bas et ils vont se démilitariser".

"Ils le feront parce qu'ils n'ont pas le choix. Ils vont abandonner. Ils vont abandonner les AK-47", a-t-il ajouté.

La veille, le Hamas s'était dit prêt à un "transfert complet de la gouvernance" de la bande de Gaza aussi vite que possible.

Aux termes du plan du président américain pour mettre fin à la guerre de Gaza, un Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG) doit administrer provisoirement le territoire palestinien sous la houlette du "Conseil de paix" présidé par M. Trump lui-même.

La deuxième phase de la trêve entrée en vigueur le 10 octobre dernier prévoit entre autres le désarmement du Hamas, le retrait progressif de l'armée israélienne, qui contrôle encore plus de la moitié du territoire, et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.


Ethiopie: combats entre armée fédérale et forces tigréennes, vols supendus vers le Tigré

Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
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  • De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar
  • Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés

ADDIS ABEBA: Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie.

De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar. Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés.

Ces tensions font planer le risque d'une reprise d'un conflit après la sanglante guerre qui a opposé entre novembre 2020 et novembre 2022 l'armée éthiopienne aux forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

Au moins 600.000 personnes étaient mortes, selon l'Union africaine, des estimations que plusieurs experts pensent sous-estimées.

Ces derniers jours, des combats se sont tenus à Tsemlet (ouest du Tigré), une zone revendiquée par des forces de la région voisine de l'Amhara, ont déclaré à l'AFP, sous couvert d'anonymat, des sources diplomatique et sécuritaire en poste en Ethiopie.

"Raisons opérationnelles" 

A Tsemlet, face aux forces tigréennes, "ce sont les ENDF (armée éthiopienne, NDLR) avec des milices amharas", a déclaré la source diplomatique, sous couvert d'anonymat. Des affrontements se sont tenus "ces derniers jours", mais "aujourd'hui on ne sait pas encore" s'il se poursuivent, a-t-elle ajouté, sans plus de détails.

Les combats ont été confirmés par une source locale au Tigré, qui a également requis l'anonymat.

"La situation semble dégénérer", a corroboré la source sécuritaire, se montrant "dubitative sur la capacité des TDF (l'armée tigréenne, NDLR), à récupérer par la force Tselemt".

Le porte-parole de l'armée fédérale et des membres du TPLF n'ont pour l'heure pas donné suite aux sollicitations de l'AFP.

Les liaisons aériennes vers le Tigré d'Ethiopian Airlines, compagnie publique et seule à desservir cette région, ont été suspendues, ont également affirmé les sources diplomatique et sécuritaire.

Les vols, tout comme les services de télécommunications et bancaires, avaient été complètement suspendus durant la guerre, avant de reprendre à la suite de l'accord de paix conclu à Pretoria fin 2022. Leur suspension est une première depuis l'accord de paix.

Selon deux responsables d'Ethiopian Airlines, qui ont requis l'anonymat, les vols ont été interrompus pour "raisons opérationnelles", sans donner plus de détails.

L'un d'eux a toutefois déclaré "suspecter" que l'arrêt pour l'instant temporaire du trafic soit lié "aux tensions politiques" entre les autorités fédérales et l'administration au Tigré.

"Escalade militaire" 

Selon un journaliste à Mekele, joint au téléphone par l'AFP et qui a lui aussi requis l'anonymat, une "anxiété croissante" se ressent dans cette ville, capitale du Tigré.

Depuis plusieurs mois, la situation est tendue dans le nord de l'Ethiopie. Des forces amhara et érythréennes sont toujours présentes dans la région, en violation de l'accord de paix de Pretoria - auquel elles n'ont pas participé - qui prévoyait leur retrait.

Début 2025, le chef de l'administration intérimaire au Tigré, institution mise en place par Addis Abeba, avait été contraint de fuir Mekele, la capitale régionale, en raison de divisions croissantes au sein du TPLF.

Ce parti qui a dominé l'Ethiopie pendant presque trois décennies avant de se retrouver marginalisé après l'arrivée au pouvoir en 2018 du Premier ministre Abiy Ahmed et d'être aujourd'hui radié, est accusé par les autorités fédérales de s'être rapproché de l'Erythrée voisine.

Les relations entre les deux voisins de la Corne de l'Afrique, qui s'étaient réchauffées durant la guerre du Tigré, lorsque les troupes érythréennes avaient appuyé les forces fédérales éthiopiennes, sont de nouveau acrimonieuses, nourries de discours belliqueux, faisant planer le risque d'un nouveau conflit.

Pour Kjetil Tronvoll, professeur à Oslo New University College et spécialiste de la zone, cette confrontation entre forces fédérales et tigréennes "n'est pas surprenante". "Le risque d'une escalade militaire est grave, et il est possible que des forces non éthiopiennes viennent appuyer les forces tigréennes", a-t-il confié à l'AFP.