Les dissidents iraniens sous les projecteurs de la Berlinale

Zar Amir Ebrahimi, qui a quitté son pays après la diffusion d'une vidéo intime engendrant humiliations et scandales, est une "victime de ce système patriarcal iranien, comme l'était Reyhaney Jabarri", juge la réalisatrice allemande (Photo, Instagram: @gbgfilmfestival).
Zar Amir Ebrahimi, qui a quitté son pays après la diffusion d'une vidéo intime engendrant humiliations et scandales, est une "victime de ce système patriarcal iranien, comme l'était Reyhaney Jabarri", juge la réalisatrice allemande (Photo, Instagram: @gbgfilmfestival).
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Publié le Dimanche 19 février 2023

Les dissidents iraniens sous les projecteurs de la Berlinale

  • Certains, comme les actrices Golshifteh Farahani et Zar Amir Ebrahimi, qui vivent en France, avaient les larmes aux yeux
  • Le festival berlinois veut «donner une voix aux gens en Iran» lors de cette 73ᵉ édition

BERLIN: La Berlinale braque ses projecteurs sur le combat pour la liberté des citoyens en Iran avec une manifestation de soutien sur son tapis rouge samedi et la diffusion de nombreux films de cinéastes dissidents.

Quelque six mois après le début des contestations contre le régime de Téhéran, le festival berlinois veut "donner une voix aux gens en Iran" lors de cette 73ᵉ édition, souligne auprès de l'AFP la codirectrice Mariette Rissenbeek.

Avec le slogan "Jin, Jiyan, Azadi" (femmes, vie, liberté, nldr) écrit en énormes lettres vertes et bleues sur l'écran de la Berlinale, une cinquantaine de cinéastes, scénaristes, acteurs iraniens en exil ont brandi des pancartes appelant à libérer des contestataires emprisonnés.

Certains, comme les actrices Golshifteh Farahani et Zar Amir Ebrahimi, qui vivent en France, avaient les larmes aux yeux.

"Dans une dictature comme l'Iran, l'art (...) est quelque chose d'essentiel, c'est comme de l'oxygène", avait déclaré jeudi Golshifteh Farahani, vue à Hollywood notamment dans le film "Paterson". Elle est cette année membre du Jury de la Berlinale.

"Nous espérons que main dans la main, nous pouvons changer quelque chose à travers le cinéma", a dit à l'AFP Zar Amir Ebrahimi, prix d'interprétation féminine l'an dernier à Cannes pour les "Nuits de Mashhad".

«Système patriarcal»

L'actrice joue un rôle central dans deux documentaires présentés à la Berlinale sur la dissidence iranienne.

Dans "Sept hivers à Téhéran" de l'Allemande Steffi Niederzoll, elle prête sa voix à Reyhaney Jabarri, devenue symbole de la lutte pour les droits des femmes en Iran.

Condamnée à mort pour le meurtre d'un homme qui l'avait selon elle agressée sexuellement quand elle avait 19 ans, elle a été exécutée par pendaison en 2014.

A partir d'images filmées clandestinement, d'enregistrements téléphoniques, de lettres et de l'agenda qu'elle a tenus en prison de 2007 à 2014, le film raconte le vain combat de sa famille pour la sauver.

Zar Amir Ebrahimi, qui a quitté son pays après la diffusion d'une vidéo intime engendrant humiliations et scandales, est une "victime de ce système patriarcal iranien, comme l'était Reyhaney Jabarri", juge la réalisatrice allemande, dans une interview à l'AFP.

"Je n'ai pas collaboré avec ce système, exactement comme Reyhaney", confie Zar Amir Ebrahimi.

L'actrice livre également une part de sa propre histoire dans le documentaire "Mon pire ennemi" du réalisateur iranien Mehran Tamadon, qui vit aussi en exil en France.

Le film la place dans le rôle de l'oppresseur puisqu'elle incarne un agent du régime faisant subir un interrogatoire au cinéaste. Elle lui ordonne de se dévêtir, puis le fait sortir en caleçon dans la rue après l'avoir douché.

Mehran Tamadon, tout comme l'actrice, ont dans la vraie vie vécu ces épisodes d'humiliation infligés par les autorités iraniennes.

Parmi les autres oeuvres de cinéastes iraniens montrés à Berlin, le film d'animation La Sirène, réalisé par Sepideh Farsi. Il raconte l'histoire de Omid un adolescent de 14 ans resté avec son grand-père à Abadan, capitale de l'industrie iranienne du pétrole, assiégée par l'armée irakienne en 1980 au début de la guerre Iran-Irak.

"C'était un tournant dans l'histoire de l'Iran, comme on vit actuellement un tournant avec la +révolution+ actuelle", a déclaré Sepideh Farsi lors d'une conférence de presse à Berlin.

Par le passé, la Berlinale a décerné sa plus haute distinction, l'Ours d'or, à de nombreux grands noms du cinéma iranien, dont Asghar Farhadi ("Une séparation"), Jafar Panahi ("Taxi") et Mohammad Rasoulof ("There Is No Evil").


La tapisserie de Bayeux n'a subi "aucune altération visible" pendant son transfert à Londres

La ministre française de la Culture, Catherine Pégard (au centre), observe la tapisserie de Bayeux lors de son dévoilement au British Museum, le 17 juillet 2026, une semaine après son arrivée de France. Cette œuvre du XIe siècle, qui retrace la conquête normande de l'Angleterre en 1066, sera exposée pour la première fois au Royaume-Uni à partir de septembre. (AFP)
La ministre française de la Culture, Catherine Pégard (au centre), observe la tapisserie de Bayeux lors de son dévoilement au British Museum, le 17 juillet 2026, une semaine après son arrivée de France. Cette œuvre du XIe siècle, qui retrace la conquête normande de l'Angleterre en 1066, sera exposée pour la première fois au Royaume-Uni à partir de septembre. (AFP)
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  • La tapisserie de Bayeux est arrivée au British Museum sans dommage visible après son transport exceptionnel depuis la France
  • Elle sera exposée à Londres du 10 septembre 2026 au 11 juillet 2027 avant son retour à Bayeux pour une rénovation

PARIS: 

La tapisserie de Bayeux a été extraite jeudi à Londres de son caisson dans lequel elle avait été acheminée la semaine dernière et n'a subi "aucune altération visible" pendant ce voyage, a affirmé à l'AFP une responsable du ministère de la Culture français.

"Je suis en mesure de vous confirmer qu'il n'y a eu aucune altération visible et que la tapisserie a bien voyagé", a déclaré Delphine Christophe, directrice générale des patrimoines et de l'architecture, depuis le British Museum de Londres.

A l'issue d'une opération à hauts risques pour sa conservation, cette broderie millénaire de près de 70 mètres de long avait été acheminée le 10 juillet au British Museum pour un prêt d'un an décidé en 2025 par le président français Emmanuel Macron.

Transportée à Londres sous haute surveillance et par camion depuis l'ouest de la France, la tapisserie du XIe siècle avait jusque-là été maintenue dans son double caisson spécialement conçu pour limiter les vibrations et maintenir une température et un taux d'humidité constants.

Elle en a été extraite jeudi pour être entièrement déployée, selon la responsable française. "L'extraction s'est très bien passée et mobilise plusieurs dizaines de personnes", a détaillé Mme Christophe, précisant que l'opération impliquait notamment des équipes française et britannique de conservateurs.

Un constat plus précis doit prochainement être fait par les conservateurs pour s'assurer de l'état de la tapisserie, mais Mme Christophe s'est montrée confiante. "S'il y avait eu un problème, on l'aurait constaté parce qu'on l'a vue en totalité, complètement déployée", a-t-elle affirmé.

Ce transfert historique vers Londres avait donné des sueurs froides à certains experts et défenseurs du patrimoine en France qui redoutaient la dégradation irréversible d'une œuvre déjà fragilisée par 30 déchirures non stabilisées et près de 10.000 trous.

La ministre de la Culture française Catherine Pégard est attendue vendredi au British Museum, où la tapisserie sera exposée au public, à plat, du 10 septembre 2026 au 11 juillet 2027.

A son retour en France courant 2027, cette œuvre, qui décrit la conquête de l'Angleterre par Guillaume le Conquérant en 1066, regagnera son musée de Bayeux (ouest de la France) et devra faire l'objet en 2028 d'une rénovation plusieurs fois repoussée par le passé.


Un rare manuscrit du Coran exposé à La Mecque

Un rare manuscrit du Saint Coran est l’une des principales attractions de l’exposition « Iqra ». (SPA) 
Un rare manuscrit du Saint Coran est l’une des principales attractions de l’exposition « Iqra ». (SPA) 
Un rare manuscrit du Saint Coran est l’une des principales attractions de l’exposition « Iqra ». (SPA) 
Un rare manuscrit du Saint Coran est l’une des principales attractions de l’exposition « Iqra ». (SPA) 
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  • Le manuscrit figure parmi les principales attractions de l’exposition, mettant en lumière le soin accordé par les musulmans au Saint Coran à travers les siècles

LA MECQUE : Un rare manuscrit du Saint Coran attire les visiteurs de l’exposition « Iqra », organisée par la Présidence des Affaires religieuses de la Grande Mosquée et de la Mosquée du Prophète, au complexe du King Abdulaziz Endowment.

Ce manuscrit constitue l’une des principales attractions de l’exposition, illustrant l’attention et le respect portés par les musulmans au Saint Coran à travers les âges.

L’exposition présente un exemplaire rare du Saint Coran réalisé il y a plus de 1 000 ans par le célèbre calligraphe Ali bin Hilal, connu sous le nom d’Ibn Al-Bawwab. 

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Un rare manuscrit du Saint Coran est l’une des principales attractions de l’exposition « Iqra ». (SPA)

Le manuscrit est exposé aux côtés d’un index scientifique et d’une analyse de sa calligraphie et de ses enluminures, permettant aux visiteurs d’en découvrir la valeur historique et artistique, tout en retraçant l’évolution de la calligraphie arabe et de l’ornementation islamique au fil des siècles.

Le manuscrit est considéré comme l’un des plus rares manuscrits islamiques en raison de son exceptionnelle valeur scientifique, artistique et historique. Seuls deux exemplaires connus subsistent dans le monde, témoignant de la place éminente qu’occupe le Saint Coran à travers l’histoire islamique.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le Musée national Zayed présélectionné pour le prix du World Architecture Festival 2026

Conçu par Foster + Partners, sous la direction de l’architecte lauréat du prix Pritzker Norman Foster, le musée se distingue par une architecture inspirée de la fauconnerie. (Fourni)
Conçu par Foster + Partners, sous la direction de l’architecte lauréat du prix Pritzker Norman Foster, le musée se distingue par une architecture inspirée de la fauconnerie. (Fourni)
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  • Le musée retrace l’histoire des Émirats arabes unis et les valeurs de leur fondateur disparu
  • L’architecture distinctive du bâtiment s’inspire de la fauconnerie

DUBAÏ : Le Musée national Zayed des Émirats arabes unis, situé à Abou Dhabi, a été présélectionné dans la catégorie Bâtiments achevés – Culture du World Architecture Festival 2026, aux côtés de 18 autres projets venus du monde entier.

Le festival, qui récompense les réalisations architecturales les plus remarquables à l’échelle internationale, se tiendra à Fort Lauderdale, en Floride, du 18 au 20 novembre.

Les finalistes présenteront leurs projets devant un jury composé d’architectes de renommée mondiale et d’experts du secteur dans le cadre du processus d’évaluation en direct du festival. 

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Le musée retrace l’histoire des Émirats arabes unis. (Fourni)

La catégorie Bâtiments achevés – Culture récompense les lieux culturels achevés, notamment les musées, galeries, bibliothèques, théâtres, salles de concert et cinémas. Pour être éligibles, les projets doivent avoir été achevés entre le 1er janvier 2025 et le 1er juin 2026.

Situé sur l’île de Saadiyat à Abou Dhabi, au cœur du quartier culturel de Saadiyat, le musée national des Émirats arabes unis a ouvert ses portes en décembre 2025.

Il retrace l’histoire des Émirats arabes unis, depuis les premières traces de présence humaine jusqu’aux civilisations qui ont façonné leur culture et leur identité, profondément ancrées dans la vision et les valeurs du fondateur du pays, feu Sheikh Zayed bin Sultan Al-Nahyan.

Conçu par Foster + Partners, sous la direction de l’architecte lauréat du prix Pritzker Norman Foster, le musée présente une architecture singulière inspirée de la fauconnerie.

Ses cinq tours légères en acier fonctionnent comme des cheminées thermiques, aspirant l’air chaud vers le haut afin de favoriser la stratégie de ventilation naturelle du bâtiment, tandis que les surfaces vitrées permettent d’acheminer la lumière naturelle vers les galeries situées en contrebas. Chaque tour peut être ajustée individuellement afin d’optimiser les performances environnementales.

Les galeries du musée sont installées sous une butte paysagère conçue pour refléter le relief naturel des Émirats arabes unis. En son centre se trouve Al-Liwan, un vaste atrium lumineux qui sert d’espace de rassemblement pour des événements culturels, notamment des spectacles, conférences, danses traditionnelles et lectures de poésie. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com