Afghanistan: Cinq morts dans un attentat suicide à Kaboul, revendiqué par l'EI

Les forces de sécurité talibanes bloquent une route après un attentat suicide près du ministère afghan des Affaires étrangères sur la place Zanbaq à Kaboul, le 11 janvier 2023 (Photo, AFP).
Les forces de sécurité talibanes bloquent une route après un attentat suicide près du ministère afghan des Affaires étrangères sur la place Zanbaq à Kaboul, le 11 janvier 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 12 janvier 2023

Afghanistan: Cinq morts dans un attentat suicide à Kaboul, revendiqué par l'EI

  • «L'Émirat islamique condamne une telle attaque. Les auteurs de cet acte seront retrouvés et punis», a déclaré aux journalistes le porte-parole de la police de Kaboul
  • L'ONG italienne Emergency, qui fait fonctionner un hôpital à Kaboul, a indiqué avoir reçu plus de 40 blessés

KABOUL: Cinq personnes ont été tuées et des dizaines blessées lors d'un attentat suicide, revendiqué par le groupe Etat islamique, à l'entrée du ministère afghan des Affaires étrangères à Kaboul.

Les talibans affirment avoir amélioré la sécurité dans le pays depuis leur retour au pouvoir en août 2021, mais de nombreux attentats à la bombe ont été perpétrés ces derniers mois, généralement revendiqués par l'EI-K, la section locale du groupe Etat islamique (EI).

"L'Émirat islamique condamne une telle attaque. Les auteurs de cet acte seront retrouvés et punis", a déclaré aux journalistes le porte-parole de la police de Kaboul, Khalid Zadran.

L'organe de propagande de l'EI, Amaq, a indiqué en soirée sur Telegram qu'un des membres de l'organisation était "parvenu à dépasser les postes de contrôle" des talibans "avant de faire exploser sa ceinture explosive au milieu d'employés et de gardes alors qu'ils sortaient par l'entrée principale" du ministère, faisant plusieurs morts, "dont des diplomates".

Un chauffeur de l'AFP qui accompagnait une équipe des journalistes de l'agence réalisant une interview à l'intérieur du ministère de l'Information, situé juste en face du ministère des Affaires étrangères, a assisté à l'explosion.

«J'ai vu cet homme se faire exploser»

"J'ai vu environ 20 à 25 victimes. Je ne sais pas combien d'entre eux étaient morts ou blessés", a témoigné ce chauffeur Jamshed Karimi.

"J'attendais dans la voiture, quand j'ai vu un homme avec une kalachnikov sur l'épaule et portant un sac. Il est passé près de ma voiture et après quelques secondes il y a eu une forte détonation. J'ai vu cet homme se faire exploser", a-t-il ajouté.

La vitre arrière du véhicule dans laquelle il se trouvait a été brisée par le souffle de l'explosion, ainsi que des fenêtres du ministère de l'Information.

"Un kamikaze a essayé de pénétrer dans le ministère, mais il n'a pas atteint son but et il a été découvert par les forces de sécurité et s'est fait exploser", a tweeté le directeur général adjoint des Affaires publiques et stratégiques, Ahmadullah Muttaqi.

Des images du lieu après l'attentat, authentifiées par l'AFP, montrent plusieurs corps gisant sur la route qui borde le ministère. On peut aussi entendre des blessés appelant à l'aide et voir des passants venir à leur aide.

L'ONG italienne Emergency, qui fait fonctionner un hôpital à Kaboul, a indiqué avoir reçu plus de 40 blessés. "Le nombre des victimes continuent d'augmenter à mesure que la situation évolue", a précisé dans un communiqué l'organisation humanitaire.

"Nous avons même installé des lits dans les cuisines et la cantine", a poursuivi le directeur d'Emergency pour l'Afghanistan Stefano Sozza.

"Il devait y avoir une délégation chinoise au ministère des Affaires étrangères aujourd'hui, mais nous ne savons pas si elle était présente au moment de l'explosion", a pour sa part déclaré à l'AFP le ministre adjoint à l'Information et la Culture, Muhajer Farahi.

Cependant, selon Ahmadullah Muttaqi, aucun étranger n'était présent au ministère lorsqu'il a été attaqué.

Le 12 décembre, un attentat revendiqué par l'EI avait été perpétré par des hommes armés, dont certains avaient été tués, contre un hôtel de la capitale afghane abritant des hommes d'affaires chinois.

Cinq citoyens chinois avaient été blessés au cours de cet attentat. Certains clients avaient sauté par les fenêtres de l'établissement pour échapper à l'incendie qui s'était déclaré au cours de l'attaque.

Étrangers visés

Pékin n'a pas reconnu officiellement le gouvernement taliban, mais la Chine, qui partage 76 km de frontière avec l'Afghanistan, est l'un des rares pays à y avoir maintenu une présence diplomatique.

Elle craint depuis longtemps que l'Afghanistan ne devienne un point de chute pour la minorité musulmane ouïghoure en provenance de la très sensible région frontalière chinoise du Xinjiang.

Les talibans ont promis que l'Afghanistan ne serait pas utilisé en tant que base par les militants ouïghours. En échange, Pékin leur a offert un soutien économique et des investissements pour la reconstruction de leur pays.

Les talibans comptent également sur la Chine pour transformer l'un des plus grands gisements de cuivre du monde en usine minière. Une exploitation qui serait précieuse pour redresser l'Afghanistan, à court d'argent et frappé par les sanctions économiques internationales.

Les Chinois ne sont pas les seuls étrangers visés par l'EI ces derniers mois, au moment où les talibans tentent d'attirer les investissements des pays voisins.

Le 2 décembre, l'EI a revendiqué une attaque contre l'ambassade du Pakistan à Kaboul, indiquant avoir visé le chef de mission.

En septembre encore, deux membres du personnel de l'ambassade de Russie ont été tués dans un attentat-suicide à l'extérieur de leur mission, une autre attaque revendiquée par l'EI.

Des centaines de personnes, dont des membres des communautés minoritaires d'Afghanistan, ont été tuées ou blessées dans d'autres attaques depuis que les talibans ont repris le pouvoir.

Les analystes considèrent que les djihadistes de l'EI, un groupe sunnite comme les talibans, mais avec lequel ces derniers entretiennent une profonde inimitié et des divergences idéologiques, restent la principale menace pesant sur le régime de Kaboul.


Le pétrole monte fasse à l'impasse diplomatique entre Washington et Téhéran

"Je ne vais pas faire preuve de beaucoup plus de patience (...) Ils devraient conclure un accord. N'importe quelle personne sensée conclurait un accord mais ils sont peut-être fous", a déclaré Donald Trump dans un entretien diffusé jeudi par la chaîne Fox News. (Reuters)
"Je ne vais pas faire preuve de beaucoup plus de patience (...) Ils devraient conclure un accord. N'importe quelle personne sensée conclurait un accord mais ils sont peut-être fous", a déclaré Donald Trump dans un entretien diffusé jeudi par la chaîne Fox News. (Reuters)
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  • "Je ne vais pas faire preuve de beaucoup plus de patience (...) Ils devraient conclure un accord. N'importe quelle personne sensée conclurait un accord mais ils sont peut-être fous"
  • "L'impasse diplomatique entre les États-Unis et l'Iran maintient au premier plan les inquiétudes concernant l'offre" de pétrole, affirme Matt Britzman, analyste chez Hargreaves Lansdown

LONDRES: Les cours du pétrole grimpent vendredi à l'approche d'un nouveau week-end sans perspective de retour à la normale des flux pétroliers transitant via le détroit d'Ormuz, deux mois et demi après le début de la guerre au Moyen-Orient.

Vers 09H10 GMT (11H10 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en juillet, gagnait 2,96% à 108,85 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en juin, montait de 3,44% à 104,65 dollars.

"Je ne vais pas faire preuve de beaucoup plus de patience (...) Ils devraient conclure un accord. N'importe quelle personne sensée conclurait un accord mais ils sont peut-être fous", a déclaré Donald Trump dans un entretien diffusé jeudi par la chaîne Fox News.

"L'impasse diplomatique entre les États-Unis et l'Iran maintient au premier plan les inquiétudes concernant l'offre" de pétrole, affirme Matt Britzman, analyste chez Hargreaves Lansdown.

Si l'Iran a annoncé que ses forces navales avaient autorisé depuis mercredi le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, "pour l'instant, les flux de pétrole passant par le détroit restent limités et les stocks de pétrole continuent de diminuer", explique à l'AFP Giovanni Staunovo, analyste chez UBS.

"Il est raisonnable de supposer qu'entre 10 à 13 millions de barils d'or noir par jour sont bloqués dans le Golfe", rappelle Tamas Varga, analyste chez PVM. En cumulé depuis le début de la guerre "ce chiffre s'approche du milliard de barils" perdus pour le marché.

Cette semaine, l'Agence internationale de l'énergie a averti que le monde puise dans ses réserves de pétrole à une vitesse record.

"On ne peut que conclure (...) que les prix du pétrole devraient être nettement plus élevés", juge M. Varga.

Et si les négociations entre les Etats-Unis et l'Iran n'avancent pas, "nous devrons peut‑être commencer à nous inquiéter d'une ré‑escalade, ce qui signifie un risque de dommages supplémentaires aux infrastructures énergétiques de la région", a souligné Warren Patterson, analyste chez ING dans une visioconférence dédiée aux conséquences de la guerre au Moyen-Orient sur le pétrole.

Selon lui, le marché du gaz, dont les prix ont un peu moins flambé que ceux du pétrole depuis le début du conflit, est particulièrement exposé car ce dernier "n'a pas vraiment le luxe de réserves stratégiques dans lesquelles on pourrait puiser", a précisé M. Patterson.

Le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne, prenait 3,03%, à 49,10 euros le mégawattheure.


Cinq Italiens décédés dans un accident de plongée aux Maldives

Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs. (AFP)
Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs. (AFP)
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  • Les cinq Italiens ne sont pas revenus d'une plongée en grotte profonde sur l'atoll de Vaavu, situé au sud de la capitale, Malé
  • Des avions et des vedettes rapides ont été déployés pour une vaste opération de recherche jeudi après-midi, a précisé la Force de défense nationale des Maldives (MNDF) dans un communiqué

MALE: Cinq Italiens sont décédés dans un accident de plongée aux Maldives, sans que les circonstances précises soient connues, a annoncé jeudi le ministère italien des Affaires étrangères, les forces de sécurité sur place ayant retrouvé un corps.

L'archipel est une destination de vacances de luxe, avec ses plages de sable blanc et ses complexes hôteliers isolés, prisée des plongeurs.

Des responsables locaux ont déclaré qu'il s'agissait du plus grave accident de plongée survenu dans ce pays composé de 1.192 minuscules îles coralliennes dispersées sur quelque 800 kilomètres le long de l'équateur, dans l'océan Indien.

"A la suite d'un accident survenu lors d'une sortie de plongée sous-marine, cinq ressortissants italiens ont trouvé la mort (...) aux Maldives. Les plongeurs auraient perdu la vie alors qu'ils tentaient d'explorer des grottes situées à 50 mètres de profondeur", précise le ministère, en soulignant que les autorités locales menaient une enquête.

Les cinq Italiens ne sont pas revenus d'une plongée en grotte profonde sur l'atoll de Vaavu, situé au sud de la capitale, Malé.

Des avions et des vedettes rapides ont été déployés pour une vaste opération de recherche jeudi après-midi, a précisé la Force de défense nationale des Maldives (MNDF) dans un communiqué.

"Un corps a été retrouvé", annonce le communiqué. Il a "été découvert à l'intérieur d'une grotte en profondeur (...) On pense que les quatre autres plongeurs se trouvent également dans cette même grotte, qui descend jusqu'à environ 60 mètres", précise-t-il.

Les MNDF ont aussi précisé qu'un navire des garde-côtes se trouvait dans la zone pour coordonner les opérations de recherche tout au long de la nuit. D'autres plongeurs des garde-côtes ont été envoyés en renfort pour participer aux recherches.

Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs.

Une touriste britannique est décédée en décembre lors d'une plongée, et son mari, bouleversé, est mort quelques jours plus tard après être tombé malade.

En juin, un touriste japonais de 26 ans a disparu après une expédition de plongée près de la capitale.

Selon les médias locaux, au moins 112 touristes sont morts dans des incidents liés à la mer dans l'archipel au cours des six dernières années, dont 42 victimes d'accidents de plongée ou de plongée avec tuba.

 


Détroit d'Ormuz: Téhéran annonce laisser passer des navires chinois depuis mercredi

L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Le passage d'un certain nombre de navires chinois dans le détroit d'Ormuz a été rendu possible conformément aux protocoles de gestion du détroit mis en place par l'Iran"
  • Ce passage, qui a débuté "la nuit dernière", a été rendu possible grâce aux "relations étroites entre les deux pays et leur partenariat stratégique"

TEHERAN: L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

"Le passage d'un certain nombre de navires chinois dans le détroit d'Ormuz a été rendu possible conformément aux protocoles de gestion du détroit mis en place par l'Iran", ont indiqué jeudi dans un communiqué les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran.

Ce passage, qui a débuté "la nuit dernière", a été rendu possible grâce aux "relations étroites entre les deux pays et leur partenariat stratégique", ont-ils spécifié.

Cette autorisation donnée à plusieurs navires chinois a également été annoncée par des médias officiels iraniens.

La télévision d’État iranienne a notamment précisé que "plus de 30 navires" avaient été autorisés à franchir le détroit d'Ormuz, sans indiquer s'il s'agissait exclusivement de navires chinois.

Le blocage iranien de cette voie maritime par laquelle transite habituellement un cinquième de la production mondiale de pétrole perturbe les marchés mondiaux et confère à Téhéran un levier stratégique.

Les Etats-Unis ont quant à eux imposé leur propre blocus des ports iraniens malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril.

Cette annonce intervient alors que le président américain Donald Trump, en visite jeudi en Chine, a discuté du détroit d'Ormuz avec son homologue Xi Jinping.

Selon un extrait d'une interview à la chaîne Fox News, Donald Trump a déclaré que M. Xi lui avait assuré que Pékin n'enverrait pas d'équipement militaire à l'Iran et était prêt à aider à la réouverture du détroit d'Ormuz.

La Chine est le principal pays importateur du pétrole iranien.