Moscou accuse l'UE de nourrir «la confrontation géopolitique» avec sa mission en Arménie

La diplomatie russe a accusé jeudi l'UE de nourrir «la confrontation géopolitique» en envoyant une mission civile pour surveiller la frontière instable entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, une zone que la Russie considère comme son pré carré. (AFP)
La diplomatie russe a accusé jeudi l'UE de nourrir «la confrontation géopolitique» en envoyant une mission civile pour surveiller la frontière instable entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, une zone que la Russie considère comme son pré carré. (AFP)
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Publié le Vendredi 27 janvier 2023

Moscou accuse l'UE de nourrir «la confrontation géopolitique» avec sa mission en Arménie

  • Le ministère russe des Affaires étrangères a jugé qu'une mission européenne en Arménie allait «introduire la confrontation géopolitique dans la région et y exacerber les contradictions existantes»
  • Pour Moscou, en envoyant sa mission, l'UE cherche à «miner les efforts de médiation de la Russie»

MOSCOU: La diplomatie russe a accusé jeudi l'UE de nourrir "la confrontation géopolitique" en envoyant une mission civile pour surveiller la frontière instable entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, une zone que la Russie considère comme son pré carré.

Estimant que l'UE est devenue un "suppôt des Etats-Unis et de l'Otan et mène une politique de la confrontation dans l'espace" post-soviétique, le ministère russe des Affaires étrangères a jugé qu'une mission européenne en Arménie allait "introduire la confrontation géopolitique dans la région et y exacerber les contradictions existantes".

Moscou réagissait ainsi à une série d’initiatives européennes récentes sur le conflit entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, dont l'annonce lundi par l'UE de l'établissement d'une mission civile en Arménie de deux ans pour aider à surveiller la frontière instable entre les deux ex-républiques soviétiques rivales du Caucase.

La Russie est le médiateur traditionnel du conflit entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan depuis les années 1990 et a déployé après la guerre de 2020 une mission de maintien de la paix dans le Nagorny Karabakh, un territoire que Bakou et Erevan se disputent.

Mais l'influence russe dans la région a connu un déclin certain, du fait de la concurrence géopolitique occidentale et turque, mais aussi du fait de son assaut contre l'Ukraine qui inquiète ses voisins.

Pour Moscou, en envoyant sa mission, l'UE cherche à "miner les efforts de médiation de la Russie".

Les Européens font depuis des mois leurs propres tentatives de médiation entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan. La mission que l'UE va déployer n'a cependant pas reçu d'aval du côté azerbaïdjanais.

L'Arménie de son côté dénonce depuis des semaines l'inaction de la Russie dont la mission de maintien de la paix n'a, selon elle, rien fait pour empêcher le blocus en cours du Nagorny Karabakh.

Les Etats-Unis ont de leur côté apporté leur soutien à la mission de médiation européenne.

"Nous saluons les efforts déployés par nos partenaires, dont l'Union européenne, pour instaurer la confiance dans la région et assurer un environnement propice à un dialogue direct entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan", a déclaré aux journalistes le porte-parole du département d'Etat, Vedant Patel.

Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken a exhorté cette semaine l'Azerbaïdjan à lever le blocus du Nagorny-Karabakh.

Depuis plus d'un mois, des Azerbaïdjanais qui se présentent comme des défenseurs de l'environnement manifestant contre des mines illégales bloquent une route cruciale reliant l'Arménie au Nagorny Karabakh, une région séparatiste d'Azerbaïdjan peuplée d'Arméniens.

En raison de ce blocage, cette enclave, qui compte quelque 120 000 habitants, est confrontée à des coupures de courant et d'internet, ainsi qu'à des problèmes de chauffage et d'accès à la nourriture et aux médicaments.

"C'est une politique de nettoyage ethnique", a dénoncé jeudi le Premier ministre arménien, Nikol Pachinian, pendant une réunion du gouvernement, accusant l'Azerbaïdjan d'exercer des "pressions économiques et psychologiques en vue de provoquer un exode d'Arméniens du Karabakh".


Détroit d'Ormuz: l'Iran met en garde le Conseil de sécurité de l'ONU contre toute «action provocatrice»

 Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février
  • "M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation"

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz.

M. Araghchi s'exprimait jeudi et le vote était initialement prévu vendredi, avant l'annonce de son report sine die.

Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février.

"M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation", selon un communiqué de son ministère.

Porté par Bahreïn, le texte fait l'objet de discussions par les 15 membres du Conseil depuis dix jours, reflétant leurs divergences.

Le dernier projet de résolution insiste sur le fait que le Conseil autoriserait tout Etat ou toute coalition d'Etats à utiliser des moyens "défensifs" pour assurer la sécurité des navires. Une stipulation de mandat défensif absente au départ.

Mais il n'est pas certain que cela soit suffisant à convaincre la Russie et la Chine, qui ont un droit de veto.

"L'Iran a fermé le détroit d'Ormuz, empêchant les navires commerciaux et les pétroliers de passer et posant des conditions pour permettre le passage de certains", a dénoncé jeudi le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jassem Al-Budaiwi, au nom de cette organisation qui regroupe l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et Oman.

"Nous appelons le Conseil de sécurité à prendre toutes ses responsabilités et à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les couloirs maritimes et assurer la poursuite en toute sécurité de la navigation internationale", a-t-il insisté à New York, avant l'annonce du report.


Le patron du Pentagone obtient le départ du chef d'état-major de l'armée de terre

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
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  • Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George
  • Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite"

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George, a fait savoir un responsable américain à propos de ce limogeage qui survient en pleine guerre contre l'Iran.

Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite."

Il ne donne pas la raison de ce départ soudain.

CBS News, qui a révélé l'information, cite un responsable américain anonyme affirmant que Pete Hegseth souhaite nommer à sa place quelqu'un qui pourra appliquer la vision de Donald Trump et de son ministre pour l'armée de terre.

Le général Randy George, diplômé de la prestigieuse académie militaire de West Point, qui a servi en Irak et en Afghanistan, avait été nommé à ce poste en 2023, sous le mandat du président démocrate, Joe Biden.

Il s'agit d'un départ forcé de plus chez les plus hauts gradés de l'armée américaine depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.

Le président américain avait, sans explication, limogé début 2025 Charles "CQ" Brown, le chef d'état-major des armées, pour le remplacer par Dan Caine.

Depuis, ce sont les chefs de la marine, des gardes-côtes, de l'agence d'espionnage NSA, ainsi que de nombreux autres, qui ont été poussés vers la sortie par le gouvernement de Donald Trump.

Selon le Washington Post et CBS, deux autres généraux, David Hodne, chargé du Commandement de la transformation et de l'entraînement de l'armée, et William Green Jr, à la tête du corps des aumôniers militaires, ont par ailleurs été mis à l'écart en même temps que le général George.

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde.

Des parlementaires de l'opposition démocrate se sont inquiétés d'une potentielle politisation de l'armée, traditionnellement plus isolée des batailles politiciennes que le reste de l'appareil d'Etat américain.

Pete Hegseth a aussi décidé l'an passé de réduire le nombre de plus hauts gradés de l'ensemble de l'armée.

 


Trump menace de nouvelles destructions de ponts et de centrales en Iran

Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
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  • "Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social
  • Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens

WASHINGTON: Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques.

"Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens.

Les Etats-Unis n'ont "même pas commencé" leur programme de destruction des infrastructures civiles du pays, a prévenu M. Trump dans la soirée.

Le dirigeant américain a répété à plusieurs reprises que la grande majorité des sites militaires, cibles premières de l'offensive américano-israélienne débutée le 28 février en Iran, avait déjà été endommagée ou détruite.

"Les dirigeants du nouveau régime (iranien) savent ce qu’il faut faire, et qu’il faut le faire VITE!", a ajouté le président américain, qui alterne menaces et appels à Téhéran à accepter un accord de cessez-le-feu.