Alicia Keys revient à AlUla pour un concert et le 2e débat annuel Women to Women

Alicia Keys (Photo fournie)
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Publié le Samedi 25 février 2023

Alicia Keys revient à AlUla pour un concert et le 2e débat annuel Women to Women

  • Vendredi, la chanteuse-compositrice américaine a joué à Maraya avant de patiner toute la nuit lors d’une after-party à AlUla on Wheels
  • Samedi, elle accueille Women to Women, où l'accent est mis sur les femmes pionnières du Royaume, ouvrant ainsi la voie aux autres femmes

RIYAD : La chanteuse-compositrice américaine Alicia Keys, 15 fois lauréate d’un Grammy, est revenue vendredi à Maraya pour un concert puis a patiné toute la nuit lors d’une after-partu à AlUla on Wheels.

Elle anime samedi la deuxième discussion annuelle Women to Women. La princesse Reema Bent Bandar qui avait rejoint Keys et les autres femmes saoudiennes lors de la conversation inaugurale l’année dernière, n’apparaitra sur scène cette année. Elle a pourtant envoyé ses meilleurs vœux.

L'événement de cette année, à Wadi Ashar à Alula, suit le même modèle établi l'année dernière: un concert de Keys le soir suivi d'une discussion le lendemain au cours de laquelle la chanteuse passera le micro aux femmes saoudiennes pour une discussion ouverte et honnête.

L’accent est mis sur les femmes pionnières qui se sont frayé un chemin au Royaume, ouvrant la voie aux autres femmes, dans le but les inspirer et de leur fournir du mentorat.

Selon les organisateurs, «les conférencières transmettront leur sagesse afin d’encourager une croissance collective des femmes et un état d’esprit tourné vers l’avenir.»

L'événement commence par ce qu’on appelle une séance de soin par le son, suivie d'un certain nombre de sessions. Les participantes auront l'occasion d'interagir avec Keys et les autres conférencières lors d'un créneau de questions-réponses.

La modératrice Hala Al-Hedaithy, avocate et poète, sera rejointe par : Rasha Alkhamis, première boxeuse saoudienne ; Mashael Alobeidan, pilote de rallye professionnel ; Nada Altuwaijri, journaliste et fondatrice de l'usine d'arts et de divertissement MERWAS qui détient le record du monde Guinness du plus grand studio de production musicale au monde ; la journaliste Nada Altuwaijri ; et Hafsa Alkhudairi, écrivain et responsable des initiatives artistiques et culturelles à la Commission royale pour AlUla.

Alkhudairi a déclaré à Arab News qu'elle était honorée de faire partie de l'événement et qu'elle avait hâte de rejoindre les autres femmes sur scène et dans le public.

«C'est un privilège et un honneur pour moi de faire partie de l'événement Women to Women», a-t-elle déclaré. « J'ai toujours été influencée par les femmes et j’aime éventuellement faire partie de ce panel et discuter de certaines choses avec ce groupe de femmes incroyables.

«C'est immense - parce que j'ai l'impression que mon travail et ma compréhension du monde font partie de ce genre de conversation et je suis vraiment enthousiaste.»

Le concert et l'événement Women to Women font partie d'une collaboration entre la RCU et Good Intentions, un cabinet de conseil créatif mondial basé en Arabie Saoudite cofondé l'année dernière par le mari et producteur de Keys, Kasseem "Swizz Beatz" Dean et Noor Taher. Ils étaient également responsables du lancement extrêmement réussi d'AlUla on Wheels en octobre, combinant la musique et le patin à roulettes.

L'événement de cette année est à nouveau soutenu par un autre duo puissant des États-Unis qui a récemment établi une présence dans le Royaume. L'agence de relations publiques de style de vie et de culture de luxe Wunderlich Kaplan Communications, qui a travaillé avec GI sur l'événement inaugural Women to Women et AlUla on Wheels, fera de même cette année, avec les fondatrices Gwen Wunderlich et Dara Kaplan sur place à AlUla pour aider GI dans sa mission de faire entendre la voix des femmes saoudiennes.

Nora Aldabal, directrice exécutive des arts et des industries créatives à la Commission royale pour AlUla, prononcera le discours de clôture de l'événement Women to Women.

«Nous sommes ravis d'accueillir la deuxième édition de Women to Women avec Alicia Keys», a-t-elle déclaré à Arab News. «Il est important de nourrir ces collaborations et ces réseaux de soutien et de créativité pour permettre aux femmes de s'épanouir dans le contexte du paysage culturel d'AlUla.»

Keys, quant à elle, a déclaré qu'elle se sentait comme chez elle à AlUla.

«On ne peut nier la beauté et l'histoire d'AlUla, mais il y a quelque chose de plus», a-t-elle déclaré. «En tant qu'artiste, je ressens un sentiment d'appartenance et de connexion - avec la nature, avec l'humanité, avec le passé et l'avenir. J'adore ça ici et je suis ravie de refaire de la magie à AlUla.»

Les produits de la nouvelle marque de beauté lifestyle Keys, «Keys Soulcare», seront disponibles dans le salon et spa féminin Base and Boon x AURA à Al-Jadidah à AlUla.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: 39 sites culturels placés sous protection renforcée de l'Unesco en raison de la guerre

Un homme inspecte les destructions sur le site d'une frappe aérienne israélienne ayant visé Baalbek, dans la vallée de la Bekaa à l'est du Liban, avec le temple romain de la cité antique en arrière-plan, le 7 novembre 2024, dans le cadre de la guerre en cours entre Israël et le Hezbollah. (AFP)
Un homme inspecte les destructions sur le site d'une frappe aérienne israélienne ayant visé Baalbek, dans la vallée de la Bekaa à l'est du Liban, avec le temple romain de la cité antique en arrière-plan, le 7 novembre 2024, dans le cadre de la guerre en cours entre Israël et le Hezbollah. (AFP)
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  • L’UNESCO place 39 sites culturels au Liban sous protection renforcée face aux risques liés au conflit
  • Des sites majeurs comme Baalbeck, Tyr et Byblos bénéficieront d’un soutien technique et financier

PARIS: L'Unesco a placé mercredi sous protection renforcée 39 sites culturels au Liban par crainte de dégâts causés par les bombardements auxquels fait face le pays après un mois de guerre.

"Ces 39 biens culturels bénéficient désormais du niveau de protection juridique le plus élevé contre les attaques et les usages à des fins militaires", écrit l'Unesco dans un communiqué.

Parmi ces biens figurent les sites archéologiques de Baalbeck et de Tyr, le musée national de Beyrouth ou encore le site de Byblos.

La convention de la Haye de 1954 oblige à préserver les biens culturels en cas de conflit armé.

Les 39 sites "recevront une assistance technique et financière de l'Unesco pour renforcer leur protection juridique, améliorer les mesures d'anticipation et de gestion des risques ainsi que fournir une formation supplémentaire aux professionnels de la culture et au personnel militaire de la zone", détaille l'Unesco.

"La protection renforcée permet également d'envoyer un signal à l'ensemble de la communauté internationale quant à l'urgence de protéger ces sites", ajoute l'organisation qui explique avoir convoqué mercredi une "réunion extraordinaire (...) à la suite d'une demande" du Liban.

Ces sites bénéficieront également d'une "aide financière internationale de plus de 100.000 dollars américains pour les opérations d'urgence sur le terrain", ajoute l'Unesco.

Située à une vingtaine de kilomètres de la frontière avec Israël, Tyr, ville inscrite sur la liste du patrimoine mondial en 1984, a été la cible de plusieurs frappes israéliennes depuis le début de la guerre avec le Hezbollah pro-iranien le 2 mars.

Encore en construction, un musée sur le site a subi quelques dommages. Mais ni la nécropole des IIe et IIIe siècles ni l'arc de triomphe monumental, les aqueducs ou encore l'hippodrome qui s'élèvent sur le site, n'ont été atteints.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient déclenchée le 28 février par des frappes américano-israéliennes sur l'Iran, "d'autres biens dans des pays voisins" ont subi des dégâts, écrit l'Unesco, sans détails.


Découverte : Blossom Space à Djeddah

(Photo: Arab News)
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  • Blossom Space excelle dans les articles de papeterie, proposant carnets, encres et autres objets soigneusement sélectionnés

DJEDDAH : À Djeddah, Blossom Space combine charme, convivialité et créativité dans un seul et magnifique lieu. Dès que vous franchissez la porte, on a l’impression d’entrer dans les pages d’un livre d’histoires — un monde doux et rêveur, à mi-chemin entre une bibliothèque confortable et une boutique-cadeaux fantaisiste.

Le personnel est exceptionnellement gentil et accueillant, ajoutant une touche personnelle qui élève toute l’expérience.

L’extérieur est déjà séduisant, avec une façade en verre élégante et une enseigne lumineuse qui suggèrent un espace moderne et légèrement haut de gamme — discret mais intrigant, plutôt « trésor caché » qu’une boutique clinquante.

Une fois à l’intérieur, l’atmosphère se transforme en chaleur et charme. Des étagères en bois et un éclairage doux créent une ambiance apaisante, rappelant un coin lecture tranquille.

Les détails décoratifs — mini-carrousels, accents vintage, papeterie délicate — évoquent un sentiment nostalgique, presque de livre d’histoires. Les plantes suspendues apportent vie et fraîcheur, tandis que les présentoirs pastel offrent un rendu visuel plaisant, féminin et digne d’un tableau Pinterest.

Blossom Space brille dans la papeterie, proposant carnets, encres et autres objets soigneusement sélectionnés. Pour ceux qui cherchent une expérience plus interactive, l’espace coloriage à l’étage est parfait pour se détendre et se ressourcer, offrant une échappée thérapeutique pour adultes et enfants.

Les activités de coloriage coûtent SR35 (9 $), et les expériences de décoration à la main SR65.

J’y suis allé deux fois. La première visite était agréable, même si certaines peintures étaient sèches et le café gratuit pouvait être meilleur. La deuxième fois, je suis venu avec un ami mais je ne voulais pas peindre, et on m’a demandé de payer l’entrée. Je comprends la politique, mais cela a été un peu décevant, surtout que l’endroit était vide.

Que vous soyez amateur de livres, passionné de papeterie ou simplement en quête d’une sortie différente et mémorable, Blossom Space ne déçoit pas.

Organisé, propre et débordant de charme, j’y retournerai sans hésiter. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Ahmad Kaabour : la voix de Beyrouth s’éteint à 71 ans

Le chanteur libanais Ahmad Kaabour en concert au festival « Angham min al-Sharq » (Les Sons de l’Arabie) à Abou Dhabi, le 7 mai 2010. Organisé par l’Autorité pour la Culture et le Patrimoine d’Abou Dhabi (ADACH), l’événement célèbre la richesse musicale du monde arabe. (AFP)
Le chanteur libanais Ahmad Kaabour en concert au festival « Angham min al-Sharq » (Les Sons de l’Arabie) à Abou Dhabi, le 7 mai 2010. Organisé par l’Autorité pour la Culture et le Patrimoine d’Abou Dhabi (ADACH), l’événement célèbre la richesse musicale du monde arabe. (AFP)
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  • Ahmad Kaabour est décédé à 71 ans à Beyrouth, après une longue lutte contre le cancer, laissant un héritage musical engagé et profondément lié à la mémoire de la ville
  • Son répertoire transforme Beyrouth en protagoniste, célébrant sa résilience, sa culture et ses traditions à travers plus de quatre décennies de carrière

​​​​​DUBAÏ: La disparition d’Ahmad Kaabour marque un chapitre essentiel de la mémoire musicale de Beyrouth. Figure emblématique de la chanson engagée et du patrimoine musical libanais, Kaabour aura traversé les décennies comme un témoin sonore des douleurs et des renaissances de sa ville natale. 

L’artiste s’est éteint à Beyrouth à l’âge de 71 ans, après une longue lutte contre le cancer. Né dans la capitale libanaise en 1955, il laisse derrière lui un héritage musical profondément ancré dans l’histoire et l’identité de la ville. Sa disparition marque la fin d’une voix qui a su chanter à la fois la douleur, l’espoir et la résilience de Beyrouth et du Liban.

Né dans une famille d’artistes, Kaabour commence à composer dès l’adolescence. En 1975, alors que le Liban s’enfonce dans la guerre civile, il compose la musique de « Ounadikom », sur des paroles du poète palestinien Tawfiq Ziad. La chanson devient un hymne de protestation et de solidarité, traversant générations et frontières.

Au fil des années, Kaabour travaille aux côtés de figures majeures de la scène libanaise, devenant partenaire artistique de Ziad Rahbani et Marcel Khalifé, tout en naviguant entre engagement politique et sensibilité populaire. 

Cette ouverture à des influences internationales se manifeste également dans son adaptation de « Baddi Ghanni Lannas », version arabe de « Chanter pour ceux qui sont loin de chez eux » de Michel Berger, parue en 1985 sur l’album Différences. Dans cette relecture, Ahmad Kaabour conserve la mélodie poignante et épurée de l’original, tout en y insufflant des paroles arabes ancrées dans les réalités libanaises et, plus largement, arabes.

Là où Berger chantait l’exil et la marginalité, Kaabour en élargit la portée pour en faire un hymne à la dignité et à la présence des peuples, fidèle à son engagement artistique. Cette collaboration indirecte — où Berger est crédité pour la musique et Kaabour pour l’adaptation — illustre sa capacité à faire dialoguer les cultures tout en restant profondément enraciné dans son identité.

Le lien avec Beyrouth reste central dans son œuvre. « La3younak » (1993) est une véritable déclaration d’amour à la ville, diffusée largement dans les années 1990, notamment sur Future TV, et incarnant l’esprit d’une capitale en reconstruction  derrière sa mélodie douce et nostalgique, c’est une ville-personne qui se dessine : aimée, fragilisée, mais toujours debout. 

Cette fibre beyrouthine traverse aussi d’autres titres. Dans ses reprises, comme « Shu Beddak » après l’explosion du port de 2020, Kaabour transforme une chanson populaire en élégie contemporaine, appelant à la mémoire et à la responsabilité collective. Dans des registres plus festifs, comme « Allou Al Bayarek », associé aux traditions du Ramadan à Beyrouth, il célèbre les rituels et la vie quotidienne de la ville, inscrivant son œuvre au cœur de la culture et des traditions locales.

Au-delà de ses succès pour adultes, Kaabour n’a jamais négligé le jeune public. Ses spectacles pour enfants, souvent avec la troupe Firkat al-Sanabel et le Théâtre libanais de marionnettes, évitaient la simplification, mêlant rythme, histoire et réflexion sur le monde. Pour lui, la musique était un pont entre générations et un moyen de transmettre mémoire et émotion.

Avec plus de quatre décennies de carrière, Ahmad Kaabour laisse un héritage unique : Beyrouth, avec toutes ses blessures et ses espoirs, comme protagoniste de sa musique. Sa voix restera à jamais l'écho de la ville qu’il a tant aimée.