Catégorisée média d'Etat par Twitter, la radio américaine NPR fait la grève des tweets

Jeudi, NPR, qui est financée principalement par la publicité et le mécénat, a changé le profil de son compte principal sur Twitter, invitant ses 8,8 millions d'abonnés à la "trouver partout où vous consultez les informations". (Photo : compte Twitter officiel de @NPR)
Jeudi, NPR, qui est financée principalement par la publicité et le mécénat, a changé le profil de son compte principal sur Twitter, invitant ses 8,8 millions d'abonnés à la "trouver partout où vous consultez les informations". (Photo : compte Twitter officiel de @NPR)
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Publié le Samedi 08 avril 2023

Catégorisée média d'Etat par Twitter, la radio américaine NPR fait la grève des tweets

  • «Nous avons cessé de tweeter depuis le principal compte de NPR après qu'ils ont accolé cette fausse étiquette parce que tous les tweets la comporteraient», a indiqué Isabel Lara, porte-parole de NPR
  • Sous l'impulsion d'Elon Musk, Twitter a entrepris de changer la certification des comptes, entre les organisations officielles et les particuliers, les profils qui ont été vérifiés dans le passé et ceux qui l'ont été via leur abonnement à Twitter Blue

SAN FRANCISCO : La radio américaine publique NPR a indiqué vendredi avoir arrêté de tweeter en signe de protestation contre la mention de "média affilié à l'Etat américain", ajoutée par le réseau social d'Elon Musk, qui a cependant reconnu qu'il pourrait s'agir d'une erreur.

"Nous avons cessé de tweeter depuis le principal compte de NPR après qu'ils ont accolé cette fausse étiquette parce que tous les tweets la comporteraient", a indiqué Isabel Lara, porte-parole de NPR, contactée par l'AFP.

Sous l'impulsion d'Elon Musk, Twitter a entrepris de changer la certification des comptes, entre les organisations officielles et les particuliers, les profils qui ont été vérifiés dans le passé et ceux qui l'ont été via leur abonnement à Twitter Blue.

Au passage, le New York Times a perdu sa certification et le compte officiel "@NPR" s'est retrouvé affublé, mercredi, de la même étiquette que les comptes des médias russes RT ou Sputnik, accusés d'être des instruments de "désinformation" du Kremlin.

Jeudi, NPR, qui est financée principalement par la publicité et le mécénat, a changé le profil de son compte principal sur Twitter, invitant ses 8,8 millions d'abonnés à la "trouver partout où vous consultez les informations".

Les autres comptes de la radio (couvrant l'actualité politique ou musicale, par exemple) n'ont pas reçu cette étiquette et continuent à tweeter.

Elon Musk, qui n'hésite jamais à faire preuve de mépris pour les médias d'information, a initialement qualifié la décision de "juste".

Mais NPR a indiqué jeudi que le multimilliardaire estimait désormais que la mention de média affilié à un Etat n'était peut-être pas "exacte". Il a précisé à la radio, dans des échanges par email, que Twitter allait se pencher sur la question.

"Le principe chez Twitter est celui d'un traitement juste et équitable, donc si nous étiquetons des comptes non-américains comme appartenant à des gouvernements, nous devrions en faire de même aux Etats-Unis, mais il semble que cela ne soit pas totalement exact dans ce cas", a écrit Elon Musk à NPR.

Selon le règlement de Twitter, les médias affiliés à un Etat sont ceux "dont le contenu éditorial est contrôlé par cet État par l'intermédiaire de ressources financières, de pressions politiques directes ou indirectes et/ou d'un contrôle sur la production et la distribution".

Née en 1970 et très connue aux Etats-Unis, NPR a expliqué que moins de 1% de son budget opérationnel provenait de sources fédérales.

Twitter ne répond plus aux courriels des journalistes que par un émoticône en forme de crotte.


Détroit d'Ormuz: l'Iran met en garde le Conseil de sécurité de l'ONU contre toute «action provocatrice»

 Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février
  • "M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation"

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz.

M. Araghchi s'exprimait jeudi et le vote était initialement prévu vendredi, avant l'annonce de son report sine die.

Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février.

"M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation", selon un communiqué de son ministère.

Porté par Bahreïn, le texte fait l'objet de discussions par les 15 membres du Conseil depuis dix jours, reflétant leurs divergences.

Le dernier projet de résolution insiste sur le fait que le Conseil autoriserait tout Etat ou toute coalition d'Etats à utiliser des moyens "défensifs" pour assurer la sécurité des navires. Une stipulation de mandat défensif absente au départ.

Mais il n'est pas certain que cela soit suffisant à convaincre la Russie et la Chine, qui ont un droit de veto.

"L'Iran a fermé le détroit d'Ormuz, empêchant les navires commerciaux et les pétroliers de passer et posant des conditions pour permettre le passage de certains", a dénoncé jeudi le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jassem Al-Budaiwi, au nom de cette organisation qui regroupe l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et Oman.

"Nous appelons le Conseil de sécurité à prendre toutes ses responsabilités et à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les couloirs maritimes et assurer la poursuite en toute sécurité de la navigation internationale", a-t-il insisté à New York, avant l'annonce du report.


Le patron du Pentagone obtient le départ du chef d'état-major de l'armée de terre

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
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  • Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George
  • Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite"

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George, a fait savoir un responsable américain à propos de ce limogeage qui survient en pleine guerre contre l'Iran.

Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite."

Il ne donne pas la raison de ce départ soudain.

CBS News, qui a révélé l'information, cite un responsable américain anonyme affirmant que Pete Hegseth souhaite nommer à sa place quelqu'un qui pourra appliquer la vision de Donald Trump et de son ministre pour l'armée de terre.

Le général Randy George, diplômé de la prestigieuse académie militaire de West Point, qui a servi en Irak et en Afghanistan, avait été nommé à ce poste en 2023, sous le mandat du président démocrate, Joe Biden.

Il s'agit d'un départ forcé de plus chez les plus hauts gradés de l'armée américaine depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.

Le président américain avait, sans explication, limogé début 2025 Charles "CQ" Brown, le chef d'état-major des armées, pour le remplacer par Dan Caine.

Depuis, ce sont les chefs de la marine, des gardes-côtes, de l'agence d'espionnage NSA, ainsi que de nombreux autres, qui ont été poussés vers la sortie par le gouvernement de Donald Trump.

Selon le Washington Post et CBS, deux autres généraux, David Hodne, chargé du Commandement de la transformation et de l'entraînement de l'armée, et William Green Jr, à la tête du corps des aumôniers militaires, ont par ailleurs été mis à l'écart en même temps que le général George.

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde.

Des parlementaires de l'opposition démocrate se sont inquiétés d'une potentielle politisation de l'armée, traditionnellement plus isolée des batailles politiciennes que le reste de l'appareil d'Etat américain.

Pete Hegseth a aussi décidé l'an passé de réduire le nombre de plus hauts gradés de l'ensemble de l'armée.

 


Trump menace de nouvelles destructions de ponts et de centrales en Iran

Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
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  • "Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social
  • Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens

WASHINGTON: Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques.

"Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens.

Les Etats-Unis n'ont "même pas commencé" leur programme de destruction des infrastructures civiles du pays, a prévenu M. Trump dans la soirée.

Le dirigeant américain a répété à plusieurs reprises que la grande majorité des sites militaires, cibles premières de l'offensive américano-israélienne débutée le 28 février en Iran, avait déjà été endommagée ou détruite.

"Les dirigeants du nouveau régime (iranien) savent ce qu’il faut faire, et qu’il faut le faire VITE!", a ajouté le président américain, qui alterne menaces et appels à Téhéran à accepter un accord de cessez-le-feu.