Concerts de casseroles et dégradations en marge de l'allocution d'Emmanuel Macron

Emmanuel Macron s'est donné lundi "cent jours" pour agir "au service de la France", et relancer ainsi son second quinquennat englué dans la crise provoquée par sa réforme des retraites. (AFP).
Emmanuel Macron s'est donné lundi "cent jours" pour agir "au service de la France", et relancer ainsi son second quinquennat englué dans la crise provoquée par sa réforme des retraites. (AFP).
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Publié le Mardi 18 avril 2023

Concerts de casseroles et dégradations en marge de l'allocution d'Emmanuel Macron

  • Au moment même de cette allocution sans contradicteurs, des concerts de casseroles rassemblaient des milliers de personnes devant de nombreuses mairies et préfectures
  • A Saint-Etienne, de petits groupes ont continué à déambuler dans le centre-ville après une manifestation d'environ 300 personnes, selon la préfecture, qui a fait état de tags, poubelles incendiées et bris de vitrines

PARIS: Des concerts de casseroles, une mairie de Lyon vandalisée, une devanture de poste de police incendiée... Plusieurs milliers de personnes ont manifesté à travers la France dans la nuit de lundi à mardi leur opposition à la réforme des retraites en marge de l'allocution télévisée d'Emmanuel Macron.

A Lyon, selon la préfecture, plusieurs incidents se sont produits peu après 21H00 après un rassemblement devant l'Hôtel de ville, d'où plusieurs centaines de manifestants sont partis arpenter les rues du quartier de la Croix-Rousse.

"Lors d'une manifestation sauvage", un groupe d'individus ont forcé une porte de la mairie du 1er arrondissement avant de s'introduire dans le bâtiment et d'en taguer les murs de l'entrée, relate le communiqué de la préfecture. D'autres ont incendié la devanture du poste de la police municipale de l'arrondissement et dans le même temps, un incendie s'est déclaré au sous-sol d'un immeuble mitoyen. Sur le parcours de cette manifestation sauvage, des jets de projectiles et des tirs de feux d'artifice ont visé les forces de l'ordre qui ont alors répliqué par des tirs de gaz lacrymogène. Deux policiers ont été blessés au cours de la soirée.

La préfète de région a réagi en condamnant fermement "ces atteintes aux biens publics" et assuré de son soutien les forces de l'ordre.

A Caen, 900 personnes ont pris part à une "manifestation non déclarée", selon la préfecture qui a fait état de nombreuses dégradations. Sept personnes ont été interpellées, ajoute la même source.

Plusieurs rassemblements se sont également tenus à Paris, où les manifestants avaient commencé peu avant 20H00, au moment où Emmanuel Macron s'apprêtait à s'adresser à la nation, à faire du bruit en tapant sur des casseroles et des poêles à l'aide de cuillers ou d'autres ustensiles. Des centaines de personnes se sont notamment réunies devant la mairie du 10e arrondissement, a constaté un journaliste de l'AFP.

Les manifestants arboraient de nombreux drapeaux des partis LFI, NPA, PCF, EELV ou encore de l'organisation Attac ou de la CGT, et scandaient "Macron démission", ou "Paris soulève-toi".

Ce rassemblement a ensuite laissé place à trois manifestations sauvages dans Paris, comptant au total quelque 2.000 manifestants, a indiqué la préfecture, qui avait recensé en fin de soirée 16 feux de poubelles, tous éteints.

« Manif avec une gourde »

Plusieurs autres "casserolades" étaient prévues dans Paris, -- où des concerts à l'aide de ces ustensiles ont également eu lieu aux fenêtres --, et partout en France.

"C'est plutôt convivial", a commenté Jeanne, 28 ans, agricultrice, qui manifestait à Rennes en tapant sur sa gourde avec sa clé. "J'ai fait des manifs mais c'est ma première avec une gourde! Je n'ai pas du tout eu envie de l'écouter, je le trouve condescendant", a-t-elle poursuivi à propos du président de la République. "J'écouterai demain ce qu'il a dit, sur France Inter. C'est bien la première fois que je fais une pareille manif, c'est assez parlant je trouve".

Plusieurs centaines de manifestants se sont réunis sur le Vieux-Port de Marseille avant de se diriger vers l'hôtel de ville, certains scandant "Macron démission". Des habitants ont soutenu les manifestants en tapant sur des casseroles depuis leur balcon.

A Saint-Etienne, de petits groupes ont continué à déambuler dans le centre-ville après une manifestation d'environ 300 personnes, selon la préfecture, qui a fait état de tags, poubelles incendiées et bris de vitrines, notamment d'une agence bancaire. Des feux de poubelles ont aussi émaillé les déambulations de manifestants à Rennes, Caen, Nantes et Angers, où des manifestations non déclarées ont eu lieu après l'allocution.

A Strasbourg, après le concert de casseroles qui a duré environ une heure dans le centre-ville, quelques centaines de personnes ont improvisé des barricades au milieu des rues à l'aide de conteneurs à poubelles ou d'objets de chantier pour barrer la route à la police, a constaté l'AFP, et les forces de l'ordre ont fait à plusieurs reprises usage de gaz lacrymogène.

L'ONG altermondialiste Attac, qui avait lancé un appel à des "casserolades" devant les mairies, avait recensé "plus de 300 rassemblements" en France.


Deux employés d'un Burger King jugés en décembre pour harcèlement après un suicide

Deux employés d'un restaurant Burger King à Calais seront jugés en décembre pour harcèlement moral, quatre mois après le suicide d'une de leurs collègues, a-t-on appris dimanche auprès du parquet de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) et de l'entourage de la victime. (AFP)
Deux employés d'un restaurant Burger King à Calais seront jugés en décembre pour harcèlement moral, quatre mois après le suicide d'une de leurs collègues, a-t-on appris dimanche auprès du parquet de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) et de l'entourage de la victime. (AFP)
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  • Sylvana Dufossé, 20 ans, employée polyvalente au Burger King de Calais, a mis fin à ses jours le 1er janvier 2026
  • Selon la plainte déposée par sa grande soeur Angelina Dufossé le 13 janvier et consultée par l'AFP, Sylvana "subissait un harcèlement moral quotidien et presque physique de la part de deux de ses collègues de travail au restaurant Burger King Calais"

LILLE: Deux employés d'un restaurant Burger King à Calais seront jugés en décembre pour harcèlement moral, quatre mois après le suicide d'une de leurs collègues, a-t-on appris dimanche auprès du parquet de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) et de l'entourage de la victime.

A l'issue de leurs gardes à vue jeudi soir dans le cadre de cette affaire, "des convocations par officier de police judiciaire ont été remises aux deux prévenus" pour être jugés, selon la procureure de Boulogne-sur-Mer Cécile Gressier.

Il s'agit d'un salarié du même niveau hiérarchique que la victime et d'un supérieur direct, de hiérarchie intermédiaire, a précisé la procureure.

Ils doivent comparaître le 10 décembre au tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer, selon un avis du parquet reçu par la soeur de la victime, partie civile dans ce dossier, et dont l'AFP a obtenu une copie.

Sylvana Dufossé, 20 ans, employée polyvalente au Burger King de Calais, a mis fin à ses jours le 1er janvier 2026.

Selon la plainte déposée par sa grande soeur Angelina Dufossé le 13 janvier et consultée par l'AFP, Sylvana "subissait un harcèlement moral quotidien et presque physique de la part de deux de ses collègues de travail au restaurant Burger King Calais".

Le procès à venir "est un soulagement pour la famille, car nous redoutions que l'affaire soit classée sans suite. C'est une première étape, mais l'objectif reste qu'ils soient condamnés, pour Sylvana et pour toutes les victimes de harcèlement au travail. Il faut que cela cesse", a déclaré à l'AFP Boubacar Dembélé, fondateur du collectif Agir Ensemble, qui lutte contre le harcèlement.

Plusieurs salariés du même établissement se sont joints à la plainte d'Angelina Dufossé et ont témoigné à la justice du harcèlement subi.

Par ailleurs, une autre plainte avait déjà été déposée en mai 2025 par une ancienne employée du même restaurant, Séphina Lapotre, pour harcèlement moral lié à sa religion et à son port du voile.

De son côté, Burger King avait déclaré en février à l'AFP qu'un audit RH réalisé à sa demande dans le restaurant de Calais avait été "partagé aux autorités compétentes" et que les deux salariés concernés étaient suspendus.

 


Rima Hassan convoquée ce vendredi matin à la police judiciaire de Paris

L'eurodéputée LFI Rima Hassan est convoquée ce vendredi matin au siège de la police judiciaire parisienne dans le cadre d'une enquête différente des faits pour lesquels elle a été placée jeudi en garde à vue, a appris l'AFP auprès d'une source proche du dossier. (AFP)
L'eurodéputée LFI Rima Hassan est convoquée ce vendredi matin au siège de la police judiciaire parisienne dans le cadre d'une enquête différente des faits pour lesquels elle a été placée jeudi en garde à vue, a appris l'AFP auprès d'une source proche du dossier. (AFP)
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  • Rima Hassan est attendue au Bastion par les enquêteurs de la Brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP)
  • L'eurodéputée a été placée jeudi en garde à vue d'où elle est ressortie libre en fin de soirée avec une convocation le 7 juillet pour être jugée pour "apologie du terrorisme" à raison d'un de ses posts sur X

PARIS: L'eurodéputée LFI Rima Hassan est convoquée ce vendredi matin au siège de la police judiciaire parisienne dans le cadre d'une enquête différente des faits pour lesquels elle a été placée jeudi en garde à vue, a appris l'AFP auprès d'une source proche du dossier.

Rima Hassan est attendue au Bastion par les enquêteurs de la Brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP), a ajouté cette source confirmant partiellement une information de TF1.

Les faits pour lesquels l'eurodéputée est convoquée à la BRDP n'ont rien à voir avec ce qu'il s'est passé jeudi, a-t-on insisté.

L'eurodéputée a été placée jeudi en garde à vue d'où elle est ressortie libre en fin de soirée avec une convocation le 7 juillet pour être jugée pour "apologie du terrorisme" à raison d'un de ses posts sur X.

Lors de la fouille de ses effets, il a été découvert "la présence de matières s'apparentant d'une part à du CBD et d'autre part à de la 3MMC (une drogue de synthèse, ndlr), sur lesquelles elle a été interrogée", avait indiqué le parquet à l'issue de sa garde à vue, en ajoutant que "ces éléments (étaient) disjoints et feront l'objet d'une procédure distincte".

Manuel Bompard, coordinateur national de La France insoumise, a assuré vendredi sur Sud Radio que Rima Hassan n'avait "aucune drogue sur elle", dénonçant des "informations mensongères" utilisées pour la "salir".

Invité de BFMTV, Laurent Nuñez a justifié le signalement à la justice par ses services du post de Rima Hassan qui faisait référence à Kōzō Okamoto, un des auteurs du massacre perpétré le 30 mai 1972 à l'aéroport de Tel-Aviv (26 morts).

"C'était normal de faire un signalement (...) le tweet de Mme Hassan est grave (...), il n'y a pas d'acharnement", a fait valoir le ministre de l'Intérieur, en affirmant qu'il ne "fallait rien laisser passer".

"L'action politique doit rester dans les limites de l'Etat de droit", a-t-il ajouté.


Macron reçu par l'empereur à la fin de sa visite au Japon

Le président français Emmanuel Macron (2e à gauche) et la première dame Brigitte Macron (à gauche) sont accueillis par l'empereur Naruhito (2e à droite) et l'impératrice Masako au Palais impérial de Tokyo, le 2 avril 2026. (Photo : Ludovic MARIN / POOL / AFP)
Le président français Emmanuel Macron (2e à gauche) et la première dame Brigitte Macron (à gauche) sont accueillis par l'empereur Naruhito (2e à droite) et l'impératrice Masako au Palais impérial de Tokyo, le 2 avril 2026. (Photo : Ludovic MARIN / POOL / AFP)
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  • Après un déjeuner offert par le couple impérial, le chef de l'Etat doit s'envoler pour la Corée du Sud, où il doit rencontrer le président Lee Jae Myung
  • Jeudi matin, Emmanuel Macron avait retrouvé la Première ministre japonaise Sanae Takaichi pour le deuxième jour consécutif, lors d'une visite auprès de la société Astroscale, spécialisée dans la lutte contre les débris dans l'espace

TOKYO: Emmanuel Macron a été reçu jeudi à Tokyo par l'empereur du Japon Naruhito, au dernier jour de sa visite dans l'archipel nippon pour renforcer les liens diplomatiques et économiques avec la France.

Le président français, accompagné par son épouse Brigitte Macron, a été accueilli par le souverain et l'impératrice Masako au palais impérial, une bâtisse épurée dans un parc arboré au coeur de la capitale japonaise, a constaté un journaliste de l'AFP.

Après un déjeuner offert par le couple impérial, le chef de l'Etat doit s'envoler pour la Corée du Sud, où il doit rencontrer le président Lee Jae Myung.

Jeudi matin, Emmanuel Macron avait retrouvé la Première ministre japonaise Sanae Takaichi pour le deuxième jour consécutif, lors d'une visite auprès de la société Astroscale, spécialisée dans la lutte contre les débris dans l'espace. Astrocale a une filiale en France et un partenariat avec le français Exotrail.

"C'est une parfaite illustration de ce qu'est la coopération spatiale entre le Japon et la France", a-t-il dit, alors que l'espace est l'un des secteurs pour lesquels il a appelé la veille au renforcement des partenariats bilatéraux.

"Comment oeuvrer à une mission d'intérêt général pour un espace durable", avec "le désorbitage et la destruction des débris spatiaux qui aujourd'hui sont une vraie problématique", est une question qui était "au coeur du G7 porté par le Japon" et sera "au coeur aussi du G7 que la France préside cette année", a-t-il ajouté.