Routes coupées, coupures de courant: Une «bombe cyclonique» frappe la Californie

Des voitures roulent le long de l'autoroute 101 alors que la pluie tombe le 04 janvier 2023 à Greenbrae, en Californie (Photo, AFP).
Des voitures roulent le long de l'autoroute 101 alors que la pluie tombe le 04 janvier 2023 à Greenbrae, en Californie (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 05 janvier 2023

Routes coupées, coupures de courant: Une «bombe cyclonique» frappe la Californie

  • Le nord de la Californie, notamment autour de San Francisco et Sacramento, est la région la plus en danger
  • Les autorités ont mis en garde contre glissements de terrain et inondations, prévenant que cette tempête était capable de faire des morts

LOS ANGELES: Une "bombe cyclonique" déferlait sur la Californie mercredi, porteuse de vents violents et de pluies torrentielles qui ont privé d'électricité des dizaines de milliers de foyers et provoqué la fermeture de plusieurs routes, dans une région déjà fragilisée par un enchaînement de tempêtes hivernales.

Le nord de la Californie, notamment autour de San Francisco et Sacramento, est la région la plus en danger. Les autorités ont mis en garde contre glissements de terrain et inondations, prévenant que cette tempête était capable de faire des morts.

Ses premiers effets se faisaient ressentir mercredi après-midi: plus de 60 000 foyers subissaient des coupures de courant, selon le site PowerOutage, tandis que plus de 80 vols vers ou depuis l'aéroport de San Francisco étaient annulés, selon le site Flightaware.

Dans certains comtés de la région (Mendocino, Santa Cruz, Santa Clara), plusieurs routes ont été coupées à cause d'inondations, de chutes d'arbres ou de glissements de terrain.

Selon le service météorologique américain (NWS), des vents susceptibles d'atteindre 110 km/h sont attendus mercredi. Des pluies très intenses doivent également s'abattre sur la zone, avec jusqu'à 10 centimètres de précipitations prévues dans la baie de San Francisco et 1,2 mètre de neige sur les montagnes de la Sierra Nevada. Le déluge doit se poursuivre jeudi.

Le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, a décrété l'état d'urgence mercredi matin pour faciliter la réponse des secours et fluidifier la réaction des autorités en cas d'incident.

San Francisco a elle mis en place un centre d'opérations d'urgence et interrompu la circulation de ses fameux téléphériques.

"Si vous n'avez pas d'obligations d'être dehors à San Francisco, évitez de sortir sur la route", a prévenu Rachel Gordon, une responsable du département des travaux publics de la ville.

Les bars et restaurants y restaient fermés mercredi et certains habitants ont été priés de travailler de chez eux. Les pompiers de la ville ont fait état de plusieurs chutes d'arbres mercredi matin et de quelques inondations mineures, avant l'arrivée du cœur de la tempête.

Des milliers de sacs de sable ont été distribués aux habitants des zones à risque d'inondation.

"Nous sommes très inquiets", a confié Deepak Srivastava, un habitant de San Francisco, à la chaîne CBS. "J'ai passé la journée à empiler des sacs de sable devant toutes les entrées du garage, et on croise les doigts en espérant qu'on n'aura pas plus de dégâts."

Série de tempêtes

"Nous avons eu une inondation similaire en octobre", a soupiré sa femme Denise Srivastava. "Ils appellent ça la tempête du siècle, mais on dirait qu'on va en avoir deux dans ce genre en une semaine."

Le nord de la Californie souffre encore des conséquences d'une série de tempêtes.

La dernière en date a déferlé le soir du réveillon et a provoqué des glissements de terrain et des coupures d'électricité. Au moins une personne est morte après avoir été piégée dans sa voiture par les inondations, selon les autorités.

Le 31 décembre, San Francisco a enregistré le deuxième jour le plus pluvieux de son histoire depuis le lancement de cette mesure, avec 14 centimètres de précipitations.

Dans ces conditions, les sols de la région, drainés par la sécheresse qui frappe l'Ouest américain depuis deux décennies, vont avoir du mal à absorber un nouveau déluge, ce qui augmente le risque d'inondations éclairs.

"A elle seule, cette tempête pourrait provoquer inondations localisées et glissements de terrain", résume pour l'AFP le météorologiste Matt Solum. "Mais avec les récentes conditions humides (...), toute pluie supplémentaire va dévaler au lieu d'être absorbée par le sol."

Le changement climatique augmente la fréquence et l'intensité des phénomènes météorologiques extrêmes. La pluie attendue mercredi provient d'une "rivière atmosphérique", une bande étroite dans l'atmosphère, semblable à un fleuve, qui transporte d'énormes quantités d'humidité depuis les tropiques.

Loin d'être exceptionnel en hiver, ce phénomène actuel s'accompagne d'une "bombe cyclonique", un système capable de faire chuter la pression brutalement, générant ainsi des vents très violents.

Selon les météorologistes, la série de tempêtes qui s'abat actuellement sur la Californie n'est pas près de s'arrêter.

"Nous en attendons une autre au cours du week-end", annonce M. Solum. "Et ensuite, potentiellement plusieurs tempêtes pour la semaine prochaine. Et possiblement la semaine suivante aussi."


Witkoff et Kushner au Pakistan dans l’incertitude autour de pourparlers avec l’Iran

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  • Des négociations indirectes entre les États-Unis et l’Iran pourraient reprendre à Islamabad via des médiateurs pakistanais, malgré des désaccords sur la tenue de discussions directes
  • Sur le terrain, la situation reste fragile : trêve précaire au Liban, violences persistantes et blocage stratégique du détroit d’Ormuz qui continue d’impacter l’économie mondiale

ISLAMABAD: Une possible reprise des pourparlers entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre se profile samedi, avec l'envoi de négociateurs des deux camps à Islamabad, sans garantie de discussions directes, deux semaines après l'échec d'une précédente tentative.

Parallèlement, la trêve au Liban, autre théâtre du conflit, semble toujours aussi précaire.

Déclenchée par une attaque des Etats-Unis et d'Israël contre l'Iran le 28 février, la guerre au Moyen-Orient a fait des milliers de morts, essentiellement en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale.

Islamabad, la capitale du Pakistan, attend depuis des jours une reprise des pourparlers américano-iraniens, entamés il y a deux semaines et interrompus au bout d'une quinzaine d'heures, même si le cessez-le feu a été unilatéralement prolongé sine die depuis par les Etats-Unis.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, est arrivé vendredi soir à Islamabad, pour des entretiens avec de hauts responsables pakistanais.

Mais "aucune rencontre n'est prévue entre l'Iran et les Etats-Unis", a affirmé sur X le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, précisant que les positions de son pays seraient transmises à la partie américaine vie les médiateurs pakistanais.

Les émissaires du président américain Donald Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner, se rendront samedi au Pakistan en vue de pourparlers "avec des représentants de la délégation iranienne", a pourtant déclaré auparavant la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, assurant que cette rencontre était une demande de Téhéran.

Le vice-président JD Vance, qui conduisait la délégation américaine il y a deux semaines, ne devrait pas cette fois être du voyage mais pourrait les rejoindre ultérieurement en cas de progrès, a précisé Mme Leavitt.

Après le Pakistan, M. Araghchi doit poursuivre une tournée régionale qui le mènera à Oman et en Russie.

- "Vitale pour le monde" -

Pendant ce temps, le trafic maritime reste à l'arrêt dans le détroit d'Ormuz, par où transitait avant le conflit 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondiaux, et qui est désormais soumis à un double blocus iranien et américain.

Les marchés mondiaux ont accueilli avec un enthousiasme très mesuré la perspective de nouvelles négociations entre Washington et Téhéran. Le baril de WTI américain a reculé de 1,51% à 94,40 dollars et le Brent, référence internationale, a modéré sa hausse, clôturant à 105,33 dollars (+0,25%).

Sur le front libanais, le cessez-le-feu, dont une prolongation de trois semaines a été annoncée jeudi soir par Donald Trump après des discussions entre représentants israéliens et libanais à Washington, est déjà mis à rude épreuve.

Le ministère libanais de la Santé a fait état de six tués et deux blessés vendredi par des frappes israéliennes dans le sud du pays.

L'armée israélienne a affirmé que ses soldats avaient tué six membres du Hezbollah lors d'une escarmouche, après avoir déclaré que le mouvement chiite pro-iranien avait abattu l'un de ses drones.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a accusé le Hezbollah de tenter de "saboter" le "processus pour parvenir à une paix historique entre Israël et le Liban".

Le mouvement chiite, qui a entraîné le Liban dans la guerre en rouvrant les hostilités avec Israël le 2 mars, a pour sa part appelé l'Etat libanais à "se retirer des négociations directes avec Israël" et estimé que la prolongation de la trêve n'avait "pas de sens" au vu des "actes d'hostilité" persistants d'Israël.

- "Nous rentrons chez nous" -

L'armée israélienne a par ailleurs émis vendredi un appel à évacuer un village du sud du Liban, le premier de ce type depuis l'annonce de la prolongation du cessez-le-feu. L'agence de presse officielle libanaise ANI a ensuite fait état d'une frappe israélienne sur Deir Aames.

Une négociation directe avec Israël "signifierait une reconnaissance de l'ennemi", explique à l'AFP Ahmad Choumari, 74 ans, qui après avoir hésité, a décidé de quitter la ville de Saïda où il s'était mis à l'abri et de regagner son village, à la faveur de la prolongation de la trêve.

"Nous rentrons chez nous", dit-il, entouré de sacs et de matelas, exprimant l'espoir "que le cessez-le-feu deviendra permanent".

Par ailleurs, la Finul, la force de l'ONU, a annoncé vendredi la mort d'un de ses Casques bleus indonésien blessé le 29 mars dans le sud.


L'OMS salue les résultats de sa campagne de «grand rattrapage» de vaccination des enfants

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19. (AFP)
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19. (AFP)
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  • La pandémie de Covid-19 avait fortement fragilisé les systèmes de santé et perturbé les campagnes de vaccination, avec pour conséquence un regain des maladies contagieuses comme la rougeole et la poliomyélite
  • Aussi en 2023, l'OMS, avec l'Unicef et Gavi, organisme international qui aide les pays pauvres à introduire des vaccins, avait lancé une campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants

GENEVE: L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19.

La pandémie de Covid-19 avait fortement fragilisé les systèmes de santé et perturbé les campagnes de vaccination, avec pour conséquence un regain des maladies contagieuses comme la rougeole et la poliomyélite.

Aussi en 2023, l'OMS, avec l'Unicef et Gavi, organisme international qui aide les pays pauvres à introduire des vaccins, avait lancé une campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants.

Cette initiative a pris fin le 31 mars.

Les données finales sont encore en cours de compilation, mais "l'initiative mondiale semble être en bonne voie pour atteindre son objectif qui est de toucher au moins 21 millions d'enfants non vaccinés ou insuffisamment vaccinés", ont indiqué les trois organisations dans un communiqué.

De 2023 à 2025, ce programme a permis de vacciner environ 18,3 millions d’enfants âgés de 1 à 5 ans dans 36 pays, grâce à plus de 100 millions de doses de vaccins essentiels.

Parmi ces enfants, environ 12,3 millions n'avaient jamais été vaccinés et 15 millions n'étaient pas vaccinés contre la rougeole.

Le programme a permis d'administrer 23 millions de doses de vaccin antipoliomyélitique inactivé (VPI) à des enfants insuffisamment ou non vaccinés.

"En protégeant les enfants qui n'ont pas pu se faire vacciner en raison des perturbations des services de santé causées par le Covid-19, le programme Grand Rattrapage a contribué à inverser l'une des principales conséquences négatives de la pandémie", a déclaré le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, cité dans le communiqué.

Ce "plus vaste effort international jamais entrepris pour vacciner les enfants non vaccinés avec des vaccins essentiels, montre ce qu'il est possible d'accomplir lorsque les gouvernements, les partenaires et les communautés unissent leurs efforts pour protéger les plus vulnérables", a indiqué pour sa part la directrice générale de Gavi, Sania Nishtar, également citée dans le communiqué.

Lors d'un point de presse, le directeur du département Vaccination à l'Unicef, Ephrem Lemango, a appelé à poursuivre les efforts de vaccination de routine, au-delà de l'initiative.

"Le principal enjeu est de mettre en place des systèmes de vaccination capables d'atteindre et de protéger chaque enfant à temps, avant qu'il n'atteigne l'âge limite pour la vaccination. Actuellement, chaque année, 14,3 millions d'enfants ne reçoivent aucun vaccin dans le cadre des programmes de vaccination de routine", a-t-il relevé.

Kate O'Brien, directrice du département vaccins de l'OMS, a elle appelé à lutter contre le scepticisme vis-à-vis de la vaccination, indiquant être très préoccupée par "la politisation croissante des vaccins et de la santé".


Trump dit ne pas vouloir utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran

Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale. (AFP)
Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale. (AFP)
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  • "Non, je ne l'utiliserais pas. Il ne devrait jamais être possible pour quiconque d'utiliser l'arme nucléaire"
  • "Nous n'en avons pas besoin. Pourquoi poser une question aussi stupide?"

WASHINGTON: Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale.

"Non, je ne l'utiliserais pas. Il ne devrait jamais être possible pour quiconque d'utiliser l'arme nucléaire", a dit le président américain, à qui une journaliste a demandé s'il envisageait de recourir à la bombe atomique.

"Nous n'en avons pas besoin. Pourquoi poser une question aussi stupide? Pourquoi utiliserais-je l'arme nucléaire alors que nous les avons complètement anéantis, de manière très conventionnelle?" a-t-il déclaré.