Tristesse et consternation en Serbie au lendemain de la tuerie dans une école

Des personnes déposent des fleurs et allument des bougies devant l'école primaire Vladislav Ribnikar de la capitale Belgrade, le 4 mai 2023. (AFP)
Des personnes déposent des fleurs et allument des bougies devant l'école primaire Vladislav Ribnikar de la capitale Belgrade, le 4 mai 2023. (AFP)
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Publié le Jeudi 04 mai 2023

Tristesse et consternation en Serbie au lendemain de la tuerie dans une école

  • Mercredi matin, un élève de treize ans, armé d'un pistolet 9 mm et de plusieurs chargeurs, y a ouvert le feu
  • Il avait lui-même appelé la police pour annoncer ce qu'il venait de faire, a raconté le chef de la police de Belgrade

BELGRADE: La Serbie s'est réveillée jeudi dans la tristesse, au lendemain d'une fusillade sans précédent dans une école de Belgrade lors de laquelle un élève de treize ans a tué huit camarades et un gardien.

Les cours dans toutes les écoles de ce pays des Balkans d'environ 7 millions d'habitants ont commencé par une minute de silence pour rendre hommage aux victimes de la tuerie.

Le président serbe Aleksandar Vucic, qui s'est adressé mercredi soir à la nation, a déploré "l'un des jours les plus difficiles dans l'histoire contemporaine" de la Serbie.

Trois jours de deuil national ont été décrétés à partir de vendredi. Les célébrations et les événements prévus seront en grande partie annulés. Le patriarche de l'Eglise orthodoxe serbe, Porfirije, a appelé les fidèles à assister en fin de journée à une prière pour les victimes qui aura lieu dans toutes les églises de la capitale.

"J'ai pleuré toute la journée hier. Mon fils allait dans cette école", a dit à l'AFP Mileva Milosevic, une avocate retraitée de 85 ans qui habite près de l'école dans laquelle le carnage a eu lieu.

L'école Vladislav Ribnikar, qui accueille des élèves de 7 à 15 ans, dans le quartier de Vracar, dans le centre de Belgrade, était fermée jeudi. Des policiers étaient toujours présents à l'entrée de l'établissement.

Mercredi matin, un élève de treize ans, armé d'un pistolet 9 mm et de plusieurs chargeurs, y a ouvert le feu, tuant d'abord le gardien de l'école et trois élèves dans les couloirs, avant de se rendre dans une classe où il a tiré d'abord sur une enseignante, puis sur les élèves.

«La jeunesse fauchée»

Il a tué au total sept filles, dont une de nationalité française, et un garçon, tous nés entre 2009 et 2011, ainsi que le gardien. Six enfants et leur professeure d'histoire ont été blessés et hospitalisés.

Deux élèves, un garçon et une fille, grièvement blessés, sont toujours dans "un état critique", ont déclaré jeudi matin les responsables de deux hôpitaux de Belgrade où les blessés ont été admis.

"La jeunesse fauchée en cours d'histoire", lit-on jeudi à la Une du quotidien Vecernje Novosti. "La Serbie sous le choc et en larmes", affirme de son côté le journal Danas.

L'assaillant a été arrêté peu après la tuerie dans la cour de l'école, où il attendait l'arrivée de policiers. Il avait lui-même appelé la police pour annoncer ce qu'il venait de faire, a raconté le chef de la police de Belgrade, Veselin Milic.

"Il a dit qu'il avait tiré sur des personnes à l'école et qu'il est (...) un psychopathe qui doit se calmer", a dit M. Milic à la télévision nationale serbe (RTS).

"Dans sa déclaration (aux policiers) sur les lieux du crime, il a déclaré : +J'attendais ce jour. Ici sont les meilleures circonstances parce que (...) je peux tout finir en une journée+", a aussi raconté le policier, précisant que l'adolescent avait établi "une liste de personnes qui l'irritaient le plus".

«Cibles prioritaires»

M. Ilic avait déclaré mercredi en conférence de presse que l'assaillant, qui a été placé dans un hôpital psychiatrique, avait "préparé la fusillade pendant un mois" et qu'il avait fait un plan de l'école, avec les noms des "cibles prioritaires".

Le père du tireur, propriétaire légal de l'arme utilisée, un médecin réputé, a été arrêté mercredi et placé en détention provisoire pendant 48 heures. Sa mère avait été interpellée aussi.

Dans ce pays où quelque 765.000 armes, dont plus de 232.000 pistolets, sont légalement enregistrées, le ministère de l'Intérieur a annoncé jeudi des contrôles aux domiciles pour vérifier si ces armes étaient gardées conformément aux règles.

Après un rassemblement de milliers de personnes mercredi soir, la population continuait jeudi à rendre hommage aux victimes devant l'école, où des habitants déposaient des fleurs, des jouets, des messages, et allument des bougies.

"Où en sommes-nous en tant qu'êtres humains, où est notre empathie ? Comment ça se fait que nous avons échoué de voir le problème, à la fois avec la personne qui a fait cela, et avec toutes les autres personnes qui ont conduit à ce qui s'est passé ?", s'interroge, devant l'école, Ana Djuric, une habitante de Belgrade de 37 ans.


Cinq Italiens décédés dans un accident de plongée aux Maldives

Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs. (AFP)
Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs. (AFP)
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  • Les cinq Italiens ne sont pas revenus d'une plongée en grotte profonde sur l'atoll de Vaavu, situé au sud de la capitale, Malé
  • Des avions et des vedettes rapides ont été déployés pour une vaste opération de recherche jeudi après-midi, a précisé la Force de défense nationale des Maldives (MNDF) dans un communiqué

MALE: Cinq Italiens sont décédés dans un accident de plongée aux Maldives, sans que les circonstances précises soient connues, a annoncé jeudi le ministère italien des Affaires étrangères, les forces de sécurité sur place ayant retrouvé un corps.

L'archipel est une destination de vacances de luxe, avec ses plages de sable blanc et ses complexes hôteliers isolés, prisée des plongeurs.

Des responsables locaux ont déclaré qu'il s'agissait du plus grave accident de plongée survenu dans ce pays composé de 1.192 minuscules îles coralliennes dispersées sur quelque 800 kilomètres le long de l'équateur, dans l'océan Indien.

"A la suite d'un accident survenu lors d'une sortie de plongée sous-marine, cinq ressortissants italiens ont trouvé la mort (...) aux Maldives. Les plongeurs auraient perdu la vie alors qu'ils tentaient d'explorer des grottes situées à 50 mètres de profondeur", précise le ministère, en soulignant que les autorités locales menaient une enquête.

Les cinq Italiens ne sont pas revenus d'une plongée en grotte profonde sur l'atoll de Vaavu, situé au sud de la capitale, Malé.

Des avions et des vedettes rapides ont été déployés pour une vaste opération de recherche jeudi après-midi, a précisé la Force de défense nationale des Maldives (MNDF) dans un communiqué.

"Un corps a été retrouvé", annonce le communiqué. Il a "été découvert à l'intérieur d'une grotte en profondeur (...) On pense que les quatre autres plongeurs se trouvent également dans cette même grotte, qui descend jusqu'à environ 60 mètres", précise-t-il.

Les MNDF ont aussi précisé qu'un navire des garde-côtes se trouvait dans la zone pour coordonner les opérations de recherche tout au long de la nuit. D'autres plongeurs des garde-côtes ont été envoyés en renfort pour participer aux recherches.

Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs.

Une touriste britannique est décédée en décembre lors d'une plongée, et son mari, bouleversé, est mort quelques jours plus tard après être tombé malade.

En juin, un touriste japonais de 26 ans a disparu après une expédition de plongée près de la capitale.

Selon les médias locaux, au moins 112 touristes sont morts dans des incidents liés à la mer dans l'archipel au cours des six dernières années, dont 42 victimes d'accidents de plongée ou de plongée avec tuba.

 


Détroit d'Ormuz: Téhéran annonce laisser passer des navires chinois depuis mercredi

L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Le passage d'un certain nombre de navires chinois dans le détroit d'Ormuz a été rendu possible conformément aux protocoles de gestion du détroit mis en place par l'Iran"
  • Ce passage, qui a débuté "la nuit dernière", a été rendu possible grâce aux "relations étroites entre les deux pays et leur partenariat stratégique"

TEHERAN: L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

"Le passage d'un certain nombre de navires chinois dans le détroit d'Ormuz a été rendu possible conformément aux protocoles de gestion du détroit mis en place par l'Iran", ont indiqué jeudi dans un communiqué les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran.

Ce passage, qui a débuté "la nuit dernière", a été rendu possible grâce aux "relations étroites entre les deux pays et leur partenariat stratégique", ont-ils spécifié.

Cette autorisation donnée à plusieurs navires chinois a également été annoncée par des médias officiels iraniens.

La télévision d’État iranienne a notamment précisé que "plus de 30 navires" avaient été autorisés à franchir le détroit d'Ormuz, sans indiquer s'il s'agissait exclusivement de navires chinois.

Le blocage iranien de cette voie maritime par laquelle transite habituellement un cinquième de la production mondiale de pétrole perturbe les marchés mondiaux et confère à Téhéran un levier stratégique.

Les Etats-Unis ont quant à eux imposé leur propre blocus des ports iraniens malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril.

Cette annonce intervient alors que le président américain Donald Trump, en visite jeudi en Chine, a discuté du détroit d'Ormuz avec son homologue Xi Jinping.

Selon un extrait d'une interview à la chaîne Fox News, Donald Trump a déclaré que M. Xi lui avait assuré que Pékin n'enverrait pas d'équipement militaire à l'Iran et était prêt à aider à la réouverture du détroit d'Ormuz.

La Chine est le principal pays importateur du pétrole iranien.


De nouvelles négociations entre Israël et le Liban s'ouvrent à Washington 

Israël et le Liban ont lancé jeudi à Washington une nouvelle session de discussions pour parvenir à un rapprochement, selon des diplomates, au moment où un cessez-le-feu arrive à expiration. (AFP)
Israël et le Liban ont lancé jeudi à Washington une nouvelle session de discussions pour parvenir à un rapprochement, selon des diplomates, au moment où un cessez-le-feu arrive à expiration. (AFP)
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  • A trois jours de la fin théorique, dimanche, de la trêve au Liban, représentants israéliens et libanais ont repris au département d'Etat des discussions qui doivent durer deux jours
  • Malgré l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 17 avril, Israël a continué à frapper des cibles du Hezbollah pro-iranien au Liban, tuant plus de 400 personnes, d'après un décompte de l'AFP fondé sur des chiffres officiels

WASHINGTON: Israël et le Liban ont lancé jeudi à Washington une nouvelle session de discussions pour parvenir à un rapprochement, selon des diplomates, au moment où un cessez-le-feu arrive à expiration.

Ce troisième cycle de discussions, qui doit durer deux jours, a débuté peu après 09H00 locales (13H00 GMT) au département d'Etat, d'après un diplomate proche du dossier.

A trois jours de la fin théorique, dimanche, de la trêve au Liban, représentants israéliens et libanais ont repris au département d'Etat des discussions qui doivent durer deux jours.

Malgré l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 17 avril, Israël a continué à frapper des cibles du Hezbollah pro-iranien au Liban, tuant plus de 400 personnes, d'après un décompte de l'AFP fondé sur des chiffres officiels.

L'armée israélienne a encore annoncé jeudi de nouvelles frappes visant le Hezbollah pro-iranien dans le sud du pays, après avoir ordonné l'évacuation de huit villages. Selon l'agence de presse libanaise ANI, des bombardements se sont produits dans le sud du pays, au lendemain de raids meurtriers qui ont fait 22 morts.

Dans le nord d'Israël, une attaque de drone du Hezbollah a blessé plusieurs civils, selon l'armée israélienne.

En dépit de la trêve, Israël continue de viser le Hezbollah, le mouvement chiite qui a entraîné le Liban dans la guerre régionale à la suite du déclenchement de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran le 28 février.

Le conflit a tué des milliers de personnes, principalement en Iran et au Liban, où les autorités dénombrent plus de 2.800 morts, dont au moins 200 enfants.

Lors de la dernière réunion le 23 avril à Washington entre Israéliens et Libanais, Donald Trump avait annoncé une prolongation de trois semaines de la trêve, et exprimé l'espoir d'un rapprochement historique entre les deux voisins du Proche-Orient.

Le président des Etats-Unis avait conjecturé qu'il accueillerait dans l'intervalle à la Maison Blanche le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président libanais Joseph Aoun.

Mais cette rencontre ne s'est pas concrétisée, le chef d'Etat libanais exigeant au préalable un accord sur les questions de sécurité et la fin des attaques israéliennes.