Iran: Amnistie de nombreux condamnés, arrestation d'une journaliste

Les manifestants scandent «Les prisonniers politiques doivent être libérés» lors d'une marche dans la ville de Zahedan, dans le sud-est de l'Iran. (Dossier/AFP)
Les manifestants scandent «Les prisonniers politiques doivent être libérés» lors d'une marche dans la ville de Zahedan, dans le sud-est de l'Iran. (Dossier/AFP)
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Publié le Lundi 06 février 2023

Iran: Amnistie de nombreux condamnés, arrestation d'une journaliste

  • Le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, «a accepté de gracier et de réduire la peine d'un nombre important d'accusés en lien avec des incidents récents ou ayant été condamnés» dans d'autres affaires, indique le communiqué
  • Par ailleurs, la cheffe du service société du quotidien Ham Mihan, Elnaz Mohammadi, «a été arrêtée dimanche à Téhéran après sa convocation», a indiqué le journal réformateur Shargh sur son site, sans plus de précision

TÉHÉRAN : L'Iran va gracier ou commuer les peines d'emprisonnement d'un nombre important de condamnés, dont certains arrêtés lors des récentes manifestations, à l'occasion d'une fête nationale, selon un communiqué publié dimanche.

Par ailleurs, une journaliste a été arrêtée et un autre condamné à une peine de prison, a annoncé un média local.

Le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, "a accepté de gracier et de réduire la peine d'un nombre important d'accusés en lien avec des incidents récents ou ayant été condamnés" dans d'autres affaires, indique le communiqué publié sur le site de M. Khamenei.

Des milliers de personnes ont été arrêtées pour leur implication présumée dans le mouvement de contestation déclenché par la mort le 16 septembre de Mahsa Amini, une Kurde iranienne âgée de 22 ans.

Le communiqué ne précise pas le nombre des personnes concernées par cette mesure annoncée à l'occasion du 44e anniversaire de la victoire de la Révolution islamique en février 1979. "Des dizaines de milliers" de détenus sont susceptibles d'en bénéficier, selon des médias.

L'ayatollah Khamenei accorde régulièrement des grâces collectives lors des grandes fêtes religieuses ou nationales, en accord avec la justice.

Sont exclus de l'amnistie les "accusés d'espionnage, de meurtres et de blessures intentionnelles, de destruction et d'incendie contre des installations gouvernementales, militaires et publiques", selon le communiqué.

De son côté, l'autorité judiciaire a annoncé sur son site Mizan Online que les individus arrêtés en lien au mouvement de protestations ne seront relâchés que s'ils signent une "déclaration de remords et un engagement écrit de ne pas répéter un crime intentionnel similaire".

Par ailleurs, la cheffe du service société du quotidien Ham Mihan, Elnaz Mohammadi, "a été arrêtée dimanche à Téhéran après sa convocation", a indiqué le journal réformateur Shargh sur son site, sans plus de précision.

Mme Mohammadi est la sœur de la journaliste de Ham Mihan, Elaheh, détenue depuis septembre dans la prison d'Evine à Téhéran.

L'Autorité judiciaire a inculpé Elaheh Mohammadi en novembre de "propagande contre le système" et "complot contre la sécurité nationale" pour avoir couvert l'affaire Mahsa Amini.

La justice a en outre condamné à un an de prison le journaliste Hossein Yazdi, incarcéré depuis le 5 décembre à Ispahan (centre), a indiqué Shargh.

M. Yazdi était le directeur du site d'actualité politique Mobin 24 basé dans cette ville.

L'Association des journalistes de Téhéran a indiqué début janvier que plus de 30 journalistes iraniens étaient toujours incarcérés en lien avec les manifestations.

Fin octobre, plus de 300 journalistes et photojournalistes iraniens avaient critiqué dans une lettre ouverte les autorités pour avoir "arrêté (leurs) confrères et pour les avoir privés de leurs droits", notamment l'"accès à leurs avocats".


Liban: 13 morts dans des frappes israéliennes sur le sud

Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
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  • Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, dont des civils (femmes et enfants), malgré un cessez-le-feu en vigueur
  • Depuis la reprise des hostilités le 2 mars entre Israël et le Hezbollah, plus de 2 600 personnes ont été tuées, dont des secouristes, suscitant de vives critiques humanitaires

BEYROUTH: Des frappes israéliennes sur le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, a rapporté le ministère libanais de la Santé dans un nouveau bilan.

Selon un communiqué du ministère, huit personnes, parmi lesquelles un enfant et deux femmes, ont été tuées et 21 autres blessées, dont deux enfants et une femme, dans des frappes sur le village d'Habboush, que l'armée israélienne avait appelé à évacuer malgré un cessez-le-feu.

L'agence de presse officielle libanaise (ANI) a rapporté "une série de frappes intenses (...) un peu moins d'une heure après l'avertissement" israélien.

A Habboush, un photographe de l'AFP a vu des volutes de fumée s'élever à la suite des bombardements.

Une autre frappe sur le village de Zrariyé, dans la région de Saïda, a par ailleurs fait quatre morts, dont deux femmes, et quatre blessés dont un enfant et une femme, a précisé le ministère dans la soirée.

Selon la même source, une femme a été tuée et sept personnes ont été blessées dans le district de la ville côtière de Tyr.

L'ANI avait auparavant fait état d'autres frappes et de tirs d'artillerie sur d'autres localités du Sud en dépit du cessez-le-feu entre le Hezbollah pro-iranien et Israël en vigueur depuis le 17 avril.

- Secouristes tués -

Jeudi, 17 personnes avaient été tuées dans des frappes sur le Sud, où l'armée israélienne a établi une zone de 10 km de profondeur à partir de la frontière, interdite d'accès à la presse et à la population, et effectue des opérations de démolition.

Des destructions ont ainsi été rapportées à Shamaa mais également à Yaroun, où un monastère, une école privée, des maisons, des commerces et des routes ont été démolies, selon l'agence ANI.

Israël affirme vouloir protéger sa région nord du Hezbollah, qui continue de revendiquer des attaques contre des positions israéliennes au Liban et, plus rarement, contre le territoire israélien.

L'armée israélienne a indiqué dans la nuit de vendredi à samedi avoir intercepté quatre "cibles aériennes" qui se dirigeaient vers le nord d'Israël, sans préciser leur provenance.

En vertu de l'accord de cessez-le-feu, Israël se réserve "le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours", une clause que le Hezbollah conteste.

Selon le ministère libanais de la Santé, plus de 2.600 personnes ont été tuées depuis la reprise des hostilités entre le Hezbollah et Israël, le 2 mars, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

D'après cette source, 103 secouristes font partie des morts.

"Qu'une personne qui tente de sauver des vies, d'apaiser la souffrance humaine, puisse être ciblée (...) c'est une chose que je trouve absolument inacceptable", a affirmé à des journalistes près de Beyrouth le secrétaire général adjoint de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FIRC), Xavier Castellanos.


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.