Violences au Proche-Orient: Netanyahou promet de protéger Israël «sur tous les fronts»

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou s'adresse aux médias lors d'une conférence de presse, à Tel-Aviv, le lundi 10 avril 2023 (Photo, AP).
Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou s'adresse aux médias lors d'une conférence de presse, à Tel-Aviv, le lundi 10 avril 2023 (Photo, AP).
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Publié le Mardi 11 avril 2023

Violences au Proche-Orient: Netanyahou promet de protéger Israël «sur tous les fronts»

  • «Le gouvernement, sous ma direction, va restaurer le calme et la sécurité dans notre pays», a déclaré Netanyahou
  • Netanyahou a également annoncé être revenu sur sa décision annoncée fin mars de limoger son ministre de la Défense, Yoav Gallant

TEL-AVIV: Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, en difficulté sur le plan intérieur, a promis lundi soir de "restaurer la sécurité" dans son pays après une énième flambée de violence au Proche-Orient et deux nouvelles morts dans le conflit israélo-palestinien.

M. Netanyahou a également annoncé être revenu sur sa décision annoncée fin mars de limoger son ministre de la Défense, Yoav Gallant, qui s'était ému publiquement de la division provoquée dans le pays par le projet de réforme de la justice voulu par le gouvernement, et avait demandé une pause dans le processus.

Alors que la violence entre Israéliens et Palestiniens connaît une hausse inexorable depuis le début de l'année, après l'investiture de M. Netanyahou fin décembre à la tête d'un des gouvernements les plus à droite de l'histoire d'Israël, le conflit a pris une dimension plus large ces derniers jours.

Attentats meurtriers, tirs de roquettes en provenance de Gaza, du Liban et de la Syrie, suivis de représailles israéliennes : la région est en proie à une vague de violences depuis l'irruption brutale, le 5 avril, en plein ramadan, de la police israélienne dans la mosquée Al-Aqsa de Jérusalem, troisième lieu saint de l'islam.

"Le gouvernement, sous ma direction, va restaurer le calme et la sécurité dans notre pays", a déclaré M. Netanyahou. "Nous agissons sur tous les fronts", a-t-il assuré.

"Je vous le promets, nous atteindrons tous les vils terroristes qui ont tué nos citoyens et ils rendront des comptes, sans exception", a affirmé le Premier ministre après l'émotion suscitée en Israël par la mort de trois membres d'une même famille dans un attentat commis vendredi dans le nord de la Cisjordanie occupée.

«Prix très lourd»

L'hôpital Hadassah de Jérusalem a annoncé lundi après-midi le décès de Lucy Dee, Israélo-Britannique de 48 ans, blessée dans cet attentat ayant coûté la vie à deux de ses filles, âgées de 16 et 20 ans.

Un peu plus tôt, c'est un adolescent palestinien de 15 ans, Mohamed Fayez Balhan, qui avait été tué lors d'une incursion militaire israélienne dans le camp de réfugiés palestiniens d'Aqabat Jaber, près de Jéricho, destinée selon l'armée à "arrêter un suspect".

Au lendemain de l'intervention de la police israélienne dans la mosquée Al-Aqsa (dans la partie orientale, annexée de Jérusalem), officiellement pour "rétablir l'ordre" face à des "extrémistes" barricadés avec des pierres et des fusées de feu d'artifice, une trentaine de roquettes avaient été tirées du Liban vers Israël, blessant une personne et causant des dégâts matériels.

L'armée israélienne, qui accuse le mouvement islamiste palestinien Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, d'être à l'origine de ces tirs, a riposté en menant des frappes sur Gaza et sur le sud du Liban.

"Nous ne permettrons pas au Hamas terroriste de s'établir au Liban", a déclaré M. Netanyahou lundi soir. "Nous sommes encore en plein combat, nous sommes prêts à d'autres actions fortes sur tous les fronts si nécessaire", a-t-il ajouté, menaçant aussi de faire payer un "prix très lourd" à la Syrie en cas de nouvelle attaque à la roquette en provenance de son territoire.

M. Netanyahou a tenu ces propos martiaux alors qu'il apparaît très affaibli sur le plan politique, plusieurs sondages donnant l'opposition gagnante en cas d'élections aujourd'hui.

À Tel-Aviv, haut lieu de la contestation contre le projet de réforme de la justice, plusieurs centaines de manifestants sont descendus dans la rue pour conspuer le gouvernement et dénoncer le discours de M. Netanyahou, selon des images de la télévision israélienne.

Plus de colonies

Vendredi soir, le Premier ministre avait annoncé la mobilisation d'unités de policiers de réserve et de renforts militaires, après un attentat à la voiture bélier à Tel-Aviv ayant coûté la vie à un touriste italien, et la mort des deux soeurs israélo-britanniques.

Lundi, plusieurs milliers de colons israéliens ont participé à une marche vers Eviatar, une colonie juive non reconnue par les autorités israéliennes dans le nord de la Cisjordanie, pour exiger sa légalisation, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Près de trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie. Environ 490 000 colons juifs y habitent aussi dans des colonies que l'ONU juge illégales au regard du droit international.

Plusieurs ministres et députés ont participé à la marche vers Eviatar, dont le ministre de la Sécurité publique, Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême-droite, qui y a déclaré que "la réponse au terrorisme est de construire" plus de colonies.


Liban: plusieurs frappes israéliennes dans le sud malgré l'accord Washington-Téhéran

Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
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  • Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient
  • Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani

BEYROUTH: Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle).

Ces frappes ont notamment touché la région de Nabatiyé et de Kfartebnit, selon la même source.

L'Iran a répété plusieurs fois depuis l'annonce d'un accord avec les Etats-Unis lundi qu'il devait inclure une cessation des hostilités au Liban, où Israël dit viser le Hezbollah allié de Téhéran.

Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient.

Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani.

Et si certains habitants du sud ont commencé à rentrer chez eux, l'armée libanaise a conseillé d'attendre à cause des "risques de violations" de l'accord de la part d'Israël.

Mardi, l'armée israélienne avait mené plusieurs frappes, tuant quatre personnes, et affirmé que ses soldats dans le sud du Liban avaient été ciblés par des roquettes.

Le Hezbollah ne s'est pas exprimé publiquement depuis. Son chef, Naïm Qassem, qui a exprimé sa "profondre gratitude" à l'Iran pour avoir poussé pour inclure le Liban dans l'accord, doit s'exprimer à la télévision mercredi.

Le protocole visant à mettre fin à la guerre qui a fait des milliers de morts au Moyen-Orient, principalement en Iran et au Liban, doit être formellement signé en Suisse vendredi.


Mettre fin à la guerre au Liban est la «question la plus importante» de l'accord avec Washington, selon la diplomatie iranienne

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
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  • Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien
  • "Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban"

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington.

"Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban", a déclaré le ministre lors d'une réunion avec des diplomates étrangers diffusée à la télévision d'Etat.


Au G7, coup de projecteur sur l'Ukraine, éclipsée par l'Iran

Le président ukrainien est lui attendu dès mardi matin dans la station thermale des Alpes françaises pour participer à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec Donald Trump. (AFP)
Le président ukrainien est lui attendu dès mardi matin dans la station thermale des Alpes françaises pour participer à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec Donald Trump. (AFP)
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  • La guerre en Ukraine dominera les débats du G7 mardi à Evian en présence de Volodymyr Zelensky. Au cœur des tractations: la capacité des alliés de Washington à convaincre Donald Trump, jusqu'ici réticent, à afficher son soutien au président ukrainien
  • Le Moyen-Orient sera lui aussi toujours très haut dans l'agenda des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la France, de l'Italie, du Japon et du Royaume-Uni

EVIAN: La guerre en Ukraine dominera les débats du G7 mardi à Evian en présence de Volodymyr Zelensky. Au cœur des tractations: la capacité des alliés de Washington à convaincre Donald Trump, jusqu'ici réticent, à afficher son soutien au président ukrainien face à Vladimir Poutine.

Le Moyen-Orient sera lui aussi toujours très haut dans l'agenda des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la France, de l'Italie, du Japon et du Royaume-Uni.

Ils se retrouveront pour un déjeuner de travail consacré aux crises de cette région secouée par la guerre américano-israélienne contre l'Iran. L'Egypte, les Emirats arabes unis et le Qatar - qui a contribué à la médiation ayant abouti à un accord entre Washington et Téhéran - y ont été conviés.

Le président ukrainien est lui attendu dès mardi matin dans la station thermale des Alpes françaises pour participer à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec Donald Trump.

La dernière rencontre entre les deux dirigeants remonte à fin décembre dans la résidence du milliardaire américain à Mar-a-Lago, en Floride.

A défaut d'annoncer une réunion bilatérale, le président des Etats-Unis, accaparé ces derniers mois par le conflit avec l'Iran, a assuré lundi avoir eu "une très bonne conversation avec le président (Volodymyr) Zelensky et le président (russe Vladimir) Poutine" dimanche.

"Et je pense que nous pouvons peut-être faire quelque chose", a-t-il ajouté.

Il a en outre déploré les 25.000 morts par mois dans ce conflit, "majoritairement des soldats". "Cela ne devrait pas se produire", a-t-il réagi.

Après de nouvelles frappes meurtrières menées lundi par la Russie qui ont fait au moins 11 morts et incendié une cathédrale historique à Kiev, Volodymyr Zelensky a demandé "davantage de pression sur l'agresseur et davantage de soutien à la défense aérienne de l'Ukraine".

Le président peut d'ores et déjà compter sur l'appui indéfectible des dirigeants européens et canadien, dont il verra certains en tête-à-tête.

Le Royaume-Uni va fournir de l'uranium enrichi à l'Ukraine pour ses centrales nucléaires et imposer de nouvelles sanctions à la Russie, a ainsi annoncé le Premier ministre britannique Keir Starmer en amont de la session de travail.

"Unité et détermination" 

Condamnant les "frappes barbares" de la Russie en Ukraine, Londres compte "monter d'un cran" en "étouffant les ressources qui alimentent la guerre de Poutine et en fournissant de l'énergie à l'Ukraine pour les hivers à venir", a déclaré Keir Starmer.

Avant même la tenue du sommet, une source gouvernementale italienne soulignait de son côté que l'Ukraine restait "un sujet sur lequel il y a la plus grande attention italienne".

Lundi, le président du conseil européen António Costa, également présent à Evian, a estimé que "l'unité et la détermination du G7 sont essentielles pour contribuer à mettre fin à cette guerre et parvenir à une paix juste et durable".

A cet égard, la participation du président Zelensky aux discussions au G7 est "particulièrement importante", a-t-il fait valoir.

De son côté, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a salué l'Ukraine qui "tient la ligne de front et regagne même partiellement du terrain".

Elle a en outre loué la capacité de Kiev de frapper des cibles stratégiques "au cœur même de la Russie".

Depuis le début du conflit en février 2022, l'Ukraine a opéré un virage stratégique en devenant un acteur majeur de l'industrie de défense, notamment via sa production de drones, mais continue d'avoir cruellement besoin du soutien occidental.

Selon les Européens, la Russie, sous pression des sanctions internationales, commence, elle, à montrer des signes de faiblesse.

"Nos sanctions frappent profondément", a estimé Ursula Von der Leyen.

Pour autant, Vladimir Poutine reste inflexible.

Lundi, le président ukrainien a fait savoir qu'il avait invité son homologue russe à venir au G7.

"La Russie a montré une fois de plus qu'elle n'est pas prête à parler", a-t-il dit, estimant qu'il fallait intensifier la pression sur le président jusqu'à ce qu'il mette fin à la guerre.