En région parisienne, la police déjà sur le terrain pour les JO

Cette photo prise le 10 novembre 2022 montre le typographe des Jeux Olympiques de Paris 2024 à Saint-Denis, au nord de Paris. (AFP).
Cette photo prise le 10 novembre 2022 montre le typographe des Jeux Olympiques de Paris 2024 à Saint-Denis, au nord de Paris. (AFP).
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Publié le Lundi 27 mars 2023

En région parisienne, la police déjà sur le terrain pour les JO

  • Les opérations policières se multiplient donc depuis l'été pour réduire la criminalité dans le département - au moins le temps des Jeux
  • Il s'agit de «s'attaquer à la délinquance et particulièrement au phénomène d'accaparement de l'espace public: les points de deal, la vente à la sauvette, les gares où l'on se sent en insécurité...»

SAINT-OUEN : Pas le temps pour le dealer de finir sa transaction que des policiers l'interpellent et saisissent pour 8 000 euros de cocaïne. L'opération de "nettoyage" quotidienne de la banlieue parisienne s'inscrit dans un plan qui vise à enrayer la délinquance en vue des JO.

À moins de 500 jours de l'ouverture des Jeux olympiques de Paris-2024, le coup d'envoi est déjà donné pour la police en Seine-Saint-Denis, au nord-est de la capitale. Car les yeux du monde seront braqués sur ce département populaire où se déroulera une grande partie de la compétition mais aussi l'un des plus criminogènes de France.

Outre le Stade de France, la Seine-Saint-Denis accueillera le village des athlètes, le centre aquatique olympique, le village et le centre des médias ainsi que le mur d'escalade au Bourget. Mais l'impératif sécuritaire dépasse les sites olympiques proprement dits, des visiteurs étant susceptibles de se promener ou de loger sur l'ensemble du territoire.

L'enjeu d'image est considérable. Encore traumatisée par le fiasco de la finale de la Ligue des Champions à Saint-Denis en 2022, et son cortège d'agressions de supporters étrangers, le pays veut à tout prix s'éviter une nouvelle humiliation internationale. Les opérations policières se multiplient donc depuis l'été pour réduire la criminalité dans le département - au moins le temps des Jeux.

Il s'agit de "s'attaquer à la délinquance et particulièrement au phénomène d'accaparement de l'espace public: les points de deal, la vente à la sauvette, les gares où l'on se sent en insécurité...", résume pour l'AFP Michel Lavaud, directeur territorial de la sécurité de proximité de Seine-Saint-Denis, qui dépend de la préfecture de police de Paris.

A Saint-Ouen, plaque tournante du trafic de stupéfiants liée à sa proximité avec Paris, "c'est 192 opérations 'JO zéro délinquance' depuis le début de l'année", indique la commissaire de la ville Claire Laclau.

Dans la cité enclavée Arago, entre des bureaux flambant neuf et un jardin d'enfants, la présence policière est "quotidienne" dans ce juteux point de deal au chiffre d'affaires avoisinant les "10 000 à 20 000 euros" par jour, selon un policier local.

«Rapport de forces»

Ce jour-là, une unité équestre, cynophile, une brigade territoriale de contact (BTC) et la Brigade anticriminalité (BAC) ratissent le quartier de long en large, sans rencontrer apparemment d'hostilité de la part des  habitants.

Ils mettent la main sur le fournisseur de drogue, deux revendeurs et leurs butins de 83 grammes de cocaïne d'une valeur marchande estimée à 8 000 euros, 168 g d'herbes (1 680€) et 42 g de cannabis (420€).

"Une satisfaction" pour les résidents du quartier, confie la commissaire Laclau pour qui ces opérations "désorganisent le trafic où le vendeur est roi".

Ce "nettoyage des quartiers passe par de la répression policière", dénonce Mehdi Ourezifi, membre du collectif "Stop aux violences à Saint-Denis".

"On a l'impression que les JO se font presque au détriment des quartiers" défavorisés, laissés-pour-compte des promesses d'embauche, ulcérés par le "prix exorbitant des places" pour les épreuves olympiques, et maintenant, cible de la "répression", se désole le travailleur social.

L'une des priorités des autorités est de limiter les violences aux personnes, proportionnellement plus importantes en Seine-Saint-Denis qu'ailleurs en région parisienne, avec quelque 35 000 faits recensés chaque année dans le département.

"Face à la délinquance, il faut instaurer un rapport de forces. Ce rapport de forces est avant tout visuel, et cette visibilité sert à prévenir les passages à l'acte délinquants mais aussi à interpeller plus rapidement", déclare Michel Lavaud.

Une visibilité accrue dans la rue qui peut rassurer les spectateurs des JO, mais ne règle pas pour autant les problèmes structurels de criminalité. Ce travail de patrouilles s'effectue donc en parallèle d'enquêtes judiciaires au long cours autour de "sites emblématiques des JO", assure M. Lavaud, sans autre précision.

Cependant, l'intensification de l'activité policière ne met pas que les délinquants sous pression: la justice du département se retrouve également acculée.

Dans une juridiction historiquement saturée, le tribunal de Bobigny n'est actuellement pas en mesure d'absorber le surcroît d'activité des JO, qui commence déjà à se faire sentir, ont publiquement prévenu ses chefs qui ont demandé des renforts dès que possible.


Moyen-Orient: Macron annonce des renforts militaires dont le Charles de Gaulle

Emmanuel Macron a annoncé mardi des renforts militaires au Moyen-Orient en guerre, dont le porte-avions Charles de Gaulle et son escorte de frégates qui vont "faire route" vers la Méditerranée. (AFP)
Emmanuel Macron a annoncé mardi des renforts militaires au Moyen-Orient en guerre, dont le porte-avions Charles de Gaulle et son escorte de frégates qui vont "faire route" vers la Méditerranée. (AFP)
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  • "J’ai donné l’ordre au porte-avions Charles de Gaulle, à ses moyens aériens et à son escorte de frégates de faire route vers la Méditerranée"
  • Le chef de l'Etat a dit que la France avait abattu des drones "en légitime défense", "dès les premières heures" du conflit qui oppose Israël et les Etats-Unis à l'Iran

PARIS: Emmanuel Macron a annoncé mardi des renforts militaires au Moyen-Orient en guerre, dont le porte-avions Charles de Gaulle et son escorte de frégates qui vont "faire route" vers la Méditerranée.

"J’ai donné l’ordre au porte-avions Charles de Gaulle, à ses moyens aériens et à son escorte de frégates de faire route vers la Méditerranée", a affirmé le président dans une allocution télévisée. Il a aussi annoncé l'envoi dans la région d'avions Rafale, de systèmes de défense anti-aérienne et de radar aéroporté, qui ont été déployés "ces dernières heures", ainsi que l'envoi à Chypre de la frégate Languedoc et de moyens anti-aériens.

Le chef de l'Etat a dit que la France avait abattu des drones "en légitime défense", "dès les premières heures" du conflit qui oppose Israël et les Etats-Unis à l'Iran, et que deux bases françaises avaient subi dans ce conflit des "frappes limitées, ayant causé des dégâts matériels".

 


Dans le quartier de Belleville à Paris, un ramadan entre ferveur et inquiétude

Pendant tout le ramadan, Belleville vit au rythme des préparatifs de l’iftar : les plateaux croulent sous les victuailles, les files s’allongent devant les boucheries halal et les pâtisseries. (AFP)
Pendant tout le ramadan, Belleville vit au rythme des préparatifs de l’iftar : les plateaux croulent sous les victuailles, les files s’allongent devant les boucheries halal et les pâtisseries. (AFP)
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  • Les commerçants installent leurs tables devant les boutiques, les passants déambulent sacs à la main et la foule compacte se presse pour préparer la rupture du jeûne
  • L’atmosphère est festive, vibrante, presque irréelle. Pourtant, derrière l’abondance et les odeurs alléchantes, une gravité inhabituelle imprègne ce mois sacré

PARIS: Des étals chargés de pâtisseries, d’épices et d’olives, des pains encore tièdes, des galettes dorées, des montagnes de dattes et des rangées de sodas. Comme chaque année, le traditionnel marché du ramadan a investi les trottoirs du boulevard de Belleville (dans le XIe arrondissement de Paris), transformant le lieu en un vaste théâtre gourmand à ciel ouvert.

Les commerçants installent leurs tables devant les boutiques, les passants déambulent sacs à la main et la foule compacte se presse pour préparer la rupture du jeûne. L’atmosphère est festive, vibrante, presque irréelle. Pourtant, derrière l’abondance et les odeurs alléchantes, une gravité inhabituelle imprègne ce mois sacré.

belleville

Pendant tout le ramadan, Belleville vit au rythme des préparatifs de l’iftar : les plateaux croulent sous les victuailles, les files s’allongent devant les boucheries halal et les pâtisseries. Certains restaurants ont même fermé leur salle pour la transformer en cuisine de production, où l’on pétrit du pain à la chaîne, nature ou farci.

Pour les commerçants, c’est le moment le plus intense de l’année : les odeurs de pain grillé et de pâtisseries au miel attirent les passants, souvent sans idée précise de ce qu’ils vont acheter. « On ne sait jamais vraiment ce qu’on vient chercher, mais on trouve toujours ce qui nous plaît », sourit Nahel, venu faire ses courses avec sa fille, dans ses sacs : des feuilles de brick, de la crème et du pain arabe.

À Belleville, la fête déborde largement du cadre culinaire

Le marché est devenu bien plus qu’un lieu d’approvisionnement : c’est un rendez-vous collectif, un moment attendu, une tradition solidement ancrée dans la vie du quartier. À Belleville, la fête déborde largement du cadre culinaire ; même les commerces qui ne vendent habituellement pas de nourriture participent.

Monsef, gérant d’une boutique de téléphonie, a installé devant sa vitrine des cageots de menthe et de fruits. « Ça ne rapporte pas grand-chose, mais on veut faire partie de la fête », explique-t-il.

Pour beaucoup, le ramadan est avant tout un temps de lien social et de générosité : les repas partagés se multiplient, les dons aussi. « On distribue des repas, on aide les plus démunis, on se rend davantage à la mosquée ; le mois sacré reste un moment de spiritualité et de solidarité », indique un restaurateur.

belleville

Mais cette année, la ferveur est traversée par une inquiétude persistante : les conversations glissent régulièrement vers l’actualité internationale marquée, depuis quelques jours, par la guerre au Proche-Orient. Impossible pour certains de ne pas penser à ce qui se passe à Gaza ou, plus largement, dans l’ensemble de la région. « Quand on voit qu’ici on profite du ramadan et qu’ailleurs certains vivent sous les bombes, ça met mal à l’aise », confie Majid, commerçant.

Les télévisions allumées au moment de la rupture du jeûne en témoignent : certains préfèrent les séries traditionnelles du mois sacré, d’autres suivent en continu les chaînes d’information. La fête existe, mais elle est plus grave, plus retenue, comme si la joie devait désormais cohabiter avec l’inquiétude.

À cela s’ajoute une autre préoccupation : le budget. Car le ramadan reste un mois de générosité et d’abondance, mais cette abondance a un prix. Les commerçants constatent que les habitudes changent : les clients comparent davantage, achètent plus prudemment ; l’inflation est dans tous les esprits. « Les prix ont augmenté comme tout le reste, observe un épicier. Même si les gens ne le disent pas toujours, on sent qu’ils sont touchés. »

Pour beaucoup de familles modestes, le mois sacré exige une véritable préparation financière : certains mettent de l’argent de côté toute l’année pour pouvoir garnir la table plus généreusement qu’à l’ordinaire. Car le ramadan est aussi une fête domestique, rythmée par les invitations, les repas partagés et l’abondance symbolique, mais cette générosité pèse.

« On dépense beaucoup. On est obligés de prévoir, sinon on ne s’en sort pas », reconnaît une habituée du quartier, venue acheter des pâtisseries qui lui rappellent son pays d’origine, la Tunisie, et plus précisément Tunis.

belleville

Pour les habitants issus de l’immigration, le ramadan à Belleville est aussi une manière de recréer un peu du pays quitté : les saveurs, les odeurs, les produits traditionnels permettent de maintenir un lien affectif avec les racines. Certains viennent même de loin pour retrouver cette ambiance. Salma, franco-libanaise, a fait le déplacement simplement pour ressentir cette atmosphère familière, qui la rapproche de ses souvenirs malgré la distance et les inquiétudes liées à l’actualité de sa région d’origine.

Entre abondance et retenue, joie et gravité, le ramadan 2026 s’inscrit dans une époque troublée. À Belleville, on continue de célébrer, de partager, mais cela n’atténue pas le ressentiment face aux souffrances du monde et aux difficultés du quotidien.


Frappes iraniennes: la France prête à «participer» à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie

 La France est "prête" à "participer" à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie, cibles de frappes de l'Iran, "conformément aux accords qui la lie à ses partenaires et au principe de légitime défense collective", a déclaré lundi son ministre des Affaires étrangères. (AFP)
La France est "prête" à "participer" à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie, cibles de frappes de l'Iran, "conformément aux accords qui la lie à ses partenaires et au principe de légitime défense collective", a déclaré lundi son ministre des Affaires étrangères. (AFP)
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  • "Près de 400.000 Français sont résidents ou de passage dans la douzaine de pays de la région", a ajouté le ministre. "A notre connaissance, aucune victime française n'est à déplorer à ce stade", a-t-il ajouté
  • "Notre dispositif est déjà organisé localement pour faciliter les sorties par voie terrestre lorsque c'est possible, ce qui n'est pas le cas dans tous les pays concernés", a-t-il détaillé

PARIS: La France est "prête" à "participer" à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie, cibles de frappes de l'Iran, "conformément aux accords qui la lie à ses partenaires et au principe de légitime défense collective", a déclaré lundi son ministre des Affaires étrangères.

"Aux pays amis qui ont été ciblés délibérément par les missiles et les drones des Gardiens de la révolution et entraînés dans une guerre qu'ils n'avaient pas choisie -Arabie Saoudite, Émirats arabes unis, Qatar, Irak, Bahreïn, Koweït, Oman et Jordanie- la France exprime son soutien entier et sa pleine solidarité. Elle se tient prête (...) à participer à leur défense", a affirmé Jean-Noël Barrot lors d'une conférence de presse.

"Près de 400.000 Français sont résidents ou de passage dans la douzaine de pays de la région", a ajouté le ministre. "A notre connaissance, aucune victime française n'est à déplorer à ce stade", a-t-il ajouté.

"Notre dispositif est déjà organisé localement pour faciliter les sorties par voie terrestre lorsque c'est possible, ce qui n'est pas le cas dans tous les pays concernés", a-t-il détaillé.

Le ministre a appelé à la "désescalade". "L'escalade militaire doit cesser au plus vite", a-t-il répété. "La prolongation indéfinie des opérations militaires sans but précis emporte le risque d'un engrenage qui entraînerait l'Iran et la région dans une longue période d'instabilité".

"Au Liban, le Hezbollah a commis une lourde faute, dont la population a payé ce matin le prix avec des dizaines de morts et des dizaines de milliers de déplacés, en rejoignant un conflit dans lequel les autorités, comme le peuple libanais, refusent d'être entraînées", a-t-il poursuivi, appelant le Hezbollah à "mettre immédiatement un terme à ces opérations".