Au sud de Khartoum, la pénurie d'essence bloque l'exode des déplacés

Volker Perthes (au centre), représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies et chef de la Mission intégrée d'assistance à la transition des Nations Unies au Soudan, supervise l'évacuation du personnel recruté au niveau international à Port-Soudan, le 26 avril 2023, dans le cadre d'un cessez-le-feu conclu sous l'égide des États-Unis entre les généraux belligérants du pays. (AFP).
Volker Perthes (au centre), représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies et chef de la Mission intégrée d'assistance à la transition des Nations Unies au Soudan, supervise l'évacuation du personnel recruté au niveau international à Port-Soudan, le 26 avril 2023, dans le cadre d'un cessez-le-feu conclu sous l'égide des États-Unis entre les généraux belligérants du pays. (AFP).
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Publié le Mercredi 26 avril 2023

Au sud de Khartoum, la pénurie d'essence bloque l'exode des déplacés

  • L'essence manque au Soudan, l'un des plus pauvres au monde, où plus aucun approvisionnement n'arrive
  • Aux stations d'essence, des centaines de voitures sont à l'arrêt, leurs passagers condamnés à faire la queue des heures ou des jours durant et à regarder les prix flamber sous leurs yeux

WAD MADANI: Shaul Myke avait quitté le Soudan du Sud pour vivre en paix à Khartoum. Mais depuis que les combats y font rage, elle a fui avec ses six enfants. Au bord d'une route depuis quatre jours, elle attend un moyen de transport, en vain faute d'essence.

Une fois descendue à Wad Madani, la première ville sur la route menant vers le sud du Soudan, à 200 kilomètres de Khartoum, elle n'a jamais pu remonter dans un bus.

A même le sol sous le soleil, ses enfants et ses bagages éparpillés autour d'elle, elle regarde passer de rares voitures.

"Je veux seulement trouver un moyen de transport, il faut que j'aille à Kosti", la dernière ville avant la frontière vers le Soudan du Sud, raconte Shaul.

Comme elle, nombre des 800 000 réfugiés du Soudan du Sud installés au Soudan ont décidé de faire le chemin en sens inverse, effrayés par les combats qui ont déjà fait des centaines de morts en dix jours.

«Jours de terreur»

Mais l'essence manque dans le pays, l'un des plus pauvres au monde, où plus aucun approvisionnement n'arrive.

Aux stations d'essence, des centaines de voitures sont à l'arrêt, leurs passagers condamnés à faire la queue des heures ou des jours durant et à regarder les prix flamber sous leurs yeux.

Baraa Abdellatif, un conducteur de bus, raconte avoir acheté "le gallon d'essence à 25 000 livres soudanaises au marché noir". Avant le début, le 15 avril, de la guerre entre les deux généraux au pouvoir à Khartoum, il en coûtait 3 000.

Abderrahmane Hussein attend depuis 48 heures, assis en plein soleil à côté de sa voiture, pour faire le plein: "Je veux rejoindre ma famille à Sannar", à une centaine de kilomètres plus au sud, dit-il à l'AFP.

Avec le prix de l'essence à un niveau inégalé, celui des tickets de bus a suivi.

Fawzia Abderrahim a réussi à trouver un toit à Wad Madani où elle est arrivée avec quatre membres de sa famille, poussée par le désespoir, alors qu'elle n'y connaît personne.

"On n'a aucun proche ici mais heureusement des habitants du quartier nous ont ouvert l'école", raconte à l'AFP cette habitante de Khartoum. "On est actuellement dix familles ici".

Pour Lamine Mohammed, un autre déplacé, "même si on dort par terre, c'est bien mieux que les jours de terreur qu'on a vécus".

«Blessé devant chez moi»

Ces jours de terreur, comme les cinq millions d'habitants de Khartoum, il les a vécus sous les raids aériens et les tirs d'artillerie, effrayé à l'idée qu'une balle perdue perce un mur ou une fenêtre, avec l'eau, l'électricité, internet et le téléphone coupés presque en continu.

A Wad Madani, il a soudain redécouvert la vie normale: des magasins ouverts, des vendeuses de thé à chaque coin de rue. Personne ne porte d'armes et même les agents de la circulation ont disparu.

Ici, les hôpitaux fonctionnent. Pas comme à Khartoum et dans les autres zones de combat où les trois quarts d'entre eux sont hors service, selon le syndicat des médecins.

Maher Ahmed, urgentiste au principal hôpital de la ville, raconte avoir reçu des blessés par balles ou des patients en attente de dialyse qui arrivent de Khartoum où ne sont plus traitées que les opérations d'urgence.

Al-Rih Mohammed attend qu'un chirurgien vienne "l'opérer pour retirer une balle dans (son) pied". Dans le chaos des combats, raconte-t-il, "j'ai été blessé devant chez moi dans l'est de Khartoum".

Avec les balles qui sifflent aux portes des maisons, empêchant de récupérer les corps abandonnés dans les rues de Khartoum ou de recenser ceux qui ont été enterrés à la va-vite, les médecins préviennent que le bilan des morts et des blessés civils est encore loin d'être établi.


Trump et Netanyahu sur le Liban, un « petit différend »

Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
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  • "Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré
  • "Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend"

EVIAN: Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille.

"Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré.

"Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend".

Le président américain a indiqué que le protocole d'accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient serait signé "bientôt", "peut-être" jeudi ou vendredi.

La signature a été annoncée pour vendredi à Genève.

Interrogé sur son intention de rester en Europe pour la signature, il a répondu qu'il "pourrait" rester, tout en ajoutant: "Ce n'est pas le genre de document que je devrais signer".

Sur "la partie libanaise, c'est une chose sur laquelle il va falloir qu'on travaille un peu", a reconnu Donald Trump, alors que les Iraniens exigent qu'Israël cesse ses frappes contre le groupe armé pro-iranien Hezbollah au Liban.

"C'est en fait une toute petite pièce du puzzle, mais elle fait quand même beaucoup de bruit", a également commenté Donald Trump, estimant que "le vrai sujet, c'est l'accord avec l'Iran".

Car "c'est là qu'est l'argent, là que se trouvait le pouvoir", a-t-il ajouté.

Il a en outre répété que les Etats-Unis "prendront" l'uranium hautement enrichi de l'Iran même s'il est "sans valeur".

Le président américain a par ailleurs promis une discussion "parallèle" avec les pays du Golfe portant sur les missiles balistiques.

Ces pays ont été la cible des frappes de Téhéran durant la guerre américano-israélienne contre la République islamique iranienne.

Donald Trump était depuis lundi à Evian, station thermale des Alpes, pour le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de sept des plus grandes puissances industrialisées (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni).

Il prolonge son séjour en France avec un dîner au château de Versailles avec Emmanuel Macron.


Liban: plusieurs frappes israéliennes dans le sud malgré l'accord Washington-Téhéran

Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
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  • Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient
  • Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani

BEYROUTH: Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle).

Ces frappes ont notamment touché la région de Nabatiyé et de Kfartebnit, selon la même source.

L'Iran a répété plusieurs fois depuis l'annonce d'un accord avec les Etats-Unis lundi qu'il devait inclure une cessation des hostilités au Liban, où Israël dit viser le Hezbollah allié de Téhéran.

Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient.

Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani.

Et si certains habitants du sud ont commencé à rentrer chez eux, l'armée libanaise a conseillé d'attendre à cause des "risques de violations" de l'accord de la part d'Israël.

Mardi, l'armée israélienne avait mené plusieurs frappes, tuant quatre personnes, et affirmé que ses soldats dans le sud du Liban avaient été ciblés par des roquettes.

Le Hezbollah ne s'est pas exprimé publiquement depuis. Son chef, Naïm Qassem, qui a exprimé sa "profondre gratitude" à l'Iran pour avoir poussé pour inclure le Liban dans l'accord, doit s'exprimer à la télévision mercredi.

Le protocole visant à mettre fin à la guerre qui a fait des milliers de morts au Moyen-Orient, principalement en Iran et au Liban, doit être formellement signé en Suisse vendredi.


Mettre fin à la guerre au Liban est la «question la plus importante» de l'accord avec Washington, selon l'Iran

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
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  • Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien
  • "Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban"

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington.

"Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban", a déclaré le ministre lors d'une réunion avec des diplomates étrangers diffusée à la télévision d'Etat.