La rémunération des patrons, sujet explosif des prochaines assemblées générales

La rémunération du dirigeant prend de plus en plus compte des critères de responsabilité sociale des entreprises (RSE). Le Proxy Glass Lewis recommande par exemple de la réviser en cas de contentieux ou encore de détérioration du taux d'accidents du travail. (Photo d'illustration/AFP).
La rémunération du dirigeant prend de plus en plus compte des critères de responsabilité sociale des entreprises (RSE). Le Proxy Glass Lewis recommande par exemple de la réviser en cas de contentieux ou encore de détérioration du taux d'accidents du travail. (Photo d'illustration/AFP).
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Publié le Lundi 30 janvier 2023

La rémunération des patrons, sujet explosif des prochaines assemblées générales

  • La rémunération des patrons comprend une part fixe, une part variable annuelle définie par des critères et objectifs précis ainsi qu'une rémunération variable de long terme
  • Les attentes sur la corrélation entre performance et rémunération devraient se renforcer cette année, estiment les spécialistes

PARIS : "Sujet numéro un": face au choc de l'inflation, la rémunération des dirigeants va occuper le coeur des débats aux prochaines assemblées générales (AG) d'actionnaires, observent des professionnels impliqués dans la tenue de ces grands rendez-vous annuels pour les entreprises.

Cette année, où le pouvoir d'achat est en haut de l'actualité, "la rémunération va être le sujet numéro un" dans les AG du printemps et "la question sera de savoir si les dirigeants vont être augmentés ou pas", résume Bénédicte Hautefort, cofondatrice de Scalens, une fintech dédiée aux sociétés cotées.

"L'écart de l'échelle des salaires s'est creusé au cours des deux années précédentes en France" et "l'attention sur le pouvoir d'achat est telle que, si l'écart se creuse encore, cela posera un problème de communication et de présentation", prévient l'experte.

Des baisses de rémunération consenties pour certains dirigeants pendant la période du Covid ont donné lieu depuis à un rattrapage.

Après une hausse de 20% en 2021, la partie fixe de la rémunération des dirigeants (des entreprises cotées au CAC 40) a augmenté de 7% l'an dernier, selon des chiffres de Scalens. Le salaire moyen par tête a lui augmenté de 4,9% sur neuf mois en 2022, selon les chiffres de l'Urssaf.

Les dirigeants qui ont accordé des augmentations de salaires pourraient eux aussi prétendre à une hausse de rémunération prenant en compte l'inflation.

Selon un sondage Scalens/Avanty paru début décembre, 44% des entreprises prévoient d'augmenter la rémunération fixe de leur dirigeant en 2023 et 60% prévoient de modifier les critères de performance.

Justifier et expliquer

La rémunération fixe ne doit en principe être revue qu'à intervalle de temps relativement long, recommande le code de gouvernance Afep-Medef de décembre 2022.

"A chaque fois que la conjoncture change, on se met à changer les critères pour pouvoir arriver au résultat obtenu" et "faire plaisir au PDG", critique Diane Segalen, du cabinet Segalen et Associés, spécialisé dans la recherche de dirigeants/administrateurs.

A la place, elle juge préférable d'"essayer de militer pour une stabilité des critères une fois établis", "des éléments objectifs qu'on pourrait étudier dans la durée".

Proxinvest, une des agences de conseil de vote spécialisée dans les questions d'assemblées générales, qui analysent les résolutions et émettent des avis avant la tenue des AG, affiche "une vigilance accrue sur les rémunérations dans le contexte économique actuel".

La rémunération des patrons comprend une part fixe, une part variable annuelle définie par des critères et objectifs précis ainsi qu'une rémunération variable de long terme.

Les attentes sur la corrélation entre performance et rémunération devraient se renforcer cette année, estiment les spécialistes.

Ils insistent sur la nécessité d'un travail d'explication aux actionnaires et de présenter les propositions d'augmentation "au regard de celles concédées aux collaborateurs et des ratios d'équité" qui mesurent la différence entre le salaire médian et le plus haut salaire dans la société.

Le débat sur les primes exceptionnelles, une récompense qui correspond à des circonstances très particulières et qui vient généralement récompenser une opération stratégique inattendue, est déjà bien engagé.

"Il faudra qu'elles soient très argumentées. Plus que les autres années", anticipe Mme Hautefort, rappelant que l'an dernier déjà, certaines avaient été avalisées de mauvaise grâce.

Bannir la rémunération exceptionnelle ?

Doit-on bannir la rémunération exceptionnelle ? "On peut avoir des rémunérations exceptionnelles parfaitement justifiées. Mais ce qu'il faut éviter, ce sont les doublons de rémunérations", observe Cédric Lavérie, responsable de la recherche française chez le Proxy ISS, une agence de conseil de vote américaine.

Il n'est en effet pas rare qu'une récompense exceptionnelle soit votée pour motiver le dirigeant en vue d'une opération stratégique et que, l'année d'après, une hausse de rémunération soit de surcroît proposée, au motif que le défi a été relevé avec succès ou que l'entreprise a changé d'échelle, comme dans le cas d'une fusion-acquisition réussie.

La rémunération du dirigeant prend de plus en plus compte des critères de responsabilité sociale des entreprises (RSE). Le Proxy Glass Lewis recommande par exemple de la réviser en cas de contentieux ou encore de détérioration du taux d'accidents du travail. D'aucuns envisagent même la possibilité de révocation ou de retirer tout ou partie du bonus du patron en cas de défaillance ou mensonge au niveau RSE.


Liban: Macron condamne une "attaque inacceptable" contre une position de l'ONU

Le président français Emmanuel Macron photographié au palais de l’Élysée à Paris le 3 mars 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron photographié au palais de l’Élysée à Paris le 3 mars 2026. (AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron condamne une attaque contre une position de la Finul au sud du Liban et réaffirme le rôle stabilisateur de la force onusienne
  • Il exprime le soutien de la France à la souveraineté et à la sécurité de la Syrie, du Liban et de l’Irak, tout en appelant à éviter que le conflit régional ne s’étende

PARIS: Le président français Emmanuel Macron a condamné vendredi une "attaque inacceptable" contre une position de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) dans le sud du pays, après s'être entretenu avec ses homologues libanais Joseph Aoun et syrien Ahmad Al-Chareh.

"La France œuvre avec ses partenaires à éviter que le conflit ne se propage davantage dans la région", a affirmé sur le réseau social X le chef de l'Etat, soulignant le "rôle clé de stabilisation au sud du Liban" joué par la Finul.

Emmanuel Macron a assuré que son pays resterait "engagé" dans cette force qui compte quelque 700 Français et assuré que "la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Syrie et du Liban, comme de chaque pays dans la région, devait être respectée".

Une position de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul) a été ciblée vendredi dans le sud du pays, faisant des blessés parmi les Casques bleus ghanéens, selon l'Agence nationale d'information (Ani) libanaise, alors que la guerre déclenchée le week-end dernier par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran s'est étendue au Liban.

Israël a répliqué à des tirs du Hezbollah pro-iranien par des bombardements au Liban, notamment dans son fief de la partie sud de Beyrouth.

Le chef de l'Etat français a discuté auparavant avec le Premier ministre irakien Mohamed Chia al-Soudani, à qui il a exprimé la "pleine solidarité" de la France, après l'attaque par des drones de l'aéroport de Bassora et de deux installations pétrolières dans le sud de l'Irak.

"J'ai renouvelé mon appui à son action résolue pour que l'Irak ne soit pas entraîné dans le conflit", a-t-il ajouté, estimant que la stabilité de ce pays "est essentielle pour toute la région".

"La France soutient le plein respect de la souveraineté, de la sécurité, et de l’intégrité territoriale de l’Irak", a-t-il également assuré.

Le gouvernement irakien et le gouvernement de la région autonome du Kurdistan ont affirmé que l'Irak ne devait pas servir de base pour lancer des attaques contre des pays voisins, alors que des informations font état de la possibilité que des combattants kurdes traversent la frontière avec l'Iran.

L'Iran a menacé, pour sa part, de prendre pour cible "toutes les installations" de la région du Kurdistan en Irak si des combattants kurdes parvenaient à entrer sur le territoire de la République islamique.


Guerre au Moyen-Orient : le porte-avions français Charles de Gaulle est arrivé en Méditerranée

Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP. (AFP)
Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP. (AFP)
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  • Emmanuel Macron, qui estime que l'offensive américano-israélienne est menée "en dehors du droit international", avait assuré mardi que la France était dans une posture "strictement défensive"
  • Il a annoncé le déploiement d'importants moyens militaires, dont le porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée orientale car la France doit "prendre des dispositions pour sa sécurité, celle de ses ressortissants et de ses bases"

TARIFA: Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le bâtiment, qui a encore plusieurs jours de trajet devant lui avant d'être sur zone, était déployé dans le nord de l'Europe dans le cadre d'une mission de l'Otan quand le président français Emmanuel Macron a annoncé son envoi au Moyen-Orient.

Emmanuel Macron, qui estime que l'offensive américano-israélienne est menée "en dehors du droit international", avait assuré mardi que la France était dans une posture "strictement défensive".

Il a annoncé le déploiement d'importants moyens militaires, dont le porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée orientale car la France doit "prendre des dispositions pour sa sécurité, celle de ses ressortissants et de ses bases ainsi que celle de ses alliés dans la région".

La France est notamment liée par des accords de défense avec le Qatar, le Koweït et les Emirats.

 


La France "ne fait pas la guerre" au Moyen-Orient, assure le président Macron

Un écran diffusant l’allocution du président français, le président Emmanuel Macron, sur la guerre en Iran et ses répercussions au Moyen-Orient, depuis le palais de l’Élysée à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)
Un écran diffusant l’allocution du président français, le président Emmanuel Macron, sur la guerre en Iran et ses répercussions au Moyen-Orient, depuis le palais de l’Élysée à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)
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  • Le président Emmanuel Macron affirme que la France ne participe pas à la guerre au Moyen-Orient et n’a pas l’intention de s’y engager militairement
  • Paris renforce toutefois sa présence militaire pour protéger ses ressortissants, ses alliés et sécuriser les voies maritimes, tout en cherchant à jouer un rôle de médiateur entre Israël, les États-Unis et le Liban

PARIS: "On n'est pas au combat": le président français Emmanuel Macron a assuré jeudi soir sur Instagram que la France ne faisait "pas la guerre" au Moyen-Orient et qu'elle n'allait pas s'y "engager".

"Je comprends très bien et j'entends votre inquiétude mais je voulais être très clair", a-t-il dit en réponse à une internaute qui s'inquiétait des répercussions de l'offensive israélo-américaine en Iran.

"La France ne fait pas partie de cette guerre. Nous on n'est pas au combat et on ne va pas s’engager dans cette guerre", a déclaré le chef de l'Etat.

"La France ne fait pas la guerre dans cette région. Elle protège les Françaises et les Français, les alliés et elle est aux côtés du Liban", a-t-il ajouté.

La France, ex-puissance mandataire au Liban, garde un attachement fort avec ce pays, où elle dispose encore de leviers d'action et ambitionne de continuer à jouer un rôle. Le Liban constitue de fait un de ses derniers relais d'influence historiques dans la région.

Le pays a envoyé des renforts militaires au Proche et Moyen-Orient - dont le porte-avions Charles de Gaulle - pour protéger ses ressortissants, ses alliés touchés en représailles par l'Iran, les aider "à intercepter les drones, les missiles", a expliqué Emmanuel Macron.

"De manière tout à fait pacifique on est en train de se mobiliser pour essayer de sécuriser le trafic maritime", a-t-il poursuivi.

Le président a annoncé mardi qu'il cherchait à bâtir une coalition afin de sécuriser les "voies maritimes essentielles à l'économie mondiale" dans la région.

"On essaiera d'être les plus raisonnables et les plus pacifiques possible parce que c’est le rôle de la France", a-t-il ajouté.

Comme lors de la dernière campagne de frappes israéliennes visant à détruire les capacités du Hezbollah en 2024, Emmanuel Macron tente de nouveau de faire office de médiateur entre Israël, les Etats-Unis et le Liban.

Après des échanges mercredi avec Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, puis de nouveau jeudi avec les principaux acteurs libanais, il a annoncé vouloir "établir un plan en vue de mettre un terme aux opérations militaires" du Hezbollah et Israël.