Chez La France insoumise, deux meetings et une discorde

Les syndicalistes de la Confédération générale du travail (CGT) participent à une opération de ralentissement contre la réforme des retraites, près de l'aéroport de Nantes à Bouguenais, dans l'ouest de la France, le 16 février 2023. (AFP).
Les syndicalistes de la Confédération générale du travail (CGT) participent à une opération de ralentissement contre la réforme des retraites, près de l'aéroport de Nantes à Bouguenais, dans l'ouest de la France, le 16 février 2023. (AFP).
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Publié le Jeudi 16 février 2023

Chez La France insoumise, deux meetings et une discorde

  • Après une flambée des tensions sur la scène publique en décembre, les désaccords avaient été mis sous le tapis pour privilégier l'union contre le gouvernement dans la séquence des retraites, capitale pour la gauche
  • Mais la préparation, dès janvier, par Raquel Garrido d'un meeting dans sa circonscription de Seine-Saint-Denis, avec François Ruffin, Clémentine Autain, Alexis Corbière ou encore Eric Coquerel n'avait rien d'innocent

PARIS: Jean-Luc Mélenchon à Montpellier, des figures de "la fronde" à Bobigny: la fracture née de la réorganisation de La France insoumise refait surface en pleine réforme des retraites, avec deux meetings organisés jeudi soir par le mouvement.

Après une flambée des tensions sur la scène publique en décembre, les désaccords avaient été mis sous le tapis pour privilégier l'union contre le gouvernement dans la séquence des retraites, capitale pour la gauche.

Mais la préparation, dès janvier, par Raquel Garrido d'un meeting dans sa circonscription de Seine-Saint-Denis, avec François Ruffin, Clémentine Autain, Alexis Corbière ou encore Eric Coquerel n'avait rien d'innocent.

Toutes ces personnalités ont pour point commun d'avoir été tenues à l'écart de la nouvelle "coordination" du mouvement chapeautée par Manuel Bompard, très proche de Jean-Luc Mélenchon.

"C'est idiot de se passer de ces personnes" dans notre combat contre le report de l'âge de la retraite à 64 ans, confie Raquel Garrido à l'AFP.

La réunion de Bobigny n'est pas du goût du leader des Insoumis, trois fois candidat à la présidentielle. Il sera en meeting au Corum de Montpellier... également jeudi soir, une rebuffade évidente du tribun qui ne laisse jamais rien au hasard.

"Quelle coïncidence! Bien sûr qu'il le fait exprès", s'exclame avec ironie un des "frondeurs".

Les propos de Jean-Luc Mélenchon, qui a ironisé dans la presse sur ceux qui n'ont rien "à mettre en avant, à part le fait qu’ils me connaissent depuis longtemps", agacent aussi. "J’ai entendu le message (... ) j’essaie donc de faire autre chose", relève un cadre, qui sera présent à Bobigny.

Ligne de crête 

Les "frondeurs" ne limitent pas leurs critiques à leur absence de la direction de La France insoumise. Ils s'interrogent plus globalement sur un mouvement tout entier consacré à l'efficacité, au détriment de la démocratie interne.

Et cherchent aussi à asseoir leur popularité réelle auprès des militants pour s'assurer de ne pas être marginalisés voire débarqués, comme d'autres franges de LFI par le passé.

Pour Matthias Tavel, député et proche de Jean-Luc Mélenchon, "ce n’est pas une rupture politique et stratégique, personne dit +il faut arrêter la Nupes+ comme au PS".

Néanmoins, observe M. Tavel, en vue de la présidentielle de 2027 "on n’a pas forcément la même manière de voir comment on gagne: certains pensent que c’est en restant homogènes", comme Manuel Bompard; "d’autres que c’est le pluralisme et la démocratie interne qui vont nous faire grandir", tels Clémentine Autain et Alexis Corbière; enfin d’autres "pensent qu’il faut surtout aller chercher ceux qui ne votent pas ou votent pour l'extrême droite", François Ruffin par exemple.

Récemment, celui-ci confiait à l'AFP "espérer que Mélenchon fasse tout pour aider les suivants" à la présidentielle de 2027, à laquelle le fondateur de LFI a assuré ne pas vouloir se présenter.

Le tribun résume sa ligne de crête: "Il ne faut ni me demander de me remettre au poste de pilotage, ni attendre de moi que je ne m'intéresse plus à rien".

Reste qu'aucune concession n'a pour l'instant été entérinée, malgré les réunions qui ont eu lieu en janvier pour remédier à la crise interne.

Un des participants au meeting de Bobigny observe, fataliste: "Jean-Luc a l’appareil. Nous on a baissé le pavillon. Si tu as un gros paquet par terre et qu'il n'y a pas de poignées, tu fais comment ? Beaucoup de copains partagent notre critique mais ne veulent pas casser la vaisselle".

Si à Bobigny, les organisateurs ont invité des membres de la Nupes, comme Boris Vallaud pour le PS, Jean-Luc Mélenchon s'exprimera au côté des trois députés Insoumis de l'Hérault, élus pour la première fois en juin: Sylvain Carrière, Nathalie Oziol et Sébastien Rome.


Le porte-avions français passe le canal de Suez, en route vers la région du Golfe

Le canal de Suez, photo d'illustration. (AFP)
Le canal de Suez, photo d'illustration. (AFP)
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  • Cette potentielle mission de sécurisation, qui ne pourrait être déclenchée qu'une fois que les hostilités auront cessé, se veut "neutre" et "bien distincte des belligérants" avait affirmé mi-avril le président français
  • Les "plus de 40 pays" qui y participent ont entamé une planification militaire à Londres, selon le ministère des Armées

PARIS: Le porte-avions français Charles-De-Gaulle et son escorte franchissent, mercredi, le canal de Suez pour se prépositionner dans la région du Golfe en cas de déclenchement d'une mission, promue par Londres et Paris, pour rétablir la navigation dans le détroit d'Ormuz, a annoncé le ministère des Armées.

"Le porte-avions Charles-De-Gaulle et ses escorteurs franchissent le canal de Suez mercredi 6 mai 2026, en route vers le sud de la mer Rouge", affirme le ministère dans un communiqué.

Cette décision vise "à réduire les délais de mise en œuvre de cette initiative dès que les circonstances le permettront", ajoute-il.

Le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Keir Starmer sont à l'origine d'une initiative pour sécuriser la navigation dans le détroit, bloqué depuis le début du conflit opposant l'Iran aux Etats-Unis et à Israël le 28 février.

Cette potentielle mission de sécurisation, qui ne pourrait être déclenchée qu'une fois que les hostilités auront cessé, se veut "neutre" et "bien distincte des belligérants" avait affirmé mi-avril le président français.

Les "plus de 40 pays" qui y participent ont entamé une planification militaire à Londres, selon le ministère des Armées.

"Le mouvement du groupe aéronaval est distinct des opérations militaires initiées dans la région et complète le dispositif sécuritaire", a réaffirmé mercredi le ministère.

Sa présence à proximité du Golfe va permettre "d'évaluer l'environnement opérationnel régional par anticipation du déclenchement de l’initiative" et "d'offrir des options supplémentaires de sortie de crise pour renforcer la sécurité de la région", selon lui.

Le groupe aéronaval français doit également permettre d'"intégrer les moyens des pays qui veulent inscrire leur action dans un dispositif défensif et adapté, respectueux de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer", ajoute-t-il.

Le porte-avions, qui embarque une vingtaine d'avions de combat Rafale et est escorté de plusieurs frégates, a appareillé fin janvier de Toulon pour un déploiement dans l'Atlantique Nord.

Il a été redirigé le 3 mars vers la Méditerranée orientale, où il se trouvait depuis, pour défendre les intérêts français et les pays alliés frappés par la riposte iranienne aux attaques israélo-américaines.

Le blocage du détroit d'Ormuz a continué malgré un cessez-le-feu entré en vigueur le 8 avril. Washington a en retour imposé un blocus des ports iraniens puis lancé lundi l'opération Project Freedom ("Projet Liberté") pour permettre à des centaines de bateaux coincés dans le Golfe de franchir le détroit. Cette opération a été suspendue mercredi.


CMA CGM confirme qu'un de ses porte-conteneurs a été touché dans le détroit d'Ormuz

 Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM. (AFP)
Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM. (AFP)
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  • L'agence de sécurité maritime britannique UKTMO avait rapporté qu'un cargo avait été touché mardi vers 18H30 GMT par un "projectile d'origine inconnue" dans le détroit d'Ormuz, sans l'identifier
  • L'armateur précise qu'il suit la situation de près et qu'il reste pleinement mobilisé aux côtés de l'équipage

PARIS: Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM.

L'attaque a fait des "blessés parmi les membres d'équipage" qui ont été "évacués et soignés", et a occasionné des "dommages" au navire, a ajouté CMA CGM dans un bref communiqué à l'AFP.

L'agence de sécurité maritime britannique UKTMO avait rapporté qu'un cargo avait été touché mardi vers 18H30 GMT par un "projectile d'origine inconnue" dans le détroit d'Ormuz, sans l'identifier.

L'armateur précise qu'il suit la situation de près et qu'il reste pleinement mobilisé aux côtés de l'équipage.

L'attaque a eu lieu au lendemain du "projet Liberté" lancé par Donald Trump pour escorter les navires bloqués dans le Golfe afin de les aider à quitter le détroit d'Ormuz.

Mais l'opération d'escorte a été arrêtée dès mardi au bout d'un jour seulement par le même Donald Trump, dans le but de parvenir à un accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Le président américain a déclaré sur sa plateforme Truth Social que "de grands progrès" avaient été réalisés dans les négociations, et que le "Projet liberté" serait suspendu "pendant une courte période" pour voir si un accord pouvait "être finalisé et signé".


Pour Glucksmann, «il est bien trop tôt pour se déclarer candidat»

Toujours hostile à une primaire à gauche, Raphaël Glucksmann juge "qu'il est bien trop tôt pour se déclarer candidat" à la présidentielle et assure que la gauche non mélenchoniste sera "suffisamment adulte" pour désigner "le meilleur candidat". (AFP)
Toujours hostile à une primaire à gauche, Raphaël Glucksmann juge "qu'il est bien trop tôt pour se déclarer candidat" à la présidentielle et assure que la gauche non mélenchoniste sera "suffisamment adulte" pour désigner "le meilleur candidat". (AFP)
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  • Dans ce rassemblement, "on se met d'accord sur le fond (du projet), ensuite on crée une équipe et on désigne le candidat ou la candidate la mieux placée (...) Et on sera suffisamment adulte pour qu'il y en ait qu'un ou une", a-t-il affirmé
  • Il a répété son hostilité à une primaire à gauche, qui a été une nouvelle fois défendue mardi soir dans un meeting à Paris par ses partisans comme Clémentine Autain, François Ruffin, Marine Tondelier ou Olivier Faure

PARIS: Toujours hostile à une primaire à gauche, Raphaël Glucksmann juge "qu'il est bien trop tôt pour se déclarer candidat" à la présidentielle et assure que la gauche non mélenchoniste sera "suffisamment adulte" pour désigner "le meilleur candidat".

"Il est bien trop tôt pour se déclarer candidat. Ce qui m'obsède, c'est que la ligne politique que je porte soit capable de gagner l'élection présidentielle", a déclaré mercredi sur France 2 l'eurodéputé Place publique, le mieux placé selon les sondages pour porter une candidature de centre-gauche.

Il a défendu la démarche de "rassemblement" initiée par une quarantaine d'élus de la gauche et des écologistes, dont le patron des députés PS Boris Vallaud et l'écologiste Yannick Jadot.

Dans ce rassemblement, "on se met d'accord sur le fond (du projet), ensuite on crée une équipe et on désigne le candidat ou la candidate la mieux placée (...) Et on sera suffisamment adulte pour qu'il y en ait qu'un ou une", a-t-il affirmé.

Il a répété son hostilité à une primaire à gauche, qui a été une nouvelle fois défendue mardi soir dans un meeting à Paris par ses partisans comme Clémentine Autain, François Ruffin, Marine Tondelier ou Olivier Faure.

"La malédiction de la gauche, c'est de ne parler qu'à la gauche", a-t-il expliqué. Pendant que la gauche fait une primaire, "Jean-Luc Mélenchon parlera aux Français, Jordan Bardella parlera aux Français".

Il a jugé "parfaitement normale" la candidature du leader insoumis "parce qu'en fait, nous incarnons des lignes totalement différentes".

"Donc il n'y aura pas de cris d'orfraie de ma part. C'est tout à fait logique qu'il y ait deux offres politiques qui s'affrontent quand il y a deux visions du monde qui s'affrontent", a-t-il estimé.