Maroc: manifestation contre un verdict jugé laxiste pour le viol d'une fillette

La chambre criminelle de la cour d'appel de Rabat a condamné, le 20 mars en première instance, trois prévenus poursuivis pour "détournement de mineure" et "attentat à la pudeur sur mineure avec violence". (Photo, AFP)
La chambre criminelle de la cour d'appel de Rabat a condamné, le 20 mars en première instance, trois prévenus poursuivis pour "détournement de mineure" et "attentat à la pudeur sur mineure avec violence". (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 06 avril 2023

Maroc: manifestation contre un verdict jugé laxiste pour le viol d'une fillette

  • Le procès en appel de cette affaire médiatisée doit s'ouvrir jeudi dans la capitale marocaine mais il sera très probablement reporté à la demande de l'avocat de la partie civile
  • L'affaire a pronfondément scandalisé l'opinion publique marocaine et une pétition condamnant la sentence avait recueilli mercredi plus de 31 000 signatures

RABAT: Plusieurs dizaines de manifestantes ont dénoncé mercredi à Rabat un verdict jugé laxiste à l'encontre de trois hommes accusés de viols à répétition sur une fillette de 11 ans, une affaire qui suscite émotion et colère au Maroc.

"Ce verdict est incompréhensible, injuste et choquant. Nous sommes ici pour porter la voix de cette enfant. Il faut que ça cesse !", a déclaré à l'AFP Maria Tahir, venue protester à l'appel du "Printemps de la Dignité", un collectif d'associations féministes, devant un tribunal de Rabat.

Le procès en appel de cette affaire médiatisée doit s'ouvrir jeudi dans la capitale marocaine mais il sera très probablement reporté à la demande de l'avocat de la partie civile.

La chambre criminelle de la cour d'appel de Rabat a condamné, le 20 mars en première instance, trois prévenus poursuivis pour "détournement de mineure" et "attentat à la pudeur sur mineure avec violence". L'un des accusés a été condamné à deux ans de prison ferme, les deux autres à 18 mois ferme.

"Non aux viols des fillettes", ont scandé une soixantaine de protestataires, en majorité des femmes, qui ont fustigé "la honte de l'enfance violée".

Selon des ONG marocaines de défense des droits des femmes, la mineure, âgée de 11 ans au moment des faits et qui a aujourd'hui 12 ans, a "subi des viols à répétition sous la menace", ce qui a entraîné une grossesse.

L'affaire a pronfondément scandalisé l'opinion publique marocaine et une pétition condamnant la sentence avait recueilli mercredi plus de 31 000 signatures.


Des bulldozers israéliens démolissent des bâtiments au siège de l'Unrwa à Jérusalem-Est

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JERUSALEM: Des bulldozers israéliens ont démoli mardi sans avertissement préalable des bâtiments du siège de l'Unrwa à Jérusalem-Est, l'agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens dénonçant une "attaque sans précédent".

Des forces israéliennes ont "pris d'assaut" le complexe peu après 07H00 (05H00 GMT), a dit à l'AFP un porte-parole de l'Unrwa, Jonathan Fowler, précisant qu'elles avaient forcé les gardes de sécurité à partir.

Le site n'est plus occupé par l'Unrwa depuis l'interdiction il y a un an de ses activités par Israël, qui accuse cette agence de liens avec le Hamas.

Israël considère que cette interdiction s'applique aussi à Jérusalem-Est, la partie de la ville qu'il occupe depuis 1967 puis a annexée, en violation selon l'ONU du droit international.

Un photographe de l'AFP a vu des engins de chantier démolir au moins un bâtiment du complexe, au-dessus duquel flottait un drapeau israélien, en présence de responsables politiques israéliens.

"Il s'agit d'une attaque sans précédent contre l'Unrwa et ses locaux, elle constitue une violation grave du droit international et des privilèges et immunités des Nations unies", a dénoncé M. Fowler.

"Cela devrait nous servir de signal d'alarme", a-t-il ajouté, "ce qui arrive aujourd'hui à l'Unrwa peut arriver demain à n'importe quelle autre organisation internationale ou mission diplomatique".

Interrogé par l'AFP, le directeur de l'Unrwa en Cisjordanie occupée (dont dépend Jérusalem-Est), Roland Friedrich, a discerné une "probable intention" israélienne de "s'emparer des terrains pour construire des colonies", alors que le siège de l'organisation est déjà entouré de quartiers de colonisation.

Immunité en question 

Le ministère des Affaires étrangères israélien a défendu une "mise en oeuvre de la législation israélienne existante concernant +l'Unrwa-Hamas+".

Les autorités israéliennes ont accusé des employés de l'agence d'avoir participé à l'attaque du Hamas en Israël le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre dans la bande de Gaza.

L'ONU avait annoncé en août 2024 avoir limogé neuf de ses employés à Gaza, indiquant qu'ils pourraient avoir été impliqués, tout en précisant que leur commission d'enquête n'avait pas pu authentifier les renseignements utilisés par Israël pour fonder ses allégations.

Le complexe "ne bénéficie d'aucune immunité et sa saisie par les autorités israéliennes a été effectuée conformément au droit israélien et international", a aussi soutenu la diplomatie israélienne, affirmant qu'il "appartenait à l'Etat d'Israël".

Il s'agit "d'une installation des Nations Unies (...) donc inviolable en vertu de la Convention sur les privilèges et immunités des Nations Unies, que tous les Etats membres de l'ONU sont tenus de respecter", a objecté M. Fowler.

Selon lui, l'Unrwa loue son siège de Jérusalem-Est à la Jordanie depuis 1952 via un bail ininterrompu.

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, "considère comme totalement inacceptable l'escalade persistante des actions contre l'Unrwa, qui sont incompatibles avec les obligations claires d'Israël au regard du droit international".

"Historique" 

L'Autorité palestinienne a mis en garde contre "une escalade délibérée (...) dans le cadre d'une attaque systématique" contre l'Unrwa et "d'une tentative de saper le système international de protection des réfugiés palestiniens".

A ce statut de réfugié, transmis de génération en génération, est associé le droit au retour, que conteste Israël, l'un des points les plus litigieux du conflit israélo-palestinien.

Créée en 1949, l'Unrwa gère des centres de santé et des écoles destinés aux réfugiés palestiniens dans les Territoires palestiniens, au Liban, en Syrie et en Jordanie.

Le ministre de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir, s'est rendu sur place pour saluer "un jour historique (...) très important pour la gouvernance à Jérusalem".

"Pendant des années, ces soutiens au terrorisme étaient ici, et aujourd'hui ils sont chassés (...) C'est ce qui arrivera à quiconque soutient le terrorisme", a ajouté cette figure de l'extrême droite sur Telegram.

Début décembre, l'Unrwa avait déjà dénoncé la saisie par les autorités israéliennes de biens sur le même site. La police avait indiqué à l'AFP que l'opération relevait d'un recouvrement de dettes.

Après le début de la guerre à Gaza, les autorités israéliennes ont déclaré Antonio Guterres et le chef de l'Unrwa, Philippe Lazzarini, personae non gratae en Israël.


Les ministres saoudiens saluent la prochaine phase du plan pour Gaza et le Conseil de la paix de Trump

La session s'est tenue mardi à Riyad et était présidée par le roi Salmane. (SPA)
La session s'est tenue mardi à Riyad et était présidée par le roi Salmane. (SPA)
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  • Les responsables soulignent l’urgence d’un cessez-le-feu et de l’acheminement de l’aide humanitaire à Gaza
  • Le Conseil des ministres du Royaume réaffirme son soutien à l’accord de cessez-le-feu et à l’intégration des Forces démocratiques syriennes au sein de l’État syrien

​​​​​​RIYAD : Le Conseil des ministres saoudien a salué la deuxième phase du plan de paix pour la bande de Gaza, soutenant la création d’un comité palestinien chargé de l’administration du territoire ainsi que l’annonce du Conseil de la paix par le président américain Donald Trump.

La session s’est tenue mardi à Riyad et a été présidée par le roi Salmane, selon l’Agence de presse saoudienne (SPA).

Les ministres ont mis en avant la nécessité urgente d’un cessez-le-feu et de l’acheminement de l’aide humanitaire à Gaza. Ils ont appelé au retour de l’Autorité palestinienne dans le territoire et à la fin de l’occupation israélienne, afin d’établir un État palestinien indépendant conformément aux résolutions de l’ONU, à l’Initiative de paix arabe et à la solution à deux États.

Le Conseil des ministres a également soutenu l’accord de cessez-le-feu et l’intégration des Forces démocratiques syriennes au sein de l’État syrien, réaffirmant son attachement à la paix civile et à la souveraineté de la Syrie.

Concernant le Yémen, les ministres ont indiqué que l’Arabie saoudite poursuit ses efforts pour mettre fin à la crise et a lancé un ensemble de projets et de programmes d’une valeur de 507 millions de dollars pour développer des secteurs clés tels que la santé, l’éducation et les infrastructures.

En 2025, l’Arabie saoudite s’est classée première parmi les pays arabes et deuxième au niveau mondial sur la liste des donateurs au Yémen établie par les Nations unies, a ajouté la SPA.

Les ministres ont également souligné que la majorité des activités non pétrolières du Royaume ont enregistré des taux de croissance annuels compris entre 5 % et 10 % au cours des cinq dernières années, en ligne avec les objectifs de durabilité et la Vision 2030.

Ils ont enfin examiné et approuvé plusieurs protocoles d’accord signés avec le Pakistan, l’Irak et le Kirghizistan, ainsi que la promotion de plusieurs responsables saoudiens à des postes de haut niveau au sein de différents ministères. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Davos: Le ministre iranien des affaires étrangères dénonce «deux poids, deux mesures» après la révocation de son invitation 

 Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a accusé le WEF de faire deux poids deux mesures en annulant sa participation et en maintenant celle du président israélien. (File/AP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a accusé le WEF de faire deux poids deux mesures en annulant sa participation et en maintenant celle du président israélien. (File/AP)
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  • Araghchi a rejeté la décision, affirmant que sa participation avait été annulée "sur la base de mensonges et de pressions politiques"
  • Il a également fait référence à la participation de M. Herzog à Davos en janvier 2024 malgré les plaintes judiciaires déposées contre lui en Suisse pour la conduite de son pays pendant la guerre à Gaza, qui a tué environ 71 000 personnes

DUBAI : Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a critiqué le Forum économique mondial pour avoir annulé son invitation à la réunion annuelle de Davos en raison de la répression des récentes manifestations dans son pays, accusant le forum d'appliquer "un double standard flagrant" et de succomber aux pressions occidentales.

Le Forum économique mondial a confirmé que M. Araghchi ne participerait pas au sommet de cette année, qui se tient jusqu'au 23 janvier, en déclarant que "bien qu'il ait été invité à l'automne dernier, la perte tragique de vies civiles en Iran au cours des dernières semaines signifie qu'il n'est pas juste que le gouvernement iranien soit représenté à Davos cette année".

Dans un post sur X, Araghchi a rejeté la décision, affirmant que sa participation avait été annulée "sur la base de mensonges et de pressions politiques de la part d'Israël et de ses mandataires et apologistes basés aux États-Unis".

Le ministre iranien a critiqué ce qu'il a appelé le "deux poids deux mesures" du WEF pour avoir maintenu une invitation au président israélien Isaac Herzog malgré les accusations internationales de génocide des Palestiniens à Gaza.

Il a également fait référence à la participation de M. Herzog à Davos en janvier 2024 malgré les plaintes judiciaires déposées contre lui en Suisse pour la conduite de son pays pendant la guerre à Gaza, qui a tué environ 71 000 personnes.

Si le WEF veut feindre une position prétendument "morale", c'est sa prérogative. Mais il devrait au moins être cohérent à ce sujet", a écrit M. Araghchi, estimant que la décision exposait une "dépravation morale et une faillite intellectuelle".

M. Herzog, d'Israël, devrait participer à une discussion modérée au WEF jeudi.