L'Irak et TotalEnergies débloquent leur mégaprojet de 10 milliards de dollars

TotalEnergies «salue la continuité de la parole de l'Etat d'Irak sur ce contrat, ce qui envoie un signal fort et positif pour les investissements étrangers dans le pays». (AFP)
TotalEnergies «salue la continuité de la parole de l'Etat d'Irak sur ce contrat, ce qui envoie un signal fort et positif pour les investissements étrangers dans le pays». (AFP)
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Publié le Jeudi 06 avril 2023

L'Irak et TotalEnergies débloquent leur mégaprojet de 10 milliards de dollars

  • Bagdad, qui voulait 40% du projet, a accepté de réduire sa participation à 30%, selon un compte-rendu publié tard dans la soirée de mardi par le conseil des ministres irakien
  • Le consortium sera ainsi composé de TotalEnergies (45%), de Basrah Oil Company (30%) et de QatarEnergy (25%)

PARIS: Après de fortes tensions et de longues négociations, l'Irak et le géant français TotalEnergies sont parvenus à un accord pour mettre en oeuvre un investissement de 10 milliards de dollars annoncé en 2021, destiné notamment à améliorer un réseau électrique vétuste et responsable de coupures omniprésentes.

En février, le ministère irakien du Pétrole avait indiqué que la mise en oeuvre du contrat avec le groupe pétrolier butait encore sur des points de désaccords persistants, notamment sur le niveau de participation de l'Irak dans le projet prévu pour une durée de 25 ans.

Le Premier ministre irakien s'était rendu à Paris, et le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, était ce week-end à Bagdad à l'invitation du Premier ministre, selon la major française.

Finalement, Bagdad, qui voulait 40% du projet, a accepté de réduire sa participation à 30%, selon un compte-rendu publié tard dans la soirée de mardi par le conseil des ministres irakien, "étant donné l'importance de résoudre le problème".

Dans la foulée mercredi matin, TotalEnergies a publié un communiqué annonçant un accord avec le gouvernement irakien "sur une participation de 30% de la Basrah Oil Company (BOC)" dans ce projet baptisé GGIP (Gas Growth Integrated Project).

Le consortium sera ainsi composé de TotalEnergies (45%), de Basrah Oil Company (30%) et de QatarEnergy (25%).

"Grâce aux discussions de ces derniers mois, en particulier à quatre reprises entre le Premier Ministre Al-Soudani et le PDG Patrick Pouyanné, le gouvernement irakien et TotalEnergies ont confirmé l'ensemble des termes du contrat signé en 2021 et défini conjointement les conditions et les assurances mutuelles nécessaires pour avancer sur le projet GGIP (Gas Growth Integrated Project)", a détaillé le groupe français.

TotalEnergies "salue la continuité de la parole de l'Etat d'Irak sur ce contrat, ce qui envoie un signal fort et positif pour les investissements étrangers dans le pays".

Electricité et pétrole 

Vétuste et victime collatérale de la corruption, le réseau électrique irakien est particulièrement en souffrance. Les délestages peuvent durer jusqu'à 12 heures par jour dans ce pays pourtant riche en hydrocarbures.

TotalEnergies, présent en Irak depuis les années 1920 pour l'exploitation du pétrole, va investir avec ses partenaires dans quatre projets, à la fois dans les hydrocarbures et pour produire de l'électricité.

Un projet vise à "récupérer le gaz torché sur trois champs pétroliers afin d'alimenter en gaz des centrales électriques". Un autre sera de développer une centrale solaire géante de 1 GW "destinée à alimenter le réseau électrique de la région de Bassorah. En accord avec les autorités irakiennes, TotalEnergies a invité l'entreprise saoudienne ACWA Power à participer à ce projet solaire"

Les 10 milliards d'investissement de TotalEnergies et de ses partenaires doivent également permettre de "construire une usine de traitement d'eau de mer en vue de maintenir la pression de champs pétroliers et d'augmenter la production régionale".

Un quatrième projet concerne aussi le pétrole, pour augmenter la production du champ pétrolier d'Artawi, dans le sud de l'Irak, de 85.000 barils/jour à 210.000 b/j.

Lors de la signature du contrat en 2021, le gouvernement irakien avait affirmé qu'il s'agissait du "plus gros investissement d'une entreprise occidentale" dans le pays. Il avait à l'époque fait état d'un contrat portant sur un total de 27 milliards d'euros d'investissements dans la production pétrolière, gazière et solaire du pays, mais les investissements se montent bien, à ce stade, aux 10 milliards confirmés mercredi.


Le pétrole bondit après les déclarations Trump sur la fin du cessez-le-feu avec l'Iran

Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
  • Les prix du pétrole ont bondi de plus de 6 % après les déclarations de Donald Trump annonçant la fin du cessez-le-feu avec l’Iran
  • La reprise des tensions au détroit d’Ormuz ravive les craintes sur l’approvisionnement mondial en pétrole, malgré la poursuite possible des négociations

LONDRES: Les cours du pétrole bondissent mercredi après les déclarations de Donald Trump affirmant mettre fin au cessez-le-feu avec l'Iran, dans la foulée d'une reprise des hostilités à la suite d'attaques de bateaux dans le détroit d'Ormuz.

Vers 09H15 GMT (11H15 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, s'envolait de 6,45% à 78,94 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en août, grimpait de 6,49% à 75,01 dollars.

Les deux références du brut évoluaient à leurs plus hauts niveaux depuis deux semaines.

Le président américain a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", qualifiant les Iraniens de "menteurs".

"En ce qui me concerne, c'est terminé (...) c'est juste une perte de temps de négocier avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il affirmé, interrogé sur le cessez-le-feu avec l'Iran, qu'il a qualifié de pays "malade".

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions.

Si "le prix du baril a fortement progressé" ce matin, il n'est pas revenu à ses plus hauts atteints durant la guerre, tempère John Plassard, analyste chez Cité Gestion, interrogé par l'AFP.

L'analyste voit davantage une "pause" du cessez-le-feu que sa fin, car si le président américain dit qu'il "est terminé, c'est aussi un moyen de mettre de la pression".

Donald Trump n'a, selon lui, "aucun intérêt à ce que les discussions s'arrêtent totalement", pour des raisons électorales, après avoir mis en avant les prix bas à la pompe dans sa campagne.

Trois navires ont été frappés en 24 heures dans le détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO mardi. Le Qatar et l'Arabie saoudite ont imputé deux de ces attaques à l'Iran.

Dénonçant des "attaques iraniennes" et une "violation flagrante du cessez-le-feu", l'armée américaine a lancé une série de "frappes puissantes" contre l'Iran, touchant plus de 80 cibles, dont des systèmes iraniens de défense antiaérienne.

Ces tirs américains ont déclenché mercredi des représailles de Téhéran, qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien.

Le protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique, prévoit la réouverture du passage stratégique d'Ormuz ainsi que la levée des sanctions américaines sur le pétrole iranien.


Le patron de TotalEnergies voit la Syrie comme une «route alternative» pour le pétrole

  • "Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas"
  • "C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient"

DAMAS: La Syrie peut devenir un "pays de transit important pour le pétrole qui vient d'Irak vers la Méditerranée", et offrir des "routes alternatives" au détroit d'Ormuz, a déclaré mardi à Damas le patron de TotalEnergies Patrick Pouyanné, en marge de la visite d'Emmanuel Macron.

"Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas", a-t-il dit à des journalistes juste avant l'annonce de l'explosion de deux bombes à proximité de l'hôtel où le président français avait passé la nuit.

"C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient", a-t-il ajouté.

Selon lui, "ce qui vient de passer avec le détroit d'Ormuz" dans le Golfe, bloqué durant la guerre américano-israélienne contre l'Iran, "lui donne également plus d'importance", "puisqu'on voit bien que maintenant, si on veut investir au Moyen-Orient, il va falloir qu'on trouve des routes alternatives".

Début avril, l'Irak avait annoncé avoir commencé à transporter du pétrole par camion à travers la Syrie en vue de sa réexportation, en raison de la fermeture du détroit d'Ormuz. L'Irak et la Syrie ont récemment évoqué un projet de restauration de l'oléoduc reliant les deux pays, fermé depuis des décennies.

TotalEnergies a conclu un mémorandum d'entente avec la Syrie pour un bloc d'exploration offshore en Méditerranée, mais n'a pas encore d'autre projet spécifique dans le pays, a souligné Patrick Pouyanné.

Sa visite à Damas, la première depuis la fin de la guerre civile en 2024, vise à "rencontrer les autorités" pour "des prises de contact", a-t-il précisé.

"Laissons au gouvernement le temps de prendre le contrôle de ce pays. Il ne faut pas trop demander" après plus de 13 ans de guerre civile, "il faut être un peu patient", a-t-il ajouté.


Saudia clarifie la vente d’anciens avions Boeing dans un contexte de rapports sur des sanctions

Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
  • Saudia affirme que des Boeing 777-200 ont été vendus légalement à une société étrangère
  • La compagnie dit n’avoir aucun lien avec les appareils depuis la vente de juin 2023

RIYAD : Le transporteur national saoudien Saudia a clarifié samedi des informations circulant dans les médias et sur les réseaux sociaux concernant le transfert d’avions Boeing 777-200 qu’il possédait auparavant à une compagnie aérienne faisant l’objet de sanctions internationales.

Dans un communiqué publié sur la plateforme sociale X, la compagnie a indiqué que les appareils avaient été vendus le 7 juin 2023 à une société enregistrée en dehors de l’Arabie saoudite, et que la transaction avait été réalisée conformément à toutes les procédures commerciales et juridiques applicables.

« Depuis la finalisation de la vente, Saudia n’a plus aucun lien opérationnel ou commercial avec ces avions », a déclaré la compagnie, sans identifier l’acheteur ni fournir davantage de détails.

Cette déclaration intervient après des rapports et publications en ligne ayant lié d’anciens appareils de Saudia à un transporteur sanctionné, poussant la compagnie à prendre publiquement ses distances avec toute utilisation ultérieure de ces avions.

Saudia, anciennement connue sous le nom de Saudi Arabian Airlines, a été fondée en septembre 1945 et est la plus ancienne compagnie aérienne du Royaume. Selon son site internet, elle exploite actuellement une flotte d’environ 149 avions de passagers.

Sa flotte comprend 95 avions Airbus des familles A320, A321 et A330, ainsi que 54 appareils Boeing incluant les séries 777 et 787 Dreamliner. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com