Ukraine: les critiques montent en Russie après la frappe meurtrière de Makiïvka

Un homme passe devant un immeuble résidentiel détruit dans la ville de Lyman, dans la région de Donetsk, le 4 janvier 2023, lors de l'invasion russe de l'Ukraine. (AFP)
Un homme passe devant un immeuble résidentiel détruit dans la ville de Lyman, dans la région de Donetsk, le 4 janvier 2023, lors de l'invasion russe de l'Ukraine. (AFP)
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Publié le Jeudi 05 janvier 2023

Ukraine: les critiques montent en Russie après la frappe meurtrière de Makiïvka

  • Selon l'armée russe, cette attaque a été menée à l'aide de systèmes lance-missiles Himars, une arme fournie par les Etats-Unis à l'Ukraine, qui permet de frapper loin derrière les lignes ennemies
  • «»Il s'agit du plus lourd bilan en une seule attaque admis par Moscou depuis le début de l'offensive en février, qui intervient après une série d'embarrassants revers militaires sur le terrain

KIEV: Les critiques montent en Russie après la frappe de la nuit du Nouvel an contre des soldats russes à Makiïvka, dans l'est de l'Ukraine, dont le bilan est de 89 morts selon Moscou qui a mis en cause l'usage de téléphones portables par les militaires.

L'état-major ukrainien a confirmé avoir mené cette frappe et le département des communications stratégiques de l'armée ukrainienne a revendiqué un bilan bien plus lourd dans les rangs russes, chiffré à 400 morts et 300 blessés. Cette affirmation n'a cependant pas été confirmée par l'état-major.

Les Etats-Unis ne se sont pas non plus prononcés sur ces chiffres. Mais John Kirby, porte-parole du Conseil de sécurité nationale américain, a déclaré qu'il n'y a "aucune lamentation de la part de l'administration (américaine). C'est la guerre. (Les Ukrainiens) ont été envahis et ils ripostent et se défendent", a-t-il dit mercredi lors d'un entretien avec la presse.

"Les soldats russes qui se trouvent sur leur territoire sont une cible légitime d'action militaire pour l'Ukraine, point final", a-t-il ajouté.

Côté russe, le bilan initialement annoncé de 63 morts a été revu à la hausse mercredi après la découverte de nouveaux corps dans les ruines du bâtiment à Makiïvka, visé par une frappe ukrainienne le 1er janvier à 00H01 (22H01 GMT), a indiqué le général russe Sergueï Sevrioukov dans un message vidéo diffusé par son ministère.

Géolocalisés

Selon lui, la "cause principale" de la frappe est "l'utilisation massive par le personnel de téléphones portables" malgré l'interdiction de le faire, ce qui a permis aux forces ukrainiennes de géolocaliser cette concentration de soldats russes.

M. Sevrioukov a assuré que "les mesures nécessaires sont prises pour éviter de tels évènements tragiques à l'avenir" et que "les responsables seront tenus de rendre des comptes".

Il s'agit du plus lourd bilan en une seule attaque admis par Moscou depuis le début de l'offensive en février, qui intervient après une série d'embarrassants revers militaires sur le terrain.

Selon les médias russes, les victimes étaient des mobilisés, donc des soldats non professionnels.

En Russie, l'annonce du bilan plus lourd n'a pas manqué de susciter de nouvelles critiques envers le commandement militaire, déjà fustigé lundi et mardi pour son "incompétence" par des correspondants et commentateurs.

La patronne de la chaîne RT, le fer de lance de la propagande du Kremlin à l'international, Margarita Simonian, a appelé à publier les noms des officiers russes impliqués et à prendre "la mesure de leur responsabilité".

"Il est temps de comprendre que l'impunité ne conduit pas à l'harmonie sociale. L'impunité conduit à de nouveaux crimes. Et, par conséquent, à la dissidence publique", a-t-elle écrit sur Telegram.

«Héroïsme»

Le responsable séparatiste prorusse Denis Pouchiline a lui tenu à louer "l'héroïsme" des soldats ayant survécu à la frappe ukrainienne, qui ont "risqué leur vie" en allant "secourir leurs camarades" sous les décombres. D'après lui, le commandant adjoint du régiment a été tué.

Dans un message publié sur Telegram tard mercredi, il a annoncé qu'il avait rendu visite aux blessés avec Viktor Goremykine, vice-ministre russe de la Défense, et Dimitri Azarov, gouverneur de la région de Samara d'où sont originaires certaines des victimes. Presque tous les blessés ont été transférés dans d'autres régions de Russie pour y recevoir des soins médicaux, a précisé M. Pouchiline.

De nombreux Russes demandaient, eux, sur les réseaux sociaux, une enquête transparente sur les circonstances de la frappe. "Ils vont faire traîner ça et dans le pire des cas, ils mettront ça sur le dos de quelqu'un", craint ainsi Valeri Boutorine sur le réseau VK.

"Ce ne sont pas les téléphones portables et leurs propriétaires qui sont à blâmer, mais la négligence banale des commandants, qui, j'en suis sûr, n'ont même pas essayé de réinstaller le personnel" hors du bâtiment, a fustigé le groupe "Notes d'un vétéran" sur Telegram, qui rassemble 200.000 abonnés.

Selon l'armée russe, cette attaque a été menée à l'aide de systèmes lance-missiles Himars, une arme fournie par les Etats-Unis à l'Ukraine, qui permet de frapper loin derrière les lignes ennemies.

"Nous fournissons et nous continuerons à fournir (aux Ukrainiens) les équipements et l'aide dont ils ont besoin pour se défendre. Et oui, nous avons fourni des Himars et nous pourrions très bien en fournir d'autres à l'avenir", a averti John Kirby, le porte-parole du Conseil de sécurité nationale américain.

Lors d'un entretien téléphonique, le président français Emmanuel Macron a pour sa part annoncé à son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky que la France livrerait à l'Ukraine des "chars de combat légers" de fabrication française, selon l'Elysée.

Sur Twitter, Volodymyr Zelensky a remercié la France pour cette nouvelle aide. Le nombre de chars et les délais de livraisons n'ont pas été précisés.


Iran: Trump maintient que le cessez-le-feu est en vigueur malgré des échanges de frappes

Ces tirs échangés fragilisent la trêve en place depuis le 8 avril, soit près d'un mois, au moment où Washington attend toujours une réponse de Téhéran à sa dernière proposition pour mettre fin durablement à la guerre. (AFP)
Ces tirs échangés fragilisent la trêve en place depuis le 8 avril, soit près d'un mois, au moment où Washington attend toujours une réponse de Téhéran à sa dernière proposition pour mettre fin durablement à la guerre. (AFP)
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  • Les Etats-Unis ont dit avoir "ciblé des installations militaires iraniennes" jeudi après que plusieurs de leurs navires ont été attaqués dans le détroit d'Ormuz
  • "Ils ont joué avec nous aujourd'hui. Nous les avons balayés. Ils ont joué. J'appelle ça une broutille", a déclaré le président américain à des journalistes, ajoutant que, selon lui le cessez-le-feu était toujours en vigueur

WASHINGTON: Donald Trump a maintenu jeudi que le cessez-le-feu tenait toujours, alors que Téhéran accuse Washington de l'avoir violé et que les hostilités reprennent dans le Golfe.

Les Etats-Unis ont dit avoir "ciblé des installations militaires iraniennes" jeudi après que plusieurs de leurs navires ont été attaqués dans le détroit d'Ormuz.

"Ils ont joué avec nous aujourd'hui. Nous les avons balayés. Ils ont joué. J'appelle ça une broutille", a déclaré le président américain à des journalistes, ajoutant que, selon lui le cessez-le-feu était toujours en vigueur.

Ces tirs échangés fragilisent la trêve en place depuis le 8 avril, soit près d'un mois, au moment où Washington attend toujours une réponse de Téhéran à sa dernière proposition pour mettre fin durablement à la guerre.

Et vendredi matin, la défense aérienne des Emirats arabes unis est en action face à des drones et missiles tirés, selon leur ministère de la Défense, depuis l'Iran.

Téhéran n'a pas réagi dans l'immédiat à cette information. Il avait démenti "catégoriquement" plus tôt cette semaine tout rôle dans des attaques ces derniers jours rapportées par le pays du Golfe.

Donald Trump a appelé l'Iran à signer un accord "RAPIDEMENT" dans un message posté sur sa plateforme Truth Social, sous peine d'être frappé "bien plus violemment à l'avenir".

"Les forces américaines ont intercepté des attaques iraniennes non provoquées et riposté avec des frappes défensives" après que trois de leurs destroyers lance-missiles ont été attaqués en traversant le détroit d'Ormuz vers le golfe d'Oman par des "missiles, drones et petits bateaux" iraniens, a écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient sur X.

Elles ont "neutralisé les menaces et ciblé les installations militaires iraniennes responsables des attaques contre les forces américaines, dont des sites de lancement de missiles et de drones, des centres de commandement et de contrôle, et des bases de renseignement, de surveillance et de reconnaissance", a-t-il ajouté.

"Aucun navire américain n'a été touché", a précisé l'armée américaine.

"Cessez-le-feu durable" 

Le commandement militaire iranien a accusé Washington d'avoir violé le cessez-le-feu en prenant pour "cible un pétrolier iranien quittant les côtes iraniennes, ainsi qu'un autre bateau", dans un communiqué cité par la télévision d'Etat.

Il a ajouté avoir "immédiatement riposté en attaquant des navires militaires américains, leur infligeant des dommages importants".

La télévision iranienne avait rapporté un peu plus tôt des explosions entendues dans un port de l'île de Qeshm, située dans le détroit d'Ormuz.

Téhéran verrouille ce passage stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures depuis le début de la guerre le 28 février, qui a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale.

"Je crois fermement que ce cessez-le-feu deviendra un cessez-le-feu durable", a déclaré jeudi dans un discours télévisé le Premier ministre du Pakistan, Shehbaz Sharif, dont le pays œuvre comme médiateur et est "resté en contact permanent avec l'Iran et les Etats-Unis, jour et nuit".

En l'absence de percée dans les tractations, les cours du pétrole ont modérément baissé jeudi et remontent légèrement vendredi matin. Le baril de Brent, la référence mondiale, s'échangeait au-dessus de 101 dollars vers 03H20 GMT.

Donald Trump avait jugé mercredi "très possible" un accord de paix avec la République islamique en évoquant de "très bonnes discussions dans les dernières 24 heures", même s'il avait de nouveau agité en parallèle la menace d'une reprise des bombardements.

Négociations 

Mardi, le président américain avait annoncé, compte tenu des "grands progrès accomplis en vue d'un accord", la suspension de l'opération américaine lancée seulement la veille pour permettre à des centaines de bateaux coincés dans le Golfe de franchir le détroit d'Ormuz.

Si l'Iran a estimé que les Etats-Unis cherchaient à forcer sa "reddition", il s'est gardé de claquer la porte, le porte-parole de sa diplomatie, Esmaïl Baghaï, affirmant mercredi que son pays "examinait toujours le plan et la proposition américaine" et "communiquera(it) sa position à la partie pakistanaise, une fois arrêtée".

Jusque-là, la seule session de négociations, qui s'est tenue il y a bientôt un mois à Islamabad, n'a pas abouti.

Dans le stratégique détroit d'Ormuz, quelque 1.500 navires et environ 20.000 membres d'équipage restent "piégés", selon le secrétaire général de l'Organisation maritime internationale (OMI), une agence de l'ONU.

Washington maintient de son côté son blocus des ports iraniens lancé le 13 avril.

Rencontre Israël-Liban 

Sur le front libanais du conflit, de nouvelles discussions entre Israël et le Liban vont se tenir à Washington les 14 et 15 mai, en dépit d'un cessez-le-feu fragilisé par la poursuite des hostilités entre le Hezbollah et l'armée israélienne, a indiqué jeudi la diplomatie américaine.

Deux premières séances de négociations directes dans la capitale américaine entre ambassadeurs israélien et libanais avaient eu lieu les 14 et 23 avril.

Les deux pays sont officiellement en état de guerre depuis 1948 et les sessions d'avril étaient les premières du genre en 33 ans.

Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé lundi qu'un accord de sécurité avec Israël et la "fin des agressions israéliennes" devaient précéder toute rencontre éventuelle avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.

Malgré la trêve, des combats se poursuivent au Liban. Des frappes israéliennes ont fait au moins 12 morts, dont deux enfants, jeudi dans le sud du pays, selon le ministère de la Santé.

Le mouvement pro-iranien Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre le 2 mars en soutien à Téhéran, revendique lui des attaques contre les forces israéliennes qui occupent des zones du sud du pays.


Arrivée en Australie de proches de jihadistes du groupe EI en Syrie

Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie. (AFP)
Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie. (AFP)
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  • Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie
  • Un autre avion de Qatar Airways, provenant également de Doha, avec à son bord une femme du même camp et son fils, a atterri quelques minutes plus tard à Sydney, a indiqué la chaîne australienne ABC

MELBOURNE: Un avion de Qatar Airways transportant des ressortissants australiens, des femmes et des enfants liés à des jihadistes présumés du groupe Etat islamique (EI) en Syrie, est arrivé jeudi à Melbourne, a constaté un journaliste de l'AFP à l'aéroport.

Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie.

Un autre avion de Qatar Airways, provenant également de Doha, avec à son bord une femme du même camp et son fils, a atterri quelques minutes plus tard à Sydney, a indiqué la chaîne australienne ABC.

 


L'armée américaine dit avoir «neutralisé» un pétrolier ayant tenté de forcer le blocus des ports iraniens

Un F/A-18 Super Hornet américain, décollé de l'USS Abraham Lincoln, a endommagé le gouvernail d'un navire battant pavillon iranien dans le golfe d'Oman. (US Navy/AFP)
Un F/A-18 Super Hornet américain, décollé de l'USS Abraham Lincoln, a endommagé le gouvernail d'un navire battant pavillon iranien dans le golfe d'Oman. (US Navy/AFP)
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  • Il s'agit de la deuxième fois que les Etats-Unis interviennent pour neutraliser un navire iranien ne se pliant pas au blocus qu'ils ont mis en place le 13 avril, après qu'un premier round de négociations avec Téhéran n'a pas abouti
  • Le 19 avril, les forces américaines, depuis un destroyer cette fois, avaient ciblé la salle des machines du Touska après avoir ordonné à l'équipage de l'évacuer, neutralisant ainsi le bateau

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé mercredi avoir tiré sur un pétrolier battant pavillon iranien ayant tenté de forcer le blocus des ports iraniens imposé par Washington pour en "neutraliser le gouvernail".

"Les forces américaines opérant dans le Golfe ont fait respecter les mesures de blocus en neutralisant un pétrolier battant pavillon iranien sans cargaison qui tentait de naviguer vers un port iranien mercredi, à 9H00 heure de Washington", écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

"Après que l'équipage du Hasna n'a pas obtempéré aux avertissements répétés, les forces américaines ont neutralisé le gouvernail du pétrolier en tirant plusieurs salves" depuis un avion lancé depuis le porte-avions Abraham Lincoln, déployé dans la région, a-t-il ajouté, précisant que "le Hasna ne fait plus route vers l'Iran".

Il s'agit de la deuxième fois que les Etats-Unis interviennent pour neutraliser un navire iranien ne se pliant pas au blocus qu'ils ont mis en place le 13 avril, après qu'un premier round de négociations avec Téhéran n'a pas abouti.

Le 19 avril, les forces américaines, depuis un destroyer cette fois, avaient ciblé la salle des machines du Touska après avoir ordonné à l'équipage de l'évacuer, neutralisant ainsi le bateau.

Si le blocus des ports iraniens se poursuit, Donald Trump a annoncé mardi la suspension de l'opération américaine "Projet Liberté", lancée juste 48 heures plus tôt pour permettre à des centaines de navires coincés dans le Golfe de franchir le détroit d'Ormuz, "compte tenu des grands progrès accomplis en vue d'un accord complet et définitif avec les dirigeants iraniens".

Mais le président américain a augmenté la pression sur l'Iran mercredi en menaçant de bombarder le pays avec une "intensité bien plus forte qu'avant" si ses dirigeants ne concluaient pas d'accord avec Washington.