Capesterre de Marie-Galante, dans l'archipel français de Guadeloupe, résigné face au fléau des sargasses

Sur cette photographie prise le 18 avril 2023, on peut voir une ceinture de sargasses de l'Atlantique échouée à Capesterre de Marie Galante. En séchant, elles produisent des gaz toxiques tels que le sulfure d'hydrogène (H2S) ou l'ammoniac, ce qui oblige les destinations touristiques à fermer en raison de la mauvaise qualité de l'air. (Photo d'Olivier MORIN / AFP)
Sur cette photographie prise le 18 avril 2023, on peut voir une ceinture de sargasses de l'Atlantique échouée à Capesterre de Marie Galante. En séchant, elles produisent des gaz toxiques tels que le sulfure d'hydrogène (H2S) ou l'ammoniac, ce qui oblige les destinations touristiques à fermer en raison de la mauvaise qualité de l'air. (Photo d'Olivier MORIN / AFP)
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Publié le Vendredi 28 avril 2023

Capesterre de Marie-Galante, dans l'archipel français de Guadeloupe, résigné face au fléau des sargasses

  • Depuis le 16 avril, «la concentration en sulfure d'hydrogène dépasse le seuil de 1 ppm en moyenne sur 24 h» sur la commune, a indiqué le 18 avril Gwad'air
  • l'agence chargée de mesurer la qualité de l'air, qui a recommandé aux «personnes vulnérables» de s'éloigner

CAPESTERRE-BELLE-EAU, France : Entre les maisons aux volets clos et quelques échoppes au rideau baissé de Capesterre de Marie-Galante, en Guadeloupe, une odeur nauséabonde stagne: du sulfure d'hydrogène (H2S), dégagé par les nappes de sargasses qui pourrissent sur le littoral de la commune de l'archipel français des Caraïbes.

Depuis le 16 avril, «la concentration en sulfure d'hydrogène dépasse le seuil de 1 ppm en moyenne sur 24 h» sur la commune, a indiqué le 18 avril Gwad'air, l'agence chargée de mesurer la qualité de l'air, qui a recommandé aux «personnes vulnérables» de s'éloigner. Une situation fréquente à Capesterre, qui perd ses touristes lors de ces épisodes.

«On vit du tourisme et on ferme plusieurs mois par an», constate José Viator, patron d'un bar installé depuis 50 ans à Capesterre, sur l'une des plus belles plages de l'île, désertée en ce mois d'avril.

Le bar est fermé depuis plusieurs jours, car une épaisse couche de sargasses, ces algues brunes qui s'échouent sur les littoraux de la Caraïbe, s'étale sur toute la plage, péniblement retirée par des tractopelles dirigés par des ouvriers ne portant pas de masque.

«C'est un vrai calvaire, malgré les aides ponctuelles des collectivités, insuffisante pour compenser la perte de chiffre d'affaires et de matériel (due à l'oxydation des métaux par les gaz émanant des algues, NDLR). Ce n'est pas vu comme une catastrophe naturelle, alors les assurances ne remboursent rien», dit-il en haussant les épaules.

«On est habitué, ça fait douze ans maintenant», témoigne Jean-Fernand Diabangouaya, 54 ans, employé d'une supérette, rare commerce encore ouvert. «Les solutions tardent à venir, et les gens sont résignés», explique-t-il.

Car depuis 2011 la petite commune reçoit près de 40% des arrivages de sargasses dans l'archipel. En séchant, elles libèrent des gaz toxiques comme du H2S ou de l'ammoniaque. «Près de 30 au total», soupire Sylvie Gustave-dit-Duflo, présidente du conseil d'administration de l'Office français de la biodiversité.

«On connaît les sargasses depuis toujours, mais depuis 2011, on sait qu'on a passé un cap», indique encore cette vice-présidente de la région Guadeloupe, chargée des questions environnementales.

Malgré les études sur le sujet, la science reste cependant évasive sur l'origine de leur prolifération. «C'est probablement multifactoriel: les nitrates, les potassiums qui parviennent dans l'océan, dont la température augmente», précise l'élue guadeloupéenne, énumérant trois nouveaux foyers aux embouchures des deltas du Mississippi, de l'Amazone et du fleuve Congo.

Et si au large les radeaux de sargasses sont une «réserve de biodiversité», ils étouffent toute vie en s'amoncelant sur les rivages.

- Effets sur la santé -

Les effets des sargasses en putréfaction sur la santé commencent à être connus, notamment un risque accru de pré-éclampsie pour les femmes enceintes les plus exposées, selon une étude du Centre hospitalier de Martinique.

«Les habitants qui restent sont presque des militants», souligne le maire de Capesterre, Jean-Claude Maes.

Les sargasses ramassées sont épandues sur un terrain et entassées sur presque 2 mètres d'épaisseur (au lieu de 20 cm recommandés). S'en écoule un jus noir, chargé de métaux lourds et contaminants pour le sous-sol, selon une étude du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM).

«Nous gérons un fléau dont nous ne sommes pas responsables», souligne Sylvie Gustave-dit-Duflot, rappelant les millions d'euros que coûte le ramassage. Elle espère voir une coopération internationale s'établir autour de solutions politiques voire diplomatiques.

Les autorités de l'archipel guadeloupéen ont récemment installé un syndicat unique pour mutualiser les moyens de ramassage à terre, de déviation et de collecte en mer pour faire face aux 8,7 millions de tonnes comptabilisées cette année dans l'Atlantique par l'université de Floride.

A Capesterre, l'annonce avait été faite d'un barrage déviant les flux de sargasses au large des plages pour mars, mais «ça serait plutôt juin», précise le maire.

«On a fait du mal à la nature, la nature nous fait du mal, c'est la vie», sourit, impuissante, la gérante de la supérette, avant d'aller fermer la boutique côté mer, pour tenter de barrer l'entrée de son magasin à l'odeur atroce.


France: 12 ans de réclusion pour une docteure partie en Syrie avec ses trois enfants

Les forces de sécurité montent la garde près d'une entrée de la Cour d'assises de Paris, le13 mai 2025. (AFP)
Les forces de sécurité montent la garde près d'une entrée de la Cour d'assises de Paris, le13 mai 2025. (AFP)
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  • La cour d'assises spéciale de Paris a estimé dans son verdict que Camille F., qui comparaissait détenue, et son mari Sylvain M., décédé au printemps 2015, avaient "choisi sciemment d'amener leurs enfants dans une zone de guerre"
  • La peine n'a pas été assortie d'une période de sûreté, la cour relevant qu'il n'y avait "pas d'éléments de dangerosité" chez Camille F., incarcérée depuis trois ans

PARIS: Une docteure en épidémiologie de 45 ans a été condamnée mercredi à Paris à 12 ans de réclusion criminelle pour avoir rejoint avec ses trois enfants fin 2013 la Syrie où son mari combattait pour le groupe Etat islamique (EI).

La cour d'assises spéciale de Paris a estimé dans son verdict que Camille F., qui comparaissait détenue, et son mari Sylvain M., décédé au printemps 2015, avaient "choisi sciemment d'amener leurs enfants dans une zone de guerre".

La peine n'a pas été assortie d'une période de sûreté, la cour relevant qu'il n'y avait "pas d'éléments de dangerosité" chez Camille F., incarcérée depuis trois ans. La cour a par ailleurs assorti la peine de prison d'un suivi socio-judiciaire pendant cinq ans.

Son mari Sylvain M. était poursuivi des mêmes crime et délit connexe. Présumé mort et jugé par défaut, il a été condamné à la peine maximale de 20 ans de réclusion, conformément aux réquisitions du ministère public.

Pour Camille F., l'avocate générale avait requis 15 ans de réclusion criminelle, assortis d'une période de sûreté des deux tiers et d'un suivi socio-judiciaire.

"C'est une peine lourde, j'en conviens", a souligné le président en s'adressant à l'accusée, ajoutant que la cour ne "doutait pas" de sa réinsertion.

Camille F., 45 ans, avait quitté la France avec son mari et leurs trois enfants en 2011 pour s'installer dans un pays musulman, la Jordanie, alors qu'elle occupait un poste d'ingénieur à l'institut de radioprotection et sureté nucléaire.

Ils étaient mariés depuis 2005. Lui s'était converti à l'islam pour rapidement se radicaliser. Camille F. avait eu un cheminement personnel plus long dans sa conversion puis sa pratique de la religion musulmane.

Installés ensuite en Egypte, Sylvain M. était parti combattre en Syrie à l'été 2013 et Camille F, alors enceinte de leur quatrième enfant, l'avait rejoint avec les trois enfants, âgés de 10, 7 et 2 ans.

Après le décès de Sylvain M. au combat, Camille F. s'était remariée avec un haut fonctionnaire syrien, avec qui elle a eu son cinquième enfant. La docteure est restée en Syrie, sous les bombardements.

Elle a été rapatriée en France en octobre 2022, son second mari étant décédé en février 2019.


Erdogan met en garde contre toute menace visant Chypre-Nord après un accord entre la France et Chypre

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde mercredi contre toute menace visant la République turque de Chypre-Nord (RTCN) après la signature lundi d'un accord entre la France et Chypre encadrant la présence de troupes françaises sur le territoire chypriote. (AFP)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde mercredi contre toute menace visant la République turque de Chypre-Nord (RTCN) après la signature lundi d'un accord entre la France et Chypre encadrant la présence de troupes françaises sur le territoire chypriote. (AFP)
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  • "Je veux qu'il soit bien clair que notre réponse sera très nette, et très ferme si l'on porte atteinte aux droits (...) de la Turquie et des Chypriotes turcs en Méditerranée orientale"
  • Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde mercredi contre toute menace visant la République turque de Chypre-Nord (RTCN)

ISTANBUL: Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde mercredi contre toute menace visant la République turque de Chypre-Nord (RTCN) après la signature lundi d'un accord entre la France et Chypre encadrant la présence de troupes françaises sur le territoire chypriote.

"Je veux qu'il soit bien clair que notre réponse sera très nette, et très ferme si l'on porte atteinte aux droits (...) de la Turquie et des Chypriotes turcs en Méditerranée orientale", a déclaré le chef de l'Etat turc devant les député de son parti au parlement turc.

 

 


Avant le G7, Macron organise une visioconférence jeudi incluant la Chine sur la "coopération" économique

Un passant marche devant un bâtiment dont les fenêtres ont été recouvertes de panneaux en bois installés pour protéger la façade avant les manifestations contre le sommet du G7 d’Évian, à Genève, le 4 juin 2026. (AFP)
Un passant marche devant un bâtiment dont les fenêtres ont été recouvertes de panneaux en bois installés pour protéger la façade avant les manifestations contre le sommet du G7 d’Évian, à Genève, le 4 juin 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron organise une visioconférence réunissant le G7, la Chine et plusieurs pays émergents pour promouvoir une coopération économique mondiale et réduire les déséquilibres commerciaux
  • Cette initiative vise à préparer le sommet du G7 à Évian et à apaiser les tensions économiques entre l’Europe, la Chine et les États-Unis

PARIS: Emmanuel Macron va organiser jeudi, quatre jours avant le sommet du G7, une visioconférence entre les membres de ce forum de puissances industrialisées, la Chine et plusieurs autres pays émergents, afin de renforcer la "coopération" entre les grandes économies mondiales, a annoncé mardi l'Elysée.

Cette conférence, baptisée "sommet de convergence mondiale pour la croissance", "signale une disponibilité nouvelle de la Chine, des Etats-Unis et de l'Europe de s'engager dans une démarche économique coordonnée", a déclaré la présidence française dans un communiqué.

Elle réunira des représentants du G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni) mais aussi de la Chine et du Fonds monétaire international (FMI). Les pays déjà invités au sommet du G7, programmé du 15 au 17 juin à Evian, dans le centre-est de la France, participeront également à la visioconférence de jeudi (Brésil, Corée du Sud, Inde, Kenya et Egypte).

"Ce sommet vise à initier une coopération entre les économies systémiques et émergentes pour apaiser les tensions et créer les conditions d’une croissance équilibrée, durable et partagée", a expliqué l'Elysée, rappelant que "la résorption des déséquilibres macroéconomiques mondiaux est une priorité" du président français, Emmanuel Macron, pour le G7.

La France veut notamment "restaurer une industrie forte en Europe" et "équilibrer le commerce avec la Chine ainsi que les Etats-Unis".

- "Double problème" -

La lutte contre les déséquilibres est "dans l'intérêt aussi des pays les plus fragiles", estime la présidence française, qui voit dans ce rendez-vous "une contribution au G20" prévu en décembre aux Etats-Unis.

La Chine est membre du G20 mais pas du G7, à l'inverse des Etats-Unis et des plus grandes économies européennes qui appartiennent aux deux clubs.

Le chef de l'Etat français a proposé dès décembre une approche "coopérative" pour ce chantier, tout en laissant planer la menace de "droits de douane" européens "sur les produits chinois" si Pékin ne joue pas le jeu.

En janvier, il avait estimé que l'Europe avait, sur le commerce, "un double problème, l'agressivité chinoise et les tarifs américains", et "c'est un gros problème d'avoir les deux en même temps".

Mercredi, en autre préambule au sommet d'Evian, Emmanuel Macron va recevoir à l'Elysée "des représentants de la société civile, des partenaires sociaux, du monde économique, des fondations, des think tanks et de la jeunesse".

Leurs échanges "porteront sur les enjeux de développement et de partenariats internationaux, la sécurisation des chaînes de valeur pour les approvisionnements critiques, le numérique et l'intelligence artificielle, ainsi que sur la protection de l'État de droit, des libertés fondamentales, de l'espace civique et la place de la jeunesse dans nos démocraties", selon un autre communiqué.

Emmanuel Macron doit ensuite rencontrer le Premier ministre canadien, Mark Carney, vendredi soir à Paris, puis le chef du gouvernement indien, Narendra Modi, dimanche à Nice pour un événement autour de la tech.

Il accueillera ses homologues du G7 lundi soir à Evian, ville thermale des Alpes françaises sur les rives du lac Léman, pour un sommet de trois jours.