Pretoria a livré des armes à la Russie, accuse l'ambassadeur américain

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa s'exprime lors d'une conférence de presse aux Union Buildings à Pretoria le 28 février 2023. (Photo, AFP)
Le président sud-africain Cyril Ramaphosa s'exprime lors d'une conférence de presse aux Union Buildings à Pretoria le 28 février 2023. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 11 mai 2023

Pretoria a livré des armes à la Russie, accuse l'ambassadeur américain

  • L'Afrique du Sud entretient des liens étroits avec la Russie remontant à l'époque de l'apartheid, le Kremlin ayant apporté son soutien à Nelson Mandela et l'ANC dans la lutte contre le régime raciste
  • Pretoria a accueilli des exercices navals avec la Russie et la Chine en février, peu avant le premier anniversaire de l'invasion russe de l'Ukraine, ravivant la polémique et inquiétant les Occidentaux

JOHANNESBURG: L'ambassadeur américain à Pretoria a accusé jeudi l'Afrique du Sud d'avoir fourni un soutien militaire à la Russie, en dépit de sa neutralité déclarée dans le conflit avec l'Ukraine, froissant le gouvernement sud-africain qui promet une enquête et regrette la publicité de ces propos.

Washington a salué l'annonce de cette enquête. "Cela serait une étape bienvenue", a déclaré sobrement le porte-parole adjoint du département d'Etat, Vedant Patel, lors d'un point-presse.

Selon Reuben Brigety, l'ambassadeur américain en Afrique du Sud, les Etats-Unis sont convaincus que "des armes et des munitions ont été chargées" à bord d'un cargo russe, amarré près du Cap début décembre, "avant qu'il ne reparte vers la Russie".

"Armer les Russes est extrêmement grave" et "fondamentalement inacceptable", a-t-il déclaré lors d'une rencontre avec des medias sud-africains.

"Nous sommes persuadés que des armes ont été chargées sur ce navire et je parierais ma vie sur l'exactitude de cette affirmation", a insisté l'ambassadeur, estimant que "la déviation de l'Afrique du Sud de sa politique de non-alignement est inexplicable".

Adoptant un ton plus conciliant, M. Patel a assuré que les États-Unis "discuteraient directement avec leurs partenaires sud-africains" mais qu'en attendant, "l'élément le plus préoccupant est l'accostage d'un navire russe sanctionné dans une base navale sud-africaine".

«Attitude contre-productive»

Interrogé au Parlement, le président sud-africain Cyril Ramaphosa a affirmé que les questions concernant ce navire, le Lady R, étaient "en cours d'examen", ajoutant que "le moment venu, nous serons en mesure d'un parler".

Son porte-parole Vincent Magwenya a avancé qu'"aucune preuve n'a été fournie à ce jour pour étayer les allégations d'armes envoyées par l'Afrique du Sud à la Russie", précisant que l'affaire ferait l'objet d'une enquête.

La présidence sud-africaine a insisté dans la soirée sur cette absence de preuves, regrettant que "les remarques de l'ambassadeur sapent l'esprit de coopération et de partenariat entre les deux pays".

Alors que la question a été abordée bilatéralement "récemment" et qu'il a été convenu, selon Pretoria, qu'une enquête indépendante "confiée à un juge à la retraite" serait menée, incluant les éléments du renseignement américain, la présidence juge "décevant" que le diplomate américain ait "adopté une attitude publique contre-productive".

L'accostage du navire dans la plus grande base navale sud-africaine avait suscité une polémique dans le pays avant Noël.

Le principal parti d'opposition, l'Alliance démocratique (DA), s'était indigné qu'un cargo russe visé par les sanctions occidentales puisse s'amarrer, se demandant aussi pourquoi ce cargo avait accosté dans un port militaire plutôt que commercial et "pourquoi il y a tant de secret" entourant ce bateau.

Jeudi, le DA a qualifié la fourniture d'armes à la Russie, si elle est avérée, de "trahison" et accusé l'ANC au pouvoir de bafouer les valeurs et intérêts du pays "en faveur d'un belliciste et d'un despote mondial".

Liens étroits avec Moscou

"Cela aura des conséquences majeures. Cela signifie que nos principaux partenaires commerciaux et d'investissement ne peuvent pas nous faire confiance", a jugé auprès de l'AFP son responsable défense, Kobus Marais.

L'Afrique du Sud entretient des liens étroits avec la Russie remontant à l'époque de l'apartheid, le Kremlin ayant apporté son soutien à Nelson Mandela et l'ANC dans la lutte contre le régime raciste.

Le pays avait refusé de condamner l'invasion de l'Ukraine en février 2022, affirmant vouloir rester neutre et préférer le dialogue pour mettre fin à cette guerre qui a déclenché d'importantes sanctions occidentales.

Pretoria a accueilli des exercices navals avec la Russie et la Chine en février, peu avant le premier anniversaire de l'invasion russe de l'Ukraine, ravivant la polémique et inquiétant les Occidentaux.

L'Afrique du Sud avait justifié ces manoeuvres conjointes "dans le but de partager des compétences et des connaissances opérationnelles", en précisant que la Russie en était le pays pilote.


Le prince héritier saoudien et Trump évoquent les pourparlers entre Washington et Téhéran et la sécurité dans le Golfe

  • Les dirigeants mettent l’accent sur la diplomatie et la sécurité maritime dans un contexte de regain des tensions au Moyen-Orient
  • Le ministre saoudien des Affaires étrangères et Marco Rubio discutent de leur coordination alors que les tensions entre Washington et Téhéran persistent

RIYAD : Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, et le président américain Donald Trump ont discuté vendredi, lors d’un entretien téléphonique, de la sécurité régionale, de la liberté de navigation maritime et des contacts en cours entre les États-Unis et l’Iran, alors que Riyad et Washington renforcent leur coordination diplomatique à la suite d’une nouvelle montée des tensions dans le Golfe.

Selon l’Agence de presse saoudienne (SPA), les deux dirigeants ont passé en revue la coopération bilatérale et les moyens de renforcer les relations dans divers secteurs. Ils ont également échangé leurs points de vue sur les évolutions régionales et internationales, notamment sur les discussions entre Washington et Téhéran.

Le prince héritier et Donald Trump ont souligné l’importance de garantir la sécurité de la navigation maritime, de protéger les voies maritimes internationales et de soutenir les efforts visant à renforcer la sécurité et la stabilité régionales.

Par ailleurs, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Fayçal ben Farhane, s’est entretenu par téléphone avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Les deux responsables ont réaffirmé l’importance de poursuivre la coordination et les consultations afin de promouvoir la sécurité et la stabilité dans l’ensemble de la région, a rapporté la SPA.

Ces échanges interviennent après une nouvelle escalade entre les États-Unis et l’Iran, qui menace de compromettre les récents efforts diplomatiques visant à mettre fin à plusieurs mois d’hostilités.

La dernière crise a éclaté après que des forces iraniennes ont attaqué des pétroliers commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz, malgré un accord de cessez-le-feu, entraînant des frappes aériennes américaines contre des cibles situées en Iran. Téhéran a ensuite riposté par des attaques de missiles et de drones contre des alliés des États-Unis dans le Golfe, ravivant les craintes d’un conflit régional de plus grande ampleur.

Cette reprise des violences a intensifié les appels de la communauté internationale en faveur d’un retour des États-Unis et de l’Iran à la table des négociations.

L’Égypte et le Qatar ont exhorté les deux parties à reprendre le dialogue et à mettre en œuvre le protocole d’accord conclu plus tôt cette année comme base d’un règlement plus large, tandis que le Pakistan a appelé à la retenue et proposé de poursuivre son rôle de médiateur entre les deux pays.

Vendredi, Donald Trump a déclaré que les États-Unis avaient accepté de poursuivre les discussions avec l’Iran, tout en estimant que le cessez-le-feu était, dans les faits, caduc après les derniers échanges d’attaques.

L’Arabie saoudite a constamment appelé à la retenue, au dialogue et à des solutions diplomatiques afin de préserver la stabilité régionale et de garantir la sécurité des routes maritimes internationales, en particulier à travers le détroit d’Ormuz, l’un des corridors énergétiques les plus stratégiques au monde. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Attaques de drones sur des infrastructures pétrolières en Russie, une raffinerie en feu

Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
  • Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes
  • Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine

MOSCOU: Des attaques de drones ont visé plusieurs infrastructures pétrolières dans le sud de la Russie vendredi, déclenchant un incendie dans une raffinerie de la région de Krasnodar, ont indiqué les autorités, faisant état de la destruction de 376 drones ukrainiens dans la nuit.

"A la suite de la chute de débris de drones, un incendie s’est déclaré à la raffinerie d'Ilskiï", a indiqué le quartier général opérationnel de la région de Krasnodar sur Telegram, précisant qu'il n'y a pas eu de victimes.

Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes.

Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine.

Entre 20H00 locales jeudi et vendredi 7H00, les forces russes ont détruit 376 drones ukrainiens, a précisé le ministère russe de la Défense sur la messagerie Max.

La Russie continue de frapper presque quotidiennement l'Ukraine, plus de quatre ans après le début de la guerre, pire conflit en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale, jusqu'à présent sans issue diplomatique.

L'Ukraine a également intensifié ses frappes sur le territoire russe, parfois très loin de la frontière, visant particulièrement des infrastructures de transport et de stockage d'hydrocarbures pour tenter d'assécher la capacité de Moscou à financer son effort de guerre.


L'Iran cherche à tuer Donald Trump, a affirmé Israël auprès de Washington

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu écoute le président américain Donald Trump s'exprimer devant les journalistes lors d'une conférence de presse conjointe à la résidence Mar-a-Lago de Trump, à Palm Beach, en Floride. (AFP)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu écoute le président américain Donald Trump s'exprimer devant les journalistes lors d'une conférence de presse conjointe à la résidence Mar-a-Lago de Trump, à Palm Beach, en Floride. (AFP)
  • Israël a transmis aux États-Unis des renseignements affirmant que l'Iran préparerait un nouveau projet d'assassinat contre Donald Trump, selon des médias américains.
  • Ces révélations surviennent sur fond de tensions entre Washington et Israël concernant la guerre en Iran, certains responsables américains évoquant une possible tentative d'influencer la politique de Donald Trump

WASHINGTON: Israël a transmis à Washington des informations de ses services de renseignement selon lesquelles l'Iran prépare un nouveau plan pour assassiner Donald Trump, rapportent jeudi le Wall Street Journal et CNN en citant des sources anonymes.

Les deux médias américains sont avares en détails. Selon une source citée par CNN, l'alerte est arrivée cette semaine aux oreilles des Américains. Selon une autre source auprès de la chaîne, les Israéliens ont confirmé un nouveau plan iranien déjà partiellement détecté par les services américains.

Interrogée par l'AFP, la Maison Blanche n'a pas démenti, renvoyant simplement vers des déclarations de Donald Trump datant de mercredi: "Ils veulent éliminer le dirigeant américain - moi. Je suis sur une sorte de liste, j'ai vu ce matin que je suis sur toutes leurs listes".

Le président avait alors quitté le sommet de l'Otan en Turquie avec l'ancien avion présidentiel, et non le nouveau offert par le Qatar, en raison de questions de sécurité, selon le New York Times.

Ces fuites évoquant un nouveau complot interviennent au moment où la relation entre Israël et les Etats-Unis et leurs deux dirigeants, le Premier ministre Benjamin Netanhayu et Donald Trump, bat de l'aile à propos de la guerre en Iran.

Les Etats-Unis sont le principal allié d'Israël, mais le président américain s'est à plusieurs reprises livré ces dernières semaines à des critiques publiques de M. Netanyahu, après que la guerre menée par Israël contre le Hezbollah au Liban a menacé les pourparlers avec l'Iran.

Des sources américaines citées par CNN estiment que cette transmission d'informations israéliennes aux Américains pourrait constituer un effort du gouvernement Netanyahu visant à convaincre Donald Trump de poursuivre ses bombardements contre l'Iran, redémarrés cette semaine.

Les Etats-Unis ont assassiné le puissant général iranien Qassem Soleimani en Irak en 2020, lors du premier mandat du républicain, et l'Iran a publiquement menacé de représailles, notamment à l'encontre de Donald Trump.

L'Iran vient d'inhumer son défunt guide suprême Ali Khamenei, tué dans une frappe américano-israélienne fin février au tout début de leur guerre, après plusieurs jours de funérailles marquées le désir de vengeance.