Trois Palestiniens tués par des tirs israéliens en Cisjordanie occupée

Les forces israéliennes ont tué aujourd'hui trois hommes palestiniens en Cisjordanie occupée, selon le ministère palestinien de la santé. (AFP).
Les forces israéliennes ont tué aujourd'hui trois hommes palestiniens en Cisjordanie occupée, selon le ministère palestinien de la santé. (AFP).
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Publié le Vendredi 13 janvier 2023

Trois Palestiniens tués par des tirs israéliens en Cisjordanie occupée

  • Trois Palestiniens ont été tués jeudi lors de raids israéliens en Cisjordanie occupée
  • Ces trois décès portent à neuf le nombre de Palestiniens tués depuis le début de l'année dans des violences avec des forces ou des civils israéliens en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967

QALANDIYA : Trois Palestiniens ont été tués jeudi lors de raids israéliens en Cisjordanie occupée, a rapporté le ministère de la Santé dans ce territoire palestinien, qui connaît un accès de violence meurtrière depuis près d'un an.

L'armée israélienne a confirmé avoir mené un raid en début de matinée dans le camp de réfugiés palestiniens de Qalandiya, entre Ramallah et Jérusalem, et avoir identifié une personne touchée par les tirs de ses soldats.

Selon le ministère palestinien, il s'agit de Samir Aouni Harbi Aslan, 41 ans, tué "après qu'une balle tirée par l'armée d'occupation israélienne a traversé sa poitrine".

Deux autres Palestiniens, Habib Abdelrahmane Kamil, 25 ans, et Abdelhadi Nazal, 18 ans, ont été tués par des tirs de balles réelles israéliennes dans la ville de Qabatiya, près de la ville de Jénine, au nord de la Cisjordanie, selon la même source.

Le ministère avait indiqué auparavant dans un communiqué qu'Habib Abdelrahmane Kamil avait été tué "à balles réelles dans la tête" à Qabatiya. Selon l'agence officielle palestinienne Wafa, des soldats ont encerclé la maison d'un militant palestinien dans ce village, où des échanges de coups de feu ont ensuite eu lieu.

L'armée israélienne a indiqué de son côté avoir mené un raid à Qabatiya pour arrêter un suspect, mais "le suspect recherché et un autre ont fui les lieux".

"Les forces israéliennes ont tiré vers eux. Le suspect recherché a été arrêté et l'autre a été touché" par balle, a précisé l'armée dans un communiqué qui ajoute que, dans des échanges de tirs ensuite, des soldats israéliens ont tiré sur deux autres Palestiniens.

Ces trois décès portent à neuf le nombre de Palestiniens tués depuis le début de l'année dans des violences avec des forces ou des civils israéliens en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967.

Des personnes en deuil se sont rassemblées dans le camp de Qalandiya,  pour les funérailles d'Aslan, le troisième Palestinien tué en Cisjordanie en 24 heures.

L'armée israélienne a indiqué y avoir mené en matinée une opération, durant laquelle "des suspects ont jeté des pierres et des pavés depuis des toits en direction des soldats, mettant leur vie en danger".

Année meurtrière

"Les soldats ont riposté avec des moyens de dispersion anti-émeutes et des balles réelles" et ont touché une personne, a ajouté l'armée dans un communiqué.

Selon Mohammed Saed, un responsable local, Aslan a été tué en tentant de s'interposer durant l'arrestation de son fils par les forces armées israéliennes. "Il a été tué dans sa maison mais il n'était pas impliqué dans l'affrontement, il essayait juste de défendre son fils", a déclaré M. Saed à l'AFP.

Selon le Club des prisonniers palestiniens, 18 personnes ont été arrêtées dans la nuit de mercredi à jeudi dans des opérations militaires israéliennes en Cisjordanie.

L'armée a notamment mené un raid à Naplouse, durant lequel deux journalistes palestiniens ont été blessés, a rapporté le Croissant rouge palestinien. Ils ont été admis à l'hôpital Rafidia de cette ville du nord de la Cisjordanie, selon un photographe de l'AFP sur place.

L'année 2022 a été la plus meurtrière en Cisjordanie depuis la fin de la Seconde Intifada, le soulèvement palestinien de 2000 à 2005, selon l'ONU.

Selon un décompte de l'AFP, le conflit israélo-palestinien a fait au moins 201 morts palestiniens (dont 150 en Cisjordanie) et a coûté la vie à au moins 26 Israéliens en 2022.

Depuis une vague d'attaques anti-israéliennes en mars et avril 2022, l'armée a multiplié les opérations dans les secteurs de Jénine et Naplouse, bastion des factions palestiniennes armées.


Le Qatar affirme que les pays du Golfe sont «unis» dans leur appel à la désescalade

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  • "Il nous semble qu'il y a une position très unanime dans le Golfe appelant à une désescalade et une fin de la guerre", a déclaré le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed al-Ansari
  • Les riches états pétroliers de la région ont été visés par des centaines de missiles et de drones iraniens depuis le lancement de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran le 28 février

DOHA: Les pays du Golfe sont "unis" dans leur appel à une désescalade dans la guerre au Moyen-Orient, a affirmé mardi le Qatar, alors que l'Iran poursuit ses attaques de représailles contre ses voisins de la région.

"Il nous semble qu'il y a une position très unanime dans le Golfe appelant à une désescalade et une fin de la guerre", a déclaré le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed al-Ansari, lors d'une conférence de presse à Doha.

Les riches états pétroliers de la région ont été visés par des centaines de missiles et de drones iraniens depuis le lancement de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran le 28 février, tandis que leurs exportations d'hydrocarbures sont affectées par la fermeture de facto du détroit d'Ormuz.

Lundi, une commission parlementaire iranienne a approuvé un projet visant à imposer des droits de passage aux navires transitant par ce détroit stratégique par lequel passait environ un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux.

Le détroit a été "fermé en raison d'une opération militaire", et son avenir est "une question que l'ensemble de la région et les partenaires internationaux doivent décider collectivement", a déclaré le responsable qatari.

"Je pense que nous avons pris une décision collective, dans le Golfe, pour traiter cela comme une menace collective", a-t-il insisté.

Pays le plus visé par les attaques iraniennes, les Emirats arabes unis se sont démarqués ces derniers jours de leurs voisins en adoptant un ton plus offensif à l'égard de Téhéran.

"Un simple cessez-le-feu n'est pas suffisant. Nous avons besoin d'un résultat concluant qui réponde à l'ensemble des menaces iraniennes: capacités nucléaires, missiles, drones, mandataires terroristes et blocages des voies maritimes internationales", a écrit leur ambassadeur à Washington, Yousef Al Otaiba, la semaine dernière dans une tribune du Wall Street Journal.

Le diplomate émirati a affirmé que son pays était prêt "à rejoindre une initiative internationale pour rouvrir le détroit et le maintenir ouvert".


Plus de 200.000 personnes sont parties du Liban vers la Syrie depuis le début de la guerre 

Plus de 200.000 personnes, dont une grande majorité de Syriens, ont traversé la frontière entre le Liban et la Syrie depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah début mars, a indiqué mardi l'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR). (AFP)
Plus de 200.000 personnes, dont une grande majorité de Syriens, ont traversé la frontière entre le Liban et la Syrie depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah début mars, a indiqué mardi l'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR). (AFP)
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  • "Près d'un mois après l'intensification des hostilités au Liban, la Syrie a connu une forte augmentation du nombre de personnes traversant sa frontière avec le Liban. Entre le 2 et le 27 mars, plus de 200.000 personnes sont entrées en Syrie
  • "Plus de 28.000 Libanais ont également franchi la frontière syrienne. La plupart fuient les bombardements israéliens intensifs. Ils arrivent épuisés, traumatisés et avec très peu d’affaires", a poursuivi la responsable du HCR

GENEVE: Plus de 200.000 personnes, dont une grande majorité de Syriens, ont traversé la frontière entre le Liban et la Syrie depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah début mars, a indiqué mardi l'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

"Près d'un mois après l'intensification des hostilités au Liban, la Syrie a connu une forte augmentation du nombre de personnes traversant sa frontière avec le Liban. Entre le 2 et le 27 mars, plus de 200.000 personnes sont entrées en Syrie par les trois points de passage officiels", a déclaré Aseer al-Madaien, représentante par intérim du HCR en Syrie, lors d'un point presse donné en visioconférence à Genève depuis Damas.

"Ces chiffres ont été fournis par les autorités et confirmés par nos collègues sur le terrain", a-t-elle ajouté, précisant que "la grande majorité" de ces personnes, soit "près de 180.000, sont des Syriens, notamment des réfugiés syriens qui avaient déjà fui la Syrie pour trouver refuge au Liban et qui sont aujourd'hui contraints de fuir à nouveau".

"Plus de 28.000 Libanais ont également franchi la frontière syrienne. La plupart fuient les bombardements israéliens intensifs. Ils arrivent épuisés, traumatisés et avec très peu d’affaires", a poursuivi la responsable du HCR.

Le Hezbollah pro-iranien a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en menant une attaque contre Israël en représailles aux frappes israélo-américaines ayant tué le guide suprême iranien Ali Khamenei.

Le Liban avait accueilli plus d'un million de réfugiés syriens qui ont fui leur pays pendant la guerre civile déclenchée par la répression d'un soulèvement populaire contre le pouvoir de Bachar al-Assad en 2011.

Plus d'un demi-million de ces réfugiés ont regagné leur pays depuis la chute d'Assad fin 2024.

Le HCR a indiqué que son plan d'urgence pour les personnes rejoignant précipitamment la Syrie depuis le Liban prévoyait "un nombre pouvant atteindre de 300 à 350.000 personnes".

"Ce nombre dépendra en grande partie d'éventuelles opérations terrestres supplémentaires. Parallèlement, le gouvernement syrien nous a informés qu'il mettait en place un plan d'urgence au cas où davantage de Libanais se dirigeraient vers la Syrie", a ajouté Mme al-Madaien.


Israël occupera une partie du sud du Liban après la guerre, déclare son ministre de la Défense

 Israël a l'intention d'occuper une partie du sud du Liban une fois la guerre terminée, a déclaré mardi son ministre de la Défense, Israël Katz. (AFP)
Israël a l'intention d'occuper une partie du sud du Liban une fois la guerre terminée, a déclaré mardi son ministre de la Défense, Israël Katz. (AFP)
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  • "Le retour au sud du Litani de plus de 600.000 habitants du sud du Liban qui ont été évacués vers le nord sera totalement empêché tant que la sécurité et la sûreté des habitants du nord (d'Israël) ne seront pas garanties"
  • "Toutes les maisons des villages (libanais) adjacents à la frontière (avec Israël) seront démolies conformément au modèle de Rafah et de Beit Hanoun à Gaza"

JERUSALEM: Israël a l'intention d'occuper une partie du sud du Liban une fois la guerre terminée, a déclaré mardi son ministre de la Défense, Israël Katz.

"A la fin de cette opération, Tsahal (l'armé israélienne, NDLR) s'installera dans une zone de sécurité à l'intérieur du Liban, sur une ligne défensive contre les missiles antichars, et maintiendra le contrôle sécuritaire de toute la zone jusqu'au Litani", fleuve qui s'écoule à une trentaine de kilomètres au nord de la ligne de démarcation entre Israël et le Liban, a déclaré M. Katz, dans une vidéo diffusée par son bureau.

"Le retour au sud du Litani de plus de 600.000 habitants du sud du Liban qui ont été évacués vers le nord sera totalement empêché tant que la sécurité et la sûreté des habitants du nord (d'Israël) ne seront pas garanties", a ajouté M. Katz.

"Toutes les maisons des villages (libanais) adjacents à la frontière (avec Israël) seront démolies conformément au modèle de Rafah et de Beit Hanoun à Gaza, afin d'éliminer une fois pour toutes les menaces le long de la frontière qui pèsent sur les habitants du nord", a encore ajouté M. Katz en référence à deux villes de la bande de Gaza dévastées par les opérations militaires d'Israël dans sa guerre contre le Hamas après le 7 octobre 2023.

Le Liban a été entraîné dans la guerre entre Israël et les Etats-Unis d'une part et l'Iran d'autre part par une attaque le 2 mars du mouvement islamiste Hezbollah contre Israël en représailles à la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué au premier jour du conflit.

Depuis lors, les frappes israéliennes massives sur le pays du Cèdre ont tué plus de 1.200 personnes et en ont blessé plus de 3.600, selon le dernier bilan du ministère de la Santé. L'armée israélienne affirme elle avoir éliminé "850 terroristes" au Liban.

M. Katz ne cesse de multiplier les déclarations martiales à l'encontre du Liban et des Libanais.

Dimanche, l'ONG Human Rights Watch (HRW) a indiqué lui avoir écrit pour exprimer ses "vives préoccupations concernant (des propos tenus récemment par des responsables israéliens) qui sapent le respect du droit international humanitaire" et dénotent selon elle une volonté de s'y soustraire.

Dans une copie de la lettre publiée par HRW, cette dernière lui reproche nommément ses propos du 16 mars, dans lesquels il menaçait déjà d'empêcher le retour des personnes ayant fui la région au sud du Litani.

"Utiliser le refus du retour des civils comme outil de négociation constitue un déplacement forcé, ce qui est interdit par les lois de la guerre et peut constituer un crime de guerre", écrit l'ONG.

Depuis le 2 mars, le Hezbollah a tiré "entre 4.000 et 5.000 roquettes, drones et missiles, ainsi que des mortiers (...) en direction d'Israël, certains en direction de nos troupes, d'autres vers des communautés civiles", a déclaré mardi le lieutenant-colonel Nadav Shoshani, porte-parole international de l'armée israélienne.