La Suisse se prépare à de nouvelles négociations avec l'UE

La Suisse se prépare à de nouvelles négociations avec l'Union européenne, deux ans après avoir choqué les 27 en décidant purement et simplement de mettre fin à de longues années de pourparlers. (AFP)
La Suisse se prépare à de nouvelles négociations avec l'Union européenne, deux ans après avoir choqué les 27 en décidant purement et simplement de mettre fin à de longues années de pourparlers. (AFP)
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Publié le Jeudi 30 mars 2023

La Suisse se prépare à de nouvelles négociations avec l'UE

  • Mardi le gouvernement fédéral a demandé aux divers ministères concernés de travailler à l'élaboration d'un mandat de négociations avec l'UE d'ici la fin juin de cette année
  • Le Conseil fédéral «constate l’existence d’une dynamique positive dans les discussions menées entre la Suisse et l’UE aux niveaux technique, diplomatique et politique»

GENEVE: La Suisse se prépare à de nouvelles négociations avec l'Union européenne, deux ans après avoir choqué les 27 en décidant purement et simplement de mettre fin à de longues années de pourparlers.

Mardi, après une réunion spéciale, le gouvernement fédéral a demandé aux divers ministères concernés de travailler à l'élaboration d'un mandat de négociations avec l'UE d'ici la fin juin de cette année.

Le Conseil fédéral "constate l’existence d’une dynamique positive dans les discussions menées entre la Suisse et l’UE aux niveaux technique, diplomatique et politique", souligne dans un communiqué le gouvernement, qui précise qu'à l'issue de huit sessions de discussions exploratoires et dix-neuf discussions techniques entre les délégations suisse et européenne, les deux parties étaient arrivées "à une compréhension fine" de leurs positions respectives.

Parallèlement à l'élaboration de la stratégie de négociation, la secrétaire d’Etat Livia Leu a reçu mandat de finaliser, dans le cadre des discussions en cours avec l’UE, la base commune de futures négociations.

Les prochaines discussions exploratoires sont prévues le 20 avril à Bruxelles et les discussions techniques avec l’UE se poursuivent à un rythme hebdomadaire, précise le communiqué.

Rupture brutale 

Les liens entre Bruxelles et Berne sont tendus depuis que la Suisse a soudainement décidé en mai 2021 de mettre fin à des années de discussions en vue d'un large accord de coopération avec l'UE.

Les relations entre les Vingt-Sept et la Suisse sont actuellement régies par une mosaïque d'accords et, pendant plus d'une décennie, des discussions se sont poursuivies en vue d'un accord global qui aurait harmonisé le cadre juridique régissant la relation avec le pays niché au cœur de l'Union européenne, qui est son principal partenaire commercial.

Mais les pourparlers en vue d'un accord-cadre se sont retrouvés dans une impasse après que l'Union européenne a refusé de céder aux demandes suisses d'exclure les questions clés relatives aux aides d'État, à la protection des salaires et à la liberté de circulation. Depuis lors, Berne tente de recoller les morceaux et d'établir un terrain d'entente avec Bruxelles par le biais de discussions dites exploratoires.

Paquets 

Le conseil fédéral a validé une approche par "paquets" dont il estime qu'elle a le plus de chances d'aboutir.

Il s'agit d'élaborer un "paquet" autour de nouveaux accords concret sur l'électricité - un sujet qui est devenu plus pressant avec la crise de l'énergie provoquée par la guerre en Ukraine - mais aussi la sécurité et la santé au lieu d'un vaste accord réglant des questions institutionnelles, telles que la reprise du droit européen dans la législation suisse, la surveillance et le règlement des différends.

Chacun des accords nouveaux et ceux déjà conclus contiendrait des éléments de règlement des questions institutionnelles mais limitée à leur domaine respectif.

Salaire et soutien 

Concernant la protection des salaires, un des points de contention qui avait fait capoter les négociations en mai 2021, le Conseil fédéral souhaite des mesures complémentaires pour préserver les acquis suisses.

Il a chargé le Département de l'économie, les cantons et les partenaires sociaux, d'élaborer des propositions concrètes.

L'un des chapitres du communiqué du gouvernement: "Renforcer l’adhésion politique sur le plan intérieur", souligne en creux le problème de l'exécutif fédéral sur l'adhésion du monde politique et de la population à ces plan européens, même si la guerre en Ukraine a amélioré l'image de l'UE dans la pays alpin, selon un récent sondage.

La part des personnes ayant une image positive des accords bilatéraux avec l'UE est passée de 53 à 59% par rapport à l’année passée, tandis que 12% y voient plutôt ou uniquement des inconvénients, selon ce sondage de l'Institut gfs.bern publiée dimanche.

L'UDC, la droite radicale et premier parti du pays continuera à s'opposer de toutes ses forces à la reprise automatique du droit européen et à la soumission de la Suisse à la Cour de justice européenne, a indiqué un de ses élus à l'agence Keystone-ATS.


Londres accueille des discussion sur la mission à Ormuz

Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière
  • "L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable"

LONDRES: Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz.

Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière, a précisé le ministère britannique de la Défense.

"L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable", a déclaré le ministre britannique de la Défense John Healey, cité dans un communiqué.

Il s'est dit confiant que "des progrès concrets puissent être accomplis".

Ces discussions intervient dans la foulée de pourparlers sur ce détroit stratégique, ayant réuni vendredi à Paris plus de 40 pays sous la houlette du Premier ministre britannique Keir Starmer et du président français Emmanuel Macron.

M. Starmer a indiqué que la France et le Royaume-Uni dirigeraient une mission multinationale pour assurer la liberté de navigation dans le détroit "dès que les conditions le permettront".

La Grande-Bretagne et la France ont insisté sur le fait que cette force serait exclusivement défensive et ne serait déployée qu'une fois la paix durable dans la région instaurée.

Les Etats-Unis et l'Iran, parties belligérantes, n'ont pas participé aux pourparlers.

Avant la réunion de Paris, Downing Street avait annoncé la tenue d'un sommet de planification militaire cette semaine, sans donner plus de précisions.

 


Iran: le médiateur pakistanais salue la prolongation du cessez-le-feu annoncée par Trump

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
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  • "Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre"
  • Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die

ISLAMABAD: Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump.

"Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre", a indiqué sur X M. Sharif, précisant s'exprimer également au nom du chef d'état-major, le maréchal Asim Munir.

"Fort de la confiance qui lui est accordée, le Pakistan poursuivra ses efforts en vue d'un règlement négocié du conflit", a ajouté le dirigeant.

Donald Trump a annoncé mardi une extension sine die du cessez-le-feu dont il avait précédemment fixé l'expiration à mercredi soir, disant vouloir donner davantage de temps à la diplomatie.

Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die.

"J'espère sincèrement que les deux parties continueront à respecter le cessez-le-feu et parviendront à conclure un +accord de paix+ global lors du deuxième cycle de négociations prévu à Islamabad, afin de mettre définitivement fin au conflit", a souligné M. Sharif mercredi.


Trump dit prolonger le cessez-le-feu avec l'Iran jusqu'à nouvel ordre

Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
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  • Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur
  • Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens.

S'exprimant sur sa plateforme Truth Social, le président américain a annoncé avoir décidé de "prolonger le cessez-le-feu jusqu'à ce que l'Iran présente une proposition et que les discussions soient conclues, d'une manière ou d'une autre".

Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur.

Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz.

L'annonce du président américain intervient alors que Washington et Téhéran ont affiché leur désaccord sur l'expiration de la trêve, les premiers parlant de mercredi soir, heure de Washington, tandis que les seconds ont évoqué ce mardi, à minuit GMT.

Par ailleurs, la Maison Blanche a confirmé en fin de journée que le vice-président JD Vance, chargé de mener d'éventuelles nouvelles discussions avec l'Iran au Pakistan, ne quitterait pas Washington mardi, comme initialement prévu.

"A la lumière du message du président Trump sur Truth Social, confirmant que les Etats-Unis attendent une proposition unifiée des Iraniens, le voyage au Pakistan n'aura pas lieu aujourd'hui", a indiqué un haut responsable de l'exécutif américain, dans une déclaration transmise à la presse.

La Maison Blanche n'avait jamais confirmé le déplacement du vice-président, mais a entretenu le flou sur le fait de savoir s'il quittait ou pas la capitale dans la journée de mardi.

Bientôt deux mois après le début des hostilités déclenchées par Israël et les Etats-Unis, Téhéran a menacé de son côté de reprendre les frappes en direction des pays du Golfe, mettant en péril l'approvisionnement pétrolier mondial.