Tractations et conciliabules dans un congrès CGT à l'issue incertaine

Le secrétaire général sortant de la CGT, Philippe Martinez lors de la journée d'ouverture du 53e congrès du syndicat CGT à Cournon d'Auvergne (Photo, AFP).
Le secrétaire général sortant de la CGT, Philippe Martinez lors de la journée d'ouverture du 53e congrès du syndicat CGT à Cournon d'Auvergne (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 29 mars 2023

Tractations et conciliabules dans un congrès CGT à l'issue incertaine

  • Deux candidatures ont émergé face à celle de la secrétaire générale de la Ferc: celle d'Olivier Mateu et celle de Céline Verzeletti
  • Grande gueule assumée, en pointe dans le conflit des raffineries, M. Mateu est selon plusieurs responsables et observateurs sur une ligne trop radicale

PARIS: A l'avant-veille de la désignation du nouveau secrétaire général de la CGT, les tractations vont bon train dans les coulisses du 53e Congrès de l'organisation syndicale, la dauphine de Philippe Martinez, Marie Buisson, semblant moins assurée que jamais de l'emporter.

Deux candidatures ont émergé face à celle de la secrétaire générale de la Ferc (Fédération Recherche, Education et Culture): celle d'Olivier Mateu, le médiatique et controversé secrétaire général de l'Union départementale des Bouches-du-Rhône, et celle de Céline Verzeletti, co-secrétaire générale de l'UFSE (Union fédérale des syndicats de l'Etat).

Grande gueule assumée, en pointe dans le conflit des raffineries dans son département, M. Mateu est selon plusieurs responsables et observateurs sur une ligne trop radicale pour rassembler une majorité.

Mercredi matin, il a annoncé sur Twitter avoir proposé à Céline Verzeletti "de mener ce combat chacun comme co-secrétaire général". Auprès de la presse, il a précisé lui avoir fait cette offre "il y a quinze jours, trois semaines", sans avoir reçu de réponse.

Interrogée par l'AFP, Céline Verzeletti n'a pas répondu sur la proposition de M. Mateu. Mais elle a affirmé être "sollicitée par de nombreuses organisations pour assumer la responsabilité de secrétaire générale" et s'est dite "disponible pour cela dans une démarche de construction collective claire et rassembleuse".

"Elle est en train de travailler à rassembler largement", a affirmé un de ses proches à l'AFP.

Les choses devraient se décanter dans les prochaines heures.

Le Comité confédéral national (CCN), "parlement" du syndicat qui regroupe les représentants des unions départementales et des fédérations, doit se retrouver mercredi soir et élaborer une liste de membres de la Commission exécutive confédérale (CEC), soumise au vote du Congrès jeudi.

Cette CEC doit ensuite se réunir et se mettre d'accord sur une nouvelle direction: membres du bureau confédéral et secrétaire général(e). Le CCN se réunit à nouveau et valide ou non cette direction.

Martinez «inquiet»


Le programme prévoit que ce second CCN se tienne vendredi mais certains souhaiteraient qu'il ait lieu jeudi soir, afin de donner le temps d'éventuels allers et retours entre la CEC et le CCN.

La candidature de Marie Buisson est apparue fragilisée lundi et mardi, avec de nombreuses prises de parole hostiles à la direction sortante, et un vote négatif sur son rapport d'activité, un fait inédit à la CGT et un revers majeur pour Philippe Martinez.

"Je ne peux pas nier que le congrès, instance suprême de la CGT, est aujourd’hui divisé en deux", a reconnu auprès de l'agence AEF le secrétaire général sortant.

"Je suis très attaché à mon organisation et forcément, ce qui se passe m'inquiète (...) un congrès divisé, ce n'est pas bon pour l'image de la CGT, mais aussi du syndicalisme en général", a-t-il ajouté.

Selon une membre de la direction sortante, le retrait de Marie Buisson n'est "pas envisagé". "C'est une conception de la CGT qu'on porte (...) On ne veut pas renoncer à cette conception de la CGT, donc on va continuer à la porter jusqu'au bout", a dit cette source.

L'issue du congrès de la CGT pourrait avoir des incidences sur ses orientations, et sur sa place au sein de l'intersyndicale qui mène depuis des mois la bataille contre la réforme des retraites, et a soulevé un mouvement social d'une ampleur inédite depuis des décennies.

"Il y a eu, durant les débats, des critiques sur l'intersyndicale ou sur nos relations avec la CFDT, et je ne sais pas comment cela va évoluer", a dit M. Martinez à l'AEF.

Plusieurs délégués ont critiqué ces derniers jours le soutien apporté par M. Martinez à la demande de "médiation" sur le conflit des retraites émise auprès du gouvernement par l'intersyndicale.

Soutien de M. Mateu, le secrétaire général de la fédération de la chimie, Emmanuel Lépine, a estimé que la CGT ne devait pas se rendre avec l'intersyndicale au rendez-vous proposé par la Première ministre la semaine prochaine. "C'est une perte de temps et cela fait croire à ceux qui sont encore dans la lutte aujourd'hui qu'on les a abandonnés", a-t-il dit.


Mégafeu en Gironde: le feu «toujours stabilisé» avant le retour de la chaleur

La hausse attendue des températures fait craindre une nouvelle aggravation du mégafeu qui a déjà ravagé 42.000 hectares en Gironde, "toujours stabilisé" mardi matin après une nuit calme. (AFP)
La hausse attendue des températures fait craindre une nouvelle aggravation du mégafeu qui a déjà ravagé 42.000 hectares en Gironde, "toujours stabilisé" mardi matin après une nuit calme. (AFP)
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  • Les forêts s'enflamment d'autant plus facilement que la végétation et les sols européens sont très secs depuis des mois, une sécheresse accentuée par le changement climatique et les récentes canicules exceptionnelles
  • La Gironde et les Landes, département qui passera également en vigilance jaune canicule mardi midi, s'apprêtent à vivre selon Météo-France une "nouvelle vague de chaleur", avec des températures qui pourraient atteindre jusqu'à 40°C mercredi

BORDEAUX: La hausse attendue des températures fait craindre une nouvelle aggravation du mégafeu qui a déjà ravagé 42.000 hectares en Gironde, "toujours stabilisé" mardi matin après une nuit calme.

La nuit a été marquée par la lutte contre plusieurs reprises de feu au nord du Porge et dans la partie nord du Cap-Ferret, mais celles-ci "sont sous contrôle", selon la préfecture, qui souligne que "la surface brûlée n'a pas évolué".

Le département, qui passera en vigilance jaune canicule à midi, surveille températures et vents: Météo-France prévoit une hausse des températures jusqu'à 33 à 35°C dans les terres mardi, accompagnées d'un vent orienté au sud-est, avec des brises océaniques d'ouest sur le littoral, qui pourraient attiser à nouveau le brasier.

Dans un point de situation lundi à 22H30, la préfète a souligné que la journée devrait également être marquée par "une baisse de l'hygrométrie". La situation "reste très imprévisible", a-t-elle alors assuré.

Les forêts s'enflamment d'autant plus facilement que la végétation et les sols européens sont très secs depuis des mois, une sécheresse accentuée par le changement climatique et les récentes canicules exceptionnelles.

La Gironde et les Landes, département qui passera également en vigilance jaune canicule mardi midi, s'apprêtent à vivre selon Météo-France une "nouvelle vague de chaleur", avec des températures qui pourraient atteindre jusqu'à 40°C mercredi et des vents un peu moins forts mais plus secs.

"On doit tenir" 

"Les semaines à venir seront dures et on doit tenir", a lancé lundi le président de la République, Emmanuel Macron, dans la salle de crise du centre opérationnel départemental d'incendie et de secours (Codis). "On reste unis et on se bat pour gagner la bataille partout", a-t-il dit en délivrant dans la soirée une bonne nouvelle: le feu est désormais "fixé" dans les Landes.

En Gironde également, la journée de lundi  a été "favorable, comme espéré par les pompiers", s'est réjoui le Sdis auprès de l'AFP. Dans l'ensemble, les départs de feux ont été "contenus".

Depuis le début de l'incendie au nord du bassin d'Arcachon, le 22 juillet, 93 pompiers ont été blessés, 240 habitations ont été détruites et près de 220.000 personnes ont été évacuées de manière préventive dans 23 communes.

Dans un camping du Grand Crohot, en Gironde, jouets des enfants sur le sol, bières sur la table, tentes ouvertes et serviettes de plage encore étendues... tout témoigne de la rapidité et de la panique avec lesquelles tous ont dû quitter les lieux.

Le feu n'étant pas fixé en Gironde, aucun retour des évacués n'y est envisageable à ce stade et les activités des colonies de vacances sont suspendues dans ce département touristique.

La préfète a en outre annoncé lundi soir l'interdiction des manifestations sportives et culturelles, tout comme les activités nautiques et la navigation sur le lac de Cazaux-Sanguinet.

Comme lundi, aucun TGV ne circule au sud de Bordeaux mardi, hormis ceux qui desservent Agen et Toulouse, et l'autoroute A63 est fermée dans les deux sens entre Bordeaux et Bayonne.

"Vague de solidarité" 

Au total, plus de 116.000 hectares - nouveau record après 2022 - ont été parcourus par les incendies en France depuis début 2026, a indiqué le Premier ministre Sébastien Lecornu.

Le ministre de l'Economie Roland Lescure a annoncé que les assureurs prendraient en charge les frais de relogement des personnes évacuées à cause des incendies de Gironde, des Landes et du Var.

Une "vague de solidarité", saluée par la préfète Sophie Brocas, a par ailleurs permis de libérer les pompiers volontaires dans les entreprises. Agriculteurs et particuliers prêtent aussi main-forte.

"On est partis à 4H30 ce matin du Lot-et-Garonne. On cherche à aider. Je suis chasseur et je veux garder la nature comme elle est", a expliqué lundi à l'AFP Christopher Bonnefond, 25 ans, agriculteur venu avec quatre collègues.

Juste au sud, l'incendie dans les Landes est donc fixé après avoir brûlé 3.600 hectares et 198 bâtiments.

Depuis 20H lundi, "l'ensemble des habitants des communes de Sanguinet et de Parentis-en-Born" peuvent ainsi "réintégrer leur domicile", a annoncé le préfet des Landes, tout comme ceux du village aéronautique de Biscarrosse et les résidents d'un camping au nord de la ville. Soit, au total, 15.000 personnes.

Dans le Var, les reprises du feu du Gros Bessillon, qui ont mobilisé les pompiers lundi, au 7e jour de lutte contre cet incendie, ont été "circonscrites" lundi soir, a annoncé la préfecture.

Le feu est toujours en cours en Corse mais a été "fixé" dans les Hautes-Alpes après avoir parcouru 510 hectares.

Dans les Bouches-du-Rhône, un pompier volontaire de 38 ans est décédé lundi, après que le camion-citerne "dans lequel il circulait seul a fait une sortie de route" au nord d'Arles, a indiqué le Sdis 13.


L'Iran dit avoir convoqué l'ambassadeur français pour «ingérence»

L'ambassadeur français en Iran, Pierre Cochard, a été convoqué par le ministère des Affaires étrangères à Téhéran pour "ingérence", a indiqué lundi ce dernier, après la détention de deux diplomates français en poste dans la capitale iranienne. (AFP)
L'ambassadeur français en Iran, Pierre Cochard, a été convoqué par le ministère des Affaires étrangères à Téhéran pour "ingérence", a indiqué lundi ce dernier, après la détention de deux diplomates français en poste dans la capitale iranienne. (AFP)
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  • "Hier (dimanche), l'ambassadeur de France à Téhéran a été convoqué au ministère des Affaires étrangères, où il a été souligné que le gouvernement français devait cesser de telles actions et de telles ingérences"
  • Selon lui, les deux diplomates français ont mené des activités "qui n'étaient en aucun cas justifiées" et ont "interféré dans les affaires intérieures de l'Iran sous le prétexte de s'engager avec la société civile"

TEHERAN: L'ambassadeur français en Iran, Pierre Cochard, a été convoqué par le ministère des Affaires étrangères à Téhéran pour "ingérence", a indiqué lundi ce dernier, après la détention de deux diplomates français en poste dans la capitale iranienne.

"Hier (dimanche), l'ambassadeur de France à Téhéran a été convoqué au ministère des Affaires étrangères, où il a été souligné que le gouvernement français devait cesser de telles actions et de telles ingérences dans les affaires intérieures de l'Iran sous des appellations trompeuses", a déclaré le porte-parole du ministère, Esmaïl Baghaï, lors d'un point de presse hebdomadaire.

Selon lui, les deux diplomates français ont mené des activités "qui n'étaient en aucun cas justifiées" et ont "interféré dans les affaires intérieures de l'Iran sous le prétexte de s'engager avec la société civile".

"Nous ne commentons pas les provocations iraniennes", a réagi lundi le Quai d'Orsay, selon qui "les faits sont clairs".

Le 20 juillet, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, avait dénoncé "une action d'intimidation extrêmement grave de la part des services de sécurité iraniens" à l'encontre de deux diplomates, dont l'un avait été "molesté".

D'après le ministre français, les diplomates ont été "détenus sans raison pendant plusieurs heures" et "interrogés", en raison de leur mission de soutien à la société civile iranienne.

Le chargé d'affaires iranien en France avait été convoqué au Quai d'Orsay mardi dernier.

Les autorités iraniennes ont démenti l'agression, affirmant que les diplomates n'avaient été que "brièvement interrogés" par les services de sécurité, après avoir participé à une "réunion avec plusieurs personnes recherchées par les autorités".


Paris : trois femmes blessées dans une attaque au couteau, un suspect interpellé

n homme suspecté d'avoir blessé trois femmes lundi à Paris à l'aide de deux couteaux de cuisine, dont deux grièvement, a ensuite été rapidement interpellé, a annoncé le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez. (AFP)
n homme suspecté d'avoir blessé trois femmes lundi à Paris à l'aide de deux couteaux de cuisine, dont deux grièvement, a ensuite été rapidement interpellé, a annoncé le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez. (AFP)
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  • L'attaque s'est produite vers 11H30 porte de Clichy, au nord-ouest de la capitale, avait indiqué la préfecture de police de Paris
  • "Trois victimes identifiées ont été prises en charge par les secours et transportées en milieu hospitalier", a précisé la PP, sans donner plus de détail sur l'état des blessés

PARIS: Un homme suspecté d'avoir blessé trois femmes lundi à Paris à l'aide de deux couteaux de cuisine, dont deux grièvement, a ensuite été rapidement interpellé, a annoncé le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez.

L'attaque s'est produite vers 11H30 porte de Clichy, au nord-ouest de la capitale, avait indiqué la préfecture de police de Paris.

"Trois victimes identifiées ont été prises en charge par les secours et transportées en milieu hospitalier", a précisé la PP, sans donner plus de détail sur l'état des blessés.

"Un individu muni de deux armes blanches a fait plusieurs blessés" et "a rapidement été interpellé", a-t-elle ajouté.

Selon le ministre de l'Intérieur, le suspect "a été interpellé par un policier de la préfecture de police hors service", dont il a salué "le courage".

"Aucune" des trois femmes blessées "ne voit son pronostic vital engagé", a déclaré Laurent Nuñez à la mi-journée, lors du compte-rendu du conseil des ministres.

"Deux d'entre elles sont quand même en urgence absolue, donc sont blessées assez gravement", a-t-il ajouté. L'une a été touchée aux lombaires, l'autre à l'abdomen, a-t-il précisé.

Une troisième femme a été blessée plus légèrement.

Les trois victimes sont "âgées de 19, 24 ans et 36 ans", a encore dit le ministre.

Le suspect "n'a donné qu'une identité déclarative" et "tient des propos incohérents", a poursuivi M. Nuñez, qui appelle à "rester très prudent sur les mobiles de cet acte extrêmement violent".

Le parquet national antiterroriste a indiqué à l'AFP être en observation à ce stade.