Un an après l'opération militaire, Israël fait face à une situation sécuritaire plus dangereuse

Des membres des forces de sécurité israéliennes prennent position lors d'affrontements avec des manifestants palestiniens dans le centre-ville d'Hébron, en Cisjordanie. (Photo, AFP)
Des membres des forces de sécurité israéliennes prennent position lors d'affrontements avec des manifestants palestiniens dans le centre-ville d'Hébron, en Cisjordanie. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Dimanche 05 mars 2023

Un an après l'opération militaire, Israël fait face à une situation sécuritaire plus dangereuse

  • L'opération a commencé en février 2022 avec l'assassinat de trois Palestiniens à Naplouse
  • Les experts militaires israéliens affirment que la Cisjordanie était le seul front où Israël aurait pu remporter la victoire

RAMALLAH: Un an après avoir mené l'opération militaire à grande échelle en Cisjordanie «Break the Wave», l'appareil sécuritaire israélien semble avoir obtenu peu de résultats. La situation est plus dangereuse et violente qu'avant l'opération, ont expliqué des experts de la défense à Arab News.

L'opération a commencé en février 2022 par l'assassinat de trois Palestiniens à Naplouse — Adham Mabrouka, Achraf Mubaslat et Mohammed Dakhil — et s'est poursuivie avec une violence terrible, s'étendant à Gaza.

La campagne israélienne d'arrestations a perturbé la vie de plus de 7 000 Palestiniens de Cisjordanie et de Jérusalem. Au total, 139 Palestiniens ont été tués et des milliers ont été blessés, tandis que des dizaines de maisons ont été détruites. Toutefois, la campagne n'a pas permis d'éliminer les auteurs d'attaques individuelles.

Selon les experts militaires israéliens, la Cisjordanie était le seul front où Israël aurait pu remporter la victoire. On ne peut pas en dire autant de ses confrontations avec le Hezbollah libanais, le Hamas de Gaza ou l'Iran. Mais un an plus tard, la Cisjordanie est devenue le plus grand défi sécuritaire pour l'armée israélienne, après la menace iranienne, puisqu'elle y a déployé 46 divisions, soit 80% de sa force militaire totale.

L'opération visait trois objectifs:

1. Déjouer les attaques palestiniennes individuelles ou organisées avant qu'elles ne se produisent, ce qui nécessite des renseignements précis mais n'a pas été réalisé en raison de l'escalade des attaques individuelles et de l'expansion des groupes armés en Cisjordanie.

2. Assurer la dissuasion par des opérations sécuritaires en arrêtant toutes les personnes liées aux auteurs ou aux planificateurs d'attaques, en démolissant leurs maisons et en déportant leurs familles.

3. Remédier aux faiblesses du mur de séparation entre Israël et la Cisjordanie, qui permet aux attaquants armés et à d'autres Palestiniens de franchir la barrière.

Depuis le début de l'année 2023, le nombre de morts parmi les soldats et les colons israéliens est passé à 15, soit près de la moitié des 33 morts en Israël durant toute l'année 2022.

Esmat Mansour, un expert palestinien des affaires israéliennes, a déclaré à Arab News que l'opération militaire israélienne n'a pas atteint les objectifs qu'elle s'était fixés il y a un an.

Elle a également été incapable d’éliminer les groupes militaires palestiniens, d’empêcher les attaques armées contre des cibles israéliennes et de transférer la confrontation israélo-palestinienne en Cisjordanie. L'ancien ministre israélien de la Défense Benny Gantz a dévoilé qu'il préférait une confrontation militaire entre un tireur palestinien et un soldat israélien à Jénine plutôt que dans un café à Tel Aviv.

Mansour a indiqué que la coordination sécuritaire entre Israël et l'Autorité palestinienne avait cessé et que le contrôle d'Israël sur la situation sécuritaire en Cisjordanie avait diminué.

«Je crois que l'opération israélienne n'a pas atteint les objectifs pour lesquels elle a été lancée et que la présence d'un gouvernement d'extrême droite aggrave l'échec de l'opération militaire et peut conduire au début d'une troisième intifada», a prévenu Mansour. 

L'escalade des attaques palestiniennes et l'expansion des cellules palestiniennes — que ce soit par le biais de la Tanière des Lions, des Brigades de Jénine, des Brigades de Jérusalem, des Brigades d’Al-Qassam, des Brigades des Martyrs d'Al-Aqsa, des Brigades de Tulkarem ou des Brigades de Jab'a — ont porté un coup au système de sécurité israélien. 

Un an plus tard, l'armée, le réseau d'espionnage interne israélien Shin Bet et la police sautent d'un plan à l'autre, tandis que les groupes de résistance palestiniens, auparavant confinés à Jénine et désormais présents à Naplouse, Jéricho et Tulkarem, ont augmenté en nombre.

Par ailleurs, pour contenir les attaques militaires palestiniennes croissantes contre les cibles israéliennes, les États-Unis, la Jordanie et l'Égypte ont assisté à un sommet à Aqaba, en Jordanie, le 26 février, avec la participation de l'Autorité palestinienne.

Alors que le sommet était en cours, un Palestinien a abattu deux colons israéliens près de Naplouse. Plus tard dans la soirée, des centaines de colons extrémistes ont fait irruption dans la ville de Hawara et ont lancé des incendies criminels en toute impunité, visant des maisons et des voitures de civils.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Rubio poursuit à Bahreïn sa tournée pour rassurer les alliés de Washington dans le Golfe

  • Avant son étape au Koweït, Marco Rubio avait assuré depuis Abou Dhabi le président émirati de l'engagement de Washington en faveur de la sécurité de son pays
  • Il a ensuite rallié Bahreïn pour une réunion jeudi du Conseil de coopération du Golfe (CCG)

MANAMA: Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio est jeudi à Bahreïn, poursuivant sa tournée destinée à rassurer les pays du Golfe sur la volonté des Etats-Unis de protéger leurs intérêts dans les discussions avec l'Iran.

Mercredi au Koweït, le secrétaire d'Etat américain avait assuré que les Etats-Unis entendaient "discuter avec eux de chaque décision prise concernant" les négociations en cours avec Téhéran.

Les pays du Golfe ont payé un lourd tribut à l'offensive américano-israélienne lancée le 28 février contre l'Iran. Ils accueillent des bases militaires américaines et ont été visés par des missiles et drones iraniens en représailles.

Avant son étape au Koweït, Marco Rubio avait assuré depuis Abou Dhabi le président émirati de l'engagement de Washington en faveur de la sécurité de son pays. Il a ensuite rallié Bahreïn pour une réunion jeudi du Conseil de coopération du Golfe (CCG).

En parallèle, des discussions sur une réconciliation entre les pays du Golfe et l'Iran sont prévues en Arabie saoudite, à une date encore indéterminée, a indiqué à l'AFP un diplomate.

Trump refuse tout péage 

L'Iran et les Etats-Unis ont signé le 17 juin un protocole pour mettre fin aux hostilités, ouvrant la voie à 60 jours de négociations en vue d'un règlement durable.

Une réunion technique avec la délégation iranienne est prévue les 29 ou 30 juin en Suisse, a précisé Marco Rubio.

Mais de nombreuses divergences subsistent, comme le nucléaire ou le détroit d'Ormuz. Et les critiques se multiplient aux Etats-Unis sur les concessions accordées par Donald Trump, soucieux de mettre un terme au plus vite à cette guerre impopulaire.

La Maison Blanche a dû demander aux parlementaires américains une rallonge budgétaire de près de 88 milliards de dollars, notamment pour reconstituer ses stocks de munitions après la guerre.

Le protocole d'accord a "la valeur d'une déclaration de défaite pour l'Amérique", s'est prévalu mercredi le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf.

Si le texte prévoit une réouverture du détroit d'Ormuz, après des mois de blocage qui ont fait flamber les cours de l'or noir, l'Iran a dit vouloir imposer des frais de service, assurant que cette voie maritime stratégique ne retrouvera pas son fonctionnement libre d'avant-guerre.

"AUCUN PEAGE, AUCUN FRAIS D'ASSURANCE ET AUCUN AUTRE FRAIS" ne sera accepté par Washington, a tonné Donald Trump sur sa plateforme Truth Social.

Aucun pays autre que l'Iran ne soutient l'imposition de frais pour son passage, a assuré pour sa part Marc Rubio.

Pour l'heure, les cours du baril de pétrole Brent continuent leur décrue. Le Brent de la mer du Nord, référence internationale, est brièvement retombé jeudi sous son niveau d'avant-guerre. Durant le conflit, la flambée des cours du brut avaient provoqué une poussée d'inflation mondiale et des pénuries de carburant dans certains pays.

Sur le volet nucléaire, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a assuré mercredi que des inspections en Iran auraient bien lieu, sans fixer de date.

Téhéran a toujours nié vouloir se doter de la bombe atomique, mais campe sur son droit à une filière civile complète.

"Comme le phénix" 

Sur le Liban, dont l'Iran a imposé l'inclusion dans le protocole d'accord, Mohammad Bagher Ghalibaf a estimé que la fin de la guerre y était "aussi importante" que la fin des hostilités dans son propre pays.

Or le Hezbollah libanais a accusé mercredi Israël d'une nouvelle "violation" du cessez-le-feu après qu'un drone israélien a fait deux morts dans le sud du pays. Deux autres personnes avaient été tuées par des tirs israéliens la veille.

L'Iran a par ailleurs accusé jeudi l'Otan, de "complicité" dans la guerre déclenchée contre lui par les Etats-Unis et Israël, reprochant notamment à l'Italie et à la Roumanie d'avoir permis à des avions américains d'utiliser leurs bases pendant le conflit.

"Il s'agit là d'un aveu clair et accablant de la complicité active de l'Otan dans une guerre d'agression illégale", a écrit sur X le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï.

 


Le ministre libanais de la Défense reçoit l'ambassadeur saoudien à Beyrouth

Fahd Al-Dosari (à droite) et le général de division Michel Menassa à Beyrouth. (Photo fournie)
Fahd Al-Dosari (à droite) et le général de division Michel Menassa à Beyrouth. (Photo fournie)
  • L’ambassadeur saoudien au Liban, Fahd Al-Dosari, a été reçu lundi par le ministre libanais de la Défense, le général de division Michel Menassa, dans son bureau à Beyrouth
  • Les parties ont discuté des développements récents et des moyens de renforcer les relations bilatérales

BEYROUTH : L’ambassadeur saoudien au Liban, Fahd Al-Dosari, a été reçu lundi par le ministre libanais de la Défense, le général de division Michel Menassa, dans son bureau à Beyrouth.

Les deux parties ont évoqué les derniers développements et les moyens de renforcer les relations bilatérales, a rapporté l’Agence de presse saoudienne.

Par ailleurs, le prince Saud bin Naif bin Abdulaziz, gouverneur de la Province de l’Est, a reçu lundi à Dammam l’ambassadeur du Kenya auprès du Royaume, Joseph Masila. Ils ont eu des entretiens cordiaux et ont abordé des questions d’intérêt commun.


L'ex-ministre égyptien Nabil Fahmy officiellement nommé à la tête de la Ligue arabe

La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne. (AFP)
La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne. (AFP)
  • L'ancien haut diplomate de 75 ans a dirigé les Affaires étrangères égyptiennes de juin 2013 à juillet 2014
  • Il deviendra le huitième Egyptien à la tête de l'organisation panarabe basée au Caire, en succédant à Ahmed Aboul Gheit, en poste depuis 2016 (deux mandats)

LE CAIRE: La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne, lors d'une réunion à Amman en Jordanie des ministres des Affaires étrangères de l'organisation, a-t-elle indiqué lundi dans un communiqué.

Nabil Fahmy, qui avait été nommé secrétaire général à l'unanimité en mars, prendra ses fonctions début juillet et pour cinq ans.

L'ancien haut diplomate de 75 ans a dirigé les Affaires étrangères égyptiennes de juin 2013 à juillet 2014. Il deviendra le huitième Egyptien à la tête de l'organisation panarabe basée au Caire, en succédant à Ahmed Aboul Gheit, en poste depuis 2016 (deux mandats).

La Ligue arabe, qui compte 22 membres n'a eu qu'un seul secrétaire général non égyptien depuis sa création: le Tunisien Chedli Klibi dans les années 1980, après que l'Egypte a été suspendue de l'organisation pour avoir signé un traité de paix avec Israël.

Fondée en 1945, la Ligue arabe est la principale organisation régionale dédiée à la concertation politique au sein du monde arabe.