Entre modernité et tradition, le couronnement «historique» du roi Charles enthousiasme les foules

Le roi Charles III a été couronné samedi à l'abbaye de Westminster, à Londres, lors d'une cérémonie empreinte de traditions anciennes, d'apparat royal et d'une touche de modernité (Photo, AFP).
Le roi Charles III a été couronné samedi à l'abbaye de Westminster, à Londres, lors d'une cérémonie empreinte de traditions anciennes, d'apparat royal et d'une touche de modernité (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 07 mai 2023

Entre modernité et tradition, le couronnement «historique» du roi Charles enthousiasme les foules

  • Parmi les invités figuraient des dirigeants arabes, la première dame des États-Unis, Jill Biden, et le président français, Emmanuel Macron
  • Charles a travaillé fort pour que l'événement soit le plus inclusif et le plus représentatif possible de la Grande-Bretagne qu'il dirige aujourd'hui

LONDRES: Le roi Charles III a été couronné à l'abbaye de Westminster, à Londres, samedi, lors d'une cérémonie empreinte de traditions anciennes, d'apparat royal et d'une touche de modernité.

La vieille église, qui a accueilli le couronnement de 39 monarques avant Charles, était pleine à craquer avec 2 000 participants, des personnalités internationales et des nobles réunis avec des invités spéciaux du public.

Parmi les invités figuraient des dirigeants arabes, la première dame américaine, Jill Biden, le président français, Emmanuel Macron, le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, le Premier ministre britannique, Rishi Sunak, ainsi que sept anciens Premiers ministres qui se sont joints à la célébration aux côtés de célébrités telles que Judi Dench, Emma Thompson et Lionel Richie.

Ces personnalités faisaient partie des quelques chanceux invités présents dans l'abbaye lorsque Charles a été oint avec de l'huile provenant du Mont des Oliviers en Terre Sainte et a reçu un orbe, des épées et des sceptres, avant que l'archevêque de Canterbury Justin Welby ne place la couronne de Saint Édouard, ornée de plus de 400 pierres précieuses, sur la tête du monarque. Les trompettes ont entonné l'hymne national et des salves d'armes ont été tirées dans plusieurs villes du Royaume-Uni.

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Ce couronnement a été le premier en Grande-Bretagne depuis 70 ans et le deuxième seulement à être télévisé. Charles est le 40e monarque à être couronné à l'abbaye de Westminster depuis le roi Guillaume Ier en 1066 (Photo, AFP).

Outre les rites anciens, Charles s'est efforcé de faire en sorte que son grand jour soit le plus inclusif et le plus représentatif possible de la Grande-Bretagne qu'il dirige aujourd'hui. Ainsi, rompant avec la tradition, des représentants des religions musulmane, bouddhiste, hindoue, juive et sikhe ont participé pour la première fois à la cérémonie.

Lors de la cérémonie habituellement anglicane, Charles, vêtu de couleur pourpre et crème, a juré sur une Bible qu'il était un «vrai protestant», mais une préface a été ajoutée au serment pour dire que l'Église d'Angleterre chercherait à «favoriser un environnement où les gens de toutes les confessions et croyances peuvent vivre librement».

La lecture de la Bible du roi Jacques a été faite par Sunak, le premier dirigeant hindou de Grande-Bretagne, et une chorale gospel a interprété un «Alleluia» nouvellement composé, tandis que, pour la première fois, des femmes membres du clergé ont pris part à la cérémonie.

S’agissant du coût de la cérémonie, le chiffre exact sera communiqué par le palais de Buckingham après l'événement. Cela a suscité des critiques de la part d'une partie de la société britannique, qui s'est interrogée sur le moment choisi pour un couronnement dans un contexte de crise du coût de la vie, au cours de laquelle les Britanniques ont eu du mal à payer leurs factures d'énergie et à acheter de la nourriture.

Charles, quant à lui, s'est donné pour mission de rationaliser la famille royale pour le XXIe siècle et d'offrir aux contribuables «un bon rapport qualité-prix». Son couronnement a été nettement plus court que l'extravagance de 1953 de sa mère, la reine Elizabeth II, avec moins d'invités et une procession abrégée.

Alors que la révérence qui entourait les couronnements du passé s'est largement estompée dans le monde moderne, les personnes qui ont assisté et regardé l'événement ont déclaré à Arab News qu'elles en ressentaient toujours l'importance historique.

«C'est évidemment le premier couronnement auquel j'assiste. C'est un moment incroyable pour moi», a déclaré Naima Pinchen, convertie à l'islam et originaire de la ville anglaise de Derby.

«En tant que Britannique et ancienne membre de la Royal Air Force, j'ai beaucoup apprécié d'être témoin de cet événement, d'un point de vue militaire, mais aussi d'un point de vue personnel.»

«La famille royale fait partie intégrante de ce pays depuis plus de 1 000 ans. Faire partie d'un événement aussi important est tout simplement époustouflant», a-t-elle ajouté.

«Cela est incroyable. On peut voir tellement de cultures, de couleurs et d'origines différentes au même endroit. J'ai vu des gens venant de pays asiatiques, de pays arabes, de pays africains, de pays européens — il n'y a pas que des Britanniques ici», a déclaré Pinchen.

Jill Coughlin, une fan de la famille royale originaire d'Essex, à l'est de Londres, a qualifié Charles de «pilier de la Grande-Bretagne » en ajoutant: «C'est formidable d'être entouré d'amour et de voir notre roi Charles. Nous aimions notre reine et ce n'est qu'une nouvelle génération. C'est donc merveilleux pour nous, absolument merveilleux.»

Vickey Davis, qui a fait le voyage depuis les Midlands avec Claire Waters, a signalé: «Nous voulions venir et faire partie de l'histoire, vraiment. C'est un événement qui ne se produit qu'une fois dans une vie, alors nous voulions en faire partie.»

Waters a ajouté: «Il sera un bon roi. Il se préoccupe de l'environnement et de la conservation, et il souhaite laisser la planète dans un meilleur état.»

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Le roi Charles III et la reine Camilla sur le balcon du palais de Buckingham, à Londres, après leur couronnement (Photo, AFP).

Des milliers de personnes venues de tout le Royaume-Uni et du monde entier ont campé pendant la nuit le long d'un parcours de deux kilomètres que le roi et la reine empruntaient pour se rendre à l'abbaye de Westminster et en revenir, dans une calèche dorée tirée par des chevaux.

Les citoyens britanniques n'ont pas été les seuls à se sentir concernés par l'événement tout au long du couronnement.

«Je suis venu parce que c'est un moment historique et je suis heureux d'en faire partie avec tous les Anglais lors d'un événement aussi chaleureux. En tant que Marocains, nous comprenons cet amour pour un roi», a affirmé à Arab News, Yasir el-Ayadi, qui vient de France.

Quan Nguyen, qui a quitté le Vietnam pour s'installer au Royaume-Uni il y a deux ans et qui a assisté aux célébrations du jubilé de platine de la reine Élisabeth l'été dernier ainsi qu'à ses funérailles en septembre, a indiqué que le couronnement était un événement auquel il «devait absolument participer».

Il a ajouté: «L'ensemble de l'événement était tout simplement magnifique. C'est incroyable à voir et je me sens chanceux d'avoir assisté à trois grands événements royaux en seulement deux ans, et je serai là pour l'apparition au balcon.»

Nguyen a déclaré que même s'il était dommage que la défunte princesse Diana ne soit pas là pour participer à l'événement, il était «formidable» que la famille royale soit restée fidèle à son devoir, ajoutant: «Aujourd'hui, les membres de la famille royale ont l'occasion de prouver à quel point ils sont sérieux envers leur mission.»

Le fils de Charles et héritier du trône, William, prince de Galles, était présent aux côtés de son épouse, Catherine, princesse de Galles, et de leurs trois enfants. Vers la fin de la cérémonie, William s'est agenouillé devant son père et a rendu hommage au roi en tant qu'«homme lige», avant de l'embrasser sur la joue.

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Charles et Camilla se déplaçant dans le Carrosse d'Or d'État, de l'abbaye de Westminster à Buckingham Palace (Photo, AFP).

Le frère cadet de William, le prince Harry, duc de Sussex, qui s'est publiquement opposé à la famille, est quant à lui arrivé seul. Son épouse, Meghan, la duchesse de Sussex, ainsi que leurs enfants, sont restés chez eux en Californie.

Marisa Legters, qui travaille bénévolement pour les parcs royaux, a déclaré qu'elle voulait participer à cette «journée historique», mais qu'elle était «triste» que Meghan ne soit pas présente, peut-être parce qu'elle «ne se sentirait pas la bienvenue ici».

Legters a ajouté qu'elle pensait que Charles ferait un grand monarque, en raison de l'importance qu'il accorde à la diversité, de sa passion pour la nature et de son apparence de «roi accueillant».

Après les événements plus stables et plus sobres organisés à l'abbaye, les milliers de personnes qui s'étaient massées dans les rues le long du cortège ont applaudi le passage du roi et de la reine dans le Carrosse d'Or d'État, en route vers le palais de Buckingham pour le moment tant attendu par ceux qui avaient bravé les pluies torrentielles londoniennes.

Charles et Camilla sont apparus sur le célèbre balcon pour saluer la foule. Un défilé aérien des forces armées a eu lieu au-dessus du palais, en présence de William, Kate et d'autres membres de la famille royale, dont le prince Edward, duc d'Édimbourg, son épouse et ses enfants.

Helen Rimmer, qui avait parcouru plusieurs centaines de kilomètres depuis le nord de l'Angleterre pour assister à l'événement, a résumé l'ambiance de la journée en déclarant: «C'est une occasion très spéciale, surtout pour notre pays et le Commonwealth. C'est l'atmosphère, tout ce qu'il y a autour, vraiment. C'est une grande fête, c'est formidable.»

* Avec l'AP

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Trump affirme qu'une autre « armada » fait actuellement route vers l'Iran

Donald Trump a affirmé mardi que le pouvoir iranien recherchait le dialogue, tout en laissant planer la menace d'une action militaire contre le pays avec le déploiement d'une force navale américaine dans le Golfe. (AFP)
Donald Trump a affirmé mardi que le pouvoir iranien recherchait le dialogue, tout en laissant planer la menace d'une action militaire contre le pays avec le déploiement d'une force navale américaine dans le Golfe. (AFP)
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  • Le président américain souffle le chaud et le froid: lundi, le porte-avions Abraham Lincoln, accompagné de son escorte, est arrivé dans le Golfe
  • Donald Trump a prévenu que les Etats-Unis avaient "une grande armada près de l'Iran. Plus grande qu'au Venezuela", en référence à l'opération américaine de capture du chef d'Etat vénézuélien Nicolas Maduro début janvier

PARIS: Donald Trump a affirmé mardi que le pouvoir iranien recherchait le dialogue, tout en laissant planer la menace d'une action militaire contre le pays avec le déploiement d'une force navale américaine dans le Golfe.

Dans le même temps, les arrestations continuent mardi en Iran, après les manifestations ayant défié la République islamique début janvier. Au moins 41.880 personnes ont été interpellées, et des milliers de protestataires tués, d'après les derniers chiffres de l'ONG basée aux Etats-Unis Human Rights Activists News Agency (HRANA).

Cette ONG, et d'autres de défense des droits humains, poursuivent leur travail de documentation de la répression, entravé par la coupure générale d'internet imposée depuis le 8 janvier.

Le président américain lui souffle le chaud et le froid: lundi, le porte-avions Abraham Lincoln, accompagné de son escorte, est arrivé dans le Golfe.

Donald Trump a prévenu que les Etats-Unis avaient "une grande armada près de l'Iran. Plus grande qu'au Venezuela", en référence à l'opération américaine de capture du chef d'Etat vénézuélien Nicolas Maduro début janvier.

Mais a-t-il ajouté, dans cet entretien avec le média américain Axios, "ils veulent passer un accord. Je le sais. Ils ont appelé à de nombreuses reprises. Ils veulent parler".

"S'ils veulent nous contacter, et ils connaissent les conditions, alors nous discuterons", a ensuite affirmé un haut responsable américain à des journalistes, selon Axios.

Les analystes estiment que les options envisagées - que Donald Trump n'a pas voulu détailler à Axios - incluent des bombardements de sites militaires, ou des frappes ciblées contre des dirigeants.

Risque "d'instabilité" 

Selon le New York Times, les renseignements américains ont assuré à Donald Trump que le pouvoir iranien "s'affaiblissait", voire était "au plus faible" depuis la fondation de la République islamique en 1979.

L'influent sénateur républicain, Lindsey Graham, a dit au quotidien américain avoir parlé au président ces derniers jours: "l'objectif est de mettre fin au régime", a-t-il assuré.

Côté iranien, Téhéran a déjà signalé qu'un canal de communication était ouvert avec Washington.

Mais dans un appel mardi avec le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, allié des Etats-Unis, le président Massoud Pezeshkian a averti que les "menaces des Américains (...)  n'aboutiraient à rien d'autre qu'à de l'instabilité pour eux".

Le prince héritier "a indiqué que le Royaume ne permettrait pas que son espace aérien ou son territoire soient utilisés pour des actions militaires contre l'Iran", a insisté le ministère saoudien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Mohammad Akbarzadeh, un haut responsable des forces navales des Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, a menacé d'un blocage par l'Iran du stratégique détroit d'Ormuz, passage clé pour le transport mondial de pétrole et gaz naturel liquéfié.

L'Iran considérera les pays voisins comme "hostiles" si leur territoire est utilisé pour le frapper, a-t-il aussi averti, alors que Ryad et Abou Dhabi ont déjà assuré qu'ils n'autoriseraient pas un tel usage de leurs territoires.

Donald Trump "décidera ce qu'il décide" mais dans tous les cas "si l'Iran commet une erreur et nous attaque, il y aura une riposte qu'il ne peut même pas imaginer", a de son côté affirmé le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.

"Aveux" et chasse aux blessés 

Si le mouvement de contestation s'est essoufflé, le bilan de la répression lui n'est toujours pas connu.

HRANA a annoncé mardi avoir vérifié la mort de 6.126 personnes, dont 5.777 manifestants, mais enquête toujours sur quelque 17.000 autres décès potentiels. Et accuse à nouveau les autorités de pourchasser les blessés jusque dans les hôpitaux, malgré les dénégations du ministère de la Santé.

Le bilan total jusque là annoncé par les autorités iraniennes est de 3.117 morts, dont 2.427 sont, selon elles, des membres des forces de sécurité ou des passants.

La chaîne d'opposition Iran International, basée à l'étranger, a recensé pour sa part plus de 36.500 personnes tuées, citant notamment des documents classifiés et des sources sécuritaires.

L'ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, affirme avoir vérifié la mort de 3.428 manifestants, mais dit craindre un bilan dépassant les 25.000 morts.

En France, le nom de domaine du site de l'association Iran Justice, qui documente l'état des droits humains en Iran, a été racheté et diffuse désormais du "contenu pro-régime" de Téhéran, a dénoncé mardi à l'AFP sa présidente Chirinne Ardakani.

Elle a pointé une opération de "propagande orchestrée selon toute vraisemblance par des agents iraniens".

 


Russes, Ukrainiens et Américains vont se réunir vendredi à Abou-Dhabi

Selon Kiev, l'Ukraine sera représentée par le secrétaire du Conseil de sécurité Roustem Oumerov, son chef de cabinet Kyrylo Boudanov et son chef-adjoint Serguiï Kyslytsia, par le chef du parti présidentiel David Arakhamia et par le chef d'état-major des forces armées, le général Andriï Gnatov. (AFP)
Selon Kiev, l'Ukraine sera représentée par le secrétaire du Conseil de sécurité Roustem Oumerov, son chef de cabinet Kyrylo Boudanov et son chef-adjoint Serguiï Kyslytsia, par le chef du parti présidentiel David Arakhamia et par le chef d'état-major des forces armées, le général Andriï Gnatov. (AFP)
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  • "Il a été convenu que dès aujourd'hui, la première réunion d'un groupe de travail trilatéral chargé des questions de sécurité aura lieu à Abou-Dhabi"
  • L'équipe russe, menée par le général Igor Kostioukov, haut responsable de l'état-major, "se rendra dans les prochaines heures à Abou-Dhabi"

MOSCOU: La Russie, l'Ukraine et les Etats-Unis vont tenir une réunion trilatérale vendredi à Abou-Dhabi, a annoncé dans la nuit le Kremlin après un entretien à Moscou entre le président Vladimir Poutine et l'émissaire américain Steve Witkoff.

"Il a été convenu que dès aujourd'hui, la première réunion d'un groupe de travail trilatéral chargé des questions de sécurité aura lieu à Abou-Dhabi", a déclaré tôt vendredi à la presse le conseiller diplomatique du Kremlin, Iouri Ouchakov.

L'équipe russe, menée par le général Igor Kostioukov, haut responsable de l'état-major, "se rendra dans les prochaines heures à Abou-Dhabi", a-t-il dit.

Selon Kiev, l'Ukraine sera représentée par le secrétaire du Conseil de sécurité Roustem Oumerov, son chef de cabinet Kyrylo Boudanov et son chef-adjoint Serguiï Kyslytsia, par le chef du parti présidentiel David Arakhamia et par le chef d'état-major des forces armées, le général Andriï Gnatov.

M. Ouchakov a souligné que l'entretien jeudi entre MM. Poutine et Witkoff à Moscou, avait été "utile à tous points de vue", notamment pour permettre cette trilatérale.

"Les Américains ont beaucoup fait pour préparer cette réunion et ils espèrent qu'elle sera un succès et ouvrira des perspectives pour avancer sur l'ensemble de questions liées à la fin du conflit" en Ukraine, a souligné M. Ouchakov, évoquant des pourparlers de "très substantiels" avec M. Witkoff.

Une autre rencontre, consacrée aux questions économiques, aura lieu également vendredi à Abou-Dhabi entre M. Witkoff et l'émissaire du Kremlin aux questions économiques internationales, Kirill Dmitriev, a-t-il précisé.

"Nous sommes sincèrement intéressés par un réglement (du conflit) par les moyens politico-diplomatiques", a assuré M. Ouchakov. Mais "tant que ce n'est pas encore le cas, la Russie va continuer d'atteindre ses objectifs (...) sur le champ de bataille", a-t-il ajouté.

Garanties de sécurité 

Steve Witkoff, qui était accompagné par le gendre du président américain, Jared Kushner, s'est entretenu avec Vladimir Poutine pendant plus de trois heures et demie. L'émissaire a déjà rencontré le président russe à plusieurs reprises depuis un an, dans le cadre des efforts américains pour mettre fin à quatre ans de combats en Ukraine.

Depuis Davos, M. Witkoff avait auparavant vanté les progrès "significatifs" accomplis lors de sa rencontre, le week-end dernier à Miami, avec les négociateurs ukrainiens.

"Je pense que nous avons réduit le problème à un seul point", a-t-il déclaré.

A Davos, le président ukrainien Volodymyr Zelensky s'est brièvement entretenu jeudi avec M. Trump, et a évoqué devant la presse une rencontre "positive" mais un dialogue "pas simple".

Il a toutefois assuré être parvenu à un accord sur les garanties de sécurité qui doivent être offertes par les Etats-Unis à l'Ukraine pour dissuader la Russie d'attaquer à nouveau après une éventuelle fin du conflit.

"Les garanties de sécurité, c'est prêt", a-t-il déclaré, indiquant que "le document doit être signé par les parties, par les présidents, et ensuite il ira aux parlements nationaux".

M. Zelensky a en revanche dit que l'épineuse question des territoires de l'est de l'Ukraine revendiqués par Moscou n'est "pas encore résolue".

"Sans règlement de la question territoriale (…) il ne faut pas compter obtenir un règlement à long terme", a répété vendredi le conseiller diplomatique du Kremlin après la réunion entre MM. Poutine et Witkoff.

"Kaléidoscope" 

Des négociations directes entre la Russie et l'Ukraine avaient déjà eu lieu lors de la première année de la guerre, en 2022, et à plusieurs reprises en 2025, à Istanbul. Ces pourparlers n'avaient abouti qu'à des échanges de prisonniers et de dépouilles de soldats, sans régler le conflit.

La Russie exige un retrait des troupes ukrainiennes du Donbass, dans l'est industriel de l'Ukraine, et un engagement de Kiev à ne pas adhérer à l'Otan. Elle a multiplié ces derniers mois les frappes sur le réseau énergétique ukrainien, provoquant des coupures d'électricité et de chauffage massives notamment dans la capitale, par des températures glaciales.

De plus en plus critique envers les Européens ces dernières semaines, M. Zelensky a prononcé un discours particulièrement dur à Davos jeudi envers ses principaux soutiens, disant voir une Europe "fragmentée" et "perdue" lorsqu'il s'agit d'influer sur les positions de Donald Trump, et manquant de "volonté politique" face à Vladimir Poutine.

Il a également jugé, malgré les promesses européennes de déploiement de troupes en Ukraine après la guerre, "qu'aucune garantie de sécurité ne peut fonctionner sans les Etats-Unis".


«Promoteur dans l'âme», Trump révèle son projet immobilier de «Nouveau Gaza»

Donald Trump a révélé jeudi son plan pour un "Nouveau Gaza", qui transformerait le territoire palestinien dévasté en un complexe luxueux de gratte-ciels en bord de mer, un projet qui pourrait voir le jour dans trois ans. (AFP)
Donald Trump a révélé jeudi son plan pour un "Nouveau Gaza", qui transformerait le territoire palestinien dévasté en un complexe luxueux de gratte-ciels en bord de mer, un projet qui pourrait voir le jour dans trois ans. (AFP)
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  • "Je vais avoir beaucoup de succès à Gaza, ça va être beau à voir", a déclaré le président américain alors qu'il présentait à Davos son "Conseil de paix" controversé
  • "Je suis un promoteur immobilier dans l'âme (...) et j'ai dit, regardez ce site en bord de mer, regardez ce superbe lot foncier, ce que ce pourrait être pour tant de gens"

DAVOS: Donald Trump a révélé jeudi son plan pour un "Nouveau Gaza", qui transformerait le territoire palestinien dévasté en un complexe luxueux de gratte-ciels en bord de mer, un projet qui pourrait voir le jour dans trois ans.

La guerre à Gaza, déclenchée par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël en octobre 2023, a ravagé le territoire et poussé la majorité des habitants à fuir. Un cessez-le-feu négocié par les Etats-Unis est entré en vigueur en octobre, mais la crise humanitaire perdure pour la plupart des Gazaouis.

"Je vais avoir beaucoup de succès à Gaza, ça va être beau à voir", a déclaré le président américain alors qu'il présentait à Davos son "Conseil de paix" controversé, initialement conçu pour superviser la reconstruction du territoire palestinien.

"Je suis un promoteur immobilier dans l'âme (...) et j'ai dit, regardez ce site en bord de mer, regardez ce superbe lot foncier, ce que ce pourrait être pour tant de gens", a-t-il dit au Forum économique mondial qui se tient dans la station de sports d'hiver suisse.

Son gendre Jared Kushner, qui n'a aucune fonction officielle mais fait office d'émissaire parmi d'autres pour le conflit à Gaza, a estimé que ce "maître projet" était voué à un "succès effrayant".

Exhibant une esquisse aux dizaines de tours d'appartements avec terrasse surplombant une allée ombragée, il a promis que ce paysage remplacerait les ruines laissées par la guerre.

"Au Moyen-Orient ils construisent des villes comme ça, pour deux ou trois millions de personnes, ils le font en trois ans", a-t-il dit. "C'est faisable en trois ans si nous voulons que ce le soit".

Il a estimé à 25 milliards de dollars les investissements nécessaires pour reconstruire les infrastructures et les services publics du territoire palestinien.

En 10 ans, le PIB de Gaza serait de 10 milliards de dollars, et le revenu moyen par foyer atteindrait 13.000 dollars, grâce "au plein emploi à 100% et aux possibilités offertes à tous".

Il a affirmé que le "Comité national pour l'administration de Gaza", censé travailler sous l'autorité du "Conseil de paix" de Donald Trump, avait reçu une proposition du promoteur immobilier israélien Yakir Gabay.

"Il s'est porté volontaire pas pour le profit, mais vraiment en écoutant son coeur", a assuré Jared Kushner. "Donc dans les 100 jours à venir nous allons continuer sans relâche à nous assurer que cela se réalise", a-t-il ajouté.

Il a estimé qu'un désarmement complet du Hamas, prévu par l'accord de cessez-le-feu conclu en octobre, convaincrait les investisseurs et les donateurs.

"Il va y avoir de fantastiques opportunités d'investissement", a conclu M. Kushner.

Sa présentation ne mentionnait pas le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, dont le pays avait porté en 2025 un plan de reconstruction de Gaza soutenu par des pays arabes et accueilli favorablement par l'Union européenne.

Selon un communiqué de ses services, M. Sissi est rentré à l'aube jeudi, quelques heures après un tête-à-tête avec M. Trump au cours duquel les deux hommes ont échangé des compliments, le président américain le qualifiant de "grand leader" et de "type génial".