Le président sud-coréen à Washington, sur fond de coopération renforcée face à Pyongyang

Le président américain Joe Biden s'entretient avec le président sud-coréen Yoon Suk Yeol lors d'une conférence de presse conjointe au bureau présidentiel de Séoul, le 21 mai 2022 (Photo, AFP).
Le président américain Joe Biden s'entretient avec le président sud-coréen Yoon Suk Yeol lors d'une conférence de presse conjointe au bureau présidentiel de Séoul, le 21 mai 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 21 avril 2023

Le président sud-coréen à Washington, sur fond de coopération renforcée face à Pyongyang

  • M. Yoon est l'un des présidents «les plus pro-alliance» de Corée du Sud
  • Lors de ce voyage de six jours, Washington devrait aussi appeler Séoul, 9e exportateur d'armes au monde, à l'aider davantage à soutenir l'Ukraine

SEOUL: Le président sud-coréen Yoon Suk Yeol se rend à Washington lundi, sur fond de coopération militaire renforcée entre les deux alliés - rejoints par le Japon - face au programme nucléaire de la Corée du Nord.

Confronté à un nouveau record de tirs de missiles balistiques nord-coréens cette année, M. Yoon resserre ses liens avec son allié américain et cherche même à enterrer la hache de guerre avec l'ancienne puissance coloniale japonaise.

Mais le dirigeant sud-coréen voit sa popularité chuter à domicile.

Il a du mal à rassurer ses concitoyens, de plus en plus nerveux quant à l'engagement américain en faveur d'une dissuasion élargie pour prévenir une éventuelle attaque contre ses alliés. Les sondages montrent qu'une majorité de Sud-Coréens souhaite désormais que Séoul se dote de sa propre arme nucléaire.

Tout ceci "reflète non seulement les préoccupations grandissantes vis-à-vis de (l'arsenal nucléaire de) la Corée du Nord mais aussi l'érosion de la confiance dans le parapluie sécuritaire américain", déclare à l'AFP Gi-Wook Shin, professeur coréen de sociologie à l'université de Stanford (Etats-Unis).

M. Yoon est l'un des présidents "les plus pro-alliance" de Corée du Sud, souligne l'expert, même si les récents développements "comme les allégations de surveillance américaine de responsables sud-coréens ne l'ont pas aidé à gagner en soutien intérieur".

A domicile, M. Yoon souffre aussi du contrecoup d'un sommet, en mars, avec le Premier ministre japonais Fumio Kishida, accusé d'avoir négligé les disputes sur le traitement des Coréens pendant la guerre avec le Japon - du travail forcé à l'esclavage sexuel - au profit de la diplomatie.

Le président américain Joe Biden plaide pour que les deux alliés majeurs de Washington dans la région travaillent plus étroitement sur la Corée du Nord.

Alliance «invulnérable»

"Toute avancée en matière de partage de renseignement incluant le Japon" serait un résultat-clé du sommet Biden-Yoon, souligne Karl Friedhoff, du Conseil sur les Affaires étrangères de Chicago (Etats-Unis).

Pour la Maison Blanche, cette visite montre comment cette alliance "invulnérable" s'est "développée bien au-delà de la péninsule coréenne et constitue désormais une force pour le bien dans l'Indo-Pacifique et dans le monde entier".

Lors de ce voyage de six jours, Washington devrait aussi appeler Séoul, 9e exportateur d'armes au monde, à l'aider davantage à soutenir l'Ukraine, en fournissant des munitions et des armes à Kiev.

La Corée du Sud a certes envoyé de l'aide humanitaire à l'Ukraine, vendu des chars et des obusiers à la Pologne, mais elle a depuis longtemps pour politique de ne pas fournir d'armes aux zones de conflit actives.

M. Yoon, qui sera reçu à un dîner d'Etat par le couple Biden et visitera notamment la Nasa et la Chambre de commerce américaine, doit revenir avec des "résultats tangibles" de son déplacement à Washington. Ou bien il risque d'affaiblir encore le soutien de son opinion publique et "la confiance de la Corée du Sud envers les Etats-Unis", estime M. Shin.

Le bon déroulement du voyage est particulièrement important pour M. Yoon, car il s'agit d'un "moyen de renforcer (sa) cote de popularité, en particulier dans le domaine de la politique étrangère", estime Minseon Ku, experte en sciences politiques à l'Université d'Etat de l'Ohio (Etats-Unis).

M. Yoon se rend aux Etats-Unis avec plus de 120 hommes d'affaires sud-coréens, dont le PDG de Samsung Lee Jae-yong.

Selon des médias sud-coréens, il sera également accompagné de soldats blessés sur le champ de bataille entre les deux Corées (1950-1953), qui restent techniquement en guerre, en l'absence de traité de paix.


Téhéran veut garder le contrôle d'Ormuz, fin du round de négociations

Téhéran a répété mardi vouloir garder le contrôle sur le détroit d'Ormuz, tandis que s'est achevé le round de négociations avec les Américains débuté ce week-end en Suisse pour tenter de mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
Téhéran a répété mardi vouloir garder le contrôle sur le détroit d'Ormuz, tandis que s'est achevé le round de négociations avec les Américains débuté ce week-end en Suisse pour tenter de mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
  • Le responsable américain, ainsi que le négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, ont quitté lundi le complexe hôtelier du Bürgenstock, dans les Alpes suisses, au terme d'un marathon de 18 heures
  • En attendant, M. Ghalibaf a réaffirmé que les conditions dans le détroit d'Ormuz ne retourneraient pas à celles d'avant-guerre et que la voie resterait "administrée" par son pays, selon des propos rapportés mardi par Irna

BURGENSTOCK: Téhéran a répété mardi vouloir garder le contrôle sur le détroit d'Ormuz, tandis que s'est achevé le round de négociations avec les Américains débuté ce week-end en Suisse pour tenter de mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Ces discussions ont permis de poser des "bases très solides pour aboutir à un accord final réussi", s'est félicité lundi le vice-président américain JD Vance, les Etats-Unis annonçant dans la foulée une suspension de deux mois des sanctions sur le pétrole iranien.

Le responsable américain, ainsi que le négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, ont quitté lundi le complexe hôtelier du Bürgenstock, dans les Alpes suisses, au terme d'un marathon de 18 heures, laissant à des diplomates le soin de poursuivre des discussions "techniques" sur place.

Celles-ci se sont également achevées et les pourparlers se poursuivront ultérieurement au sein de groupes de travail, a indiqué mardi la diplomatie iranienne à l'agence officielle Irna.

En attendant, M. Ghalibaf a réaffirmé que les conditions dans le détroit d'Ormuz ne retourneraient pas à celles d'avant-guerre et que la voie resterait "administrée" par son pays, selon des propos rapportés mardi par Irna.

Le passage par Ormuz, où transite en temps normal 20% du pétrole et du GNL mondial, était libre de tout contrôle avant le déclenchement par les Etats-Unis et Israël le 28 février de la guerre contre l'Iran.

Mais "l'administration du détroit d'Ormuz ne redeviendra jamais ce qu'elle était avant la guerre", a assuré M. Ghalibaf, martelant que "l'Iran administrera" celui-ci.

L'Iran a par ailleurs indiqué mardi avoir conclu en Suisse avec les Américains un accord pour le déblocage "immédiat" de 12 milliards d'avoirs iraniens gelés.

Ceux-ci seront libérés "en deux tranches de 6 milliards", a détaillé auprès d'Irna le chef de la délégation iranienne chargé des discussions techniques, le vice-ministre de Affaires étrangères Kazem Gharibabadi.

M. Vance avait souligné que son pays s'assurerait qu'un éventuel déblocage d'avoirs iraniens "ne servirait pas à financer le terrorisme".

Ghalibaf à Oman 

Le cycle de négociations entamé ce week-end en Suisse nourrit les espoirs d'un règlement durable du conflit et a fait retomber le cours du baril de Brent de la mer du Nord sous la barre des 78 dollars, loin des plus de 126 dollars atteints au paroxysme de la guerre.

Les négociations, où le Pakistan et le Qatar jouent un rôle de médiation, doivent aboutir à un document final sous un délai de 60 jours renouvelables.

Dans ce cadre, le président iranien, Massoud Pezeshkian, doit effectuer une visite d'Etat à Islamabad mardi, selon la diplomatie pakistanaise.

Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio est pour sa part attendu de mardi à jeudi aux Emirats arabes unis, à Bahreïn et au Koweït, selon son ministère.

Et l'équipe de négociateurs iraniens, emmenée par M. Ghalibaf, s'est rendue de son côté à Oman pour parler précisément de la gestion du détroit d'Ormuz, selon Irna.

Pressé de mettre un terme à un conflit qui pèse sur le pouvoir d'achat de ses citoyens, Washington a multiplié les gestes envers Téhéran.

Concernant le pétrole, principale ressource de la République islamique, "toutes les transactions" concernant la production, la vente et le transport d'hydrocarbures d'origine iranienne "sont autorisées jusqu'au 21 août", a détaillé le ministère américain des Finances.

Selon M. Vance, Téhéran a accepté d'inviter à nouveau des inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), ce que l'Iran n'a pas confirmé.

"Premier test réel" 

Mises en place par l'accord de 2015 déchiré par M. Trump en 2018, ces inspections avaient été suspendues par l'Iran après les bombardements israélo-américains de ses installations en juin 2025.

Les inspecteurs de l'AIEA n'ont depuis pas pu visiter les sites touchés, laissant planer le doute sur l'état des stocks d'uranium hautement enrichi de la République islamique, un point de contentieux majeur avec Washington.

Téhéran a toujours nié chercher à se doter de l'arme nucléaire, tout en restant inflexible sur son droit à exploiter une filière nucléaire civile complète.

Sur le front libanais, que Téhéran a insisté pour associer aux discussions, une "cellule de gestion des conflits" va être mise en place pour faire cesser les combats entre Israël et le mouvement pro-iranien Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre début mars.

Lundi, le président libanais Joseph Aoun a ainsi fait savoir avoir reçu un appel de M. Vance au sujet de "la consolidation du cessez-le-feu au Liban, l'arrêt de l'escalade militaire israélienne et les mesures à prendre à cet égard".

L'offensive au Liban, destinée selon Israël à empêcher les attaques du Hezbollah, a fait plus de 4.100 morts selon les autorités et plus d'un million de déplacés.

Pour le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, le respect de ce cessez-le-feu sera "le premier test réel" de la solidité du protocole d'accord américano-iranien.


Pourparlers Iran-Etats-Unis : «des bases très solides» en vue d'un accord final, selon JD Vance

Les pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis tenus dimanche en Suisse pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient ont permis d'établir des "bases très solides" en vue d'un accord final, a affirmé lundi le vice-président américain JD Vance. (AFP)
Les pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis tenus dimanche en Suisse pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient ont permis d'établir des "bases très solides" en vue d'un accord final, a affirmé lundi le vice-président américain JD Vance. (AFP)
  • "Nous avons réalisé de nombreux progrès satisfaisants. Nous avons fait exactement ce que nous voulions faire", a assuré JD Vance, qui va rentrer aux Etats-Unis
  • Côté iranien, l'équipe conduite par le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, et le chef de la diplomatie, Abbas Araghchi, a quitté le Burgenstock, à l'issue de "18 heures d'intenses discussions", selon l'agence de presse Irna

BURGENSTOCK: Les pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis tenus dimanche en Suisse pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient ont permis d'établir des "bases très solides" en vue d'un accord final, a affirmé lundi le vice-président américain JD Vance.

"Nous avons posé des bases très solides pour aboutir à un accord final réussi. L'accord final, c'est la maison. Nous en avons posé les fondations. Nous n'avons pas encore construit la maison, mais nous avons posé des bases solides pour atteindre une issue favorable pour le peuple américain", a-t-il déclaré aux journalistes.

Après la signature d'un protocole d'accord la semaine dernière et un démarrage dans le chaos, ces négociations, lancées dimanche dans le complexe hôtelier du Burgenstock, dans les Alpes suisses, doivent aboutir, sous un délai de 60 jours renouvelables, à un document final.

"Nous avons réalisé de nombreux progrès satisfaisants. Nous avons fait exactement ce que nous voulions faire", a assuré JD Vance, qui va rentrer aux Etats-Unis.

Côté iranien, l'équipe conduite par le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, et le chef de la diplomatie, Abbas Araghchi, a quitté le Burgenstock, à l'issue de "18 heures d'intenses discussions", selon l'agence de presse Irna.

Des négociations vont toutefois se poursuivre au niveau technique.

"Nos équipes, en collaboration avec les Iraniens, les Qataris et les Pakistanais, ont réalisé d'importants progrès hier. Elles continueront à travailler au niveau technique avec les équipes présentes ici au Burgenstock", a indiqué JD Vance.

"Ces négociations techniques se poursuivront ensuite au cours des semaines et des jours à venir. Nous voulions mettre en place une structure pour garantir une supervision politique adéquate", a-t-il ajouté.


Iran et Etats-Unis s'accordent sur une feuille de route pour un accord définitif sous 60 jours

Les délégations se sont "mises d'accord sur une feuille de route visant à parvenir à un accord définitif dans un délai de 60 jours, jetant ainsi les bases d'un démarrage immédiat de nouvelles discussions techniques" qui se poursuivront cette semaine en Suisse, ont écrit les gouvernements pakistanais et qatari dans un communiqué conjoint. (AFP)
Les délégations se sont "mises d'accord sur une feuille de route visant à parvenir à un accord définitif dans un délai de 60 jours, jetant ainsi les bases d'un démarrage immédiat de nouvelles discussions techniques" qui se poursuivront cette semaine en Suisse, ont écrit les gouvernements pakistanais et qatari dans un communiqué conjoint. (AFP)
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  • Les Etats-Unis et l'Iran se sont entendus sur une "feuille de route" pour conclure dans les 60 jours un accord définitif pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient
  • "La médiation pakistanaise et qatarie a permis des progrès majeurs afin de mettre un terme à la guerre au Liban"

BURGENSTOCK: Les Etats-Unis et l'Iran se sont entendus sur une "feuille de route" pour conclure dans les 60 jours un accord définitif pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, lors de leur première séance de négociations en Suisse, ont annoncé lundi les médiateurs pakistanais et qatari.

Les délégations se sont "mises d'accord sur une feuille de route visant à parvenir à un accord définitif dans un délai de 60 jours, jetant ainsi les bases d'un démarrage immédiat de nouvelles discussions techniques" qui se poursuivront cette semaine en Suisse, ont écrit les gouvernements pakistanais et qatari dans un communiqué conjoint.