Le festival de Qemam, une vitrine annuelle des cultures tribales des montagnes du monde

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Publié le Samedi 28 janvier 2023

Le festival de Qemam, une vitrine annuelle des cultures tribales des montagnes du monde

  • Les palais historiques d'Asir ont accueilli des groupes et des troupes de danse du monde entier pour cet événement d'une semaine
  • Les traditions des communautés montagnardes ont été mises en valeur par la deuxième édition du festival des arts du spectacle

ABHA: Pendant des siècles, les tribus des montagnes ont maintenu leur mode de vie traditionnel dans certains des endroits les plus isolés du monde, préservant un patrimoine linguistique et culturel distinctif qui est rarement vu ou entendu par la société en général.

C'est pourquoi la région d'Asir, dans le sud-ouest de l'Arabie saoudite, a récemment accueilli le deuxième festival international annuel de Qemam pour les arts du spectacle en montagne, invitant 14 groupes internationaux et 16 ensembles saoudiens à partager leurs traditions uniques de danse et de narration.

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Un ensemble musical international se produit lors du Festival international des arts de la montagne de Qeman à Abha (Photo, Huda Bashatah/Arab News). 

Cet événement d'une semaine, qui s'est achevé le 27 janvier, est considéré comme le premier festival au monde consacré aux arts du spectacle dans les régions montagneuses. Des artistes du Maroc, de la Chine, de la Corée du Sud, de la Suisse et de l’Inde, entre autres, y ont participé afin d’explorer leurs thèmes artistiques communs.

Des spectacles ont eu lieu au palais historique Malik d'Asir, aux palais Al-Mushait, aux châteaux d'Abu Nuqata al-Mutahmi, Basta al-Qabil, au palais d'Abu Chahra à Al-Masqi, au château de Chamsan et au village du patrimoine de Ben Adwan.

Le festivalier Abdellah al-Chehri trouve rarement l'occasion d'exposer son fils de 4 ans, Fahad, à l'héritage marocain de sa famille. Il a donc été ravi d'assister à une représentation de la danse berbère ahidouss par une troupe folklorique marocaine en visite.

«Ce festival appelle les gens à voir quelque chose de nouveau. Il y a vraiment beaucoup de choses à voir», a déclaré Al-Chehri à Arab News.

Abha a été la première ville du Royaume à remporter le titre de capitale du tourisme arabe en 2017. Le festival de Qemam n'est que le dernier événement du calendrier culturel de la région qui s'avère être une attraction pour les touristes nationaux et étrangers. 

«Je crois que le programme fera de l'Arabie saoudite un centre international des arts du spectacle en montagne, car il s'agira d'un événement annuel qui attirera de plus en plus de participants du monde entier. Nous espérons qu'il attirera également davantage de touristes», a déclaré à Arab News Sultan al-Bazei, directeur général de la commission du théâtre et des arts du spectacle.

L'année dernière, le festival a réuni des troupes de toutes les régions montagneuses du Royaume, de Tabuk au nord à Najran au sud. Cette année, le programme a été élargi, créant un dialogue interculturel entre les cultures de montagne du monde entier.

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Une troupe internationale se produit lors du festival international de Qeman pour les arts du spectacle en montagne à Abha (Photo, Huda Bashatah/Arab News). 

«Cela constituera une occasion unique pour les chercheurs d'étudier les similitudes, s'il y en a, ou les différences entre les arts du spectacle des régions montagneuses du monde entier», a ajouté Al-Bazei.

 

Il a continué: «Nous sommes convaincus que la plupart des mouvements du corps présentent des similitudes d'une manière ou d'une autre. C'est très important pour les gens de voir d'autres cultures, comment elles célèbrent avec des danses et des chants qui leur sont propres.»

Lors de la cérémonie d'ouverture du festival, les différentes troupes internationales se sont produites ensemble dans le cadre d'un défilé interculturel.

«Pendant ce défilé, certains groupes ont dansé ensemble, parfois sur les airs et les rythmes des autres, ce qui montre bien que la culture et l'art rapprochent les gens», a estimé Al-Bazei.

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Des troupes internationales ont participé à l'ouverture et à la parade du Festival international des arts du spectacle de la montagne de Qeman (Photo, Huda Bashatah/Arab News). 

Les anthropologues et les artistes considèrent la danse folklorique comme une forme de narration utilisant un langage universel.

«C'est comme l'art. Pour nous, il vit dans notre sang. Ce n'est pas seulement de l'histoire. C'est la vie et si vous venez à notre spectacle, vous verrez que les yeux de chaque danseur sont heureux. Danser, c'est notre bonheur», a déclaré Bachana Chanturia, directeur artistique de l'Ensemble national géorgien, à Arab News.

Le groupe a été créé à Soukhoumi sous l'égide du ministère de l'Éducation et de la Culture de la République autonome d'Abkhazie en 1931 sous le nom d'Apkhazeti. Il a ensuite déménagé à Tbilissi, en Géorgie, après la guerre de 1992.

Composé de 70 membres, le groupe utilise la musique et la danse pour mettre en valeur l'histoire de la Géorgie. Contrairement à la plupart des compagnies de danse traditionnelle de la région, l'ensemble innove le folklore traditionnel en intégrant de nouvelles tendances, de nouveaux concepts et de nouveaux modes de narration.

Lors du festival de Qemam, le groupe a présenté un spectacle de 20 minutes au palais historique de Chamsan, composé de trois danses — shvante, chamba et vazha — qui a sans doute suscité les plus grands applaudissements de tout le festival.

Grâce à des mouvements rapides et dynamiques, le spectacle de la troupe de danse mixte raconte l'histoire des Svanetians, un peuple de la région montagneuse de Svaneti dans le nord-ouest de la Géorgie, près de la frontière avec la Russie — une région du Caucase caractérisée par des pics de montagnes enneigés et des gorges profondes. 

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Un groupe international se produit lors du Festival international des arts de la montagne de Qeman à Abha (Photo, Huda Bashatah/Arab News). 

Le spectacle du groupe se transforme ensuite en une danse traditionnelle abkhaze, racontant l'histoire palpitante d'une course de chevaux à travers les montagnes, avec des vêtements équestres.

Cette danse est un emblème d'amour, de courage, de respect pour les femmes et de compétition à travers l'imitation de la faune de montagne. La routine se termine par la séquence de la montagne Vazha, originaire de la région de Khazbegi en Géorgie.

En Géorgie, les performances artistiques font partie intégrante du tissu social. Dès l'âge de 5 ou 6 ans, les enfants apprennent à danser, à chanter et à jouer des instruments de musique et sont ensuite encouragés à rejoindre l'un des nombreux groupes de danse professionnels.

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Des musiciens de diverses régions du monde participent au festival international de Qemam à Abha (Photo, Huda Bashatah/Arab News). 

Depuis la ville montagneuse de Baysun, en Ouzbékistan, l'ensemble de chant et de danse Navbakhor a apporté l'âme traditionnelle de la danse Baysun sur les sommets d'Abha.

«C'est une danse spéciale où ils imitent certains instruments, portent des chapeaux spéciaux et chaque mouvement a une idée. Ce n'est pas seulement une danse, c'est une philosophie de la région de l'Ouzbékistan», a déclaré à Arab News Alibek Kabdurakhmanov, qui dirige l'ensemble.

Sous l'égide de la Philharmonie d'État d'Ouzbékistan, le groupe s'emploie à populariser les arts musicaux et chorégraphiques du pays. Ses membres portent des vêtements traditionnels aux couleurs vives, fabriqués à partir de nuances colorées et brodés au fil d'or.

Selon Kabdurakhmanov, l'objectif du groupe est d'incarner l'énergie et le message universel de paix auxquels adhère le peuple de Baysun.

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Une artisane saoudienne présente son travail dans le cadre du festival à Abha (Photo, Huda Bashatah/Arab News). 

Kabdurakhmanov a félicité le ministère saoudien de la Culture d'avoir créé le festival des arts du spectacle en montagne et d'avoir accordé la priorité à la préservation du patrimoine culturel.

«Je crois que vous allez faire des choses très importantes», a souligné Kabdurakhmanov. «Lorsque les ressortissants ouzbeks vous rendront visite pour la première fois, ils verront votre histoire, vos traditions, votre culture et ils prendront une partie de vous pour la ramener dans notre pays.»

Il a ajouté: «Je pense que c'est la partie la plus importante du développement et les gens en Arabie saoudite verront d'autres cultures. C'est bon pour l'intégration.»

Un groupe monténégrin a présenté une danse intitulée «La danse du vieux Monténégro», représentant la mentalité de la région, communiquée par des mouvements d'oiseaux entre les sommets des montagnes.

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Une troupe monténégrine exécute «La danse du vieux Monténégro» (Photo, Huda Bashatah/Arab News). 

Dirigés par le directeur artistique Mirsad Ademovic, les membres de l'association culturelle et artistique monténégrine Ramadan Sarkic ont porté des costumes nationaux provenant de toute la région, dont plusieurs pièces de musée.

Le Monténégro lui-même est une nation multiculturelle, où vivent de nombreux Albanais et Bosniaques. L'incorporation de diverses identités a été cruciale pour maintenir la paix dans la région des Balkans, a expliqué Ademovic à Arab News.

Selon lui, le festival a donné l'occasion au Monténégro et à l'Arabie saoudite de se rapprocher par l'art de la narration.

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Des artistes saoudiens exécutent la danse traditionnelle de l'épée en tête de la parade lors de la journée d'ouverture du Festival international du Qemam à Abha (Photo, Huda Bashatah/Arab News). 

L'événement de cette année a présenté des danses folkloriques saoudiennes, notamment l'ardah, une forme d'arts martiaux performatifs largement pratiquée dans la région d'Asir et inspirée des batailles historiques, aujourd'hui réinventée comme un outil de narration.

«Le folklore est très apprécié par de nombreux spectateurs et visiteurs, car il leur transmet la nature remarquable de la région et de son passé», a déclaré à Arab News Abdellah al-Chaher, coordinateur du groupe ardah.

«Ces festivals préservent le patrimoine du Royaume en général et le transmettent aux générations futures et invitent tout le monde à faire partie des troupes participantes pour transmettre ce qu'ils ont hérité de leurs ancêtres», a-t-il soutenu.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Le festival de Cannes s'ouvre en célébrant le cinéma comme "acte de résistance"

L’actrice franco-malienne et maîtresse de cérémonie Eye Haïdara s’exprime sur scène lors de la cérémonie d’ouverture et de la projection du film « La Vénus électrique » à la 79e édition du Festival de Cannes, à Cannes, le 12 mai 2026. (AFP)
L’actrice franco-malienne et maîtresse de cérémonie Eye Haïdara s’exprime sur scène lors de la cérémonie d’ouverture et de la projection du film « La Vénus électrique » à la 79e édition du Festival de Cannes, à Cannes, le 12 mai 2026. (AFP)
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  • Le 79e Festival de Cannes s’est ouvert sous le signe du cinéma comme « acte de résistance », avec 22 films en compétition pour la Palme d’or et de nombreuses stars internationales attendues sur la Croisette
  • Les débats autour de la politique, des conflits mondiaux et de l’intelligence artificielle ont marqué l’ouverture du festival, tandis que Peter Jackson a reçu une Palme d’honneur

CANNES: Le 79e festival de Cannes s'est ouvert mardi soir avec ses stars et 22 films en lice pour la Palme d'or, lors d'une cérémonie célébrant le cinéma comme un "acte de résistance" qui "transcende les cultures".

Sur la scène du Palais des festivals, devant un parterre de stars, les actrices Gong Li et Jane Fonda ont donné le coup d'envoi du grand raout cannois, qui baissera le rideau le 23 mai avec la remise de la Palme d'or, attribuée l'an dernier à  "Un Simple accident" du cinéaste iranien dissident Jafar Panahi.

"Le cinéma a toujours été un acte de résistance parce que nous racontons des histoires et les histoires représentent ce qui construit une civilisation", a estimé l'Américaine Jane Fonda, tandis que la Chinoise Gong Li célébrait un art qui "transcende les langues, les cultures et les générations" et s'adresse "à ce que nous partageons tous, les émotions humaines".

De l'Espagnol Pedro Almodovar à l'Américain James Gray en passant par le Roumain Cristian Mungiu, la compétition va de nouveau offrir cette année un panorama du cinéma dans un monde en crise, tout en accueillant une armada de stars (Penélope Cruz, Adam Driver, Barbra Streisand, Marion Cotillard...) sur son tapis rouge.

- "Miraculeux" -

Pour lancer la quinzaine au cours de laquelle une centaine de films seront projetés, le festival a remis mardi soir une Palme d'honneur à Peter Jackson, le réalisateur néo-zélandais de la mythique trilogie du "Seigneur des anneaux" qui n'avait jamais été distingué auparavant sur la Croisette.

"C'est presque miraculeux parce que jamais je n'aurais imaginé que je gagnerais une Palme un jour", a-t-il déclaré en recevant la distinction des mains d'Elijah Wood, qui a incarné pour lui le personnage du hobbit Frodon Sacquet.

"Je ne fais pas des films qui se prêtent à une Palme d'or, donc c'est vraiment une surprise à tous les égards", a ajouté le réalisateur de "King Kong" ou "Bad Taste", aux côtés de la maîtresse de cérémonie, l'actrice française Eye Haïdara, qui a donné une coloration politique à son discours d'ouverture.

Entrée sur scène façon music hall sur la chanson de Claude Nougaro "Sur l'écran noir de tes nuits blanches", l'actrice a tenu à saluer les téléspectateurs partout dans le monde, "enfin, partout où l'internet n'a pas été coupé, partout où l'intelligence artificielle ne s'est pas substituée à la réalité".

Nichée au milieu d'une déclaration d'amour pour le 7e art, cette phrase fait écho aux débats qui traversent le festival cannois autour de ce que le cinéma doit et peut dire face aux tensions et conflits dans le monde.

"Je ne crois pas qu'on devrait séparer l'art de la politique, c'est un concept étrange de vouloir opposer les deux", a déclaré dans l'après-midi le président du jury, le réalisateur sud-coréen, Park Chan-wook, lors d'une conférence de presse.

- "L'IA est là" -

Autre membre du jury, le Britannique Paul Laverty, scénariste fétiche de Ken Loach, a été plus radical en profitant de la tribune cannoise pour dénoncer une époque où "les fous guident les aveugles".

"On voit tellement de violences systématiques, le génocide à Gaza et tous ces conflits horribles", a-t-il déclaré, se lançant ensuite dans une diatribe contre Hollywood, qui a déserté la Croisette cette année.

Sur ce sujet abrasif, le délégué général du festival Thierry Frémaux avait tenté lundi d'esquisser une voie médiane, en assurant qu'on demande "souvent au festival de Cannes d'assumer un rôle, de réfléchir à des questions qui ne le concernent pas directement".

Autre thématique brûlante, le recours à l'intelligence artificielle (IA) traverse lui aussi le festival, qui se pose en rempart contre une technologie qui fait trembler l'industrie du cinéma.

"L’IA est là", a déclaré l'actrice américaine Demi Moore, également membre du jury. "Et la combattre, c’est livrer une bataille que nous perdrons. Chercher des moyens de travailler avec elle me semble donc une voie plus précieuse à suivre".

Mercredi, la course à la Palme d'or débutera avec les premières projections dont "Quelques jours à Nagi" du japonais Koji Fukada, et de "La vie d'une femme" de Charline Bourgeois-Tacquet.


Swatch et Audemars Piguet misent sur un lancement mondial très attendu le 16 mai

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  • Swatch et Audemars Piguet lanceront leur collaboration “Royal Pop” le 16 mai dans plusieurs boutiques du Golfe, avec une forte attente des collectionneurs
  • Inspirée de la légendaire Royal Oak, la collection devrait proposer une version plus accessible et colorée du design iconique d’Audemars Piguet

DUBAÏ : Les passionnés d’horlogerie en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis se préparent à ce qui pourrait devenir l’un des lancements horlogers les plus marquants de l’année, alors que Swatch et Audemars Piguet s’apprêtent à dévoiler leur très attendue collaboration le 16 mai.

Après le succès phénoménal des précédentes collaborations de Swatch, l’attente monte déjà à Dubaï, Abou Dhabi et Riyad, où les collectionneurs devraient faire la queue toute la nuit devant certains magasins dans l’espoir d’obtenir l’une des nouvelles montres « Royal Pop ».

Selon les supports promotionnels publiés sur le site régional de Swatch, les boutiques participantes dans le Golfe incluent notamment Dubai Mall et Mall of the Emirates aux Émirats arabes unis, ainsi que Panorama Mall et Solitaire Mall à Riyad, en Arabie saoudite.

Les visuels de la campagne présentent un graphisme « Royal Pop » aux tons bleus mêlant esthétique inspirée des bandes dessinées et détails évoquant les mécanismes apparents des montres, laissant entrevoir une réinterprétation ludique du légendaire design Royal Oak d’Audemars Piguet.

Ce lancement marque un partenariat rare entre l’un des horlogers les plus prestigieux de Suisse et la marque suisse grand public mondialement connue pour transformer des concepts inspirés du luxe en véritables phénomènes culturels.

Bien que les détails officiels restent limités, les campagnes de teasing diffusées par les deux marques ont déjà alimenté de nombreuses spéculations en ligne, notamment parmi les collectionneurs impatients de découvrir comment l’esthétique iconique de la Royal Oak sera revisitée à travers le concept coloré « Pop » et le matériau Bioceramic propre à Swatch.

La Royal Oak, largement reconnue pour sa lunette octogonale, ses vis apparentes et son bracelet intégré, demeure l’une des montres sport de luxe les plus influentes jamais produites, rendant cette collaboration particulièrement importante pour les jeunes collectionneurs qui n’ont pas accès aux modèles originaux.

Les premiers visuels non officiels laissent penser que la collection pourrait miser sur un style artistique audacieux, avec des couleurs vives et des détails graphiques marqués, même si Swatch et Audemars Piguet n’ont pas encore confirmé les designs définitifs ni le nombre de modèles prévus. Les marques ont toutefois indiqué que cette collaboration ne serait pas lancée sous forme d’édition limitée.

En Arabie saoudite, les collectionneurs devraient également se rassembler dans les boutiques Swatch de Panorama Mall et Solitaire Mall à Riyad, toutes deux apparues cette semaine sur la carte officielle du lancement.

Aux Émirats arabes unis, l’attention devrait se concentrer autour des magasins phares de Swatch à Dubai Mall, Mall of the Emirates et Yas Mall à Abou Dhabi, où les précédents lancements avaient déjà attiré des foules importantes et de longues files d’attente.

Les communautés horlogères sur les réseaux sociaux discutent déjà des potentielles valeurs de revente, des volumes alloués et des stratégies à adopter le jour du lancement.

« Cela pourrait être encore plus important que le lancement de la MoonSwatch », affirme un collectionneur basé à Dubaï. « Tout ce qui touche à AP attire immédiatement l’attention. »

Un autre passionné ajoute : « Ici, les gens adorent les éditions exclusives. Si les stocks sont faibles, les files d’attente commenceront probablement dès la veille au soir. »

Bien que les prix n’aient pas encore été officiellement annoncés, les observateurs du marché s’attendent à ce que la collection se positionne dans le segment du luxe accessible, avec des tarifs bien inférieurs à ceux des montres Audemars Piguet traditionnelles tout en conservant un fort attrait auprès des collectionneurs.

Cette collaboration reflète également une évolution plus large de l’industrie du luxe, où les maisons patrimoniales s’associent de plus en plus à des marques grand public afin de séduire les jeunes générations et de créer un impact culturel mondial.

Pour Audemars Piguet, dont les modèles Royal Oak affichent souvent plusieurs années de liste d’attente et des primes importantes sur le marché secondaire, ce partenariat offre une visibilité accrue auprès d’une nouvelle génération de consommateurs.

Pour Swatch, il s’agit d’une nouvelle opportunité de capitaliser sur l’élan créé par ses précédentes collaborations, qui ont brouillé les frontières entre haute horlogerie et culture streetwear.

À mesure que le lancement approche et que de nouveaux détails devraient être dévoilés, l’enthousiasme continue de grandir dans le monde entier, les collectionneurs se préparant à une sortie majeure susceptible de dominer la scène horlogère régionale. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.jp 


Première demi-finale de l'Eurovision, avec Israël

Israël participe mardi soir à la première demi-finale du concours de l'Eurovision, ébranlé cette année par le plus important boycott de ses 70 ans d'histoire, en raison de la présence de ce pays. (AFP)
Israël participe mardi soir à la première demi-finale du concours de l'Eurovision, ébranlé cette année par le plus important boycott de ses 70 ans d'histoire, en raison de la présence de ce pays. (AFP)
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  • La demi-finale a démarré à 21H00 (19H00 GMT) avec, outre Israël, le Monténégro, l'Estonie, la Géorgie, le Portugal, Saint-Marin, la Croatie, la Suède, la Pologne, la Belgique, la Lituanie, la Serbie, la Finlande, la Moldavie et la Grèce
  • Alors que ces 15 pays candidats foulent la scène de la Stadthalle à Vienne, les groupes audiovisuels publics de l'Espagne, de l'Irlande et de la Slovénie ont annoncé qu'ils ne diffuseront pas le plus grand télécrochet mondial, qualifié de "cirque"

VIENNE: Israël participe mardi soir à la première demi-finale du concours de l'Eurovision, ébranlé cette année par le plus important boycott de ses 70 ans d'histoire, en raison de la présence de ce pays.

La demi-finale a démarré à 21H00 (19H00 GMT) avec, outre Israël, le Monténégro, l'Estonie, la Géorgie, le Portugal, Saint-Marin, la Croatie, la Suède, la Pologne, la Belgique, la Lituanie, la Serbie, la Finlande, la Moldavie et la Grèce.

Alors que ces 15 pays candidats foulent la scène de la Stadthalle à Vienne, les groupes audiovisuels publics de l'Espagne, de l'Irlande et de la Slovénie ont annoncé qu'ils ne diffuseront pas le plus grand télécrochet mondial, qualifié de "cirque" par le groupe slovène RTV.

Les trois pays ont décidé de ne pas envoyer de candidat en raison de la présence d'Israël à qui ils reprochent la conduite de la guerre à Gaza en représailles à l'attaque le 7 octobre 2023 du mouvement islamiste palestinien Hamas sur son sol.

Tout comme l'Islande et les Pays-Bas, qui en revanche diffuseront l'événement auquel 35 pays au total prennent part.

Lors de la seconde demi-finale le 14 mai, l'Albanie, le Danemark, l'Arménie, la Roumanie, Chypre, la Suisse, la Norvège, l'Azerbaïdjan, le Luxembourg, Malte, la Bulgarie, l'Australie, l'Ukraine, la République tchèque et la Lettonie tenteront leur chance.

Les points des jurys seront combinés aux résultats d'un vote du public, pour déterminer les dix chansons qualifiées lors de chaque demi-finale.

Ces 20 chansons rejoindront les titres présélectionnés de l'Autriche, gagnante de l'année dernière à Bâle, en Suisse, et qualifiée d'office pour la finale samedi.

La France, l'Allemagne, l'Italie et le Royaume-Uni viennent automatiquement compléter le tableau, en raison de leur statut de principaux contributeurs financiers.

Cercueils 

Le député français Thomas Portes (gauche radicale) a aussi évoqué l'Eurovision mardi en conférence de presse à l'Assemblée nationale à Paris.

"Laisser Israël sur la scène de l'Eurovision n'est pas neutre", a-t-il déclaré. "C'est laisser faire, c'est banaliser les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité".

Quelques dizaines de militants propalestiniens ont déposé des cercueils dans le centre de la capitale autrichienne pour protester contre la participation d'Israël.

"Bien sûr, la musique devrait être quelque chose d'universel. La musique devrait rassembler les gens, mais pas de cette manière", a déclaré à l'AFP Karin Spindlberger, une manifestante de 67 ans.

Pour Martin Green, le directeur de l'Eurovision, "c'est très sain que deux points de vue puissent s'exprimer simultanément dans la même ville".

"Chacun respecte l’espace de l’autre, l'Autriche étant un pays qui permet à chacun d'exprimer son point de vue, et je pense qu'elle peut en être très fière", a-t-il déclaré mardi en conférence de presse.

Amichai Chikli, le ministre israélien des Affaires étrangères, s'est inquiété lundi dans un communiqué d'une "forte poussée, coordonnée, de discours antisémites et anti-israéliens autour de l'Eurovision 2026".

"J'ai donné instruction d'élargir la surveillance et les alertes en temps réel", a-t-il ajouté.

Boy George 

Parmi les favoris du concours, le candidat israélien Noam Bettan, chante en hébreu, français et anglais. Sa vidéo a été vue 3,4 millions de fois sur la chaîne YouTube officielle de l'Eurovision, une performance bien au-dessus de la moyenne.

La Finlande et la Grèce devraient aussi passer l'étape de ces demi-finales comme une formalité.

Akylas Mytilineos, le candidat envoyé par Athènes, 27 ans, raconte avoir dû faire de la musique dans la rue pour payer les factures.

Il se définit comme queer et sa chanson, "Ferto", soit "Ramène ça!", est un morceau électro-pop sur la cupidité et la quête de richesse matérielle.

Interrogés par l'AFP dimanche, Linda Lampenius et Pete Parkkonen, les candidats de la Finlande, n'ont pas semblé stressés par leur statut de chouchous des parieurs.

"Le ressenti doit venir du cœur", explique ce duo composé d'une violoniste de 56 ans et d'un chanteur de 36 ans qui fait mouche avec un titre, "Liekinheitin", "Lance-flamme", interprété en finnois.

Boy George, star des années 1980, va faire une apparition lors du passage de la chanteuse Senhit, qui représente Saint-Marin.