Une cour contrôlée par les Houthis prononce des peines de prison contre des youtubeurs yéménites

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Publié le Mercredi 22 mars 2023

Une cour contrôlée par les Houthis prononce des peines de prison contre des youtubeurs yéménites

  • Quatre youtubeurs yéménites ont été condamnés mardi à des peines de prison par un tribunal contrôlé par les Houthis à Sanaa, la capitale du Yémen
  • La cour a par ailleurs exigé que soient confisqués les téléphones portables, les appareils photo et les comptes bancaires d’Ahmed Elaw

AL-MOUKALLA: Quatre youtubeurs yéménites ont été condamnés mardi à des peines de prison par un tribunal contrôlé par les Houthis à Sanaa, la capitale du Yémen. Les chaînes YouTube de ces personnes ont été suspendues. Le motif est le suivant: inciter la population à s’opposer à la milice. Cet événement a soulevé une nouvelle vague d’indignation à l’égard de cette milice et des sanctions qu’elle inflige aux dissidents par l’intermédiaire des tribunaux.

Abdel Majid Sabra est un avocat yéménite qui représente les personnes enlevées et détenues par les Houthis. Selon lui, le tribunal pénal de première instance de Sanaa a rendu les arrêts suivants: trois ans de prison pour Ahmed Elaw, un an et demi pour Moustafa al-Mawmari, un an pour Ahmed Hajjar et six mois pour Hamoud al-Mesbahi. Leur crime? La diffusion de fausses informations susceptibles de compromettre la sécurité du pays.

Le tribunal a ordonné la fermeture des chaînes YouTube des accusés et les a condamnés à une amende de près de 40 000 dollars (1 dollar = 0,93 euro). La cour a par ailleurs exigé que soient confisqués les téléphones portables, les appareils photo et les comptes bancaires d’Ahmed Elaw.

Waddah Qutaish, l’avocat des youtubeurs, a dénoncé sur sa page Facebook le fait que le juge ait prononcé le jugement sans fournir de motifs ni de preuves. Il évoque une sentence injuste et estime qu’elle a pour but de réprimer la liberté d’expression. M. Qutaish a déposé une demande d’appel.

La campagne d’arrestation des quatre youtubeurs s’est déroulée à différents endroits de Sanaa et sur différentes périodes pendant les mois de décembre et de janvier.

Ahmed Hajjar, humoriste, acteur et youtubeur yéménite de renom, a été enlevé par les Houthis en décembre dans la rue Al-Zubairi, à Sanaa. Quelques jours plus tôt, il avait publié une vidéo dans laquelle il critiquait les Houthis, leur reprochant d’imposer aux habitants des impôts excessifs et de ne pas payer les fonctionnaires. Il les a également accusés de corruption et a dénoncé le fait qu’ils ferment les yeux sur la pauvreté qui ne cesse de s’aggraver.

La milice houthie a enlevé les trois autres youtubeurs en janvier, «coupables» d’avoir diffusé des vidéos dans lesquelles ils soutenaient Hajar, revendiquaient sa libération et critiquaient à nouveau la milice houthie.

Le youtubeur le plus populaire du pays est Al-Mawmari. Sa chaîne YouTube compte plus de 2 millions d’abonnés et son compte Facebook des dizaines de milliers de fans. Elaw arrive en deuxième position avec 800 000 abonnés.

Les services de sécurité qui relèvent de la milice houthie ont diffusé lundi une vidéo dans laquelle les youtubeurs ont reconnu qu’ils avaient incité le public à se soulever contre les Houthis, qu’ils avaient diffusé de faux contenus et créé de faux comptes sur les réseaux sociaux. Ils ont également présenté leurs excuses pour avoir critiqué la milice houthie et justifié cette «agression» par la situation économique qui se détériore à Sanaa. Ils faisaient ainsi allusion au gouvernement yéménite et à la Coalition pour le rétablissement de la légitimité au Yémen.

Cette décision a soulevé un tollé contre les Houthis, accusés de tenter de museler les voix dissidentes. «Les Houthis ne sont que des gangs déchaînés qui se servent du tribunal comme d’une arme par laquelle ils répriment [...] et réduisent les libertés des individus», peut-on ainsi lire sur le compte Facebook du journaliste yéménite Mohammed al-Ahmadi.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Gaza: des tirs israéliens font 9 morts, selon les secours

Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël. (AFP)
Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël. (AFP)
  • L'hôpital Nasser, situé dans le sud de Gaza à Khan Younès, a annoncé avoir reçu les dépouilles de quatre personnes, dont une femme, âgées de 10 à 39 ans et tuées dans une frappe aérienne visant une tente de déplacés
  • L'établissement a également indiqué avoir reçu le corps d'Ahmad Salim, un chauffeur de camion tué par des tirs israéliens à al-Mawasi, une zone située dans le sud de Gaza

GAZA: Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël.

La Défense civile, un organisme opérant sous l'autorité du mouvement islamiste Hamas, a recensé neuf morts en plusieurs endroits, dans des frappes aériennes et des tirs.

L'hôpital Nasser, situé dans le sud de Gaza à Khan Younès, a annoncé avoir reçu les dépouilles de quatre personnes, dont une femme, âgées de 10 à 39 ans et tuées dans une frappe aérienne visant une tente de déplacés.

L'établissement a également indiqué avoir reçu le corps d'Ahmad Salim, un chauffeur de camion tué par des tirs israéliens à al-Mawasi, une zone située dans le sud de Gaza.

L'armée israélienne a affirmé que M. Salim s'était dirigé en courant vers des soldats qui interrogeaient d'autres chauffeurs de camion interpellés.

Les soldats ont ouvert le feu dans sa direction après "avoir identifié une menace immédiate", a précisé l'armée, affirmant enquêter sur les autres incidents survenus mercredi.

L'hôpital Al-Chifa, à Gaza-ville, a de son côté déclaré avoir reçu quatre corps: celui d'un enfant tué par des tirs israéliens dans l'est de la ville, celui d'un homme tué dans une frappe aérienne dans l'ouest et deux autres tués dans un bombardement ayant visé un véhicule.

L'armée israélienne a confirmé à l'AFP avoir mené une frappe aérienne sur la ville de Gaza, mais a dit ne pas "être au courant" d'un bombardement dans l'ouest de la ville.

Israël et le Hamas s'accusent presque quotidiennement de violer le cessez-le-feu dans le territoire dévasté.

Au moins 1.084 Palestiniens y ont été tués depuis son entrée en vigueur en octobre, selon le ministère de la Santé du territoire, également placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

Dans le même temps, Israël a recensé cinq soldats et un contractuel travaillant pour le ministère de la Défense tués dans le territoire palestinien.

Les restrictions imposées aux médias et l'accès limité à Gaza empêchent l'AFP de vérifier de manière indépendante les bilans ou de couvrir librement les violences sur place.


La justice libanaise remet en liberté un célèbre chanteur libano-palestinien devenu islamiste

  • Cet artiste connu dans le monde arabe s'était rendu après douze ans de cavale passés dans le camp de réfugiés palestiniens d'Aïn al-Heloué, près de Saïda (sud), qui échappe au contrôle aux autorités libanaises
  • Il est poursuivi dans quatre affaires liées à sa participation présumée en 2013 à des affrontements à Saïda, aux côtés du cheikh radical Ahmad al-Assir, contre l'armée libanaise, dont 18 soldats avaient été tués

BEYROUTH: La justice libanaise a décidé mercredi de remettre en liberté un célèbre chanteur libano-palestinien devenu islamiste, Fadl Chaker, qui s'était rendu aux autorités en octobre 2025, a indiqué une source judiciaire à l'AFP.

Cet artiste connu dans le monde arabe s'était rendu après douze ans de cavale passés dans le camp de réfugiés palestiniens d'Aïn al-Heloué, près de Saïda (sud), qui échappe au contrôle aux autorités libanaises.

Il est poursuivi dans quatre affaires liées à sa participation présumée en 2013 à des affrontements à Saïda, aux côtés du cheikh radical Ahmad al-Assir, contre l'armée libanaise, dont 18 soldats avaient été tués.

Il va être remis en liberté moyennant deux cautions d'une valeur cumulée de près de 3.500 dollars, a précisé la source judiciaire.

Le montant a été versé et Fadl Chaker doit sortir de prison mercredi, a-t-elle ajouté.

Pendant ses années de fuite, la justice l'avait condamné par contumace à des peines allant de cinq à 15 ans de prison avec travaux forcés dans ces dossiers.

Quelques mois avant de s'être rendu, Fadl Chaker avait sorti des chansons qui arrivaient en tête des classements dans le monde arabe. Ses clips vidéo, tournés dans le camp de Aïn el-Heloué, atteignaient des centaines de millions de vues sur YouTube.

Assir avait lui été arrêté en 2015, et condamné à mort avec sursis en 2017 pour "terrorisme".

 


Le Liban exige le retrait d'Israël de deux «zones pilotes» pour participer à des négociations à Rome 

  • Israël et le Liban avaient conclu un accord-cadre à l'issue de cinq cycles de négociations à Washington le 26 juin en vue d'une "paix durable" entre les deux pays, en état de guerre depuis des décennies
  • Il prévoit que l'armée libanaise commence à se déployer dans des "zones pilotes" dont se retirerait Israël, qui occupe une partie du sud du pays, sous réserve du désarmement du Hezbollah

BEYROUTH: Le Liban exige qu'Israël se retire de deux "zones pilotes" dans le sud du pays avant de participer à un nouveau cycle de pourparlers prévu à Rome, a indiqué mercredi à l'AFP une source diplomatique au courant des négociations.

L'Italie et Israël ont annoncé que ces négociations se tiendraient les 15 et 16 juillet à Rome, mais les autorités libanaises n'ont pas confirmé leur participation dans l'immédiat.

Israël et le Liban avaient conclu un accord-cadre à l'issue de cinq cycles de négociations à Washington le 26 juin en vue d'une "paix durable" entre les deux pays, en état de guerre depuis des décennies.

Il prévoit que l'armée libanaise commence à se déployer dans des "zones pilotes" dont se retirerait Israël, qui occupe une partie du sud du pays, sous réserve du désarmement du Hezbollah.

"Le Liban pose comme condition le retrait d'Israël de deux zones pilotes pour participer aux négociations", a affirmé la source diplomatique ayant requis l'anonymat.

Le Hezbollah est opposé à ces négociations et refuse d'être désarmé.

La formation pro-iranienne a entraîné le Liban dans la guerre régionale en mars, en soutien à Téhéran.

Israël a riposté par une vaste campagne de bombardements et une offensive terrestre, qui ont tué près de 4.300 personnes, selon Beyrouth.

Discussions "cruciales" 

Selon la source diplomatique, le département d'Etat américain a informé les deux délégations qu'il ne pouvait pas accueillir les négociations "de façon permanente", d'où le choix de Rome.

Elle a expliqué que des discussions "cruciales" étaient attendues et que les négociateurs auraient besoin de se concerter avec leurs autorités, ce qui ne serait "pas possible" à Washington du fait de la distance avec Israël et le Liban.

La source diplomatique a ajouté qu'Israël avait rapidement accepté la tenue des négociations à Rome, dans l'idée de "réduire la pression exercée directement" sur la partie israélienne pendant les précédentes discussions par le secrétaire d'Etat Marco Rubio.

La partie libanaise a cependant reçu la garantie de Washington qu'il maintiendrait le "même niveau d'engagement et la même ligne de conduite dans la gestion des pourparlers" de Rome, selon cette source diplomatique.

L'accord-cadre n'établit pas de calendrier de retrait du sud du Liban, où Israël a annoncé vouloir maintenir ses troupes dans une zone pouvant s'étendre jusqu'à dix km de sa frontière.

L'armée israélienne poursuit ponctuellement des frappes meurtrières, malgré une trêve entrée en vigueur le 21 juin, à la suite de la signature d'un protocole d'accord entre l'Iran et les Etats-Unis.

L'Iran a exigé que le cessez-le-feu au Liban soit inclus dans cet accord, mais Beyrouth "veut négocier par lui-même" et rejette toute ingérence, a souligné la source diplomatique.

Les négociations à Rome seront suivies par une visite courant juillet du président libanais, Joseph Aoun, à Washington, à l'invitation de son homologue américain.

M. Aoun a estimé mercredi que cette invitation traduisait "le soutien des Etats-Unis à un processus visant à trouver une solution durable à la série de guerres et d'agressions israéliennes contre notre pays".