Un jeune militaire inculpé pour la fuite de documents secrets qui embarrasse Washington

Les télévisions ont diffusé en boucle des images aériennes montrant son arrestation par des agents des forces de sécurité (Photo, AFP / WBZ via CBS).
Les télévisions ont diffusé en boucle des images aériennes montrant son arrestation par des agents des forces de sécurité (Photo, AFP / WBZ via CBS).
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Publié le Samedi 15 avril 2023

Un jeune militaire inculpé pour la fuite de documents secrets qui embarrasse Washington

  • Jack Teixeira, 21 ans, a été présenté vendredi devant une cour fédérale de Boston (nord-est), où il est apparu vêtu d'une combinaison beige de détenu
  • Le jeune homme a été placé en détention provisoire dans l'attente d'une nouvelle audience prévue mercredi

BOSTON: Un jeune militaire a été inculpé vendredi par la justice fédérale aux Etats-Unis, soupçonné d'être à l'origine de la fuite d'une série de documents confidentiels américains sur la guerre en Ukraine, qui met Washington dans l'embarras.

Jack Teixeira, 21 ans, a été présenté vendredi devant une cour fédérale de Boston (nord-est), où il est apparu vêtu d'une combinaison beige de détenu.

Cette recrue de la Garde nationale aérienne a été inculpée pour "conservation et transmission non autorisées d'informations relatives à la défense nationale", et "retrait et conservation non autorisés de documents ou de matériels classifiés", selon un document judiciaire.

Des faits passibles de dix ans et cinq ans de prison. Le ministre de la Justice, Merrick Garland, a promis de requérir de "très lourdes peines".

Le jeune homme a été placé en détention provisoire dans l'attente d'une nouvelle audience prévue mercredi.

Au lendemain de son arrestation, tous les regards étaient braqués sur ce jeune militaire, qui aurait profité de sa position pour diffuser sur un groupe privé du réseau social Discord des documents confidentiels et sensibles sur les opérations en Ukraine.

Depuis jeudi, les images aériennes de son arrestation à Dighton, une petite ville rurale du Massachusetts, ou sa photo en uniforme, l'allure un peu frêle, tenant un téléphone portable devant lui, tournent en boucle.

«Risque très grave»

L'affaire soulève aussi des questions sur de possibles failles de sécurité et la possibilité pour une jeune recrue d'avoir accès à de tels documents.

Les documents confidentiels, dont certains ont ensuite circulé sur Twitter et Telegram, révèlent notamment les inquiétudes des services de renseignement américains quant à la viabilité d'une contre-offensive ukrainienne contre les forces russes.

Ils suggèrent aussi que Washington collecte des renseignements sur ses plus proches alliés, notamment Israël et la Corée du Sud.

Une affaire des plus embarrassantes pour le gouvernement du président Joe Biden, qui s'était dit jeudi "préoccupé que ce soit arrivé".

La Garde nationale a indiqué que Jack Teixeira s'était engagé en septembre 2019, travaillait en tant que spécialiste en informatique et communications et avait atteint le rang d'engagé première classe, le troisième plus bas de la hiérarchie.

Jack Teixeira disposait d'une habilitation de sécurité "top secret" depuis 2021, d'après une déclaration sous serment d'un agent du FBI à l'appui des poursuites judiciaires.

"Les personnes qui signent des engagements pour recevoir des documents classifiés reconnaissent l'importance pour la sécurité nationale de ne pas divulguer ces documents. Et nous avons l'intention d'envoyer un message (pour montrer) à quel point c'est important pour notre sécurité nationale", a déclaré Merrick Garland.

Le groupe, dans lequel Jack Teixeira jouait le rôle de meneur sous le pseudonyme "OG", s'est formé dès 2020 autour d'une passion mutuelle pour les armes à feu, le matériel militaire et la religion, d'après le New York Times et le Washington Post.

"OG" avait demandé aux autres membres du groupe Discord de ne pas diffuser les documents, assurant qu'il n'avait pas l'intention d'être un lanceur d'alerte, selon le Washington Post. Il se montrait critique envers l'Etat - dont il dénonçait "l'abus de pouvoir" -, les forces de l'ordre et la communauté du renseignement.

D'après la déclaration de l'agent du FBI, Jack Teixeira a commencé en décembre dernier à publier des informations classifiées.

Dans un premier temps, des extraits de paragraphes de documents, puis des photographies des documents eux-mêmes.

Audit

La Maison Blanche a affirmé jeudi que les Etats-Unis examinaient les "implications" de cette fuite "pour la sécurité nationale".

Le ministre de la Défense Lloyd Austin avait annoncé jeudi avoir ordonné un "audit des accès à notre renseignement".

Des dizaines de photos de ces documents ont été relayées sur Discord, mais aussi Twitter et Telegram, certains ayant sans doute circulé depuis des semaines, sinon des mois, avant d'attirer l'attention de la presse.

Les autorités américaines n'ont toutefois pas publiquement confirmé l'authenticité de ces documents publiés en ligne, et elle n'a pas encore été vérifiée de manière indépendante.

Beaucoup de ces documents ne sont plus disponibles sur les sites où ils sont initialement apparus.


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.