50 ans après sa mort, Picasso se conjugue à toutes les sauces

Un visiteur regarde le chef-d'œuvre du peintre espagnol Pablo Picasso "Guernica" lors d'une conférence de presse présentant les événements de "l'Année Picasso", marquant le 50e anniversaire de la mort du peintre, au musée Reina Sofia de Madrid, le 12 septembre 2022. (AFP)
Un visiteur regarde le chef-d'œuvre du peintre espagnol Pablo Picasso "Guernica" lors d'une conférence de presse présentant les événements de "l'Année Picasso", marquant le 50e anniversaire de la mort du peintre, au musée Reina Sofia de Madrid, le 12 septembre 2022. (AFP)
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Publié le Samedi 01 avril 2023

50 ans après sa mort, Picasso se conjugue à toutes les sauces

  • A l'occasion des 50 ans de sa mort, Pablo Picasso (1881-1973) est célébré à travers une quarantaine d'expositions à travers le monde, promettant d'explorer toutes ses facettes
  • La toile la plus chère de Picasso jamais vendue aux enchères est «Les femmes d'Alger (Version O)», peinte en 1955 et cédée pour 179,4 millions de dollars le 11 mai 2015 chez Christie's

PARIS: Génie ou monstre ? Dans tous les cas, inépuisable sujet de fascination. A l'occasion des 50 ans de sa mort, Pablo Picasso (1881-1973) est célébré à travers une quarantaine d'expositions à travers le monde, promettant d'explorer toutes ses facettes.

"Picasso mange tout et apparemment on a encore faim", s'amuse Olivier Widmaier-Picasso, son petit-fils, interrogé par l'AFP. Il se dit "fasciné par le nombre de conservateurs de musée, d'historiens et de chercheurs qui continuent de trouver des angles d'étude".

Les céramiques de Picasso, Picasso et le féminisme, le blanc chez Picasso, Picasso sous l'oeil de célèbres photographes, le jeune Picasso à Paris, Picasso sculpteur... Le monument est conjugué à toutes les sauces dans le cadre de "son année", fêtée en France et en Espagne.

Il reste "au-dessus de tous", estime Bernard Blistène, président honoraire du Centre Pompidou à Paris, louant, à l'instar d'autres spécialistes, unanimes, le "génie" du père de "Guernica" et des "Demoiselles d'Avignon".

Pablo Picasso, grand maître des enchères

Maître du cubisme, le peintre espagnol Pablo Picasso est également un grand maître des enchères, détenant une multitude de records dans les salles des ventes.

Picasso (1881-1973) est le recordman du nombre de méga-enchères, quel que soit le seuil choisi pour définir une méga-enchère. Cinq de ses œuvres ont été adjugées à plus de 100 millions de dollars, 16 à plus de 50 millions, 39 à plus de 30 millions, selon une base de données. Aucun artiste n'a fait mieux.

La toile la plus chère de Picasso jamais vendue aux enchères est "Les femmes d'Alger (Version O)", peinte en 1955 et cédée pour 179,4 millions de dollars le 11 mai 2015 chez Christie's à New York, permettant au vendeur, qui l'avait acquise pour 31,9 millions en 1997, de quintupler sa mise de départ.

Il s'agissait, lors de la vente de mai 2015, de la plus grosse enchère d'art de l'Histoire. Elle a été détrônée en novembre 2017 par le "Salvator Mundi" attribué à Léonard de Vinci, vendu à 450 millions de dollars et qui n'a pas été dépassé depuis.

Au cours des 20 dernières années, deux autres tableaux de Picasso ont détenu en leur temps le record de la plus grosse enchère d'art: "Garçon à la pipe" (104,2 millions de dollars) de mai 2004 à février 2010 et "Nu au plateau de sculpteur" (106,5 millions) de mai 2010 à mai 2012, selon la base de données de l'AFP.

Toutes enchères confondues, les ventes aux enchères d’œuvres de Pablo Picasso ont totalisé 4,7 milliards de dollars aux cours des dix dernières années, selon des données compilées à partir des rapports annuels d'Artprice.

Là encore, aucun artiste n'a fait mieux. Andy Warhol (3,4 milliards) et Claude Monet (2,6 milliards), qui complètent le podium, sont loin derrière.

Picasso le touche-à-tout, ce ne sont pas que des peintures, mais également des sculptures, des dessins, des céramiques, des gravures, des lithographies, des livres illustrés, des costumes de ballet... Ses œuvres ont fait l'objet de 31.745 adjudications en 10 ans, soit en moyenne plus de 3.000 par an.

"La puissance dévastatrice de l'oeuvre de Picasso au regard de celle des autres, l'invention permanente, la traversée de tous les grands courants de la modernité, l'expérimentation pendant plus de 80 ans (Picasso a peint jusqu'à sa mort à 91 ans, ndlr), la volonté de plaire et de déplaire... Tout cela est inégalé", ajoute-t-il à l'AFP.

Et après des centaines d'expositions lui étant consacrées, il reste une ressource muséale "inépuisable", renchérit Emmanuel Guigon, directeur du musée Picasso de Barcelone.

Avec le mouvement #MeToo, l'image de ce monument de la peinture a toutefois été écornée par des accusations de misogynie et de violences envers ses anciennes compagnes.

Ancienne conservatrice du musée Picasso, Emilie Bouvard espère que cet anniversaire marquera "le début d’un processus salutaire" sur la manière dont on aborde cet artiste "populaire", qui "a incarné un engagement dont on continue de parler et s’est présenté comme un homme proche de tout le monde et qui l'était".

«S'ouvrir aux débats»

"#MeToo est un coup de pied dans la fourmilière qui a du bon", estime-t-elle.

"Il faut cesser de parler des femmes qui ont traversé sa vie comme de +muses+. Certaines se sont suicidées, d'autres ont sombré dans la folie. La seule qui s'en est sortie, c'est Françoise Gilot, seule aussi à l'avoir quitté", ajoute-t-elle.

Peintre aujourd'hui installée aux Etats-Unis, elle a décrit Picasso comme un "être tyrannique, superstitieux et égoïste", dans un livre à succès "Vivre avec Picasso", publié en 1964.

"Au-delà de son machisme, Picasso est quelqu’un qui s’appropriait les choses, les êtres, les possédait avec des sentiments paroxystiques de souffrance, de douleur. Il s’est intéressé aux questions archaïques du moi et à la violence afférente avec un certain courage mais il en faisait baver à son entourage. Aborder cette question, c’est parler autrement mais avec justesse de Picasso", poursuit Mme Bouvard.

"Violence" et "sexualité dans l'art" sont des thèmes abordés lors d'un cycle de conférences à Paris, tandis qu'une exposition sur Picasso et le féminisme débutera en juin au Brooklyn Museum de New York, avec comme commissaire d'exposition la comédienne Hannah Gadsby, particulièrement virulente contre Picasso dans un show à succès sur Netflix.

Moins polémique et plus festif, à Paris, le musée qui porte son nom a été métamorphosé par le styliste britannique Paul Smith.

"Un pari" pour la directrice du musée, Cécile Debray, dont l'institution pilote les commémorations en France et qui "n'a pas vocation à être un mausolée".

Au contraire, l'objectif est de "s'ouvrir aux débats et à la réflexion sur Picasso afin de relire l'oeuvre et d'en montrer la vitalité", souligne-t-elle.

Outre les expositions, de nombreuses conférences sont prévues cette année, ainsi que l'inauguration à l'automne à Paris d'un centre de recherche, à deux pas du musée Picasso, et un symposium international au même moment à l'Unesco.

«J'ai vu vivre Picasso»

Henri Diacono, ancien reporter à l'AFP et ami de Picasso, l'a vu vivre dans son mas "Notre Dame de Vie" dans les Alpes-Maritimes, tout au long de l'hiver de ses 90 ans.

Voici son témoignage diffusé le 9 avril 1973, le lendemain de la mort du peintre.

Dans sa retraite volontaire, entouré des siens, de quelques amis, de ses pinceaux et de ses crayons, il s'était préservé du rythme agressif de cette fin de siècle. (...)

"Le vieil Espagnol" se levait tard, dormait peu la nuit, travaillait beaucoup - peu de temps avant sa mort il peignait encore - quittait rarement sa demeure et appréciait "qu'on vienne le voir". Chaque visite (...) le comblait d'aise mais il ne les acceptait que si lui-même "était prêt à recevoir".

"A quoi bon accueillir ceux que j'aime si j'ai trop de travail ou si je suis de mauvais poil, disait-il. Je préfère ne pas les rencontrer dans ce cas et leur ouvrir plutôt ma porte si je suis gai, en bonne santé et disponible". (...)

«Mange pour moi»

Au cours d'une nuit de 1971, (...) il s'était couché encore plus tard que de coutume. (...) Tout guilleret, il nous avait raccompagnés jusqu'à la porte vers quatre heures du matin, apparemment moins fatigué que nous tous et après avoir agrémenté la veillée de quelques-unes des facéties dont il avait le secret.

Il nous avait reproché "notre manque d'appétit", tenu à nous servir personnellement avec à chaque fois cette réflexion boudeuse: "Tiens, prends encore du champagne, bois pour moi, moi je n'ai pas le droit... Mange du chocolat... Mange pour moi... Je ne dois pas en goûter... Les fruits confits, c'est bon, tu sais...".

Puis, dans un geste rageur et riant, il avait soulevé sa chemise et nous avait montré une cicatrice: "Tout ce régime à cause de ça", (...) une opération chirurgicale (...) qui lui imposait un régime alimentaire très strict.

Au cours de nos rencontres, il ne parlait jamais de l'art, de son travail. Mais, curieux de tout, il s'informait par mille questions aux réponses desquelles il mêlait volontiers ses souvenirs.

Télévision en famille 

Homme d'accueil, voulant à tout prix vivre en paix, il supportait mal (...) la discorde autour de lui. (...) Il n'acceptait des autres que le spectacle de la quiétude et lorsque lui-même était de mauvaise humeur, il s'enfermait à double tour et refusait tout contact avec le monde qu'il appelait "celui des autres, pas le mien".

Le soir, lorsqu'il était seul à la maison et avant d'aller travailler, il sacrifiait quelquefois "au plaisir de la télévision en famille". "Les seules choses qui m'intéressent, ce sont les matches de boxe ou de catch... Le reste ne me donne pas de plaisir..."

Picasso aimait à égrener des souvenirs dont il ne gardait - "volontairement" - que l'aspect amusant. (...) Comme celui de la dernière sortie mondaine du couple Picasso à Cannes, une dizaine d'années auparavant.

De ces visites, de ces longues conversations à bâtons rompus, le "sujet de la mort" était toujours absent. Lorsqu'il lui arrivait de citer un ami défunt, il refusait l'emploi de l'imparfait, s'obstinant à parler de lui au présent (...).

La dernière image du peintre sera pour moi celle d'un homme souriant sur lequel l'âge ne pouvait avoir de prise. Il serrait la main de sa femme, pantalon de velours, chemise à carreaux, gilet de laine - sa tenue favorite - Il ne nous avait pas raccompagnés à la porte, il faisait "trop froid dehors".

C'était dans les derniers jours de l'année dernière (1972, ndlr). Pablo Picasso avait bien entamé sa 91ème année.

Le sud de la France, port d'attache pour un Picasso profondément méditerranéen

Céret, Antibes, Arles: Picasso ne resta jamais longtemps éloigné des rivages de sa Méditerranée natale, trouvant en Provence et sur la Côte d'Azur, où il s'installe définitivement après la Seconde Guerre mondiale, une terre familière et inspirante où soigner son mal d'Espagne.

Picasso, qui "est né sur les bords de la Méditerranée à Malaga" (sud de l'Espagne), avait "ce lien avec la mer qui lui manquait cruellement" quand il s'est établi à Paris au début des années 1900, retrace Camille Frasca, historienne de l'art et l'une des coordinatrices de "Picasso-Méditerranée", qui a décliné en près de 50 expositions dans dix pays, de 2017 à 2019, les liens unissant le peintre aux rivages de la "Grande bleue".

A partir des années 1910 le peintre découvre le sud de la France: Céret dans les Pyrénées-Orientales d'abord, à quelques kilomètres de l'Espagne, puis la Provence où il séjourne à Sorgues, Avignon, Arles avant les premières vacances sur la Côte d'Azur en 1919.

"Il se rend en villégiature à Juan-les-Pins, Golfe-Juan, Antibes, un peu Monaco et là il découvre cet art de vivre de la Riviera française de l'époque avec les bains de mer, les grands hôtels, les casinos", une atmosphère "qui l'a particulièrement séduit", comme en témoignent les nombreuses baigneuses qu'il réalise alors, détaille Camille Frasca.

Pour autant, ces périodes printanières et estivales sont "tout sauf des vacances pour Picasso car il travaille tout le temps", relate Jean-Louis Andral, conservateur du musée Picasso d'Antibes, où une exposition consacrée aux dernières oeuvres de l'artiste s'ouvre le 8 avril, à l'occasion du cinquantième anniversaire de sa disparition.

"Un des problèmes qu'il a, c'est de trouver des lieux de résidence où il puisse avoir de l'espace" pour créer, poursuit-il, alors que le peintre, entre 1920 et 1939, vient 14 années successives dans la région tout en continuant à habiter à Paris.

Mais au sortir de la Seconde Guerre mondiale, qu'il a passée dans la capitale, il franchit le pas et séjourne longuement au château Grimaldi d'Antibes, à l'invitation du conservateur de l'époque, Romuald Dor de la Souchère.

«Comme un poisson dans l'eau»

"Picasso était très sensible à l'atmosphère et au temps dans lesquels il vivait, donc les peintures des années 1940 sont très sombres. Lorsqu'il va redescendre vers Antibes, la palette va beaucoup s'éclaircir", relate M. Andral.

"La joie de vivre" ou encore "Ulysse et les sirènes" attestent de cette liberté retrouvée: "Il était très attiré par tout l'aspect mythologique de cette Méditerranée un peu rêvée avec des centaures, des faunes, des nymphes", autant de références à l'Antiquité, développe le conservateur.

"La Côté d'Azur, c'est un terreau de création", notamment à Antibes où il a "une grande surface pour peindre", mais aussi "un lieu de collaboration avec les potiers à Vallauris et puis un lieu de maisons familiales et de réceptions", en particulier quand "il acquiert la magnifique villa La Californie" à Cannes, retrace Camille Frasca.

Puis "il va se rendre compte qu'il y a une qualité de vie ici qui lui permet de vivre les trois quarts de l'année pratiquement torse nu", ajoute M. Andral.

A partir des années 1950, Arles, où Picasso vient tous les ans assister aux corridas, représente un autre pôle d'attraction pour l'artiste. A la sortie des arènes en 1953, il se liera d'amitié avec Lucien Clergue, l'un des futurs fondateurs des Rencontres internationales de la photographie.

"Le Sud était très important pour Picasso parce que ça le rapprochait de l'Espagne, où il n'a jamais voulu retourner du temps de Franco (dictateur espagnol mort en 1975). A Arles, avec cette communauté gitane, tous les toreros qui venaient de Barcelone, il se sentait comme un poisson dans l'eau", raconte à l'AFP Anne Clergue, la fille du photographe.

Mais la cité camarguaise est aussi pour Picasso la ville de Van Gogh, l'une de ses figures tutélaires avec Cézanne. "Entre 1912 et jusqu'en 1958, Picasso va peindre énormément de figures d'Arlésiennes. C'est vraiment en référence au fameux portrait de Madame Ginoux, que Van Gogh peint lorsqu'il est à Arles en 1888", indique Daniel Rouvier, directeur du musée Réattu auquel Picasso a fait don de 57 dessins deux ans avant sa mort.

Loin de la grandiloquence cannoise, l'artiste finira sa vie dans l'arrière-pays, entre Mougins et Vauvenargues, près d'Aix-en-Provence, où il retrouve les paysages chers à Cézanne.

"Il y a une forme de logique dans ce chemin qui l'emmène de la Méditerranée où il naît vers la Méditerranée où il va mourir", conclut Jean-Louis Andral.


« Libye, patrimoine révélé » : l’IMA  célèbre 50 ans de coopération  archéologique  

Fouilles terrestres et sous-marines, recherches sur les premiers  peuplements néolithiques, étude des villes antiques et des sites  islamiques : l’exposition restitue la diversité chronologique et  géographique du patrimoine libyen. (AFP)
Fouilles terrestres et sous-marines, recherches sur les premiers  peuplements néolithiques, étude des villes antiques et des sites  islamiques : l’exposition restitue la diversité chronologique et  géographique du patrimoine libyen. (AFP)
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  • Depuis la fin des années 1960, la MAFL explore l’ensemble  du territoire libyen
  • Ses travaux ont profondément renouvelé les connaissances sur l’histoire du pays, révélant des occupations humaines continues, des échanges méditerranéens anciens et des paysages façonnés par les sociétés du passé

PARIS: Le musée de l’Institut du monde arabe présente  Libye, patrimoine révélé, une exposition consacrée au  travail scientifique mené depuis près de cinquante ans  par la Mission archéologique française en Libye (MAFL),  en étroite collaboration avec les autorités libyennes. 

À travers une sélection de photographies, films et documents  scientifiques, l’exposition donne à voir la richesse exceptionnelle  du patrimoine libyen, de la préhistoire à l’époque médiévale, tout  en mettant en lumière les enjeux contemporains de recherche, de  préservation et de restauration dans un contexte particulièrement  fragile. 

Un demi-siècle de recherches archéologiques en  Libye 

Depuis la fin des années 1960, la MAFL explore l’ensemble  du territoire libyen. Ses travaux ont profondément renouvelé les connaissances sur l’histoire du pays, révélant des occupations humaines continues, des échanges méditerranéens anciens et des paysages façonnés par les sociétés du passé. 

L’exposition documente ce travail scientifique de terrain et rend  visibles des missions souvent menées dans des contextes  géographiques et politiques complexes.
Du Sahara à la Méditerranée : des sites majeurs Le parcours présente plusieurs zones emblématiques étudiées par les équipes franco-libyennes : le Sahara du Măsak et  ses milliers de vestiges préhistoriques, les fortifications romaines  de Bu Njem, les grandes cités antiques comme Leptis Magna,  ou encore Apollonia, dont une partie est aujourd’hui engloutie. 

Fouilles terrestres et sous-marines, recherches sur les premiers  peuplements néolithiques, étude des villes antiques et des sites  islamiques : l’exposition restitue la diversité chronologique et  géographique du patrimoine libyen. 

Préserver un patrimoine menacé 

Depuis 2011, le patrimoine archéologique libyen fait face à une  intensification du pillage et du trafic illicite. L’exposition revient  sur les actions menées par la MAFL aux côtés des autorités et des  forces de l’ordre internationales pour identifier les œuvres dispersées,  documenter les sites menacés et favoriser leur restitution. 

Libye, patrimoine révélé met en lumière l’archéologie comme outil de  connaissance, de coopération internationale et de sauvegarde d’un  patrimoine universel encore largement méconnu.

 


Louvre: le nouveau président du musée confirme le projet de grands travaux

Des visiteurs font la queue pour entrer au musée du Musée du Louvre à Paris, le 9 août 2023. (AFP)
Des visiteurs font la queue pour entrer au musée du Musée du Louvre à Paris, le 9 août 2023. (AFP)
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  • Le nouveau président du Musée du Louvre, Christophe Leribault, confirme le vaste plan de rénovation « Louvre Nouvelle Renaissance », estimé à plus d’un milliard d’euros et jugé indispensable
  • Après le cambriolage d’octobre, le projet inclut un renforcement de la sécurité, la réorganisation des espaces et la création d’une nouvelle présentation pour la Joconde

PARIS: Le nouveau président du Louvre, Christophe Leribault, arrivé dans le sillage du spectaculaire vol survenu en octobre dans ce musée, a confirmé mardi le vaste plan de rénovation de l'établissement annoncé en 2025 par Emmanuel Macron, jugeant par ailleurs son coût "incompressible".

Evalué à plus d'un milliard d'euros, le plan "Louvre Nouvelle Renaissance", qui prévoit notamment la rénovation du bâtiment existant et l'aménagement d'un nouvel espace pour la Joconde, a été mis entre parenthèses depuis le cambriolage du 19 octobre.

"C'est un projet capital et nécessaire pour le Louvre. On ne peut pas continuer d'accueillir 9 millions de visiteurs par la Pyramide. Et il faut impérativement revoir les infrastructures, refaire les couvertures et les installations techniques dans le périmètre de la Cour carrée", a déclaré Christophe Leribault au journal Le Monde.

"Le coût est incompressible", a ajouté celui qui a succédé le 25 février à Laurence Des Cars, mise en difficulté par une série de rapports ayant pointé l'obsolescence des dispositifs de sûreté dans le plus grand musée du monde.

Il a toutefois concédé "envisager de réduire certains aménagements (...), mais cela restera marginal en matière d'économie".

Il a aussi indiqué chercher "330 millions d'euros" supplémentaires auprès des mécènes pour financer les travaux de rénovation.

Alors que le cambriolage a mis au jour des failles au sein de la sûreté du bâtiment, M. Leribault a souligné que "les grilles d'accès au domaine ont été restaurées" et qu'"un poste mobile de police est désormais actif près de la Pyramide".

Il a par ailleurs annoncé que la galerie Apollon, où s'est déroulé le vol des joyaux de la couronne de France, "rouvrira dans le courant du mois de juillet, sans vitrine au centre, telle qu'elle avait été conçue au XVIIe siècle, c'est-à-dire comme une galerie d'apparat".

"Les objets précieux qui s'y trouvaient seront exposés dans l'aile Richelieu" et les joyaux non dérobés, dont la couronne de l'impératrice Eugénie, retrouvée endommagée, "vont rester en lieu sûr, en attendant de disposer d'un espace sécurisé ailleurs dans le musée", a-t-il poursuivi.

La part des recettes de billetterie affectée à la politique d'acquisition d'oeuvres doit pour sa part passer de 20% à 12%, a-t-il indiqué, suivant une préconisation de la Cour des comptes.


Art Jameel présente une double exposition aux Émirats arabes unis et en Arabie saoudite

“Study of History III” (2017) de Subas Tamang (avec l'autorisation de l’artiste)
“Study of History III” (2017) de Subas Tamang (avec l'autorisation de l’artiste)
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  • Une exposition majeure reliant Djeddah et Dubaï, explorant l’impact des systèmes de navigation sur la vie contemporaine
  • Plus de 40 artistes internationaux interrogent cartographie, mobilité et infrastructures à travers des œuvres variées

DUBAÏ : Art Jameel s’apprête à présenter une exposition transrégionale s’étendant sur l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. Intitulée « Global Positioning System », cette exposition collective en deux volets ouvrira en mai à Hayy Jameel à Djeddah, parallèlement à une présentation au Jameel Arts Centre à Dubaï.

L’exposition, qui se tiendra à Djeddah du 20 mai au 17 octobre et à Dubaï du 9 mai au 4 octobre, réunit plus de 40 artistes issus de plus de 20 pays, explorant la manière dont les systèmes de navigation façonnent la vie contemporaine.

À travers une large diversité d’œuvres, l’exposition examine la cartographie, la mobilité et les infrastructures qui régissent les déplacements, tout en questionnant leurs limites et leurs défaillances.

Commissariée par Indranjan Banerjee et Lucas Morin, « Global Positioning System » rassemble des installations de grande envergure, des œuvres conceptuelles et des projets axés sur la recherche.

Nora Razian, directrice adjointe d’Art Jameel et responsable des expositions et des programmes, a déclaré :
« Pour la première fois, nous présentons une exposition qui se déploie sur nos deux sites à Dubaï et Djeddah.

« “Global Positioning System” interroge les outils et les systèmes que nous utilisons pour nous orienter, mettant en lumière les tensions entre représentation cartographique et réalités vécues.

« Cette exposition s’inscrit dans l’engagement d’Art Jameel à favoriser un dialogue transrégional, où mobilité et échanges sont essentiels pour soutenir l’interconnexion dans notre monde partagé. »

Le volet de Djeddah réunit une sélection variée d’artistes internationaux et régionaux, dont Bani Abidi, Mahmoud Alhaj, Mona Hatoum et Nalini Malani. Abidi, Ana Amorim et Cinthia Marcelle présenteront des œuvres dans les deux éditions, à Dubaï et à Djeddah.

À Dubaï, la présentation au Jameel Arts Centre comprend de nouvelles commandes d’artistes tels que Vishwa Shroff, Seher Naveed et Fatma Al-Ali, ainsi que des prêts internationaux, dont l’installation vidéo monumentale « Parallel I-IV (2012-2014) » du cinéaste Harun Farocki. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com