Les commentaires du prince Harry sur les talibans qu’il a tués ont «terni sa réputation», selon un ancien officier

Une femme feuilletant la version espagnole «en la sombra» («dans l’ombre») du livre Spare, une autobiographie du prince britannique Harry, après l'avoir achetée à Madrid le 5 janvier 2023, malgré la date de publication fixée au 10 janvier, avec l’application de strictes mesures. (AFP)
Une femme feuilletant la version espagnole «en la sombra» («dans l’ombre») du livre Spare, une autobiographie du prince britannique Harry, après l'avoir achetée à Madrid le 5 janvier 2023, malgré la date de publication fixée au 10 janvier, avec l’application de strictes mesures. (AFP)
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Publié le Vendredi 06 janvier 2023

Les commentaires du prince Harry sur les talibans qu’il a tués ont «terni sa réputation», selon un ancien officier

  • Le prince Harry dit avoir tué 25 combattants en Afghanistan: «Je ne pensais pas à ces 25 personnes comme des personnes», a-t-il expliqué dans ses mémoires
  • Pour le colonel à la retraite Richard Kemp, de tels propos sont «malencontreux» et «fallacieux»

LONDRES: Les remarques du prince Harry sur les 25 combattants talibans qu’il a tués alors qu’il appartenait aux forces armées britanniques en Afghanistan ont nui à sa réputation, a soutenu un ancien officier britannique à la BBC.

Le colonel à la retraite Richard Kemp a décrit la déclaration de Harry – selon laquelle les combattants étaient des «pièces d'échecs retirées de l’échiquier» – comme «malencontreuse» et «fallacieuse».

Les réflexions du prince sur la période qu’il a passée comme pilote d'hélicoptère en Afghanistan font partie de ses mémoires Spare, avant la parution du livre. «Ce ne sont pas des statistiques qui m'ont rempli de fierté, elles ne me font pas non plus honte. Quand je me suis retrouvé plongé dans l’ardeur et la confusion des combats, je ne pensais pas à ces 25 personnes», a-t-il affirmé. «C'étaient des pièces d'échecs retirées de l'échiquier. Les méchants éliminés avant qu’ils ne puissent tuer les bons.»

Kemp a critiqué la version de Harry sur l'attitude des forces armées britanniques envers les combattants ennemis. «Je pense qu'il a tort quand il dit dans son livre que les insurgés étaient considérés comme étant pratiquement «inhumains» – peut-être sous-humains – tout comme des pièces d'échecs à renverser. Ce n'est pas du tout le cas. Et ce n'est pas la façon dont l'armée britannique forme les soldats, comme il le prétend», a-t-il assuré.

«Je pense que ce type de commentaire ne reflète pas la réalité, est trompeur et potentiellement utile pour ceux qui souhaitent porter préjudice aux forces armées britanniques et au gouvernement britannique, et j’estime donc que c'était une erreur de jugement»,a-t-il ajouté. 

«Cela attise de vieux sentiments de vengeance qui auraient pu être oubliés… il existe sans aucun doute des personnes dans le monde aujourd'hui qui penseront à récupérer ses dires.»

Le député Adam Holloway, qui a servi dans l'armée britannique pendant la guerre en Irak, a affirmé que les commentaires de Harry avaient enfreint une règle militaire de longue date visant à éviter de révéler le nombre de victimes personnelles. «Il ne s'agit pas de codes machos. C'est une question de décence et de respect pour les vies que vous avez prises», a-t-il affirmé.

Un soldat en service a affirmé à la BBC que les commentaires du prince ressemblaient «très peu à ceux d’un soldat». Un porte-parole du ministère britannique de la Défense, interrogé par la BBC sur les remarques de Harry, a déclaré: «Nous ne commentons pas les détails opérationnels pour des raisons de sécurité.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


L'UE appelle Israël à cesser son « escalade militaire» au Liban

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  • Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays
  • "Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne"

BRUXELLES: Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays, où les autorités israéliennes envisagent d'établir dans le sud une zone sous contrôle militaire, a affirmé lundi un porte-parole de l'Union européenne.

"Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne", a affirmé ce porte-parole, Anouar El Anouni.

 

 


Trump a renvoyé une proposition d'accord plus stricte à l'Iran 

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  • D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran
  • Selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens

WASHINGTON: Donald Trump a renvoyé une nouvelle proposition d'accord plus stricte à l'Iran pour mettre fin à la guerre, alors qu'une entente semblait se rapprocher ces derniers jours, affirment samedi des médias américain.

D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran.

Le média américain n'est pas en mesure de préciser les changements apportés par le républicain. Mais selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens.

M. Trump a maintes fois répété qu'il était exclu que Téhéran se dote de l'arme atomique, et exige que son stock d'uranium hautement enrichi soit détruit.

La question du nucléaire est l'un des principaux points de friction dans les négociations pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive israélo-américaine contre la République islamique.

Parmi les autres priorités du président figurent la réouverture et le déminage du détroit d'Ormuz par l'Iran, qui en bloquant cette voie d'eau perturbe gravement les approvisionnements en carburant et l'économie mondiale en général.

Les modifications apportées par Donald Trump pourraient encore prolonger les négociations. Des sources américaines ont indiqué à l'AFP que le président n'avait pas décidé de signer la proposition sur son bureau vendredi, après une réunion de crise à la Maison Blanche.

Dans la soirée, un responsable de la présidence avait affirmé que Donald Trump ne signerait un accord "que s'il est bon pour l'Amérique et que ses lignes rouges sont satisfaites".


Les Etats-Unis et l'Iran s'attaquent mutuellement malgré le cessez-le-feu

Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent. (AFP)
Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent. (AFP)
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  • Les informations de médias américains pendant le week-end faisant état de nouvelles exigences américaines envers Téhéran ont refroidi les espoirs d'accord imminent, alimentés par Donald Trump lui-même
  • Et tandis que sur le front libanais Israël a intensifié son offensive, l'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine

TEHERAN: Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent.

Les informations de médias américains pendant le week-end faisant état de nouvelles exigences américaines envers Téhéran ont refroidi les espoirs d'accord imminent, alimentés par Donald Trump lui-même.

Et tandis que sur le front libanais Israël a intensifié son offensive, l'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine.

Ces bombardements ont visé des systèmes de radar et de contrôle de drones dans la ville de Goruk et l'île de Qeshm dans le détroit d'Ormuz, a précisé le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dimanche soir sur X.

Ces opérations ont été menées "en réponse à des actions agressives de l'Iran, dont la destruction d'un drone américain MQ-1 qui opérait au-dessus des eaux internationales", a ajouté la même source.

Les Gardiens de la Révolution iraniens, peu après, ont affirmé avoir attaqué une base utilisée par l'armée américaine pour des frappes contre son territoire.

La localisation de cette base n'a pas été précisée dans le communiqué des Gardiens diffusé par les médias d'Etat.

L'armée du Koweït a annoncé de son côté faire face à une attaque de drones et missiles.

Washington et Téhéran s'étaient déjà accusés mutuellement jeudi de violer le cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril, après des frappes américaines sur le sud de l'Iran suivies d'une attaque contre le Koweït.

Plus de fermeté 

La guerre a été déclenchée le 28 février par une offensive israélo-américaine, alors que Téhéran et Washington avaient repris des négociations sur le nucléaire. Le conflit, qui a fait des milliers de morts, ébranle l'économie mondiale en faisant grimper les prix du pétrole.

Alors que les deux pays semblaient ces derniers jours se rapprocher d'un accord, le New York Times a rapporté samedi, sans plus de détails, que le président américain avait durci sa proposition et envoyé une nouvelle version d'un possible protocole d'accord à Téhéran.

Selon le site américain Axios, M. Trump, dont la priorité déclarée est de mettre fin au programme nucléaire iranien et de rétablir le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, souhaite plus de fermeté des négociateurs de Washington.

La chaîne CBS a rapporté dimanche soir que la nouvelle proposition américaine prévoit une prolongation du cessez-le-feu de 60 jours avec des clauses prévoyant la réouverture d'Ormuz et un cadre pour une reprise des négociations sur le nucléaire.

"Nous n'approuverons aucun accord tant que nous n'aurons pas la certitude que les droits du peuple iranien ont été pleinement garantis", a averti dimanche le principal négociateur iranien, le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf.

L'Iran, qui revendique son droit à mener un programme nucléaire civil, a toujours démenti vouloir se doter de l'arme atomique, malgré les soupçons en ce sens des Etats-Unis et de nombreux pays.

Il souhaite aborder ce dossier dans un second temps en cas d'accord avec Washington et exige une levée immédiate des sanctions le frappant.

Site stratégique 

Donald Trump a insisté dimanche sur Truth Social que le projet d'accord "stipule très clairement que l'Iran n'aura pas d'arme nucléaire", et ce "en des termes très fermes".

Téhéran insiste aussi pour que tout accord inclue la fin des hostilités au Liban, où Israël veut "éliminer" le Hezbollah pro-iranien.

Mais sur ce front, l'armée israélienne continue à avancer dans le sud du pays où elle a mené de nouvelles frappes, et le Hezbollah poursuit ses attaques notamment dans le nord israélien, malgré la trêve en vigueur depuis le 17 avril, mais non respectée.

L'armée israélienne s'est emparée dimanche de la forteresse médiévale de Beaufort, un site stratégique où elle avait établi une base pendant les deux décennies de l'occupation israélienne, achevée en 2000.

Pour les Etats-Unis, c'est au Hezbollah de cesser les tirs en premier, en contrepartie de quoi Israël "s'abstiendrait de toute escalade à Beyrouth", selon un plan rapporté par un responsable américain à la suite d'entretiens menés dimanche par le chef de la diplomatie Marco Rubio avec le président libanais Joseph Aoun et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

La France a demandé une réunion d'urgence au Conseil de sécurité, qui se tiendra lundi, selon des sources diplomatiques à l'AFP.