Le festival de Qemam, une vitrine annuelle des cultures tribales des montagnes du monde

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Publié le Samedi 28 janvier 2023

Le festival de Qemam, une vitrine annuelle des cultures tribales des montagnes du monde

  • Les palais historiques d'Asir ont accueilli des groupes et des troupes de danse du monde entier pour cet événement d'une semaine
  • Les traditions des communautés montagnardes ont été mises en valeur par la deuxième édition du festival des arts du spectacle

ABHA: Pendant des siècles, les tribus des montagnes ont maintenu leur mode de vie traditionnel dans certains des endroits les plus isolés du monde, préservant un patrimoine linguistique et culturel distinctif qui est rarement vu ou entendu par la société en général.

C'est pourquoi la région d'Asir, dans le sud-ouest de l'Arabie saoudite, a récemment accueilli le deuxième festival international annuel de Qemam pour les arts du spectacle en montagne, invitant 14 groupes internationaux et 16 ensembles saoudiens à partager leurs traditions uniques de danse et de narration.

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Un ensemble musical international se produit lors du Festival international des arts de la montagne de Qeman à Abha (Photo, Huda Bashatah/Arab News). 

Cet événement d'une semaine, qui s'est achevé le 27 janvier, est considéré comme le premier festival au monde consacré aux arts du spectacle dans les régions montagneuses. Des artistes du Maroc, de la Chine, de la Corée du Sud, de la Suisse et de l’Inde, entre autres, y ont participé afin d’explorer leurs thèmes artistiques communs.

Des spectacles ont eu lieu au palais historique Malik d'Asir, aux palais Al-Mushait, aux châteaux d'Abu Nuqata al-Mutahmi, Basta al-Qabil, au palais d'Abu Chahra à Al-Masqi, au château de Chamsan et au village du patrimoine de Ben Adwan.

Le festivalier Abdellah al-Chehri trouve rarement l'occasion d'exposer son fils de 4 ans, Fahad, à l'héritage marocain de sa famille. Il a donc été ravi d'assister à une représentation de la danse berbère ahidouss par une troupe folklorique marocaine en visite.

«Ce festival appelle les gens à voir quelque chose de nouveau. Il y a vraiment beaucoup de choses à voir», a déclaré Al-Chehri à Arab News.

Abha a été la première ville du Royaume à remporter le titre de capitale du tourisme arabe en 2017. Le festival de Qemam n'est que le dernier événement du calendrier culturel de la région qui s'avère être une attraction pour les touristes nationaux et étrangers. 

«Je crois que le programme fera de l'Arabie saoudite un centre international des arts du spectacle en montagne, car il s'agira d'un événement annuel qui attirera de plus en plus de participants du monde entier. Nous espérons qu'il attirera également davantage de touristes», a déclaré à Arab News Sultan al-Bazei, directeur général de la commission du théâtre et des arts du spectacle.

L'année dernière, le festival a réuni des troupes de toutes les régions montagneuses du Royaume, de Tabuk au nord à Najran au sud. Cette année, le programme a été élargi, créant un dialogue interculturel entre les cultures de montagne du monde entier.

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Une troupe internationale se produit lors du festival international de Qeman pour les arts du spectacle en montagne à Abha (Photo, Huda Bashatah/Arab News). 

«Cela constituera une occasion unique pour les chercheurs d'étudier les similitudes, s'il y en a, ou les différences entre les arts du spectacle des régions montagneuses du monde entier», a ajouté Al-Bazei.

 

Il a continué: «Nous sommes convaincus que la plupart des mouvements du corps présentent des similitudes d'une manière ou d'une autre. C'est très important pour les gens de voir d'autres cultures, comment elles célèbrent avec des danses et des chants qui leur sont propres.»

Lors de la cérémonie d'ouverture du festival, les différentes troupes internationales se sont produites ensemble dans le cadre d'un défilé interculturel.

«Pendant ce défilé, certains groupes ont dansé ensemble, parfois sur les airs et les rythmes des autres, ce qui montre bien que la culture et l'art rapprochent les gens», a estimé Al-Bazei.

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Des troupes internationales ont participé à l'ouverture et à la parade du Festival international des arts du spectacle de la montagne de Qeman (Photo, Huda Bashatah/Arab News). 

Les anthropologues et les artistes considèrent la danse folklorique comme une forme de narration utilisant un langage universel.

«C'est comme l'art. Pour nous, il vit dans notre sang. Ce n'est pas seulement de l'histoire. C'est la vie et si vous venez à notre spectacle, vous verrez que les yeux de chaque danseur sont heureux. Danser, c'est notre bonheur», a déclaré Bachana Chanturia, directeur artistique de l'Ensemble national géorgien, à Arab News.

Le groupe a été créé à Soukhoumi sous l'égide du ministère de l'Éducation et de la Culture de la République autonome d'Abkhazie en 1931 sous le nom d'Apkhazeti. Il a ensuite déménagé à Tbilissi, en Géorgie, après la guerre de 1992.

Composé de 70 membres, le groupe utilise la musique et la danse pour mettre en valeur l'histoire de la Géorgie. Contrairement à la plupart des compagnies de danse traditionnelle de la région, l'ensemble innove le folklore traditionnel en intégrant de nouvelles tendances, de nouveaux concepts et de nouveaux modes de narration.

Lors du festival de Qemam, le groupe a présenté un spectacle de 20 minutes au palais historique de Chamsan, composé de trois danses — shvante, chamba et vazha — qui a sans doute suscité les plus grands applaudissements de tout le festival.

Grâce à des mouvements rapides et dynamiques, le spectacle de la troupe de danse mixte raconte l'histoire des Svanetians, un peuple de la région montagneuse de Svaneti dans le nord-ouest de la Géorgie, près de la frontière avec la Russie — une région du Caucase caractérisée par des pics de montagnes enneigés et des gorges profondes. 

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Un groupe international se produit lors du Festival international des arts de la montagne de Qeman à Abha (Photo, Huda Bashatah/Arab News). 

Le spectacle du groupe se transforme ensuite en une danse traditionnelle abkhaze, racontant l'histoire palpitante d'une course de chevaux à travers les montagnes, avec des vêtements équestres.

Cette danse est un emblème d'amour, de courage, de respect pour les femmes et de compétition à travers l'imitation de la faune de montagne. La routine se termine par la séquence de la montagne Vazha, originaire de la région de Khazbegi en Géorgie.

En Géorgie, les performances artistiques font partie intégrante du tissu social. Dès l'âge de 5 ou 6 ans, les enfants apprennent à danser, à chanter et à jouer des instruments de musique et sont ensuite encouragés à rejoindre l'un des nombreux groupes de danse professionnels.

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Des musiciens de diverses régions du monde participent au festival international de Qemam à Abha (Photo, Huda Bashatah/Arab News). 

Depuis la ville montagneuse de Baysun, en Ouzbékistan, l'ensemble de chant et de danse Navbakhor a apporté l'âme traditionnelle de la danse Baysun sur les sommets d'Abha.

«C'est une danse spéciale où ils imitent certains instruments, portent des chapeaux spéciaux et chaque mouvement a une idée. Ce n'est pas seulement une danse, c'est une philosophie de la région de l'Ouzbékistan», a déclaré à Arab News Alibek Kabdurakhmanov, qui dirige l'ensemble.

Sous l'égide de la Philharmonie d'État d'Ouzbékistan, le groupe s'emploie à populariser les arts musicaux et chorégraphiques du pays. Ses membres portent des vêtements traditionnels aux couleurs vives, fabriqués à partir de nuances colorées et brodés au fil d'or.

Selon Kabdurakhmanov, l'objectif du groupe est d'incarner l'énergie et le message universel de paix auxquels adhère le peuple de Baysun.

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Une artisane saoudienne présente son travail dans le cadre du festival à Abha (Photo, Huda Bashatah/Arab News). 

Kabdurakhmanov a félicité le ministère saoudien de la Culture d'avoir créé le festival des arts du spectacle en montagne et d'avoir accordé la priorité à la préservation du patrimoine culturel.

«Je crois que vous allez faire des choses très importantes», a souligné Kabdurakhmanov. «Lorsque les ressortissants ouzbeks vous rendront visite pour la première fois, ils verront votre histoire, vos traditions, votre culture et ils prendront une partie de vous pour la ramener dans notre pays.»

Il a ajouté: «Je pense que c'est la partie la plus importante du développement et les gens en Arabie saoudite verront d'autres cultures. C'est bon pour l'intégration.»

Un groupe monténégrin a présenté une danse intitulée «La danse du vieux Monténégro», représentant la mentalité de la région, communiquée par des mouvements d'oiseaux entre les sommets des montagnes.

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Une troupe monténégrine exécute «La danse du vieux Monténégro» (Photo, Huda Bashatah/Arab News). 

Dirigés par le directeur artistique Mirsad Ademovic, les membres de l'association culturelle et artistique monténégrine Ramadan Sarkic ont porté des costumes nationaux provenant de toute la région, dont plusieurs pièces de musée.

Le Monténégro lui-même est une nation multiculturelle, où vivent de nombreux Albanais et Bosniaques. L'incorporation de diverses identités a été cruciale pour maintenir la paix dans la région des Balkans, a expliqué Ademovic à Arab News.

Selon lui, le festival a donné l'occasion au Monténégro et à l'Arabie saoudite de se rapprocher par l'art de la narration.

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Des artistes saoudiens exécutent la danse traditionnelle de l'épée en tête de la parade lors de la journée d'ouverture du Festival international du Qemam à Abha (Photo, Huda Bashatah/Arab News). 

L'événement de cette année a présenté des danses folkloriques saoudiennes, notamment l'ardah, une forme d'arts martiaux performatifs largement pratiquée dans la région d'Asir et inspirée des batailles historiques, aujourd'hui réinventée comme un outil de narration.

«Le folklore est très apprécié par de nombreux spectateurs et visiteurs, car il leur transmet la nature remarquable de la région et de son passé», a déclaré à Arab News Abdellah al-Chaher, coordinateur du groupe ardah.

«Ces festivals préservent le patrimoine du Royaume en général et le transmettent aux générations futures et invitent tout le monde à faire partie des troupes participantes pour transmettre ce qu'ils ont hérité de leurs ancêtres», a-t-il soutenu.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Le président du Château de Versailles nommé à la tête du Louvre en crise

Christophe Leribault, président du domaine du Château de Versailles, pose lors d’une visite de presse des infrastructures des sites des Jeux olympiques et paralympiques de Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 à Versailles, le 29 mars 2024.
Christophe Leribault, président du domaine du Château de Versailles, pose lors d’une visite de presse des infrastructures des sites des Jeux olympiques et paralympiques de Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 à Versailles, le 29 mars 2024.
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  • Christophe Leribault prend la tête du Musée du Louvre après la démission de Laurence des Cars, fragilisée par le vol spectaculaire des joyaux de la Couronne et une crise sociale persistante
  • Défis majeurs à relever : sécurisation et modernisation du musée, restauration du dialogue social, gestion de la surfréquentation et pilotage du projet « Louvre Nouvelle Renaissance » annoncé par Emmanuel Macron

PARIS: Le musée parisien du Louvre change de tête: au lendemain de la démission de Laurence des Cars, Christophe Leribault, président du château de Versailles, a pris mercredi la tête du musée le plus visité au monde, dans la tourmente depuis le spectaculaire cambriolage du 19 octobre.

Ce conservateur général du patrimoine de 62 ans a été nommé à la présidence du Louvre en Conseil des ministres.

Il "aura à conduire des chantiers majeurs pour l'avenir de l'institution" comme  "la sécurisation et la modernisation", a déclaré la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon. Il devra également "restaurer un climat de confiance", a ajouté le ministère de la Culture, son autorité de tutelle.

Cet historien d'art arrive au Louvre dans un climat très lourd.

Sa présidente depuis fin 2021, Laurence des Cars, a démissionné mardi, emportée par les dysfonctionnements mis au jour par le vol de joyaux de la Couronne et la grève perlée des personnels qui grippe le musée parisien depuis la mi-décembre.

Dans ce contexte, Christophe Leribault aura pour mission de "sécuriser" et "moderniser" le musée, a indiqué la source.

Pour cela, le nouveau patron pourra s'appuyer sur sa forte expérience de la gestion d'institutions culturelles: avant Versailles, il a dirigé plusieurs musées parisiens, notamment le Petit Palais et le musée d'Orsay.

"Tenir la barre ne suffit pas. Il faut aussi pouvoir avancer. Et les conditions pour avancer ne sont plus réunies", a déclaré au quotidien Le Figaro Mme des Cars, à qui M. Leribault avait déjà succédé à la tête du musée d'Orsay fin 2021.

La pression était devenue trop forte pour la dirigeante, mise en très grande difficulté par une série de rapports ayant pointé la "sous-estimation chronique" des risques de vol au Louvre, l'obsolescence des dispositifs de sûreté et la priorisation donnée à des "opérations visibles et attractives" au détriment de la sécurité.

Laurence des Cars avait également dû admettre n'avoir découvert qu'après le cambriolage l'existence d'un audit alarmant sur la vulnérabilité de la galerie Apollon, dans laquelle les cambrioleurs se sont introduits en plein jour le 19 octobre pour s'emparer de huit bijoux d'une valeur de 88 millions d'euros.

- "Nouveau chapitre" -

Selon le ministère de la Culture, le départ de Laurence des Cars, effectif dès mercredi, "permettra au musée d'ouvrir un nouveau chapitre de son histoire".

Miné par la surfréquentation (quelque neuf millions de visiteurs par an) et des équipements vieillissants, le musée est par ailleurs confronté depuis la mi-décembre au plus long conflit social de son histoire.

Dénonçant leurs conditions de travail et l'absence de dialogue social, les personnels mènent une grève perlée qui a contraint le musée à rester fermé à quatre reprises, occasionnant quelque deux millions d'euros de pertes de recettes.

"On a besoin d'un apaisement social", a déclaré à l'AFP la déléguée CFDT au Louvre Valérie Baud, assurant que les discussions avec l'ancienne direction étaient dans "l'impasse".

Le nouveau patron du Louvre devra notamment s'attaquer à la gouvernance du Louvre, devenu un "Etat dans l'Etat" selon le député Alexandre Portier, qui préside une commission d'enquête sur la sécurité des musées.

L'exécutif se tourne vers le projet "Louvre Nouvelle Renaissance", le colossal chantier annoncé par Emmanuel Macron début janvier 2025, qui doit permettre de rénover le bâtiment existant et créer une nouvelle entrée et une nouvelle salle pour la Joconde.

Evalué à plus d'un milliard d'euros et contesté par les syndicats, ce projet a connu un récent revers avec le report sine die de la désignation du groupement d'architectes en charge d'une partie du chantier.


A l'IMA, Plongée dans l’histoire de Byblos, premier grand port international du monde antique

L’exposition rassemble près de 400 pièces majeures, dont l’obélisque d’Abishemou ou encore une mosaïque représentant l’enlèvement d’Europe. Issues notamment de tombes royales et de sanctuaires, ces œuvres — vaisselle d’or et d’argent, bijoux incrustés de pierres semi-précieuses, armes d’apparat — illustrent la richesse et le raffinement de la cour de Byblos au début du IIe millénaire av. J.-C. (IMA)
L’exposition rassemble près de 400 pièces majeures, dont l’obélisque d’Abishemou ou encore une mosaïque représentant l’enlèvement d’Europe. Issues notamment de tombes royales et de sanctuaires, ces œuvres — vaisselle d’or et d’argent, bijoux incrustés de pierres semi-précieuses, armes d’apparat — illustrent la richesse et le raffinement de la cour de Byblos au début du IIe millénaire av. J.-C. (IMA)
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  • Bien avant l’essor des grandes puissances antiques, Byblos reliait déjà la côte libanaise à l’Égypte, à la Mésopotamie et au monde égéen
  • Dès 3200 av. J.-C., elle s’impose comme l’un des principaux ports de la Méditerranée — un statut qu’elle conservera plus de deux mille ans

PARIS: Au cœur d’une exposition exceptionnelle, la cité millénaire de Byblos révèle son rôle fondateur dans l’histoire de la Méditerranée, entre commerce, diplomatie et naissance de l’écriture. Présentée à l’Institut du monde arabe, en partenariat avec la Direction Générale des Antiquités du Liban, avec la collaboration du musée du Louvre et sur une idée originale du musée des Antiquités de Leiden, cette manifestation retrace près de neuf millénaires d’histoire urbaine continue.

Une cité fondatrice du monde méditerranéen

Bien avant l’essor des grandes puissances antiques, Byblos reliait déjà la côte libanaise à l’Égypte, à la Mésopotamie et au monde égéen. Dès 3200 av. J.-C., elle s’impose comme l’un des principaux ports de la Méditerranée — un statut qu’elle conservera plus de deux mille ans. Cette position stratégique s’explique notamment par ses liens privilégiés avec les pharaons, fondés sur le commerce du cèdre, ressource précieuse recherchée pour la construction navale, les temples et les rites funéraires.

Implantée sur un promontoire dominant la mer, à quarante kilomètres au nord de Beyrouth, la ville constitue aujourd’hui l’un des plus anciens sites habités sans interruption au monde. Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, elle témoigne d’une évolution urbaine allant d’un village de pêcheurs né il y a plus de 9000 ans à une cité-État prospère de l’âge du Bronze.

400 trésors pour raconter une civilisation

L’exposition rassemble près de 400 pièces majeures, dont l’obélisque d’Abishemou ou encore une mosaïque représentant l’enlèvement d’Europe. Issues notamment de tombes royales et de sanctuaires, ces œuvres — vaisselle d’or et d’argent, bijoux incrustés de pierres semi-précieuses, armes d’apparat — illustrent la richesse et le raffinement de la cour de Byblos au début du IIe millénaire av. J.-C.

Plusieurs objets témoignent de l’influence directe de l’Égypte, certains ayant même été offerts par les pharaons Amenemhat III et Amenemhat IV. Les dépôts votifs du Temple aux Obélisques révèlent quant à eux un univers religieux foisonnant, peuplé de figurines en bronze parfois dorées, de haches rituelles et de poignards cérémoniels.

Une découverte archéologique majeure

Moment fort du parcours : la présentation des découvertes récentes issues des fouilles menées depuis 2019. Les archéologues ont mis au jour une nécropole intacte datant d’environ 1800 av. J.-C., appartenant à l’élite de la cité — une trouvaille exceptionnelle dans la région. Ces artefacts bouleversent déjà la compréhension des structures sociales et économiques de cette puissance maritime antique.

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Le site, exploré dès le XIXe siècle par l’érudit français Ernest Renan, continue ainsi de livrer ses secrets, confirmant que Byblos n’est pas seulement un vestige du passé, mais un laboratoire vivant de l’histoire méditerranéenne.

Une épopée toujours vivante

Au-delà de l’Antiquité, le parcours met également en lumière les périodes phénicienne, hellénistique, romaine et médiévale, jusqu’aux habitants actuels qui perpétuent la vie au cœur de la vieille ville. Cette continuité humaine fait de Byblos un rare exemple de cité où l’histoire ne s’est jamais interrompue.

Entre archéologie spectaculaire et récit civilisationnel, l’exposition offre ainsi une immersion dans l’une des plus anciennes aventures urbaines de l’humanité — celle d’une ville qui, bien avant les routes maritimes modernes, avait déjà fait de la Méditerranée un espace d’échanges, de cultures et d’idées.


Le film «Une bataille après l'autre» triomphe aux Bafta britanniques

Le prince William et la princesse Kate ont également répondu présents, après une semaine difficile pour la famille royale marquée par l'interpellation d'Andrew, le frère du roi Charles III, dans l'affaire Epstein. (AFP)
Le prince William et la princesse Kate ont également répondu présents, après une semaine difficile pour la famille royale marquée par l'interpellation d'Andrew, le frère du roi Charles III, dans l'affaire Epstein. (AFP)
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  • Les Bafta, souvent critiqués pour ne pas assez mettre en valeur les talents britanniques, ont aussi créé la surprise en distinguant le Britannique de 33 ans Robert Aramayo comme meilleur acteur dans la comédie dramatique "I Swear"
  • Très ému, cet acteur peu connu du public a battu le Franco-Américain Timothée Chalamet, pressenti pour ce trophée pour son rôle de joueur de ping-pong à l'ambition insatiable dans "Marty Supreme"

LONDRES: La fresque politique "Une bataille après l'autre" du cinéaste américain Paul Thomas Anderson est sortie dimanche grande gagnante des Bafta, les récompenses britanniques du cinéma, avec six prix dont meilleur film et meilleur réalisateur.

Le triomphe de cette tragicomédie sur la traque d'ex-révolutionnaires par des suprémacistes blancs, qui était nommée 14 fois, cimente son statut de favori aux Oscars, qui auront lieu le 15 mars à Los Angeles.

Interrogé lors d'une conférence de presse après sa victoire, Paul Thomas Anderson, dont le film fait écho aux récentes actions de la police de l'immigration (ICE) aux Etats-Unis, a souligné le besoin de "mener la révolution, sans violence si possible", et appelé les spectateurs à "garder espoir".

Les Bafta, souvent critiqués pour ne pas assez mettre en valeur les talents britanniques, ont aussi créé la surprise en distinguant le Britannique de 33 ans Robert Aramayo comme meilleur acteur dans la comédie dramatique "I Swear".

Très ému, cet acteur peu connu du public a battu le Franco-Américain Timothée Chalamet, pressenti pour ce trophée pour son rôle de joueur de ping-pong à l'ambition insatiable dans "Marty Supreme", grâce à son interprétation d'un jeune homme atteint du syndrome de Tourette, inspiré de l'Ecossais John Davidson.

Celui-ci était présent dans la salle, et le présentateur Alan Cumming a remercié le public pour sa compréhension, s'excusant si des spectateurs avaient été "offensés" par le "langage grossier" qu'ils avaient pu entendre, un phénomène qui "fait partie de la manière dont le syndrome de la Tourette se manifeste chez certaines personnes".

Un extrait de la cérémonie pendant lequel une insulte raciste, attribuée à M. Davidson, est lancée aux acteurs de "Sinners" Michael B. Jordan et Delroy Lindo lorsqu'ils remettent un prix sur scène est devenu viral dimanche soir sur les réseaux sociaux.

William et Kate 

La soirée des Bafta est l'une des plus glamour du calendrier londonien, et Leonardo DiCaprio, Jessie Buckley, Emma Stone, Timothée Chalamet ou Paul Mescal ont foulé le tapis rouge du centre culturel Southbank, sur les rives de la Tamise.

Le prince William et la princesse Kate ont également répondu présents, après une semaine difficile pour la famille royale marquée par l'interpellation d'Andrew, le frère du roi Charles III, dans l'affaire Epstein.

Il s'agissait de la première sortie officielle du prince depuis lors. Il a confié à des organisateurs de la soirée ne pas avoir vu le drame shakespearien "Hamnet", qui concourait dans 11 catégories: pour cela, "je dois être dans un état assez calme, ce qui n'est pas le cas pour le moment".

Ce drame-fiction de Chloé Zhao, qui explore le deuil du couple Shakespeare après la mort de leur fils, est reparti avec seulement deux récompenses: meilleur film britannique et meilleure actrice pour l'Irlandaise Jessie Buckley.

Cette actrice de 36 ans est la grande gagnante de la saison des prix et ultra-favorite aux Oscars.

A la croisée des genres entre horreur, film sur le blues et drame d'époque, "Sinners" de l'Américain Ryan Coogler (Black Panther), qui a remporté un record de 16 nominations aux Oscars, repart lui avec trois récompenses.

Paddington en vedette 

L'actrice britannico-nigériane Wunmi Mosaku a remporté le prix de la meilleure actrice dans un second rôle pour ce film d'époque teinté de fantastique dans l'Amérique ségrégationniste des années 1930.

"J'ai retrouvé une partie de moi-même en Annie, une partie de mes espoirs, de mon pouvoir ancestral et de mes liens, des aspects que je croyais avoir perdus (...) en tant qu'immigrante cherchant à m'intégrer", a déclaré l'interprète de 39 ans.

Depuis 2022, aucun acteur ou actrice britannique n'avait été sacré aux Bafta qui, depuis une réforme de son académie datant de 2020, fait élire ses gagnants par des votants au profil plus international.

Un changement qui s'est ressenti sur le palmarès, là où des cérémonies comme les César en France ou les Goya en Espagne valorisent davantage leur cinéma national.

"Valeur sentimentale", le film de Joachim Trier sur la relation douloureuse d'un père cinéaste avec ses filles, a remporté le prix du meilleur film non anglophone, une première pour un Norvégien.

Le plus célèbre des ours, Paddington, a lui aussi fait une apparition pour remettre la récompense pour le meilleur film pour les enfants et la famille, décrochée par l'Indien "Boong".