Le British Council met l’accent sur les jeunes cinéastes saoudiens

Modhi Alzamil, une réalisatrice (Photo, fournie).
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Publié le Mercredi 25 novembre 2020

Le British Council met l’accent sur les jeunes cinéastes saoudiens

  • L’étude s’inscrit dans le cadre d'un plan à long terme du British Council pour soutenir la Vision 2030 de l'Arabie saoudite
  • Les cinéastes discuteront des opportunités locales et internationales et participeront à une session de questions/réponses

RIYAD: Le British Council organisera un événement en ligne le 25 novembre pour les jeunes cinéastes potentiels en Arabie saoudite.

L'événement, « À travers les yeux des cinéastes », sera dirigé par Paul Pauwels, ancien directeur de l’European Documentary Network.

Paul Pauwels sera rejoint par un panel de cinéastes locaux, dont Moayad Abualkhair, un producteur de documentaires travaillant sur son premier long métrage; Abdelrahman Khawj, scénariste, réalisateur et producteur qui dirige la société de production Cinepoetics Pictures; Mansour Albadran, réalisateur et producteur travaillant dans le cinéma d'entreprise; et Modhi Alzamil, un réalisateur dont le premier court métrage, Dissonance, explore la dissonance cognitive à travers des entretiens avec des personnes d'âges et d'horizons différents.

Mansour Albadran, réalisateur et producteur

Les cinéastes, qui ont tous assisté au célèbre Festival international du documentaire de Sheffield au Royaume-Uni par le biais du British Council en 2019, échangeront sur la manière dont ce type d’expérience internationale les a aidés à développer leur travail, leur expérience en tant que jeunes cinéastes dans le Royaume et les moyens de présenter un nouveau projet.

Ils discuteront également des opportunités locales et internationales et participeront à une session de questions/réponses.

Abdelrahman Khawj, scénariste, réalisateur et producteur

Cet événement fait suite à la récente étude du British Council sur film saoudien, qui a mis en évidence les compétences et les capacités nécessaires pour renforcer et développer le secteur du cinéma.

Le rapport révèle que l'Arabie saoudite a le potentiel pour que plus de films soient réalisés par des Saoudiens dans le Royaume, mais souligne que la pénurie de compétences est un problème majeur et encourage à développer davantage les formation locales.

Moayad Abualkhair, un producteur de documentaires

L’étude s’inscrit dans le cadre d'un plan à long terme du British Council pour soutenir la Vision 2030 de l'Arabie saoudite et pour apporter aux jeunes l'expertise britannique dans les industries créatives grâce à des programmes de renforcement des capacités.

« Nous sommes ravis de proposer ce webinaire aux aspirants cinéastes saoudiens », déclare Eilidh Kennedy McLean, directrice du British Council en Arabie saoudite.

Paul Pauwels, ancien directeur de l’European Documentary Network

« Cela fait suite au lancement de notre étude sur les compétences cinématographiques le mois dernier, qui a mis en évidence le besoin de formation continue et d'opportunités de réseautage pour les jeunes du secteur. Nous espérons que grâce à de tels événements, nous inspirerons la prochaine génération de jeunes cinéastes saoudiens et développerons un secteur cinématographique passionnant, dynamique et commercialement prospère. »

« À travers les yeux des cinéastes» est un événement gratuit, ouvert à toute personne intéressée par les compétences cinématographiques en Arabie saoudite, qui doit se tenir vendredi 25 novembre de 13 heures à 14 heures. »

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Un romancier saoudien éclaire l’histoire de la science moderne d’un jour nouveau

Ashraf Fagih, auteur de science-fiction et de romans historiques, se démarque auprès du lectorat saoudien grâce à un style littéraire créatif très caractéristique (Photo/Fournie)
Un romancier saoudien éclaire l’histoire de la science moderne sous un jour nouveau (Photo/Fournie)
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  • Pour Ashraf Fagih, la découverte du zéro et la reconnaissance du fait que l’être humain pouvait intégrer dans son existence l’idée abstraite d’un décompte nul ont ouvert la voie à la science moderne
  • Son dernier roman plonge le lecteur dans une période historique d’une grande richesse

DJEDDAH: De plus en plus nombreux sont les écrivains qui proposent un éclairage moderne sur les sciences anciennes, ouvrant ainsi un nouveau chapitre de la littérature arabe. 

Les procédés stylistiques et les sujets qui ont fait leurs preuves sont peu à peu renouvelés et sublimés, tant par les auteurs que les lecteurs arabes avides d’explorer de nouvelles dimensions du récit. 

Les écrivains se risquent dorénavant à publier des livres dans des genres autrefois discrédités et, ce faisant, ils créent un appel d’air, encourageant d’autres à suivre leur exemple. 

La création des chiffres pour représenter les entités abstraites qu’on appelle «nombres» est considérée comme l’une des aventures intellectuelles les plus impressionnantes de l’histoire de l’humanité.  

Pour l’écrivain et professeur d’informatique saoudien Ashraf Fagih, la découverte du zéro et la reconnaissance du fait que l’être humain pouvait intégrer dans son existence l’idée abstraite d’un décompte nul, ainsi que la représentation mentale de l’univers, ont ouvert la voie à la science moderne. 

Ashraf Fagih, auteur de science-fiction et de romans historiques, se démarque auprès du lectorat saoudien grâce à un style littéraire créatif très caractéristique. Dans son dernier roman, dont le héros est le zéro, il fait se rencontrer deux genres littéraires distincts. 

Rasm Al-Adam ou Portrait du vide plonge le lecteur dans une période historique d’une grande richesse. On y suit le parcours du mathématicien italien du xiiie siècle Leonardo Fibonacci; on assiste à l’émergence du système numérique hindou-arabe, le plus répandu dans le monde pour la représentation symbolique des nombres. 

Ashraf Fagih ouvre de nouvelles perspectives sur l’histoire arabe et islamique, adoptant le point de vue d’un personnage qui n’est ni musulman ni arabe, mais très influencé par cette culture. Il invite ainsi son lectorat à redécouvrir sa propre identité, et son patrimoine. 

La science-fiction fait l’objet d’un intérêt croissant, ici en Arabie, grâce à Netflix et aux séries. Ashraf Fagih 

  «L’invention du zéro a représenté un bond en avant conceptuel considérable dans l’histoire des mathématiques. Portrait du vide est ma manière à moi, quelque peu travaillée, de désigner le zéro», explique Ashraf Fagih à Arab News. 

«Pour comprendre toute la beauté et la force de notre civilisation, nous devons étudier des personnages comme Richard Cœur de Lion, Gengis Khan, Tamerlan, Charlemagne et d’autres qui ne sont pas nécessairement arabes ou musulmans, mais dont les vies sont empreintes de nos paysages et de nos valeurs. Et Fibonacci en est un parfait exemple.» 

Il a également insisté sur le fait que les identités sont à la fois kaléidoscopiques et multidimensionnelles. 

«Je voulais proposer la vision non conventionnelle d’une histoire vraie, ainsi que celle d’une société qui a existé et qui n’était pas aussi uniforme qu’on a bien voulu le croire», confie-t-il. 


Dans le sud égyptien, sur les pas d'Agatha Christie

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  • Construit pour la famille royale égyptienne avant d'être transformé en bateau de croisières en 1921, le « Sudan » a accueilli la romancière, auteure de 66 romans, avec son époux, l'archéologue Max Mallowan, en 1933
  • Aujourd'hui, le bateau ne fonctionne plus au charbon d'antan mais au diesel et à l'énergie solaire, et 67 employés veillent « jour et nuit » à l'entretien du navire qui compte 23 chambres et suites

ASSOUAN: Coque noire étincelante, boiseries et ambiance Belle Epoque, le bateau à vapeur « Sudan » construit en 1885 et qui a inspiré la romancière britannique Agatha Christie, semble défier le temps en continuant de perpétuer sur le Nil, malgré son grand âge, la légende de la « reine du crime ». 

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Construit pour la famille royale égyptienne avant d'être transformé en bateau de croisières en 1921, le « Sudan » a accueilli la romancière, auteure de 66 romans (Photo, AFP)

La ligne élégante du navire de 73 mètres de longueur et de 14,5 mètres de largeur, amarré à Assouan dans le sud-est de l'Egypte, contraste avec les autres embarcations souvent rudimentaires. 
Et malgré la pandémie de coronavirus qui a obligé les compagnies de croisières à de longs mois d'arrêt, le « Sudan » a rapidement repris du service en octobre. « Nous avons eu des réservations immédiatement », se réjouit Amir Attia, directeur du bateau de croisières. 
« L'ambiance du voyage » a inspiré à Agatha Christie ses premiers chapitres de « Mort sur le Nil », paru en 1937, affirme M. Attia. 
Une oeuvre encore d'actualité puisqu'une énième adaptation cinématographique du célèbre roman, réalisée par le Britannique Kenneth Branagh, doit sortir en 2021. 
Construit pour la famille royale égyptienne avant d'être transformé en bateau de croisières en 1921, le « Sudan » a accueilli la romancière, auteure de 66 romans, avec son époux, l'archéologue Max Mallowan, en 1933. 
Une croisière de luxe que peuvent s'offrir les passionnés d'histoire... pour 3 600 à 4 500 euros, dans le cadre d'un package de huit jours incluant des nuitées dans deux hôtels historiques où le couple a séjourné. 
Plusieurs fois abandonné, le navire connait une nouvelle jeunesse depuis son rachat et sa rénovation dans les années 2000 par un voyagiste français. 

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Sur le pont en bois, la vue sur les palmiers et les rives sablonneuses du Nil depuis des fauteuils en rotin est la même qu'au temps d'Hercule Poirot, le légendaire détective belge des romans d'Agatha Christie (Photo, AFP)

Voyage dans le temps 
Aujourd'hui, le bateau ne fonctionne plus au charbon d'antan mais au diesel et à l'énergie solaire, et 67 employés veillent « jour et nuit » à l'entretien du navire qui compte 23 chambres et suites. 
La suite de l'écrivaine reste « la plus prisée », avec « des demandes de réservation jusqu'à deux ans à l'avance », selon M. Attia.  
Sur le pont en bois, la vue sur les palmiers et les rives sablonneuses du Nil depuis des fauteuils en rotin est la même qu'au temps d'Hercule Poirot, le légendaire détective belge des romans d'Agatha Christie. 
Et à Assouan, le voyage dans le temps passe également par l'hôtel Old Cataract, qui a lui aussi gardé des traces du passage de la romancière. 
Jean-Pierre Pichardier, professeur d'université franco-suisse à la retraite, y séjourne pour la troisième fois. Il note ne pas venir « spécifiquement pour Agatha Christie », mais apprécier « cet aspect historique ». 
Dans le hall d'entrée de l'hôtel, derrière un cordon en velours, se trouve une chaise à bascule et un petit bureau, où s'asseyait l'auteure dans sa suite, affirme Selim Shawer, directeur général de l'hôtel. 
Depuis sa construction en 1899, le luxueux Old Cataract est un point de chute privilégié pour les hommes d'Etat, les artistes et la haute bourgeoisie internationale. 
Winston Churchill, le prix Nobel de littérature égyptien Naguib Mahfouz et « presque tous les présidents français des quarante dernières années » y ont séjourné, selon M. Shawer. 
Mais, d'après lui, c'est surtout « la possibilité de voir où Agatha Christie a écrit les premiers chapitres » de son roman égyptien qui attire la clientèle étrangère. 


La Defhouse, pépinière à l'italienne de jeunes stars de TikTok

Ils sont huit, entre 16 et 20 ans, et rêvent de devenir des stars du cinéma ou de la télévision (Photo, AFP)
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  • Les fans donneraient cher pour en connaître l'adresse, tenue top secrète
  • Au programme: des cours de politique et actualité, de récitation et diction, de musique et culture ou encore de bonnes manières

MILAN: Ils sont huit, entre 16 et 20 ans, et rêvent de devenir des stars du cinéma ou de la télévision... en attendant, ils comptent déjà 16 millions de followers sur l'application TikTok en tant qu'influenceurs en herbe de Defhouse, pépinière italienne de stars des réseaux sociaux.  

Leur demeure: un loft design aux couleurs fluo de 500 m2, baies vitrées, terrasse gigantesque et jacuzzi dans une résidence de luxe de l'est de Milan, où chaque coin est étudié pour servir de décor aux vidéos de quelques dizaines de secondes tournées par ses résidents.  

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« On me reconnaît quand je marche dans les rues de Milan », raconte Simone Berlini grand brun de 20 ans au sourire éclatant (Photo, AFP)

Le style pop de ce duplex aux motifs géométriques où les frontières entre vie réelle et monde virtuel s'estompent, s'inspire de l'école de Memphis, un mouvement fondé en 1981 à Milan par l'architecte et designer Ettore Sottsass.  

Les fans donneraient cher pour en connaître l'adresse, tenue top secrète.  

« On me reconnaît quand je marche dans les rues de Milan », raconte Simone Berlini, grand brun de 20 ans au sourire éclatant, posant devant une toile de ciel bleu qui paraît tout juste sortie d'un décor hollywoodien.  

S'il estime pouvoir « vivre de ce qu'on fait », grâce aux marques qui sponsorisent les jeunes influenceurs, cet ancien étudiant en gestion d'entreprises considère que « Defhouse est un tremplin » pour une future carrière, de préférence d'acteur.  

Depuis qu'il a emménagé dans le loft lumineux ouvert le 15 octobre 2020, ce Napolitain a presque doublé son nombre d'abonnés sur TikTok à 2,7 millions.  

C'est aussi le cas d'Alessia Lanza, 20 ans, couettes blondes, passée à 1,4 million de followers. Mais elle reconnaît que le succès dans le monde virtuel est éphémère: « Un jour on touche les étoiles, et le lendemain, on est au plus bas ». Sa chambre toute rose est illuminée par une émoticône de soleil fluorescent.  

Génération Z  

Les journées des résidents de Defhouse sont rythmées par la production de dizaines de vidéos par jour. Le smartphone accroché à un anneau LED pour un éclairage parfait, ils mettent en scène leur quotidien en sautillant, chantant en playback, jouant des sketchs, s'affairant en cuisine ou dansant sur fond de musique disco.  

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Les journées des résidents de Defhouse sont rythmées par la production de dizaines de vidéos par jour (Photo, AFP)

« Au début, je n'étais pas du tout convaincu. Bouger les lèvres sur des airs de musique sans même chanter, pour moi, ça ne demandait aucun talent », lâche Luca Casadei, 44 ans, fondateur de Web Stars Channel, maison de production qui a propulsé la carrière de nombreux talents du web en Italie.  

Puis, il dit avoir compris le « potentiel de créativité » de TikTok et a fondé Defhouse, à l'image de la Hype House à Los Angeles, en y injectant « un ADN: la formation et le design », conçus pour la génération Z, la classe d'âge des 15-24 ans.   

« Les jeunes de la génération TikTok ne connaissent rien à la politique, ne s'informent pas, ils ont la capacité de concentration d'un poisson rouge. D'où l'idée de les former », explique le manager.  

Au programme: des cours de politique et actualité, de récitation et diction, de musique et culture ou encore de bonnes manières.  

Marques de luxe  

Côté business, l'équation est simple: Web Stars Channel passe des contrats avec des marques de luxe comme Herno, de téléphone comme Vodafone ou de consoles pour DJ comme Pioneer, et reverse une partie des revenus aux jeunes talents de Defhouse.  

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Alessia Lanza, 20 ans, couettes blondes, passée à 1,4 million de followers (Photo, AFP)

« Cela n'a rien à voir avec des émissions de télé-achat. Ce sont des créatifs du monde digital qui s'imprègnent de la philosophie d'une marque, de manière naturelle et ludique », assure Luca Casadei.  

La rentabilité est au rendez-vous. « Nous pensions rentrer dans nos frais au bout de trois ans, rien que le loyer coûte 500 euros par jour. Mais finalement nous y sommes arrivés au bout de trois mois », confie-t-il.  

Propriété du groupe chinois ByteDance, TikTok a connu un essor fulgurant en Italie durant les périodes de confinement dues à la pandémie de coronavirus.  

Mais la mort jeudi d'une fillette de 10 ans, asphyxiée alors qu'elle participait au « jeu du foulard », a jeté un froid. Les autorités ont décrété un blocage partiel de l'application.  

TikTok, un jeu dangereux? « J'ai commencé à être active sur les réseaux sociaux dès 15 ans, mais je n'y ai jamais vu ce genre de défi », assure Jasmin Zangarelli, 17 ans, influenceuse de Defhouse.  

« Les réseaux sociaux sont une belle chose, à condition d'en faire bon usage », dit cette ancienne championne de patinage artistique.