Sanctions US sur des sociétés chinoises et russes en raison de leur commerce avec l'Iran

Le secrétaire d'État américain Mike Pompeo a évoqué la campagne de pression sur le régime iranien lors de sa rencontre avec le ministre koweïtien des Affaires étrangères en début de semaine. (AFP)
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Publié le Dimanche 29 novembre 2020

Sanctions US sur des sociétés chinoises et russes en raison de leur commerce avec l'Iran

  • Quatre entreprises accusées d’avoir « transféré des technologies et des objets sensibles » au programme de missiles iranien
  • Les sanctions, imposées mercredi, visaient deux sociétés chinoises, Chengdu Best New Materials et Zibo Elim Trade, ainsi que le groupe russe Nilco et la société par action Elecon

LONDRES: Les États-Unis ont imposé des sanctions économiques à quatre entreprises chinoises et russes qui, selon Washington, ont soutenu le programme de missiles iranien.

Les quatre entreprises ont été accusées de « transfert de technologies et des articles sensibles au programme de missiles iranien » et seront ainsi soumises  à des restrictions qui touchent l’aide du gouvernement américain et leurs exportations pendant deux ans, a déclaré le secrétaire d’État Mike Pompeo dans un communiqué.

Les sanctions, imposées mercredi, visaient deux sociétés chinoises, Chengdu Best New Materials et Zibo Elim Trade, ainsi que le groupe russe Nilco et la société par action Elecon.

« Ces mesures font partie de notre réaction aux activités néfastes de l’Iran », a affirmé Pompeo. « Ces déterminations soulignent la nécessité permanente pour tous les pays de rester vigilants face aux efforts continus de l’Iran afin de faire évoluer son programme de missiles. Nous poursuivons notre acharnement pour empêcher les efforts de développement de missiles de l’Iran et nous utiliserons nos pouvoirs de sanctions de manière à mettre en lumière les fournisseurs étrangers, tels que ces entités en Chine et en Russie, qui fournissent à l’Iran des matériaux et des technologies en relation avec les missiles ».

L'administration Trump a intensifié les sanctions contre Téhéran après son retrait de l'accord nucléaire iranien en 2018.

Plus tôt cette semaine, Pompeo a rencontré le ministre koweïtien des Affaires étrangères,  Cheikh Ahmad Nasser Al-Mohammad Al-Sabah, et  la campagne de pression sur le régime iranien a été abordée.

« Je tiens à remercier le Koweït pour son soutien absolu à la campagne de pression maximale. Ensemble, nous privons l’Iran de l'argent, des ressources, de la richesse et des armes avec lesquels il pourrait commettre des actes de terrorisme dans toute la région », a-t-il dévoilé.

On ne sait pas encore comment la nouvelle administration de Joe Biden traitera Téhéran et si elle voudra relancer l’accord sur le nucléaire, tellement essentiel pour  propulser l’économie secouée du pays. Le rial iranien a perdu environ la moitié de sa valeur cette année par rapport au dollar, alimentant l'inflation et aggravant la détérioration de l'économie.

L’économie iranienne connaîtrait une croissance de 4,4% l’année prochaine si les sanctions sont levées, a souligné la semaine dernière l’Institut de la finance internationale (IFI).

Selon les estimations de l'IFI, l'économie devrait se contracter d'environ 6,1% en 2020.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les chefs d'entreprises saluent l’innovation en Arabie saoudite

Plus d'un tiers des chefs d'entreprise dans le monde pensent que l'Arabie saoudite offre un environnement propice à l'innovation, selon le dernier rapport du GE Global Innovation Barometer (Photo, Reuters).
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  • Les répondants soulignent que les partenariats sont essentiels pour stimuler l'innovation, que ce soit entre les pays (86%), les industries (85%) ou les gouvernements (84%)
  • Les entreprises saoudiennes ont été trois fois plus nombreuses à rehausser leurs budgets d'innovation, selon le rapport

DJEDDAH: Selon le dernier rapport du GE Global Innovation Barometer, l'Arabie saoudite offre un environnement propice à l'innovation.

Le baromètre a sondé plus de 3400 chefs d'entreprise dans 22 pays, dont l'Arabie saoudite, et les chiffres pour le Royaume ont augmenté de 11% par rapport à 2018. Cette hausse est la plus forte de tous les pays participants dans le sondage.

L'enquête, en édition spéciale, a comparé les résultats du début de 2020 à ceux d’un sondage éclair supplémentaire afin de comprendre les changements des points de vue des dirigeants d’entreprises tout au long de la pandémie de la Covid-19.

La confiance des chefs d'entreprise saoudiens dans l'autosuffisance et la capacité d'innover du Royaume s'est élevé à 62% depuis le début de la pandémie, contre 58% en janvier 2020.

La majorité des saoudiens interrogés conviennent que les bénéfices sociétaux ou environnementaux de l'innovation à long terme sont importants. 66% d’entre eux les estiment même plus importants à court terme que la rentabilité.

Les entreprises saoudiennes ont été trois fois plus nombreuses à rehausser leurs budgets d'innovation, selon le rapport.

Le secteur de la santé au sein du royaume a été distingué, 81% des personnes interrogées assurent que la rapidité avec laquelle ce secteur s'est adapté à l'innovation pendant la pandémie est un excellent exemple à suivre.

Hisham Al-Bahkali, président de GE en Arabie saoudite et Bahreïn, a révélé que: «Les progrès réalisés dans le domaine de l'innovation après la pandémie ont servi de catalyseur à l'innovation dans des domaines tels que les services électroniques gouvernementaux, particulièrement dans le secteur de la santé».

La majorité (76%) des dirigeants d'entreprise saoudiens croient fortement que l'intelligence artificielle, l'automatisation et l'apprentissage automatique sont importants pour leurs entreprises dans un monde post-Covid-19.

47% ont indiquent par ailleurs que les technologies de pointe faciliteraient davantage l'innovation, tandis que 53% estiment qu’elles amélioreraient l'expérience du télétravail du point de vue des employés.

Les répondants soulignent que les partenariats sont essentiels pour stimuler l'innovation, que ce soit entre les pays (86%), les industries (85%) ou les gouvernements (84%).

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les réductions saoudiennes soudaines impactent le marché pétrolier

La raffinerie de pétrole et le terminal pétrolier de Ras Tanura de Saudi Aramco en Arabie saoudite, le 21 mai 2018 (Photo, Reuters).
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  • Alors qu’à la fin de l'année dernière on parlait de Brent «bloqué» entre 50 et 55 dollars le baril, de nombreux experts le voient désormais à plus de 60 dollars en 2021
  • Les «trois grands acteurs» de la scène financière américaine - Bank of America (BoA), Goldman Sachs et JP Morgan (JPM) - ont tous récemment publié des perspectives positives concernant le pétrole

DUBAI: Soudainement, les perspectives du prix du pétrole ont radicalement changé.

Alors qu’à la fin de l'année dernière, on parlait de Brent «bloqué» entre 50 et 55 dollars le baril, de nombreux experts le voient désormais à plus de 60 dollars en 2021. Les plus optimistes le positionnent à 65 dollars d'ici l’été.

Les «trois grands acteurs» de la scène financière américaine - Bank of America (BoA), Goldman Sachs et JP Morgan (JPM) - ont tous récemment publié des perspectives positives concernant le pétrole pour le restant de l’année.

La BoA a déclaré qu'un certain nombre de facteurs macroéconomiques «pourraient ensemble propulser le pétrole à la mi-2021 au-delà de l'objectif de 60 dollars que nous avons annoncé en juin de l'année dernière» et a reconnu que le prix du pétrole pourrait «facilement dépasser» ses projections.

JPM a affirmé qu'un «supercycle» des prix du pétrole - scénario dans lequel la demande croissante et l'offre étroitement contrôlée conduiraient temporairement à des prix bien au-dessus des niveaux actuels - pourrait se profiler à l’horizon.

Dans le pronostic récent probablement le plus optimiste, les analystes de Goldman Sachs – qui figurent déjà parmi les plus optimistes du secteur - ont avancé la date à laquelle ils s'attendent à ce que le Brent atteigne 65 dollars. Ils pensent maintenant que ce sera six mois plus tôt, soit en juillet de cette année.

«Les événements des premières semaines de l'année ont fortement réduit les risques de déraillement du rééquilibrage du marché», a précisé Goldman Sachs.

Que s'est-il donc passé pour aboutir à un changement aussi important? Bien qu'il existe une série de nouvelles économiques positives - du déploiement mondial de vaccins à une flambée générale du prix des produits de base, synonyme d’une reprise de l'activité industrielle - cela a été atténué dans une certaine mesure par l'augmentation du nombre de cas de Covid-19 dans de nombreuses parties du monde.

Mais ce qui semble avoir fait la différence selon les analystes de l’énergie, est la décision inattendue de l'Arabie saoudite au début du mois, de réduire sa production d’un million de barils par jour. Cette réduction unilatérale - accueillie par la Russie, partenaire OPEP + du Royaume, comme un «cadeau de nouvel an» - a évité les tensions latentes au sein de l’OPEP + tout en accélérant l’élimination des stocks mondiaux de pétrole encore élevés, à la suite des bouleversements sur le marché pétrolier en 2020.

«La réduction unilatérale et inattendue de la production de l'Arabie saoudite compensera à notre avis l’impact négatif à court terme de la demande causée par un virus qui se propage rapidement», a affirmé Goldman Sachs.

La réduction de l'Arabie saoudite - qui, selon son ministre de l’Énergie, le prince Abdul Aziz bin Salman, était le reflet de son rôle de «gardien de l'industrie pétrolière» - maintiendra la production de mars à de bas niveaux, alors que la demande mondiale de pétrole remonte nettement, le déploiement de vaccins encourageant davantage l’activité économique mondiale.

Les autres facteurs positifs pour le Brent, selon Goldman Sachs, sont la transition présidentielle américaine, qui devrait conduire à un plan de relance de 2 trillions de dollars par Joe Biden, et la discipline financière stricte au sein de l'industrie américaine du schiste, qui ne devrait pas augmenter de manière importante la production, jusqu'à ce que le pétrole atteigne 65 dollars le baril.

La BoA a interprété l'augmentation générale du prix des produits de base - pas uniquement du pétrole brut - comme signe de reprise de la croissance économique mondiale, en particulier en Asie.

Indépendamment des perspectives économiques mondiales généralement plus favorables, JPM a souligné le rôle crucial que la réduction du pétrole saoudien avait joué dans la nouvelle tendance haussière du Brent et dans une perspective à plus long terme.

«La réduction de l'offre à court terme est la preuve que l'Arabie saoudite est disposée à appliquer davantage de réductions si la demande est menacée, et garantit une réduction importante des stocks de l'OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Economiques), également capable d'absorber l'offre accrue de la part de la Libye et de l'Iran.»

Il est trop tôt pour annoncer la fin du choc économique lié à la pandémie, mais au moins sur les marchés mondiaux de l'énergie, il semble que le rééquilibrage de l'offre et de la demande est sur la bonne voie.

Le prix du pétrole reflète également cet optimisme. Le Brent se négocie maintenant à plus de 56 dollars le baril - un record dans la post-pandémie.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le voleur de secrets industriels de Google gracié par Trump

Donald Trump a gracié 73 personnes avant de quitter ses fonctions (Photo, AFP).
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  • «Levandowski a payé un prix significatif pour ses actions et prévoit de mettre ses talents au service du bien commun», justifie le communiqué du milliardaire républicain
  • Le cadre incriminé a reconnu avoir téléchargé des documents avant sa démission de Google en janvier 2016, et les avoir partagés avec des concurrents rachetés par Uber

SAN FRANCISCO: Un ancien ingénieur de Google condamné à la prison pour avoir volé des secrets de fabrication des voitures autonomes, Anthony Levandowski, fait partie des 73 personnes graciées par Donald Trump mercredi avant de quitter la Maison blanche.

« Levandowski a payé un prix significatif pour ses actions et prévoit de mettre ses talents au service du bien commun », justifie le communiqué du milliardaire républicain, qui a aussi gracié son ancien conseiller Steve Bannon.

En mars dernier, Anthony Levandowski a plaidé coupable d'un chef d'accusation, en échange de l'abandon des 32 autres. Il a reconnu avoir téléchargé des documents avant sa démission de Google en janvier 2016, et les avoir partagés avec des concurrents rachetés par Uber.

Sa demande de grâce était notamment soutenue par le co-fondateur de Palantir Peter Thiel, une figure controversée du secteur des technologies, qui fut un des premiers investisseurs dans Facebook et a apporté son soutien à Donald Trump en 2016.

« Ma famille et moi-même sommes reconnaissants de cette opportunité d'aller de l'avant, et reconnaissants au président et à ceux qui m'ont soutenu et ont plaidé en ma faveur », a tweeté Levandowski mercredi.

Le quadragénaire avait été condamné à 18 mois de prison en août. « Le juge qui a prononcé cette sentence l'a qualifié d'ingénieur brillant et avant-gardiste dont notre pays a besoin », précise le communiqué.

Le même juge avait aussi déclaré qu'il s'agissait du « plus gros vol de secret industriel » qu'il ait « jamais vu ».

Chez Google, Anthony Levandowski a été l'un des membres fondateurs en 2009 du projet baptisé « Chauffeur », pour développer des voitures autonomes, l'une des entreprises les plus ambitieuses du géant de l'internet.

Il avait notamment dérobé les plans du système LiDAR (pour Light Detection And Ranging), une sorte de radar où un laser remplace les ondes électromagnétiques. Cette technologie essentielle dans les futures voitures autonomes doit servir à mesurer les distances et détecter les obstacles. 

Les documents volés ont été évalués entre 550 000 et 1,5 million de dollars. 

Selon l'acte d'inculpation, Levandowski était en contact avec deux entreprises concurrentes de Google sur le créneau de la voiture autonome, au moment même où il s'est emparé des dossiers sensibles.

Ces deux entreprises, Tyto Lidar et 280 Systems, sont devenues Ottomotto, et cette dernière a été rachetée par Uber en 2016. Lewandowski a été embauché à ce moment-là par le leader mondial de la location de voiture avec chauffeur.

Fin 2016, la division de voitures autonomes de Google a été rebaptisée Waymo. Elle dépend de sa maison mère Alphabet.