Dernier hommage de François à Benoît XVI devant 50 000 fidèles à Saint-Pierre

Le pape François rend hommage en touchant le cercueil du pape émérite Benoît XVI lors de ses funérailles sur la place Saint-Pierre au Vatican, le 5 janvier 2023. (Photo, AFP)
Le pape François rend hommage en touchant le cercueil du pape émérite Benoît XVI lors de ses funérailles sur la place Saint-Pierre au Vatican, le 5 janvier 2023. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 05 janvier 2023

Dernier hommage de François à Benoît XVI devant 50 000 fidèles à Saint-Pierre

  • La messe, de rite latin et en plusieurs langues, est concélébrée par plus de 4 000 cardinaux, évêques et prêtres, mais son caractère exceptionnel réside dans la présence d'un pape aux obsèques de son prédécesseur
  • Parmi les nombreux chefs d'Etat et de gouvernement présents dans l'assemblée figurait notamment le chancelier allemand Olaf Scholz, ce qui a nécessité un important dispositif de sécurité

CITÉ DU VATICAN: Le pape François a rendu jeudi un ultime hommage à son prédécesseur Benoît XVI, décédé samedi à 95 ans, lors des funérailles de l'ex-pontife allemand dans le cadre solennel de la place Saint-Pierre, en présence de 50 000 fidèles auxquels se mêlaient chefs d'Etat et têtes couronnées.

"Benoît (...) que ta joie soit parfaite en entendant la voix (de Dieu, NDLR), définitivement et pour toujours !" a lancé le pape lors de son homélie prononcée depuis l'autel dominant la gigantesque esplanade devant la basilique.

Entouré de cardinaux, François, arrivé en fauteuil roulant, faisait face au simple cercueil de bois renfermant la dépouille de Benoît XVI, né Joseph Ratzinger, sur lequel avait été placé un exemplaire des évangiles. La cérémonie, ponctuée de prières et de chants, a duré environ 1H20.

La messe, de rite latin et en plusieurs langues, était concélébrée par plus de 4 000 cardinaux, évêques et prêtres, mais son caractère exceptionnel résidait dans la présence d'un pape aux obsèques de son prédécesseur, une première dans l'Histoire récente de l'Eglise.

A la fin de la cérémonie, le cercueil a été transporté à l'intérieur de la majestueuse basilique Saint-Pierre, où il a été inhumé dans la crypte où reposait son prédécesseur, Jean Paul II, jusqu'à sa béatification en 2011, date à laquelle son cercueil avait été déplacé.

«Santo subito»

Auparavant, le pape François, debout et appuyé sur une canne, a fait un signe de croix devant le cercueil, l'a brièvement touché puis a incliné la tête en forme de dernier salut.

Dans la foule, un groupe de fidèles brandissait une banderole avec l'inscription en italien "Santo subito" ("Saint tout de suite"), un slogan scandé lors des funérailles de Jean Paul II pour demander sa canonisation immédiate.

Parmi les nombreux chefs d'Etat et de gouvernement présents dans l'assemblée figurait notamment le chancelier allemand Olaf Scholz, compatriote du défunt pape. Les cloches ont retenti à 11H00 (10H00 GMT) dans plusieurs villes allemandes, dont le village natal de Benoît XVI en Bavière, Marktl.

A Rome, la présence d'un cardinal en particulier a été remarquée, celle de Joseph Zen, arrêté l'an dernier au titre de la loi de sécurité nationale en vigueur à Hong Kong mais autorisé à assister aux funérailles du pape émérite.

Avant la cérémonie, les fidèles, parmi lesquels de nombreux prêtres et religieuses, avaient fait patiemment la queue pour passer les portiques de sécurité et entrer sur la place entourée de la colonnade du Bernin. Certains étaient venus avec des drapeaux allemands et bavarois, mais aussi argentins, en hommage au pays d'origine du pape François.

"Je considère Benoît XVI un peu comme mon père et donc je ne pouvais rater cette occasion de lui rendre hommage", a confié à l'AFP Cristina Grisanti, une Milanaise âgée de 59 ans.

Benedikt Rothweiler, un Allemand de 34 ans venu d'Aix-la-Chapelle, s'est dit très ému: "Nous n'aurons plus de pape allemand!".

De lundi à mercredi, près de 200 000 fidèles étaient déjà venus à la basilique Saint-Pierre se recueillir devant la dépouille du théologien allemand, dont la renonciation en 2013 avait surpris le monde entier.

Médailles et pièces de monnaie 

Conformément à la tradition, le cercueil en cyprès de Benoît XVI contient des pièces de monnaie et médailles frappées pendant son pontificat, son pallium (vêtement liturgique) ainsi qu'un texte décrivant brièvement son pontificat, placé dans un cylindre métallique.

Un tel événement est une première dans l'Histoire récente de l'Eglise catholique qui compte 1,3 milliard de fidèles dans le monde. En 1802, Pie VII avait célébré les obsèques de Pie VI, mort en exil en France trois ans plus tôt, mais ce dernier n'avait pas renoncé à sa charge.

La mort de Benoît XVI met un terme à dix ans de cohabitation entre deux hommes en blanc au Vatican, et relance les spéculations sur une éventuelle retraite anticipée de François, à la santé fragile.

Brillant professeur de théologie, Joseph Ratzinger, intellectuel réservé peu à l'aise avec les médias et les bains de foule, a été pendant un quart de siècle le strict gardien du dogme de l'Eglise à Rome à la tête de la Congrégation pour la doctrine de la foi avant d'être élu pape en 2005.

Son pontificat a été marqué par de multiples crises, à l'image du scandale des Vatileaks en 2012, qui avait mis au jour un vaste réseau de corruption au Vatican.


Une attaque iranienne provoque un incendie sur une base accueillant des forces françaises

Une attaque de drones iraniens contre une base navale d'Abou Dhabi accueillant des forces françaises a provoqué un incendie sans faire de victime, ont indiqué dimanche le ministère émirati de la Défense et la ministre française des Armées. (AFP)
Une attaque de drones iraniens contre une base navale d'Abou Dhabi accueillant des forces françaises a provoqué un incendie sans faire de victime, ont indiqué dimanche le ministère émirati de la Défense et la ministre française des Armées. (AFP)
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  • "Des équipes spécialisées sont intervenues aujourd'hui à la suite d'un incident résultant d'une attaque de deux drones iraniens contre un entrepôt de la base navale d'Al Salam, à Abou Dhabi"
  • "L'attaque a provoqué un incendie dans deux conteneurs de matériel divers, mais il n'y a pas eu de victimes"

DUBAI: Une attaque de drones iraniens contre une base navale d'Abou Dhabi accueillant des forces françaises a provoqué un incendie sans faire de victime, ont indiqué dimanche le ministère émirati de la Défense et la ministre française des Armées.

Pour la deuxième journée consécutive, des salves de drones et de missiles iraniens sont lancées en représailles aux frappes américaines et israéliennes contre la République islamique, qui ont tué son guide suprême Ali Khamenei samedi.

"Des équipes spécialisées sont intervenues aujourd'hui à la suite d'un incident résultant d'une attaque de deux drones iraniens contre un entrepôt de la base navale d'Al Salam, à Abou Dhabi", a déclaré le ministère.

"L'attaque a provoqué un incendie dans deux conteneurs de matériel divers, mais il n'y a pas eu de victimes", a-t-il précisé.

La base émiratie, également connue sous le nom de Camp de la Paix, accueille des forces françaises à l'invitation des Emirats arabes unis.

"Un hangar de notre base navale mitoyenne de celle des Emiriens a été touché dans une attaque de drones qui a ciblé le port d'Abou Dhabi. Les dégâts ne sont que matériels et limités. Aucun blessé n'est à déplorer" a affirmé sur X la ministre des Armées, Catherine Vautrin.

"La vigilance de nos forces est maximale face à une situation qui évolue d'heure en heure", a-t-elle ajouté.


Macron après les frappes en Iran: le «travail diplomatique» doit «reprendre ses droits» 

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  • Le président français s'est entretenu avec la plupart des dirigeants de la région, Arabie Saoudite, Émirats arabes unis, Qatar, Jordanie, Irak, Koweit et région autonome du Kurdistan
  • La France se tient "prête à déployer les moyens nécessaires à la protection de ses partenaires les plus proches selon leur sollicitation"

PARIS: Le président français Emmanuel Macron a déclaré samedi que le "travail diplomatique" devait "reprendre ses droits", quelques heures après le début de l'offensive israélo-américaine en Iran, affirmant que la crise autour du nucléaire iranien et les "droits légitimes du peuple iranien à se faire entendre" ne pouvaient se régler par des "frappes".

"Je souhaite que nous puissions prendre toutes les initiatives utiles pour que le travail diplomatique reprenne ses droits", a-t-il déclaré au début d'un conseil de défense et de sécurité nationale à l'Elysée.

"Nul ne peut penser que la question du nucléaire iranien, de l'activité balistique, des déstabilisations régionales se règleront simplement par les frappes et évidemment aussi les droits légitimes du peuple iranien à se faire entendre", a affirmé le chef de l'Etat français.

"Ce qu'il a exprimé ces derniers mois encore en étant terriblement réprimé c'est de pouvoir décider lui-même de son destin et c'est aussi une des choses que nous devons tout faire pour défendre", a-t-il ajouté.

"La France n'a été ni prévenue ni impliquée, tout comme d'ailleurs l'ensemble des pays de la région et nos alliés", a par ailleurs précisé Emmanuel Macron, au côté du Premier ministre Sébastien Lecornu, de plusieurs ministres et de hauts responsables militaires.

La "priorité absolue" de la France est la sécurité de ses ressortissants et "emprises militaires" dans la région, a poursuivi le chef de l'Etat.

"C'est d'être aux côtés de tous les pays qui sont aujourd'hui touchés par la riposte iranienne ou qui sont menacés par celle-ci dans leur intégrité territoriale, leur souveraineté", a-t-il encore souligné, en référence notamment aux pays du Golfe.

Le président français s'est entretenu avec la plupart des dirigeants de la région, Arabie Saoudite, Émirats arabes unis, Qatar, Jordanie, Irak, Koweit et région autonome du Kurdistan, a précisé l'Elysée, à l'exception d'Israël.

Il avait auparavant appelé sur X à "cesser" une "escalade dangereuse pour tous" et affirmé que le régime iranien n'a "plus d'autre option" que de négocier de "bonne foi" le démantèlement de son programme nucléaire et balistique.

La France se tient "prête à déployer les moyens nécessaires à la protection de ses partenaires les plus proches selon leur sollicitation", a-t-il encore relevé sur X.


Lecornu ferait un "bon candidat" en 2027 pour 30% des Français (sondage)

Le Premier ministre Sébastien Lecornu lors de la cérémonie marquant le retour des athlètes français des JO d’hiver Milano Cortina 2026, à Albertville, le 23 février 2026, à l’arrivée du drapeau olympique pour les JO 2030. (AFP)
Le Premier ministre Sébastien Lecornu lors de la cérémonie marquant le retour des athlètes français des JO d’hiver Milano Cortina 2026, à Albertville, le 23 février 2026, à l’arrivée du drapeau olympique pour les JO 2030. (AFP)
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  • Selon un sondage Odoxa pour Le Figaro, Sébastien Lecornu serait un « bon candidat » du bloc central en 2027 pour 30% des Français, derrière Édouard Philippe (39%) mais proche de Gabriel Attal (33%) et Gérald Darmanin (28%)
  • Jugé plus humble et compétent qu’Emmanuel Macron, Lecornu souffre toutefois d’une image « d’exécutant » (72% des sondés), tandis qu’Édouard Philippe reste favori, sous réserve des municipales au Havre

PARIS: Le Premier ministre Sébastien Lecornu ferait un "bon candidat" du bloc central à la présidentielle de 2027 pour 30% des Français, à l'image de Gabriel Attal(33%) et Gérald Darmanin (28%) mais loin derrière Edouard Philippe (39%), selon un sondage Odoxa pour Le Figaro paru jeudi.

Le chef du gouvernement, dont la popularité (34%) est supérieure de 13 points à celle d'Emmanuel Macron, est jugé plus humble (+33 points), plus proche des préoccupations des Français (+18) et plus compétent (+17) que le chef de l'Etat, mais aussi moins dynamique (-9).

"Pour renforcer sa stature, il devra peut-être se détacher de son image de simple collaborateur du Président", 72% des Français le qualifiant "d’exécutant", relève encore l'institut.

Sur les réseaux sociaux, les messages sur Emmanuel Macron restent très négatifs alors que la fidélité du "moine soldat" Lecornu est présentée comme une qualité rare, poursuit l'étude.

Edouard Philippe, maire du Havre et premier chef de gouvernement d'Emmanuel Macron, reste le meilleur candidat pour le bloc central, à condition de ne pas perdre les municipales de mars, "une défaite qui pourrait ternir son leadership", poursuit Odoxa.

Un sondage Opinionway publié mercredi le donne pour la première fois perdant dans sa ville contre Jean-Paul Lecoq (PCF) en cas de maintien du candidat RN-UDR au second tour du scrutin.

L'enquête a été réalisée en ligne les 25 et 26 février auprès d’un échantillon de 1.005 Français représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. Marge d'erreur comprise entre 1,4 et 3,1 points.