L'Espagne s'attaque à la crise du logement en pleine campagne électorale

Pour l'organisation patronale du secteur touristique Exceltur, le plafonnement des loyers pourrait néanmoins se retourner contre les locataires, en poussant les propriétaires à louer leurs biens à des touristes, sur Airbnb par exemple, pour échapper aux restrictions. (AFP)
Pour l'organisation patronale du secteur touristique Exceltur, le plafonnement des loyers pourrait néanmoins se retourner contre les locataires, en poussant les propriétaires à louer leurs biens à des touristes, sur Airbnb par exemple, pour échapper aux restrictions. (AFP)
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Publié le Jeudi 27 avril 2023

L'Espagne s'attaque à la crise du logement en pleine campagne électorale

  • La hausse des loyers est au centre des préoccupations dans le pays encore traumatisé par la crise immobilière provoquée par la crise financière de 2008
  • Selon M. Sánchez, les loyers ont augmenté en moyenne de 45% entre 2014 et 2021

MADRID: Les députés espagnols ont adopté jeudi une loi destinée à freiner la hausse des loyers et tenter de résoudre la crise endémique du logement, que le gouvernement de gauche veut imposer comme un thème central dans la campagne des élections à venir.

Le texte, présenté par le gouvernement de gauche comme la "toute première loi sur le logement" en Espagne depuis la fin de la dictature franquiste en 1975, a reçu le feu vert de 176 députés, tandis que 167 se sont prononcés contre et qu'un seul s'est abstenu.

Ce projet de loi doit désormais être voté par le Sénat. L'exécutif espère une adoption rapide afin que le texte puisse entrer en vigueur avant les régionales et les municipales du 28 mai, considérées comme une sorte de premier tour des législatives prévues en fin d'année.

Avec ce texte, "nous jetons les bases d'une nouvelle politique du logement, qui apporte une réponse à un problème important pour les citoyens" et en particulier "les jeunes", a salué le Premier ministre socialiste Pedro Sánchez.

"Les banques et les +fonds vautours+ régnaient en maître absolu (sur le logement) depuis la bulle immobilière", mais "tout ça est terminé", a estimé de son côté le parti de gauche radicale Podemos, partenaire des socialistes au sein du gouvernement.

Loyers encadrés en zones tendues 

La loi, qui fait partie du paquet de réformes promises à Bruxelles en échange des fonds du méga-plan de relance post-Covid, doit aider les personnes ayant des difficultés à se loger, en limitant la spéculation immobilière et en développant l'offre dans les zones "tendues".

La hausse des loyers est au centre des préoccupations dans le pays encore traumatisé par la crise immobilière provoquée par la crise financière de 2008, qui a mis à la rue des milliers de familles incapables de rembourser leurs prêts immobiliers.

Selon M. Sánchez, les loyers ont augmenté en moyenne de 45% entre 2014 et 2021.

Censé répondre à ces inquiétudes, le texte prévoit de plafonner la hausse des loyers, indexée habituellement sur l'inflation, à 3% en 2024 - un nouvel indice de révision des loyers devant être créé pour 2025.

ll accorde également aux autorités régionales le pouvoir de classer en "zones tendues" les quartiers où les prix particulièrement élevés obligent les locataires à déménager, afin d'y encadrer les loyers et d'y développer l'offre de logements.

Il pénalise enfin les propriétaires laissant plusieurs logements vides, prolonge le gel des expulsions pour les locataires vulnérables et impose d'informer les personnes menacées d'expulsion de la date et de l'heure exactes où elles doivent quitter les lieux.

Pour l'organisation patronale du secteur touristique Exceltur, le plafonnement des loyers pourrait néanmoins se retourner contre les locataires, en poussant les propriétaires à louer leurs biens à des touristes, sur Airbnb par exemple, pour échapper aux restrictions. "Cela pourrait finir par aggraver le problème", a-t-elle mis en garde.

«Pas suffisant»

"La seule façon de sortir de la crise (...) est d'investir massivement dans le logement social", a estimé de son côté le sociologue Jesus Leal, en assurant au journal El Pais que le texte aurait dû se concentrer davantage sur les logements "avec des loyers indépendants du marché".

Disant vouloir faire du logement abordable une priorité, M. Sánchez a reconnu que la loi n'était "pas suffisante" pour résoudre la crise.

"C'est pourquoi nous devons augmenter l'offre de logements publics pour passer de la proportion honteuse de 3% du parc total de logements" au chiffre de "20%", comme dans les "pays les plus avancés" dans l'UE, a-t-il déclaré.

M. Sánchez a fait ces derniers jours plusieurs annonces prévoyant la construction ou la mise sur le marché d'un total de 113.000 logements sociaux dont une partie appartient à la Sareb, entité créée pour éponger les actifs saisis lors de la crise financière.

Ces annonces ont été critiquées par le Parti populaire (PP), principale formation de l'opposition de droite, qui estime qu'elles ne permettront pas de résoudre les problèmes de logement à long terme.

Elle accuse également le texte d'offrir une "fantastique opportunité pour les squatters" en rendant la procédure d'expulsion "plus difficile et plus lente".


Flambée des prix de l'énergie: en France, "baisse des taxes pas envisagée" à ce stade

La cité industrielle de Ras Laffan, principal site de production de gaz naturel liquéfié et de transformation gaz-liquide du Qatar, administré par QatarEnergy, située à environ 80 kilomètres au nord de Doha, le 6 février 2017. (AFP)
La cité industrielle de Ras Laffan, principal site de production de gaz naturel liquéfié et de transformation gaz-liquide du Qatar, administré par QatarEnergy, située à environ 80 kilomètres au nord de Doha, le 6 février 2017. (AFP)
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  • Le gouvernement français, via sa porte-parole Maud Bregeon, n’envisage pas de baisser les taxes sur les carburants malgré la hausse des prix liée aux tensions au Moyen-Orient
  • Le président Emmanuel Macron appelle à un moratoire sur les frappes contre les infrastructures énergétiques et insiste sur la nécessité de maîtriser le déficit public

PARIS: Le gouvernement français n'envisage pas à ce stade de baisser les taxes sur les prix des carburants, a indiqué jeudi sa porte-parole, alors que les prix du gaz et du pétrole ont grimpé de nouveau après des attaques par l'Iran d'installations énergétiques au Qatar.

"Le scénario d'une baisse des taxes n'est pas envisagé à l'heure où on se parle. En revanche, on entend les difficultés par exemple sur la trésorerie" de différents secteurs comme les transporteurs ou les pêcheurs, a affirmé sur BFMTV la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon qui est également chargée du portefeuille de l'Energie.

Elle a expliqué que le gouvernement n'avait "plus les moyens du quoi qu'il en coûte" comme pendant l'épidémie de Covid et devait tenir le déficit public à 5% du Produit intérieur brut (PIB), en rappelant avoir fait "le choix" dans le budget 2026 de "ne pas augmenter l'impôt des Français".

Maud Bregeon a souligné aussi que la situation n'avait "rien à voir" avec 2022, quand les prix de l'énergie avaient augmenté après l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

Evoquant une réunion prévue sur l'énergie, jeudi en fin de matinée autour du Premier ministre Sébastien Lecornu, la porte-parole a indiqué que ce rendez-vous visait à faire "le point sur la situation pour envisager les différentes possibilités en fonction de la durée du conflit, en fonction de la difficulté que rencontrent les secteurs économiques".

"Toutes les options sont sur la table", a-t-elle dit.

"J'entends ceux qui voudraient qu'on débourse d'ores et déjà des milliards pour aider des gens dont j'entends les difficultés (...) mais il faut aussi porter ce discours de vérité" sur la "nécessité" de réduire le déficit, a-t-elle insisté.

La représentante du gouvernement a aussi rappelé les initiatives d'Emmanuel Macron en faveur du déblocage du détroit d'Ormuz.

Le président a en outre appelé jeudi à un moratoire sur les frappes contre les infrastructures civiles au Moyen-Orient, notamment énergétiques, et a dit avoir échangé avec le président américain Donald Trump et l'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad al-Thani.


Les marchés boursiers les yeux tournés vers les banques centrales plus que vers le Moyen-Orient

Les Bourses européennes ont de nouveau clôturé en hausse mardi, les yeux davantage tournés vers les prochaines décisions des banques centrales que vers la guerre contre l'Iran et la hausse du pétrole. (AFP)
Les Bourses européennes ont de nouveau clôturé en hausse mardi, les yeux davantage tournés vers les prochaines décisions des banques centrales que vers la guerre contre l'Iran et la hausse du pétrole. (AFP)
  • Paris a progressé de 0,49%, Francfort a pris 0,71% et Londres a gagné 0,83%, dans l'attente d'un probable statu quo sur les taux directeurs après la réunion de la Banque centrale européenne (BCE) jeudi et de la Banque d'Angleterre
  • Aux alentours de 17H00 GMT, New York suivait timidement la tendance haussière (+0,42% pour le Nasdaq, +0,37% pour le S&P 500 et +0,32% pour le Dow Jones)

PARIS: Les Bourses européennes ont de nouveau clôturé en hausse mardi, les yeux davantage tournés vers les prochaines décisions des banques centrales que vers la guerre contre l'Iran et la hausse du pétrole.

Dans ce contexte, Paris a progressé de 0,49%, Francfort a pris 0,71% et Londres a gagné 0,83%, dans l'attente d'un probable statu quo sur les taux directeurs après la réunion de la Banque centrale européenne (BCE) jeudi et de la Banque d'Angleterre.

Symbole de ce rebond, l'action du constructeur automobile Stellantis a progressé de 2,89% à Paris.

A Francfort, les investisseurs ont privilégié les valeurs défensives, moins exposées à la conjoncture, comme l’énergéticien E.ON (+3,20%, 20,30 euros), les réassureurs Hannover Re (+4,03%, 273,80 euros) et Munich Re (+2,48%, 553,40 euros).

Aux alentours de 17H00 GMT, New York suivait timidement la tendance haussière (+0,42% pour le Nasdaq, +0,37% pour le S&P 500 et +0,32% pour le Dow Jones).

"Comme hier (lundi), nous sommes dans une vague de reprise, peut-être technique", résume Frédéric Rozier, gestionnaire de portefeuille pour la banque privée Mirabaud.

Cette légère amélioration "ne constitue pas vraiment une lueur d’espoir", tempère Andreas Lipkow à Francfort.

Ralentissement de la hausse du pétrole 

Aucune amélioration géopolitique au Moyen-Orient n'explique la résilience des marchés boursiers.

Le président français Emmanuel Macron a indiqué que la France n'était pas prête à s'engager dans des "opérations" de sécurisation du détroit d'Ormuz "dans le contexte actuel".

La compagnie aérienne British Airways a annoncé mardi suspendre jusqu'au 31 mai inclus ses vols vers Amman, Bahreïn, Dubaï et Tel-Aviv "en raison de l'incertitude persistante de la situation au Moyen-Orient".

Surtout, les prix du pétrole continuent à augmenter, moins fortement que la veille: vers 17H00 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord s'échangeait à 102,17 dollars (+1,96%) et son équivalent américain du WTI progressait de 1,82% à 95,20 dollars.

Passée la "stupéfaction" des premiers jours, "il y a une forme de normalisation (...) au bout de deux ou trois semaines de conflit (...) le marché se remet en mode économie de guerre", décrypte Frédéric Rozier.

Détente sur les taux d'emprunt des États 

De fait, les marchés boursiers semblent anticiper les décisions des banques centrales de ne pas relever leurs taux directeurs malgré des risques d'inflation liée à la hausse du pétrole.

"Le marché a envie de croire que les banques centrales vont considérer cette inflation comme temporaire et donc ne vont pas sur-réagir par une hausse des taux", commente Frédéric Rozier.

"Nous anticipons que la Fed laissera ses taux directeurs inchangés lors de sa réunion de cette semaine", estime aussi Bénédicte Kukla, stratégiste en chef chez Indosuez Wealth Management

"Il est probable que l'inflation dépasse temporairement les 3% d'ici la fin 2026 (...) Malgré ces tensions, nous n'anticipons pas de modification des taux directeurs de la BCE cette semaine — trop tôt", ajoute Mme Kukla.

Dans ce contexte, les taux d'intérêt sur les emprunts émis par les États pour financer leurs dettes reculaient, après avoir bondi aux premiers jours du conflit.

Aux alentours de 17H00 GMT, le rendement de l'emprunt allemand à échéance 10 ans (Bund), qui fait référence en Europe, se maintenait à 2,90% contre 2,95% la veille. Il évoluait autour de 2,64% avant la guerre.

Son équivalent français affichait un rendement à 3,55% contre 3,61% lundi en clôture (et contre 3,22% avant le début du conflit).

Le rendement des bons du Trésor américain à 10 ans, l'échéance la plus scrutée, se maintenait à 4,19%.

La Banque centrale australienne (RBA) a de son côté relevé mardi son taux directeur de 0,25 point de pourcentage, invoquant la "forte hausse des prix des carburants".

 


Commerce: la Chine envoie samedi son vice-Premier ministre en France pour des discussions avec Washington

Un cargo transportant du minerai de fer importé est dirigé vers un poste d’amarrage dans un port de Qingdao, dans la province du Shandong, dans l’est de la Chine, le 11 mars 2026. (AFP)
Un cargo transportant du minerai de fer importé est dirigé vers un poste d’amarrage dans un port de Qingdao, dans la province du Shandong, dans l’est de la Chine, le 11 mars 2026. (AFP)
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  • Le vice-Premier ministre chinois He Lifeng se rendra en France du 14 au 17 mars pour des consultations commerciales avec les États-Unis, avec des discussions prévues à Paris avec le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent
  • Ces négociations interviennent sur fond de tensions commerciales persistantes entre Washington et Pékin, avant une possible visite du président américain Donald Trump en Chine fin mars

PEKIN: La Chine a confirmé vendredi que son vice-Premier ministre He Lifeng, chargé des questions économiques, effectuera à partir de samedi une visite en France, pour mener des discussions avec les Etats-Unis sur le commerce.

Ces négociations de haut niveau se dérouleront quelques semaines avant une possible visite à Pékin du président américain Donald Trump, lors de laquelle il rencontrerait son homologue Xi Jinping.

Le Trésor américain avait déjà indiqué jeudi que ces discussions commerciales bilatérales auraient lieu dimanche et lundi à Paris, entre He Lifeng et le ministre américain des Finances, Scott Bessent.

Le dirigeant chinois "conduira une délégation en France du 14 au 17 mars pour des consultations commerciales avec la partie américaine" sur des questions "d'intérêt mutuel", a indiqué vendredi le ministère chinois du Commerce.

Scott Bessent sera accompagné à Paris par le représentant de la Maison Blanche pour le Commerce (USTR), Jamieson Greer.

Le président américain prévoit de se rendre à Pékin du 31 mars au 2 avril, a indiqué la Maison Blanche. Les autorités chinoises n'ont pas confirmé cette visite ni ce calendrier, ce qui est habituel de leur part.

Les Etats-Unis et la Chine se sont livré l'an passé une âpre bataille aux retombées mondiales, à coups de droits de douane et de restrictions diverses. Une trêve précaire a ensuite été conclue, sous l'égide, déjà, de Scott Bessent et He Lifeng.

Des points de friction subsistent toutefois.

La Maison Blanche a annoncé mercredi lancer une série d'enquêtes destinées à documenter des préjudices économiques subis par les Etats-Unis. Elles visent une quinzaine de pays ou bloc (l'Union européenne), dont la Chine. Elles sont une première étape vers de potentiels nouveaux droits de douanes.

Cette initiative est un "exemple typique d'unilatéralisme" qui "porte gravement atteinte à l'ordre économique et commercial international", a dénoncé vendredi le ministère chinois du Commerce dans un communiqué séparé.

"La Chine exhorte les Etats-Unis à revenir sur leurs pratiques contestables et à privilégier le dialogue et la consultation pour résoudre les différends", a-t-il souligné.