Les hommages affluent après le décès de Giscard d'Estaing: un "homme de progrès" et "réformateur"

Les anciens présidents français Valery Giscard d'Estaing (à gauche) et Jacques Chirac écoutent le président français prononcer un discours sur les réformes constitutionnelles au Conseil constitutionnel à Paris.  (CHARLES PLATIAU / POOL / AFP)
Les anciens présidents français Valery Giscard d'Estaing (à gauche) et Jacques Chirac écoutent le président français prononcer un discours sur les réformes constitutionnelles au Conseil constitutionnel à Paris. (CHARLES PLATIAU / POOL / AFP)
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Publié le Jeudi 03 décembre 2020

Les hommages affluent après le décès de Giscard d'Estaing: un "homme de progrès" et "réformateur"

  • Plus jeune président de la Ve République lors de son élection (48 ans) en 1974, "VGE" avait été hospitalisé à plusieurs reprises ces derniers mois pour des problèmes cardiaques
  • Fervent européen, il avait travaillé avec son "ami" le chancelier Helmut Schmidt à faire tourner le moteur franco-allemand

PARIS: "Homme de progrès et de liberté", "réformateur": les hommages affluaient jeudi au lendemain de la mort de l'ancien président français Valéry Giscard d'Estaing (1974-1981), fervent européen, qui modernisa la vie politique avant de voir son mandat fracassé par la crise économique.

Plus jeune président de la Ve République lors de son élection (48 ans) en 1974, "VGE" avait été hospitalisé à plusieurs reprises ces derniers mois pour des problèmes cardiaques. Il est décédé mercredi à l'âge de 94 ans des suites du Covid-19, dans sa maison familiale d'Authon, dans le centre de la France, a annoncé sa famille.

Pendant son mandat, Giscard, incarnation du centre-droit, avait eu une action modernisatrice, promulguant d'importantes réformes de société comme l'autorisation de l'interruption volontaire de grossesse (IVG) ou l'abaissement du droit de vote à 18 ans. Il fut aussi le premier président non gaulliste de la Ve République, après l'emblématique général de Gaulle et son héritier politique Georges Pompidou.

Fervent européen, il avait travaillé avec son "ami" le chancelier Helmut Schmidt à faire tourner le moteur franco-allemand et, dans les années 2000, présidé la convention pour l'Europe en vue de l'établissement, avorté, d'une Constitution européenne. Son goût pour les affaires internationales l'a poussé à être le père des réunions du G7, le club des pays industrialisés.

"Avec Valéry Giscard d'Estaing, la France a perdu un homme d'État, l'Allemagne un ami et nous avons tous perdu un grand Européen", a regretté la chancelière allemande Angela Merkel.

"Nous pleurons Valéry Giscard d'Estaing. Il a rendu d'énormes services à l'amitié franco-allemande et a eu une influence décisive sur celle-ci, également grâce à son amitié particulière avec Helmut Schmidt", a pour sa part réagi le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas.

Les dirigeants des institutions européennes ont salué "un grand Européen qui continuera de nous inspirer", selon les termes de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. 

Le président du Conseil européen Charles Michel a rappelé qu'avec Helmut Schmidt, l'ancien président a concrétisé le "rêve d'une Europe plus intégrée". "Il a créé le Conseil européen, lequel a posé les fondements de l'union monétaire, donc de l'euro", a-t-il ajouté.

"Nous lui devons beaucoup", a renchéri le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell. "Pendant toute sa vie il a œuvré en faveur du renforcement de la construction européenne."

"Modernité" 

Le président Emmanuel Macron a de son côté salué la mémoire d'un chef d’État dont "le septennat transforma la France": "Les orientations qu’il avait données à la France guident encore nos pas. Serviteur de l'État, homme politique de progrès et de liberté, sa mort est un deuil pour la nation française". 

Le chef de l'Etat s'adressera jeudi soir aux Français pour lui rendre hommage, alors que ses obsèques doivent avoir lieu "dans la plus stricte intimité", selon la famille.

De nombreuses personnalités ont également honoré "un homme de progrès", un "réformateur" et un "Européen convaincu" -- qui fit "progresser de façon significative la construction européenne et le rayonnement international de la France", selon le Premier ministre Jean Castex.

L'Assemblée et le Sénat, qui siégeaient au moment de la nouvelle, ont observé une minute de silence.

Deux anciens présidents lui ont également rendu hommage: Nicolas Sarkozy a salué "un homme qui a fait honneur à la France", tandis que François Hollande a regretté que la perte d'"un homme d'État qui a fait le choix de l'ouverture au monde".

Né à Coblence (Allemagne) en 1926, Valéry Giscard d'Estaing, pur produit de l'élite française, diplômé de Polytechnique et de l'ENA, la haute école d'administration, avait occupé différents postes ministériels à partir de 1962.

A l'Elysée, il multiplie les réformes sociétales et impose un style nouveau, qui entend alléger la pompe présidentielle, au risque de nourrir les procès en démagogie lorsqu'il s'invite à dîner chez les Français ou joue de l'accordéon.

Rosan Cardonville, un éboueur interrogé par AFP Vidéo, évoque, lui, un "président très sympa, proche des gens", qui a "marqué" sa profession : "il a été le seul président à prendre le petit déjeuner avec nous !". 

A l'inverse, un retraité, Bernard Toulouze, se souvient d'un chef de l’État, certes "très brillant" mais aussi "très imbu de lui-même".

La deuxième moitié de son septennat, plombée par la crise économique et sociale née des chocs pétroliers, et marquée par le soupçon des affaires, avait donné du souffle à ses contempteurs. Le 10 mai 1981, il est battu à la présidentielle par le socialiste François Mitterrand.

Il redevient malgré tout l'un des leaders de la droite en dirigeant à nouveau son parti, l'UDF. A partir de la deuxième moitié des années 90, Giscard et le giscardisme disparaissent peu à peu du paysage politique. 


Après un premier cas positif à l'hantavirus, les règles d'isolement durcies en France

La ministre française de la Santé, Stéphanie Rist, arrive à l’Hôtel Matignon pour évaluer la situation concernant l’hantavirus lors d’une réunion avec le Premier ministre français, à Paris, le 11 mai 2026. (AFP)
La ministre française de la Santé, Stéphanie Rist, arrive à l’Hôtel Matignon pour évaluer la situation concernant l’hantavirus lors d’une réunion avec le Premier ministre français, à Paris, le 11 mai 2026. (AFP)
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  • La France a renforcé les mesures d’isolement après qu’une passagère rapatriée d’une croisière a été testée positive à l’hantavirus Ande
  • Tous les cas contacts identifiés seront désormais placés en quarantaine hospitalière renforcée pendant 42 jours, tandis que l’OMS estime que le risque épidémique reste faible

PARIS: Les règles d'isolement ont été durcies en France avec l'annonce d'une "quarantaine renforcée en milieu hospitalier" pour tous les cas contacts, après le test positif à l'hantavirus d'une passagère d'un bateau de croisière, hospitalisée "dans un état stable" à Paris selon le gouvernement.

Sur les cinq passagers français rapatriés dimanche et placés à l'isolement à l'hôpital Bichat, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé" dans la nuit de dimanche à lundi et les "tests sont revenus positifs", a annoncé la ministre de la Santé Stéphanie Rist lundi matin sur France Inter.

Le Premier ministre a précisé lundi soir sur le réseau social X qu'elle se trouvait "toujours en réanimation dans un état stable". Son état de santé est "très critique", a indiqué de son côté le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d'une conférence de presse lundi.

Les quatre autres passagers sont "toujours testés négatifs" et font l'objet "d'un processus d'isolement renforcé en milieu hospitalier", a ajouté Sébastien Lecornu.

Par ailleurs, aucun des huit "cas contacts à haut risque", des Français qui ont partagé le vol d’une personne malade il y a 15 jours, "ne présente de symptômes", selon le chef du gouvernement.

Toutefois, il annonce "pour tous les cas contacts, sans exception", une "quarantaine renforcée en milieu hospitalier", dans son message posté à l'issue d'une réunion interministérielle à Matignon.

- 22 cas contacts -

La ministre de la Santé faisait état lundi matin d'un total de 22 cas contacts identifiés: les huit passagers du vol du 25 avril entre Sainte-Hélène et Johannesbourg et 14 autres à bord du vol Johannesbourg-Amsterdam du même jour. Une croisiériste néerlandaise, infectée et depuis décédée, avait voyagé à bord du premier vol et était aussi brièvement montée à bord de l'avion pour Amsterdam, mais n'avait finalement pas voyagé.

Cette annonce du Premier ministre durcit pour ces cas contacts les règles fixées dans un décret publié dans la nuit de dimanche à lundi au Journal officiel: il leur était jusqu'ici d'abord demandé de se signaler "sans délai" et d'observer une "mesure de quarantaine à domicile dans l'attente d'une évaluation de leur risque d'infection".

Trois personnes ayant voyagé à bord du Hondius sont décédées: dans deux cas, l'OMS a confirmé une infection à l'hantavirus, le troisième étant un cas probable. Outre ces trois décès, six cas confirmés et deux autres probables ont été signalés, selon un comptage de l'AFP à partir de données officielles.

La variante du virus détectée à bord du MV Hondius, l'hantavirus Andes, est une souche rare qui peut se transmettre d'homme à homme avec un délai d'incubation pouvant aller jusqu'à six semaines. Cette maladie peut notamment provoquer un syndrome respiratoire aigu et son taux de létalité peut dépasser les 40% selon les spécialistes.

- "Agir tout au début" -

L'OMS se veut rassurante devant le "faible" niveau de risque épidémique, le virus étant moins contagieux que le Covid-19.

"Ce qui est important, c'est d'agir tout au début", a insisté la ministre de la Santé, "c'est-à-dire de briser les chaînes de transmission du virus".

Deux réunions interministérielles sur l'hantavirus auront d'ailleurs lieu chaque jour à Matignon, a indiqué le Premier ministre qui a aussi reçu lundi soir des spécialistes de l'épidémiologie.

"Nous suivons la situation avec la plus grande vigilance, sur la base d'un virus que l'on connaît, d'où les 42 jours d'isolement qui ont été décidés et un objectif qui reste le même, protéger les Françaises et les Français", a indiqué la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon sur BFMTV, appelant à "ne pas créer de panique".

La ministre de la Santé a une nouvelle fois assuré que la France disposait des stocks nécessaires de masques et de tests.

"J'ai évidemment demandé un état des lieux qui permet de confirmer que nous en avons assez" mais "l'organisation depuis le Covid a permis de faire en sorte que nous avons assez de stocks de masques, de stocks de tests", a-t-elle dit.

Selon l'OMS, tous les occupants du MV Hondius, parti le 1er avril d'Ushuaïa en Argentine, sont considérés comme des "contacts à haut risque" et devront faire l'objet d'une surveillance pendant 42 jours.


Macron affirme que «les Européens ne sont pas les prédateurs» du XXIe siècle en Afrique

Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
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  • Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle"
  • "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles

NAIROBI: Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report.

Dans cette interview, M. Macron rappelle avoir "condamné avec force la colonisation" dès 2017, année de son arrivée au pouvoir.

"Mais je ne lui imputerai pas tout" (à la colonisation), car "on ne doit pas non plus exonérer de toute responsabilité les sept décennies qui ont suivi les indépendances" de la plupart des anciennes colonies européennes en Afrique, ajoute-t-il, appelant les dirigeants africains à "améliorer la gouvernance".

Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle". "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles, dit-il.

Sur les minerais critiques et les terres rares, "la Chine, pour la citer, est dans une logique prédatrice: elle transforme chez elle" et crée "des dépendances avec le reste du monde", estime-t-il. "Ce n’est pas ce que nous proposons", insiste le président français, défendant une "stratégie d'autonomie pour l'Europe comme pour l'Afrique" pour ne "pas dépendre d’un nouvel empire, quel qu'il soit".

Il prône une fois de plus une transformation de "l’architecture financière internationale", notamment afin de "mettre en place un système de garanties financières pour faire venir les investisseurs privés" en Afrique - son cheval de bataille avec le président kényan William Ruto, qui sera mardi au menu du second jour du sommet Africa Forward à Nairobi.

Interrogé sur les militaires qui ont pris le pouvoir dans trois pays sahéliens (Mali, Burkina Faso et Niger) entre 2020 et 2023, précipitant le divorce avec la France et le départ de l'armée française, Emmanuel Macron répond: "J'ai la conviction qu’il faut laisser ces États et leurs dirigeants, même putschistes, tracer leur propre chemin".

Il réitère que la France était présente militairement au Sahel à la demande de ces pays pour combattre la menace jihadiste. "Quand notre présence n’a plus été souhaitée, après les coups d’État, nous sommes partis. Cela n'a pas été une humiliation, mais une réponse logique à une situation donnée", assure-t-il.

"Une ère nouvelle va s’ouvrir. Le Sahel retrouvera un jour une gouvernance normale" avec des dirigeants "démocratiquement élus, qui se soucient véritablement de leur peuple", selon le chef de l’État français.


Départ de Vallaud: Faure appelle le PS à «avancer d'un même pas», «le congrès permanent ce n'est pas possible»

Boris Vallaud, président du groupe parlementaire « Socialistes et Apparentes », assiste à une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 16 décembre 2025. (AFP)
Boris Vallaud, président du groupe parlementaire « Socialistes et Apparentes », assiste à une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 16 décembre 2025. (AFP)
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  • Olivier Faure a appelé lundi les socialistes "à avancer d'un même pas"
  • "Je ne suis pas un fanatique de quelque processus que ce soit. Je veux un processus qui soit commun à tous, qui permette de se mettre d'accord sur la façon d'arriver à un candidat commun"

PARIS: Olivier Faure a appelé lundi les socialistes "à avancer d'un même pas", jugeant que "le congrès permanent, ce n'est pas possible" après le départ fracassant de Boris Vallaud de la direction du PS sur fond d'opposition à une primaire pour désigner le candidat de la gauche hors LFI à la présidentielle.

"Je ne suis pas un fanatique de quelque processus que ce soit. Je veux un processus qui soit commun à tous, qui permette de se mettre d'accord sur la façon d'arriver à un candidat commun", a réagi M. Faure, partisan de la primaire, sur franceinfo.