La demande d'or faiblit au 1er trimestre, désamour des investisseurs

Un ouvrier polit des lingots d'or à la raffinerie ABC à Sydney le 5 août 2020. Le prix de l'or avait atteint 2 000 USD l'once sur les marchés pour la première fois la veille, dernière hausse en date d'une matière première considérée comme un refuge dans un contexte d'incertitude économique. (Photo DAVID GRAY / AFP)
Un ouvrier polit des lingots d'or à la raffinerie ABC à Sydney le 5 août 2020. Le prix de l'or avait atteint 2 000 USD l'once sur les marchés pour la première fois la veille, dernière hausse en date d'une matière première considérée comme un refuge dans un contexte d'incertitude économique. (Photo DAVID GRAY / AFP)
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Publié le Vendredi 05 mai 2023

La demande d'or faiblit au 1er trimestre, désamour des investisseurs

  • La demande d'or entre janvier et mars a atteint 1.081 tonnes, en baisse de 13% par rapport à la même période l'an dernier, selon un rapport trimestriel du Conseil mondial de l'or (CMO) publié vendredi
  • La vigueur des achats de bijoux or en Chine a compensé la faiblesse constatée dans d'autres pays comme en Inde

Londres, Royaume-Uni : La demande mondiale d'or a fléchi au premier trimestre pâtissant d'un désamour des investisseurs institutionnels et d'une baisse des achats de produits technologiques, comparé à il y a un an quand elle avait été dopée par la guerre en Ukraine et un afflux vers cette valeur refuge.

La demande d'or entre janvier et mars a atteint 1.081 tonnes, en baisse de 13% par rapport à la même période l'an dernier, selon un rapport trimestriel du Conseil mondial de l'or (CMO) publié vendredi.

"Le bilan est assez mitigé" pour l'or, résume auprès de l'AFP Krishan Gopaul, analyste au sein de l'organisation.

Le désintérêt des investisseurs professionnels s'est notamment traduit par des ventes d'ETF, ces titres financiers cotés, indexés sur le cours du métal jaune, reproduisant ainsi fidèlement le prix de l'or physique et permettant de parier sur son cours.

Les ETF ont enregistré des sorties de capitaux équivalentes à 28,7 tonnes d'or au premier trimestre.

Sur la même période en 2022, qui avait été marquée par un fort regain d'intérêt pour l'or dans un contexte d'instabilité géopolitique avec l'éclatement de la guerre en Ukraine, les ETF avaient au contraire enregistré des entrées de capitaux équivalentes à 270,7 tonnes d'or.

Dans le secteur technologique, la demande d'or a "connu l'un des trimestres les plus faibles jamais enregistrés", indique le CMO, la crise mondiale du coût de la vie freinant les dépenses des consommateurs en biens électroniques comme les téléphones portables ou les ordinateurs. Elle a ainsi dégringolé de 13% en glissement annuel, s'établissant à 70 tonnes pour le premier trimestre.

Par ailleurs, les achats d'or des banques centrales ont bondi de 176% au premier trimestre par rapport à la même période en 2022, s'établissant à 228,4 tonnes.

Ils poursuivent ainsi une dynamique enclenchée l'année dernière, s'intéressant particulièrement à l'or "qui se comporte bien en période d'inflation élevée, ce qui lui permet de garder sa valeur", explique M. Gopaul.

Dans le secteur de la bijouterie, la demande d'or est restée stable au premier trimestre avec une légère augmentation de 1% en glissement annuel, à 477,9  tonnes, la vigueur des achats en Chine compensant la faiblesse constatée dans d'autres pays comme en Inde, précise le CMO.

L'investissement physique en pièces et lingots est lui aussi resté stable de janvier à mars 2023 (+5% en glissement annuel), totalisant 302,4 tonnes.


Le pétrole bondit après les déclarations Trump sur la fin du cessez-le-feu avec l'Iran

Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
  • Les prix du pétrole ont bondi de plus de 6 % après les déclarations de Donald Trump annonçant la fin du cessez-le-feu avec l’Iran
  • La reprise des tensions au détroit d’Ormuz ravive les craintes sur l’approvisionnement mondial en pétrole, malgré la poursuite possible des négociations

LONDRES: Les cours du pétrole bondissent mercredi après les déclarations de Donald Trump affirmant mettre fin au cessez-le-feu avec l'Iran, dans la foulée d'une reprise des hostilités à la suite d'attaques de bateaux dans le détroit d'Ormuz.

Vers 09H15 GMT (11H15 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, s'envolait de 6,45% à 78,94 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en août, grimpait de 6,49% à 75,01 dollars.

Les deux références du brut évoluaient à leurs plus hauts niveaux depuis deux semaines.

Le président américain a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", qualifiant les Iraniens de "menteurs".

"En ce qui me concerne, c'est terminé (...) c'est juste une perte de temps de négocier avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il affirmé, interrogé sur le cessez-le-feu avec l'Iran, qu'il a qualifié de pays "malade".

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions.

Si "le prix du baril a fortement progressé" ce matin, il n'est pas revenu à ses plus hauts atteints durant la guerre, tempère John Plassard, analyste chez Cité Gestion, interrogé par l'AFP.

L'analyste voit davantage une "pause" du cessez-le-feu que sa fin, car si le président américain dit qu'il "est terminé, c'est aussi un moyen de mettre de la pression".

Donald Trump n'a, selon lui, "aucun intérêt à ce que les discussions s'arrêtent totalement", pour des raisons électorales, après avoir mis en avant les prix bas à la pompe dans sa campagne.

Trois navires ont été frappés en 24 heures dans le détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO mardi. Le Qatar et l'Arabie saoudite ont imputé deux de ces attaques à l'Iran.

Dénonçant des "attaques iraniennes" et une "violation flagrante du cessez-le-feu", l'armée américaine a lancé une série de "frappes puissantes" contre l'Iran, touchant plus de 80 cibles, dont des systèmes iraniens de défense antiaérienne.

Ces tirs américains ont déclenché mercredi des représailles de Téhéran, qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien.

Le protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique, prévoit la réouverture du passage stratégique d'Ormuz ainsi que la levée des sanctions américaines sur le pétrole iranien.


Le patron de TotalEnergies voit la Syrie comme une «route alternative» pour le pétrole

  • "Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas"
  • "C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient"

DAMAS: La Syrie peut devenir un "pays de transit important pour le pétrole qui vient d'Irak vers la Méditerranée", et offrir des "routes alternatives" au détroit d'Ormuz, a déclaré mardi à Damas le patron de TotalEnergies Patrick Pouyanné, en marge de la visite d'Emmanuel Macron.

"Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas", a-t-il dit à des journalistes juste avant l'annonce de l'explosion de deux bombes à proximité de l'hôtel où le président français avait passé la nuit.

"C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient", a-t-il ajouté.

Selon lui, "ce qui vient de passer avec le détroit d'Ormuz" dans le Golfe, bloqué durant la guerre américano-israélienne contre l'Iran, "lui donne également plus d'importance", "puisqu'on voit bien que maintenant, si on veut investir au Moyen-Orient, il va falloir qu'on trouve des routes alternatives".

Début avril, l'Irak avait annoncé avoir commencé à transporter du pétrole par camion à travers la Syrie en vue de sa réexportation, en raison de la fermeture du détroit d'Ormuz. L'Irak et la Syrie ont récemment évoqué un projet de restauration de l'oléoduc reliant les deux pays, fermé depuis des décennies.

TotalEnergies a conclu un mémorandum d'entente avec la Syrie pour un bloc d'exploration offshore en Méditerranée, mais n'a pas encore d'autre projet spécifique dans le pays, a souligné Patrick Pouyanné.

Sa visite à Damas, la première depuis la fin de la guerre civile en 2024, vise à "rencontrer les autorités" pour "des prises de contact", a-t-il précisé.

"Laissons au gouvernement le temps de prendre le contrôle de ce pays. Il ne faut pas trop demander" après plus de 13 ans de guerre civile, "il faut être un peu patient", a-t-il ajouté.


Saudia clarifie la vente d’anciens avions Boeing dans un contexte de rapports sur des sanctions

Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
  • Saudia affirme que des Boeing 777-200 ont été vendus légalement à une société étrangère
  • La compagnie dit n’avoir aucun lien avec les appareils depuis la vente de juin 2023

RIYAD : Le transporteur national saoudien Saudia a clarifié samedi des informations circulant dans les médias et sur les réseaux sociaux concernant le transfert d’avions Boeing 777-200 qu’il possédait auparavant à une compagnie aérienne faisant l’objet de sanctions internationales.

Dans un communiqué publié sur la plateforme sociale X, la compagnie a indiqué que les appareils avaient été vendus le 7 juin 2023 à une société enregistrée en dehors de l’Arabie saoudite, et que la transaction avait été réalisée conformément à toutes les procédures commerciales et juridiques applicables.

« Depuis la finalisation de la vente, Saudia n’a plus aucun lien opérationnel ou commercial avec ces avions », a déclaré la compagnie, sans identifier l’acheteur ni fournir davantage de détails.

Cette déclaration intervient après des rapports et publications en ligne ayant lié d’anciens appareils de Saudia à un transporteur sanctionné, poussant la compagnie à prendre publiquement ses distances avec toute utilisation ultérieure de ces avions.

Saudia, anciennement connue sous le nom de Saudi Arabian Airlines, a été fondée en septembre 1945 et est la plus ancienne compagnie aérienne du Royaume. Selon son site internet, elle exploite actuellement une flotte d’environ 149 avions de passagers.

Sa flotte comprend 95 avions Airbus des familles A320, A321 et A330, ainsi que 54 appareils Boeing incluant les séries 777 et 787 Dreamliner. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com