Financement libyen: «un chant du cygne» des juges, estime l'avocat de Guéant

L'ancien ministre français de l'Intérieur Claude Gueant. (Eric Feferberg / AFP)
L'ancien ministre français de l'Intérieur Claude Gueant. (Eric Feferberg / AFP)
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Publié le Jeudi 03 décembre 2020

Financement libyen: «un chant du cygne» des juges, estime l'avocat de Guéant

  • La nouvelle mise en examen de Claude Guéant pour «association de malfaiteurs» dans l'affaire libyenne est un «chant du cygne» des juges qui «se raccrochent à cette qualification fourre-tout»
  • «Ce Monsieur a manipulé la justice, peut-être les Libyens et un certain nombre d'autres personnes. En dépit de ces contradictions, de ses mensonges, il continue de recevoir un certain crédit de la justice», dénonce l'avocat de l'ancien secrétaire général 

PARIS : La nouvelle mise en examen de Claude Guéant pour «association de malfaiteurs» dans l'affaire libyenne est un «chant du cygne» des juges qui «se raccrochent à cette qualification fourre-tout» faute de démontrer leur thèse d'un pacte de corruption, a déclaré son avocat jeudi à l'AFP. 

L'ancien ministre, déjà poursuivi depuis 2015 dans ce dossier, a été de nouveau mis en examen mercredi à l'issue de son interrogatoire par les juges chargés de l'enquête sur un possible financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.

«Cette mise en examen est une décision annoncée», compte tenu de celle similaire de l'ancien président début octobre, «mais qui ne tient pas compte du revirement de Ziad Takieddine et s'enferme dans un raisonnement basé sur ses déclarations depuis huit ans», estime Me Philippe Bouchez El Ghozi.

M. Takieddine, homme d'affaires franco-libanais qui s'est auto-désigné en 2016 comme le porteur de valises du régime de Khadafi, est revenu mi-novembre sur le cœur de ses accusations.

«Il n'y a pas eu de financement de campagne présidentielle de Sarkozy», avait-il dit, tout en assurant avoir transmis 5 millions d'euros en liquide pour des «formations» en 2005 à M. Guéant, alors directeur de cabinet de futur président au ministère de l'Intérieur.

Le parquet national financier avait répliqué à cette volte-face que les charges contre M. Sarkozy «ne se limitent pas aux déclarations» de M. Takieddine.

«Ce Monsieur a manipulé la justice, peut-être les Libyens et un certain nombre d'autres personnes. En dépit de ces contradictions, de ses mensonges, il continue de recevoir un certain crédit de la justice», dénonce l'avocat de l'ancien secrétaire général de l'Elysée.

Selon lui, «les magistrats ont beaucoup de mal à démontrer la corruption, alors ils se raccrochent à cette qualification fourre-tout qui est un chant du cygne».

«Dès 2018, Ziad Takieddine disait que Claude Guéant, Brice Hortefeux et les autres formaient une bande de malfaiteurs et on voit deux ans après que les magistrats ont suivi son raisonnement», s'étonne-t-il.

«On refuse d'admettre qu'aucun centime de fonds libyens n'a été retrouvé dans la campagne», juge-t-il. Selon les investigations, de l'argent en liquide non déclaré, au moins 30 000 à 35 000 euros, a circulé au QG du candidat.

«La justice s'enferme dans ce dossier et se laisse manipuler», conclut l'avocat.


Trump et Netanyahu sur le Liban, un « petit différend »

Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
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  • "Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré
  • "Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend"

EVIAN: Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille.

"Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré.

"Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend".

Le président américain a indiqué que le protocole d'accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient serait signé "bientôt", "peut-être" jeudi ou vendredi.

La signature a été annoncée pour vendredi à Genève.

Interrogé sur son intention de rester en Europe pour la signature, il a répondu qu'il "pourrait" rester, tout en ajoutant: "Ce n'est pas le genre de document que je devrais signer".

Sur "la partie libanaise, c'est une chose sur laquelle il va falloir qu'on travaille un peu", a reconnu Donald Trump, alors que les Iraniens exigent qu'Israël cesse ses frappes contre le groupe armé pro-iranien Hezbollah au Liban.

"C'est en fait une toute petite pièce du puzzle, mais elle fait quand même beaucoup de bruit", a également commenté Donald Trump, estimant que "le vrai sujet, c'est l'accord avec l'Iran".

Car "c'est là qu'est l'argent, là que se trouvait le pouvoir", a-t-il ajouté.

Il a en outre répété que les Etats-Unis "prendront" l'uranium hautement enrichi de l'Iran même s'il est "sans valeur".

Le président américain a par ailleurs promis une discussion "parallèle" avec les pays du Golfe portant sur les missiles balistiques.

Ces pays ont été la cible des frappes de Téhéran durant la guerre américano-israélienne contre la République islamique iranienne.

Donald Trump était depuis lundi à Evian, station thermale des Alpes, pour le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de sept des plus grandes puissances industrialisées (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni).

Il prolonge son séjour en France avec un dîner au château de Versailles avec Emmanuel Macron.


Liban: plusieurs frappes israéliennes dans le sud malgré l'accord Washington-Téhéran

Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
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  • Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient
  • Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani

BEYROUTH: Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle).

Ces frappes ont notamment touché la région de Nabatiyé et de Kfartebnit, selon la même source.

L'Iran a répété plusieurs fois depuis l'annonce d'un accord avec les Etats-Unis lundi qu'il devait inclure une cessation des hostilités au Liban, où Israël dit viser le Hezbollah allié de Téhéran.

Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient.

Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani.

Et si certains habitants du sud ont commencé à rentrer chez eux, l'armée libanaise a conseillé d'attendre à cause des "risques de violations" de l'accord de la part d'Israël.

Mardi, l'armée israélienne avait mené plusieurs frappes, tuant quatre personnes, et affirmé que ses soldats dans le sud du Liban avaient été ciblés par des roquettes.

Le Hezbollah ne s'est pas exprimé publiquement depuis. Son chef, Naïm Qassem, qui a exprimé sa "profondre gratitude" à l'Iran pour avoir poussé pour inclure le Liban dans l'accord, doit s'exprimer à la télévision mercredi.

Le protocole visant à mettre fin à la guerre qui a fait des milliers de morts au Moyen-Orient, principalement en Iran et au Liban, doit être formellement signé en Suisse vendredi.


Mettre fin à la guerre au Liban est la «question la plus importante» de l'accord avec Washington, selon l'Iran

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
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  • Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien
  • "Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban"

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington.

"Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban", a déclaré le ministre lors d'une réunion avec des diplomates étrangers diffusée à la télévision d'Etat.