Hausse de rémunération des enseignants: une augmentation en deux parties

Le président français Emmanuel Macron (à gauche) arrive pour visiter un collège, le 20 avril 2023 à Ganges, dans le sud de la France (Photo, AFP)
Le président français Emmanuel Macron (à gauche) arrive pour visiter un collège, le 20 avril 2023 à Ganges, dans le sud de la France (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 20 avril 2023

Hausse de rémunération des enseignants: une augmentation en deux parties

  • La prime d'attractivité sera, elle, revalorisée pour les 15 premières années de carrière
  • La revalorisation «socle» (sans condition), à partir de septembre, permettra de «mettre déjà tout le monde au-dessus de 2 000 euros» net par mois, a expliqué le chef de l'Etat

PARIS: Emmanuel Macron a annoncé jeudi des augmentations de rémunération pour les enseignants, comme attendu. Elles comporteront une part versée à tous et une part pour les profs qui accepteront de nouvelles missions. Au total, 3 milliards d'euros seront consacrés en année pleine à cette revalorisation.

Hausse inconditionnelle

La revalorisation "socle" (sans condition), à partir de septembre, permettra de "mettre déjà tout le monde au-dessus de 2.000 euros" net par mois, a expliqué le chef de l'Etat. "Au-delà de ça, c'est à tous les niveaux de carrière qu'il va y avoir une augmentation de rémunération", qui sera comprise "entre 100 et 230 euros par mois" net.

L'enveloppe budgétaire pour cette partie de la hausse des rémunérations des enseignants est de 635 millions en 2023 pour une revalorisation au 1er septembre, et 1,905 milliard d'euros en année pleine en 2024.

Dans le détail, les indemnités que touchent tous les enseignants pour le suivi des élèves (réunions de parents, conseils de classe...) -l'ISAE dans le premier degré (Indemnité de suivi et d'accompagnement des élèves) et l'ISOE (Indemnité de suivi et d'orientation des élèves) dans le second degré- seront "doublées", a précisé le ministère de l'Education.

Ces indemnités sont actuellement de 1.256 euros brut annuels pour l'ISOE et de 1.200 euros pour l'ISAE. Elles seront portées toutes deux à 2.550 euros brut par an à partir de septembre, permettant une revalorisation de près de 100 euros net par mois pour tous.

La prime d'attractivité sera, elle, revalorisée pour les 15 premières années de carrière. Les enseignants stagiaires la percevront désormais, portant leur hausse de rémunération à 160 euros net par mois.

Le passage au deuxième grade de la carrière (la "hors classe", après 20 ans) sera en outre facilité (5.000 promotions supplémentaires dès 2023). L'accès au troisième grade (classe exceptionnelle) après 25 ans de carrière sera aussi facilité et élargi.

Hausse liée à de nouvelles missions

L'autre partie de l'augmentation des rémunérations (soit 1,1 milliard d'euros en année pleine), sera liée à de nouvelles missions et basée sur le volontariat, dans le cadre du "pacte" proposé par le gouvernement aux enseignants, a indiqué Emmanuel Macron.

Cette partie "permettra à des enseignants de toucher jusqu'à 500 euros par mois en plus" en net au total, a-t-il dit (montant pour les professeurs en début de carrière qui s'engageront dans trois missions complémentaires, selon le ministère).

"On reste en désaccord avec le pacte qui est du travailler plus pour gagner plus", a regretté Catherine Nave-Bekhti du Sgen-CFDT auprès de l'AFP.

Ce "pacte", modulable, se décomposera en trois unités de 1.250 euros brut, pouvant aller jusqu'à 3.750 euros brut d'augmentation par an si un enseignant en prend trois.

Parmi les missions proposées, figurent notamment le remplacement de courte durée en collège et lycée, "ultra-prioritaire" pour le ministère, la participation au dispositif "devoirs faits" (pour faire les devoirs au collège) ou à des stages de réussite lors des vacances. Ou encore, pour les enseignants du premier degré, la participation à l'heure hebdomadaire de soutien ou approfondissement en français et maths en 6e créée à la rentrée ou à du soutien aux élèves en difficulté en élémentaire.

Ces missions, sous la forme d'un volume horaire, seront de 18 heures par an pour le remplacement et le soutien en 6e, de 24 heures pour les autres missions.

Les enseignants pourront aussi choisir d'autres missions sous la forme d'un engagement annuel: participer à des projets pédagogiques innovants, notamment dans le cadre du CNR, à l'accompagnement renforcé des élèves en situation de handicap ou à la coordination du dispositif de découverte des métiers au collège.


Macron dans un lycée en Lozère mardi pour la rentrée scolaire

Le président français Emmanuel Macron signe une banderole réalisée par des élèves d’une école locale à son départ, après avoir présidé le Conseil des ministres hebdomadaire, dans la ville de Montluçon, dans le centre de la France, le 22 avril 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron signe une banderole réalisée par des élèves d’une école locale à son départ, après avoir présidé le Conseil des ministres hebdomadaire, dans la ville de Montluçon, dans le centre de la France, le 22 avril 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron se rendra mardi au lycée Chaptal de Mende pour échanger sur la généralisation de l’interdiction des téléphones portables dans les lycées dès la rentrée
  • Il visitera ensuite la faculté d’éducation de l’université de Montpellier à Mende pour présenter la réforme de la formation des enseignants, destinée notamment à renforcer le recrutement

PARIS : Emmanuel Macron se rendra au lycée Chaptal de Mende (Lozère) mardi, où il échangera avec élèves et enseignants sur l'interdiction du téléphone portable dans les lycées, pour la dernière rentrée scolaire de son double quinquennat, a annoncé vendredi l'Elysée.

"Dans la suite de son engagement pour renforcer la protection des mineurs face aux expositions permanentes aux écrans, le chef de l'Etat échangera avec les élèves et les enseignants sur la généralisation de l'interdiction des téléphones portables au lycée, dans la continuité de ce qui est mis en place au collège depuis 2018", a précisé la présidence.

Déjà en vigueur de la maternelle au collège, l'interdiction du téléphone portable sera étendue aux lycées dès la rentrée par la loi visant à protéger les mineurs des réseaux sociaux.

Emmanuel Macron a promulgué ce texte mardi alors que le Conseil constitutionnel a censuré sa mesure phare interdisant l'accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans.

Il se rendra ensuite à la faculté d'éducation de l'université de Montpellier sur le site de Mende à l'occasion de la mise en œuvre de la réforme de la formation initiale des enseignants, "grand engagement du second quinquennat" selon l'Elysée.

Pour répondre à la crise du recrutement, le ministère de l'Education nationale a réformé le système de concours afin notamment d'élargir le vivier de candidats.

Le concours a été avancé cette année à la fin de la licence (bac+3). Jusqu'à l'an dernier, les aspirants professeurs, dans le premier degré (écoles maternelles et primaires) comme dans le second degré (collèges et lycées) ne pouvaient passer le concours qu'après un master (bac+5).

Le manque d'enseignants, avec un nombre conséquent de postes non pourvus depuis plusieurs années, est une problématique de longue date dans l'Education nationale. En 2025, plus de 2.600 postes étaient restés vacants, selon des données compilées par l'AFP.

Cette réforme "permet de préparer plus tôt et plus progressivement les futurs enseignants à leur métier, grâce à des programmes rénovés, une formation renforcée et mieux répartie sur le territoire", estime la présidence.

"Elle doit renforcer durablement l'attractivité du métier et élargir le vivier de candidats qui seront rémunérés pendants leurs années de master", ajoute-t-elle.

Le chef de l’Etat échangera avec des étudiants se préparant au professorat des écoles, dont notamment les premiers lauréats du nouveau concours.


Mélenchon aux patrons: "si vous n'augmentez pas les salaires, la France va tomber en récession"

Jean-Luc Mélenchon participe à un débat réunissant sept candidats à la présidentielle de 2027, lors de La REF 2026 du Medef, sur le court Philippe-Chatrier à Roland-Garros, à Paris, le 27 août 2026. (AFP)
Jean-Luc Mélenchon participe à un débat réunissant sept candidats à la présidentielle de 2027, lors de La REF 2026 du Medef, sur le court Philippe-Chatrier à Roland-Garros, à Paris, le 27 août 2026. (AFP)
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  • Jean-Luc Mélenchon appelle les chefs d’entreprise à augmenter les salaires pour éviter une récession en France
  • Lors du débat du Medef, les principaux candidats ont exposé leurs visions économiques, de la réduction de la bureaucratie à la relance sociale et écologique

PARIS: Jean-Luc Mélenchon a exhorté jeudi les chefs d'entreprise à "augmenter les salaires" pour éviter à la France de "tomber en récession", en ouverture du premier débat entre les principaux candidats à la présidentielle, organisé par le Medef.

"Je vous mets en alerte: le budget Lecornu, plus l'inflation alimentaire, si vous n'augmentez pas les salaires, la France va tomber en récession", a lancé le candidat de La France insoumise lors de ce débat à Roland-Garros, diffusé par LCI.

Les sept candidats les mieux placés dans les sondages se sont exprimés à tour de rôle sur le court central.

Actuelle favorite selon les intentions de vote à moins de huit mois du premier tour du 18 avril, Marine Le Pen a estimé qu'il y avait "un consensus général sur la gravité de la situation" économique du pays.

"Moi j'appelle à l'union de l'ensemble des acteurs, à l'union des salariés et des entrepreneurs pour opérer le redressement, j'oserai même, même en présence de Monsieur Attal, la renaissance de la France", a dit la candidate du Rassemblement national.

Gabriel Attal, candidat du parti présidentiel Renaissance, conteste en justice l'utilisation de ce terme par la quadruple candidate à l'Elysée dans son slogan de campagne.

Ce dernier, qui se dispute avec Edouard Philippe la place de candidat du bloc central, a lui épinglé dans son introduction les insoumis, invitant Jean-Luc Mélenchon à "présenter des excuses pour les propos de (l'eurodéputée) Manon Aubry qui a qualifié les entrepreneurs français de nuisibles et de parasites".

Son concurrent Edouard Philippe, candidat du parti Horizons, souvent accusé de promettre du "sang et des larmes", s'est dit "convaincu qu'on ne gagne pas une élection, mais surtout qu'on ne sort pas un pays de l'ornière en se contentant de dire ce qui ne va pas et en disant que ça va être dur".

Il s'en est pris, lui aussi, à la proposition des insoumis d'annuler une partie de la dette publique française, car selon lui, "brûler la dette" mettra la France en "interdit bancaire".

"Moi je ne veux pas pour mon pays, la France, d'un destin de parc d'attractions pour tycoons américains, oligarques russes, dignitaires du Parti communiste chinois ou émirs du Golfe", a martelé pour sa part le social-démocrate Raphaël Glucksmann, proposant son "nouveau contrat patriotique".

A droite, Bruno Retailleau, candidat du parti Les Républicains, a promis de s'attaquer à "l'État bureaucratique", "vorace", "paperasse", qualifié de "premier problème", et qui "asphyxie les forces vives" selon lui.

L'écologiste Marine Tondelier a assuré les patrons que, comme eux, "les Ecologistes aussi veulent la liberté", car "l'écologie est la condition de la liberté".


Un soldat de la Légion étrangère française enlevé en Colombie

Le président colombien Abelardo de la Espriella prononce un discours lors de la cérémonie de passation de commandement à l'École militaire José María Córdova, à Bogota, le 26 août 2026. (AFP)
Le président colombien Abelardo de la Espriella prononce un discours lors de la cérémonie de passation de commandement à l'École militaire José María Córdova, à Bogota, le 26 août 2026. (AFP)
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  • Les rebelles l'ont enlevé après avoir réalisé qu'il appartenait à la Légion étrangère française, d'après la même source
  • José Olger Melo Charry, caporal engagé dans l'armée française depuis quatre ans, était en permission dans son pays d'origine, a déclaré jeudi le colonel Mauricio Osorio à la radio colombienne Blu Radio

BOGOTA: Un soldat franco-colombien de la Légion étrangère française a été enlevé début août dans une région de Colombie contrôlée par la guérilla, a annoncé l'armée jeudi.

José Olger Melo Charry a été pris en otage le 6 août alors qu'il circulait sur une route du département de Nariño, dans le sud-ouest du pays, selon un rapport de l'armée consulté par l'AFP.

Les responsables présumés de cet enlèvement sont des dissidents de la guérilla des Farc, aujourd'hui dissoute, qui avaient refusé de signer l'accord de paix de 2016 avec le gouvernement, indique le document.

Les rebelles l'ont enlevé après avoir réalisé qu'il appartenait à la Légion étrangère française, d'après la même source.

José Olger Melo Charry, caporal engagé dans l'armée française depuis quatre ans, était en permission dans son pays d'origine, a déclaré jeudi le colonel Mauricio Osorio à la radio colombienne Blu Radio.

Le groupe accusé de cet enlèvement est dirigé par un homme connu sous le nom d'Ivan Mordisco, le guérillero le plus recherché de Colombie.

Les groupes armés du pays, principalement impliqués dans le trafic de drogue et l'exploitation minière illégale, ont recours aux enlèvements pour extorquer de l'argent ou faire pression sur les autorités.

Le président Abelardo de la Espriella, tenant de la droite dure, affiche depuis son arrivée au pouvoir début août une politique de lutte sans merci contre les guérillas et les narcotrafiquants, avec le soutien des Etats-Unis.

Son prédécesseur de gauche, Gustavo Petro, lui-même ancien membre d'une autre guérilla dissoute, avait échoué dans la plupart de ses tentatives de conclure la paix, et de nombreux experts soulignent que les groupes armés se sont renforcés durant sa présidence.